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mardi 27 juin 2023

NIGHTWING #105, de Tom Taylor et Bruno Redondo


Cette fois, ce devrait vraiment être le dernier numéro de Nightwing dont j'écrirai la critique. La série va elle aussi connaître un hiatus de deux mois, le temps de l'event Knight Terrors, et reprendra en Septembre, mais sans moi. Tom Taylor et Bruno Redondo ont imaginé une histoire en caméra subjective, entièrement du point de vue de Nightwing. Le résultat est donc un pur exercice de style. Mais pas que.



A peine réveillés, Dick Grayson et Barbara Gordon reçoivent un appel de la maire de Bludhaven les avertissant qu'une arme biologique circule en ville à bord d'une rame de métro. Nightwing et Batgirl découvrent que l'une des Double Dare s'st injecté un vaccin et est poursuivie par les ravisseurs de sa soeur jumelle...


J'ai différé autant que possible le moment où je lâcherai Nightwing parce que c'était une série sympa, à laquelle on ne pouvait reprocher de divertir de façon qualitative. Cependant, on pouvait la blâmer pour son inconsistance chronique, sa narration lâche, et les prestations en pointillés de son artiste principal.


Les fans de comics adorent brûler ce qu'ils ont aimer et, même si je me retiens de céder à cette tentation, je n'aurai pas l'outrecuidance de prétendre que je ne le fais pas. Quand il a repris la série, Tom Taylor m'a séduit par son amour du personnage et son écriture entraînante tout comme Bruno Redondo avec son graphisme inventif et élégant.


Puis, progressivement, le charme s'est dissipé comme un parfum capiteux. La décompression narrative a eu raison de ma patience, des intrigues inégales se sont accumulées, et le dessinateur titulaire était trop souvent remplacé à mon goût par des suppléants doués mais un cran en dessous. S'est alors posée la question : combien de temps encore allais-je donner sa chance au produit ?

Je disais que les fans de comics sont parfois capricieux et dénigrent aussi vite qu'ils encensent. Prenez Bendis, Millar, des hit-makers longtemps loués justement pour leur capacité à transformer le plomb en or et qui ont fini sur le bûcher pour avoir trop recyclé les mêmes idées, les mêmes motifs. Prenez Aaron idolâtré quand il animait les mutants puis vilipendé pour ses Avengers. Prenez Johns applaudi pour avoir porté aux cimes Green Lantern puis méprisé pour avoir lancé les New 52. On pourrait continuer longtemps comme ça.

A sa façon Tom Taylor a fini lui aussi par lasser en utilisant trop souvent les mêmes recettes, en préférant la forme au fond. Si des lecteurs continuent d'apprécier sa soupe, d'autres voient en lui un escroc qui n'a finalement pas grand-chose à raconter.

Je n'irai pas aussi loin même s'il m'a souvent agacé. Ce n'est pas un mauvais bougre, j'en suis sûr, il aime ce qu'il fait, ses personnages, est sincère dans sa démarche. Mais au fond, comme Tom King (qui demeure bien plus doué que lui), il est plus agréable à suivre dans ses histoires hors-continuité que dans des productions mensuelles plus calibrées.

Ce 105ème épisode de Nightwing résume parfaitement Taylor : l'épisode s'appuie sur une prouesse, raconter une histoire en temps réel, du point de vue de son héros. C'est-à-dire qu'on voit ce qu'il voit, et qu'on le voit, lui, uniquement dans des miroirs, des reflets. De la caméra subjective. Pourquoi ? 

Pourquoi pas ? Rien ne justifie spécialement ce truc visuel sinon le simple amusement et l'exploit visuel accompli par Bruno Redondo qui, comme dans Nightwing 87 et son fameux plan-séquence, fait un super boulot, respectant cette gageure avec brio. Le découpage est très fluide et dynamique, toujours en mouvement, et souligne la drôlerie de certaines situations sans trop insister.

C'est vraiment dommage que Redondo ne soit pas plus régulier et ne puisse pas enchaîner les épisodes, mais ce n'est pas en s'engageant dans la réalisation d'épisodes spéciaux comme celui-ci qu'il se corrigera. Le comble, c'est que même quand il a reçu l'aide d'un encreur, son rendement est resté le même. Au fond, ne serait-il pas plus avisé de la part de DC et de Tom Taylor d'employer Redondo sur un récit au sein du DC Black Label où la périodicité est moins stricte et où donc il aurait le temps de dessiner à un autre rythme, moins soutenu.

Toutefois, il serait injuste et faux de comparer ce n° 105 au 87, qui était un coup pour rien, un machin tape-à-l'oeil sans intérêt (et qui, en recueil, n'a pas pu être édité en dépliant pour apprécier le plan-séquence). Tout simplement parce que, cette fois, Tom Taylor s'est souvenu de poser un enjeu consistant et surtout qu'il avait un vilain qu'il a beaucoup trop négligé.

Je vais donc spoiler et je me le permets puisque c'est ma dernière critique sur Nightwing. A la fin de cette course-poursuite, le héros aboutit dans le bureau de l'homme qui traquait les Double Dare. Il s'agit d'un nommé Lyle Shelton et, comme dévoilé dans l'Annual de Nightwing (que je n'ai pas lu mais ce n'est pas préjudiciable à la compréhension), c'est l'alter ego de Heartless, l'homme qui a tué Blockbuster et organisé l'attaque contre la prison de Blüdhaven dans le n° 100.

Taylor, qui semblait jusque-là se servir de ce méchant seulement quand il y pensait alors que, dans le même temps, il voulait en faire l'antagoniste principal de Nightwing (en mêlant ses origines aux siennes), réussit enfin à rattacher les wagons et à réunir les deux adversaires (même si Nightwing ignore que Shelton est Heartless, mais au moins maintenant sait-il qu'il faut s'en méfier). Que ce fut laborieux ! Mais pour ceux qui sont restés jusque-là, c'est comme une récompense.

Hélas ! trop tardive. En tout cas pour moi. Avec des "si", dit-on, on mettrait Paris en bouteille, mais avec des si Taylor était plus rigoureux dans son écriture, si Redondo était plus ponctuel ou carrément remplacé par un dessinateur vraiment régulier, Nightwing serait un fleuron du Dawn of DC. Malheureusement, ce n'est qu'une série qui a eu raison de ma patience, malgré des atouts et des atours évidents. Dommage.

samedi 27 mai 2023

NIGHTWING #104, de Tom Taylor et Travis Moore


Nightwing #104 marque la fin de l'arc qui a servi de prologue à la relance de la série Titans, également écrite par Tom Taylor et dont le n° 1 est sorti la semaine dernière. Le scénariste conclut cette histoire sans éclat et il est regrettable comme d'habitude avec lui que ce soit l'habitude. Travis Moore termine son intérim avec classe avant le retour de Bruno Redondo le mois prochain.


Doté par Neron de pouvoirs pour deux heures, Nightwing renonce à les utiliser contre son adversaire et préfère demander conseil à Superman. Il part ensuite aider les Titans sur l'île de Themyscira et sauver Olivia Desmond, qui sera confiée aux amazones...


Commençons par parler de ce qui va se passer le mois prochain et ensuite : en Juillet et Août nombres de séries vont se mettre en pause pour s'aligner sur l'event Knight Terrors, écrit par Joshua Williamson et qui va confronter plusieurs personnages à leurs pires cauchemars. Nightwing fera partie du lot et donc la série reprendra ses droits en Septembre au n°106.


Ce qui signifie que le n°105 sera le dernier avant ce break et pour l'occasion Bruno Redondo sera de retour au dessin pour un épisode très spécial, entièrement raconté du point de vue de Nightwing (en caméra subjective donc), un exercice de style à la manière du n°87 (avec ce plan-séquence unique).


Je pense que j'écrirai à cette occasion ma dernière critique sur la série puisque je n'ai pas l'intention de la poursuivre (et que je vais également zapper les épisodes tie-in à Knight Terrors). J'avais décidé d'accorder une dernière chance à Tom Taylor sur Nightwing après le #100, mais ça n'a pas été concluant.

En parlant encore de calendrier, on notera la bizarrerie de celui de DC qui a donc relancé Titans une semaine avant Nightwing #104 qui lui sert pourtant de rampe de lancement. L'arc qui se termine aura en effet vu les Titans s'inviter dans les pages des aventures de Nightwing de manière curieuse et pour une intrigue qui a fait long feu.

C'est aussi un bon résumé de tout ce qui cloche avec Tom Taylor, auteur plus à l'aise avec des histoires hors continuité, où son imagination débridée est plus inspirée. Jamais, avec Nightwing, il n'a semblé en mesure de proposer des arcs narratifs aussi inventifs, aussi libérés, même si son affection pour le personnage est sincère et qu'il a contribué à le remettre sur de bons rails.

Mais, comme je l'ai (trop ?) souvent écrit, Nightwing par Tom Taylor souffre trop de la comparaison avec ses modèles plus ou moins déclarés, comme Daredevil (période Waid/Samnee) ou Hawkeye (période Fraction/Aja). Le fait que DC ait voulu par-dessus le marché suspendre la publication de Justice League et faire des Titans la nouvelle équipe première de super-héros de leur univers, avec Nightwing comme symbole de Dawn of DC, a placé Taylor dans le rôle d'un scénariste leader au même titre que Joshua Williamson.

Il ne fait pourtant aucun doute qu'avant la fin 2023 un relaunch de Justice League sera mis en route et les Titans seront à nouveau à la seconde place qu'ils ont souvent occupée dans la hiérarchie du DCU, un peu comme les New Mutants n'ont jamais remplacé les X-Men.

Pour en revenir à ce #104, Taylor expédie le dénouement de son récit avec une désinvolture proche du complet je-m'en-foutisme. Pourvu de pouvoirs par Neron, Nightwing fait des allers-retours Themyscira-Metropolis (pour demander à Superman que faire des talents offerts par le maître des bas-fonds). Cela donne lieu à une scène dont on hésite à dire si elle est sympathique ou grotesque, car si la relation Superman-Nightwing a souvent été exploitée par les auteurs, elle ne fait ici que souligner l'évidence (c'est-à-dire que Nightwing ne se laissera jamais déborder par le pouvoir). Les Titans sont réduits à de piteux soldats incapables de s'en sortir sans leur leader temporairement doté de capacités extraordinaires.

Je vous passe le reste, qui est aussi croquignolet avec la gamine Desmond et un cliffanger avec Raven qui n'intéressera que ceux qui lisent le relaunch de Titans (ce qui n'est pas mon cas). Tout Taylor est concentré dans cette vingtaine de pages, avec à la fois cette naïveté mais aussi cette incapacité à conclure dignement. On reprochait beaucoup ça à Bendis dans le temps, qui démarrait fort mais ne savait pas finir, mais au moins Bendis, dans ses bons jours, imaginait des histoires moins fumeuses (je sais qu'en écrivant ça, beaucoup ne seront pas d'accord, mais prenez ça pour de la nostalgie de fin de semaine puisque Bendis publie désormais dans l'indifférence générale, y compris la mienne).

Visuellement, c'est au moins joli et c'est grâce à Travis Moore, le fill-in de luxe, qui vaut bien mien mieux que Geraldo Borges (qui est aillé grossir les rangs des séries créées par Kyle Higgins chez Boom ! Studios). Il y a une certaine fadeur chez ce dessinateur, au demeurant très doué, solide techniquement, mais il mériterait mieux que de jouer les remplaçants pour des collègues qui ne tiennent pas leurs délais. C'est propre, élégant, efficace en tout cas, avec un découpage toujours impeccable, des personnages beaux, des compositions soignées. La critique glisse sur Travis Moore simplement parce qu'il fait le job et il le fait bien consciencieusement.

Un dernier mot encore. J'ai bien en tête que la lecture de critiques comme celles de cette semaine n'a rien de très distrayant, mais je refuse de mentir sur mon ressenti. Il n'y a pas eu de très bons comics sortis ces mardi et mercredi et c'est aussi frustrant pour moi car je sais après les avoir lu que je n'aurai pas d'articles captivants à rédiger. La semaine prochaine aussi, la moisson risque d'être maigre, avec peu d'achats de mon côté. Mais les comics fonctionnent par cycles, et si ce n'est pas très excitant en ce moment, la roue finira par tourner.

mercredi 19 avril 2023

NIGHTWING #103, de Tom Taylor, Travis Moore et Vasco Georgiev, C.S. Pacat et Eduardo Pansica


Avant-dernière partie de l'arc en cours, ce 103ème épisode de Nightwing a quelque chose de décourageant tant Tom Taylor retombe dans ses pires travers. Pour ne rien arranger, Travis Moore au dessin tire la langue et a besoin de renfort. La back-up story par C.S. Pacat et Eduardo Pansica ne vaut pas mieux.


Raven guide Cyborg, Beast Boy et Nightwing en Enfer où, avec la complicité de Blaze, ennemie jurée de Neron, ils vont chercher le contrat signé entre le démon et Roland Desmond. De son côté, la fille de ce dernier, Olivia, est emmenée à Themyscera pour qu'elle s'entraîne...


Parfois, quand vous lisez des comics, vous avez un sentiment de découragement car, même si une série vous plait, c'est comme si celui qui l'écrivait, même en affichant de bonnes intentions, ne pouvait s'empêcher de vous décevoir. C'est quelque chose auquel je commence à être habitué avec Tom Taylor.


Je ne vais pas revenir sur les hauts et les bas de son run sur Nightwing, mais dernièrement, je trouvais qu'il s'était ressaisi. Certes, tout n'était pas parfait, et il y a toujours chez Tom Taylor une propension à différer des éléments pourtant avancés comme cruciaux. Par exemple, après avoir consacré beaucoup de temps à l'opposition Nightwing-Blockbustet et à introduire Heartless, ce dernier après son retour au premier plan au n°100, a à nouveau disparu.


Nightwing est donc devenu l'antichambre de la future série Titans, qui sera toujours écrite par Taylor. Mais qu'importe le flacon si on l'ivresse, et l'histoire débutée au n°101 n'avait rien de désagréable. Qui plus elle était mise en images par le talentueux Travis Moore, un artiste plus sobre que Bruno Redondo.

Mais tout ça vole en éclats dans cet épisode sorti hier. Travis Moore tire la langue et doit recevoir de l'aide. DC a donc demandé au jeune Vasco Georgiev de signer les pages 5 puis 13 à 18. Georgiev a beau s'appliquer, ça se voit quand même comme le nez au milieu de la figure. De plus, s'il n'est pas maladroit, il est quand même loin d'avoir un niveau suffisant, très loin du trait élégant de Moore.

Pour ne rien arranger, alors que je scrollais sur Twitter hier, j'ai découvert sur le fil de Kara Huset que DC a carrément piqué à cette jeune artiste le design de costume que Neron donne à Nightwing à la dernière page de cet épisode. Kara Huset n'a évidemment pas été prévenue et a été sidérée de constater ce plagiat manifeste. Reste à savoir si elle poursuivra DC en justice, sachant que ce genre de procédure est une épreuve pour une artiste inconnue face à un géant de l'édition et sa horde d'avocats. Mais bon, c'est tout de même écoeurant comme procédé...

J'étais déjà mal à l'aise avec cette affaire (dans laquelle, je l'espère, Tom Taylor et des dessinateurs interviendront en soutenant Kara Huset) en lisant l'épisode. Je ne m'attendais pas à l'être aussi en découvrant le contenu de l'histoire, qui fait vraiment pitié.

On pouvait raisonnablement espérer un numéro riche en action, en décors épiques, en péripéties puisque Raven entraînait Cyborg, Beast Boy et Nightwing en enfer pour y trouver le contrat passé entre Neron et Blockbuster. N'espérez rien de tout ça ! C'est abominablement mou, sans nerf, et Tom Taylor pousse même le bouchon jusqu'à montrer que l'endroit où Neron enregistre ses contrats sous la forme d'une salle entièrement occupée par des ordinateurs : heureusement que le ridicule ne tue pas sinon la série devrait se trouver un nouvel auteur...

Parvenu à ce degré de nullité, on se demande franchement ce qui passe par la tête de Tom Taylor, et s'il est même encore préoccupé par Nightwing. Il lui est arrivé d'introduire des éléments limites dans la série, comme Nite-Mite, mais il s'en tirait avec les honneurs. En revanche, impossible de ne pas être consterné devant la mollesse de l'action ici et une "trouvaille" comme cette salle des ordinateurs de l'enfer. On ne peut tout simplement pas terminer l'épisode sans être presque gêné pour le scénariste...

Lassé d'être toujours déçu, de façon régulière, je vais quand même terminer cet arc, mais après rideau parce que je ne vois vraiment pas ce qui pourrait me convaincre de continuer. Et ne comptez donc pas sur moi pour investir dans la série Titans (j'hésitai avant, mais plus maintenant).


Je vais être totalement transparent : j'ai lu la back-up story de Nightwing #103, avec cet interminable enquête du héros qui forme Jon Kent à ne pas compter que sur ses pouvoirs. Mais je n'en ai rien retenu. Quel est l'intérêt de cet appendice ?

Et en prime, c'est très laid (Eduardo Pansica est méconnaissable).

samedi 25 mars 2023

NIGHTWING #102, de Tom Taylor et Travis Moore, C.S. Pacat et Eduardo Pansica


Suite directe du n°101, ce nouvel épisode de Nightwing continue de préparer le terrain pour le retour imminent de la série Titans, puisque les membres de l'équipe figurent aux côtés de Dick Grayson dans cette aventure. C''est ma foi fort plaisant à lire et on sent surtout que Tom Taylor affectionne ces personnages. Quant à Travis Moore, il fait plus que bien suppléer Bruno Redondo.


Un métamorphe a pris la place de Nightwing pour atteindre Olivia Desmond, la fille de feu Blockbuster, protégée par les Titans. L'équipe résout ce problème rapidement mais fait face à un autre. Raven tranche en affirmant qu'ils n'ont pas le choix : il va falloir obtenir des explications de Neron...
  

Jusqu'à la relance de la série Titans, Nightwing n'est plus vraiment la série de Dick Grayson puisque Tom Taylor a invité Raven, Beast Boy, Flash, Cyborg, Starfire et Donna Troy dans les pages du mensuel qui lui est consacré.


Ce faisant, il a aussi mis entre parenthèses ce qui derait occuper Nightwing à Blüdhaven même, en particulier avec Heartless et Tony Zucco en cavale. Mais, pour être tout à fait franc, je trouve que c'est un moindre mal et qu'on serait bien injuste d'adresser des reproches au scénariste.
 

En effet, le retour des Titans se fait déjà depuis un certain temps au sein du titre Nightwing, avec les apparitions de Flash (Wally West) et du reste du groupe. Et puis, il faut reconnaître à Tom Taylor une vraie affection et un vrai talent pour écrire cette équipe.

Cet arc narratif sera de toute façon bref (quatre épisodes, soit jusqu'au #104 en Mai). Et surtout il est plaisant à lire. L'intrigue n'est pas extraordinaire mais entraînante, même s'il faut s'assurer d'avoir lu Nightwing #98 avant (pour bien comprendre le rôle joué par Neron et Olivia Desmond).

A la fin de l'épisode précédent, Nightwing était piégé par un métamorphe à la solde du seigneur des enfers qui allait en profiter pour atteindre la fille de feu Blockbuster, sous la protection de Raven et Beast Boy. Taylor ne fait pas durer le suspense et règle son compte à cet usurpateur rapidement pour se concentrer sur son interrogatoire, ficelé grâce au lasso de vérité de Donna Troy. Puis sur les suites à donner à cette affaire.

Je ne sais pas ce que vaudra la série Titans par Taylor et Nicola Scott, mais il est évident que l'auteur sait comment animer cette équipe, qu'il a délesté de Roy Harper/Arsenal, pour revenir à la formation composée par Marv Wolfman et Geroge Pérez. Nightwing passe un peu au second plan, ce qui est normal, mais vu ce qu'ont programmé Taylor et Redondo pour le n°105, ce n'est que partie remise...

Travis Moore est bien plus qu'un joker pour suppléer l'absence de Redondo. On le savait déjà avant ça, mais c'est un excellent dessinateur, au style très élégant, avec un trait réaliste, qui parfois évoque celui de Mike McKone. Il est particulièrement doué pour représenter les femmes, et Starfire, Donna Troy et Raven sont superbes sous son crayon. Je suis moins fan de son Cyborg, mais à sa décharge il n'est pas responsable du design du personnage (vraiment moche). On peut se demander pourquoi, avec ses pouvoirs ou avec ceux de Raven, Beast Boy est toujours borgne (blessure infligée par Deathstroke dans Dark Crisis).

Le découpage est très sage, mais aussi très fluide. C'est une lecture facile, sur laquelle els couleurs acidulées de Adriano Lucas fonctionnent parfaitement bien. C'est du travail propre, et si Travis Moore devait devenir le remplaçant régulier de Redondo, je signe tout de suite pour.

La suite s'annonce prometteuse et spectaculaire. J'avais arrêté de lire Nightwing fâché par le surplace de la série et les prestations en pointillés de Redondo, avant de rattraper le train en marche pile pour le centième épisode. J'apprécie ce que je lis depuis et je croise les doigts pour que Tom Taylor garde son mojo - avant de tenter, peut-être, le coup sur la reprise de Titans.


Comme le mois dernier, ce numéro est agrémenté d'une back-up story mettant en scène une enquête menée par Nightwing et Jon Kent. C'est absolument dispensable, parce que l'histoire de C.S. Pacat échoue à captiver et que les dessins d'Eduardo Pansica imitent sans l'égaler Ivan Reis (guère aidés, il est vrai, par l'encrage affreux de Eiber Ferreira).

jeudi 23 février 2023

NIGHTWING #101, de Tom Taylor et Travis Moore, C.S. Pacat et Eduardo Pansica

 

Finalement, j'ai décidé de replonger dans les aventures de Nightwing après la réussite du n°100 de la série, paru le mois dernier. Une série qui va pour un temps être un titre Titans déguisé comme le prouve cet épisode. Tom Taylor fait équipe avec l'excellent Travis Moore (Bruno Redondo signant la couverture mais étant trop occupé par ailleurs avec des commissions art).


Feu Blockbuster avait vendu son âme à Neron et s'il venait à disparaître, c'est sa fille qui reveindrait au seigneur des bas-fonds. Olivia Desmond est sous la protection de Raven et Beast Boy lorsque Nightwing leur rend visite. Le corps d'un étudiant de la Titans Academy aurait été trouvé dans les gravats de la Tour de New York, détruite lors de l'attaque menée par Deathstroke...


Si j'ai pu être très déçu par Nightwing de Tom Taylor, et notamment par la prestation en pointillés de Bruno Redondo au dessin avant d'arrêter de suivre la série, je mentirai en disant que ça ne m'a pas manqué de lire les aventures de Dick Grayson. Et le centième épisode paru le mois dernier m'a convaincu de replonger.


Entre-temps, ce qui était attendu s'est concrétisé : une nouvelle série Titans va être relancée en Mai prochain et c'est bien Tom Taylor qui l'écrira, avec Nicola Scott au dessin. En attendant cela, Nightwing va donc être un team-book qui ne dit pas son nom puisque les partenaires de Dick Grayson sont désormais à ses côtés à Blüdhaven.


Mais alors qu'on aurait pu croire que Taylor allait enchaîner, après le n°100, sur un arc narratif mettant en scène Heartless, le scénariste a décidé de jouer encore une fois la montre avec ce vilain. Au lieu de ça, il fait référence à ce qui s'est passé dans Nightwing #98 (avec le lutin Nite-Mite) et l'event Dark Crisis (on Infinite Earths).

Commençons par Dark Crisis : dans ce récit, la Titans Tower de New York a été détruite dans une grande bataille provoquée par Deathstroke. C'est expliqué dans l'épisode, donc même si vous n'avez pas lu l'event, vous n'êtes pas perdu (et oserai-je ajouter que vous n'avez rien perdu non plus si vous n'avez pas lu Dark Crisis, dont la première partie vient d'être traduite par Urban Comics ?).

Ensuite, dans Nightwing #98, Nightwing faisait la connaissance d'un lutin de la 5ème dimension, Nite-Mite (l'équivalent pour lui de Bat-Mite pour Batman et de Mr. Mxyzptlk pour Superman), capable d'exaucer tous ses voeux à condition d'accepter son existence et de le laisser assister à ses exploits. Ainsi, grâce à cet allié inattendu, Nightwing a sauvé Olivia Desmond, la fille de Blockbuster des griffes de démons envoyés par Neron, avec qui Roland Desmond avait passé un pacte.

Roland mort (tué par Heartless), Neron entend bien récupérer la fille et demande une faveur au roi de Vatlava, avec lequel il tend un piège à Nightwing... En dire plus serait spoiler la nature du piège en question, très simple et malin, pas très original mais efficace. Un concentré de Tom Taylor, en somme.

Ce qui change le regard porté sur cet épisode et l'arc à suivre, c'est sans aucun doute le changement de dessinateur. Bruno Redondo a préféré se mettre en congé quelques mois (pour achever des commissions promises à des fans - et recharger ses batteries ?), mais il signera quand même les couvertures de la série. C'est Travis Moore qui se chargera des pages intérieures.

Moore est un artiste solide, dont la productivité n'est pas folle mais toujours soigné. Il avait inauguré le run de Becky Cloonan et Michael Conrad sur Wonder Woman, et il vient de finir une mini-série chez Image (Sins of the Black Flamingo), il a aussi illustré le sixième épisode de Batman-Superman : World's Finest de Mark Waid.

Mais ce qui distingue Moore de Redondo, c'est son classicisme. Contrairement à son collègue espagnol, il met en images les histoires qu'on lui confie avec sobriété, et par conséquent la ressemblance qu'on trouvait visuellement entre Nightwing et Hawkeye (par David Aja) ou Daredevil (par Chris Samnee) n'a plus lieu d'être.

Mine de rien, le titre y gagne énormément, non pas parce que Redondo a fait du mauvais boulot, mais parce qu'on ne lit plus l'épisode en comparant à Nightwing à ses glorieux aînés. Le rendu est très élégant, soigné, avec un niveau de détail pour les décors plus élevé que la moyenne, et un style réaliste académique. Les couleurs, toujours apposées par Adriano Lucas, permettent à la série de conserver sson look lumineux.

Taylor utilise Raven, Beast Boy et Starfire en supporting cast, sans qu'ils ne volent la vedette à Nightwing. Mais de toute façon, ça fait plaisir de voir Dick entouré de ses copains Titans, bien intégrés à l'intrigue. Est-ce qu'on verra Cyborg, Flash ou Donna Troy ensuite ? Ce ne serait pas étonnant vu la menace incarnée par Neron.

C'est presqu'un nouveau départ. Et c'est très plaisant.
 

- A NIGHT AT THE CIRCUS (Ecrit par C.S. Pacat, dessiné par Eduardo Pansica). - Nightwing continue d'entraîner Jon Kent pour qu'il ne se repose pas seulement sur ses super-pouvoirs. Ils sont amenés à enqueter sur une tentative d'assassinat dans un cirque...

A partir de ce numéro, la série s'enrichit d'une back-up story. DC en a confié l'écriture à l'écrivain C.S. Pacat, spécialiste de romans fantastiques et qui a collaboré récemment à des tie-in pour l'event Lazarus Planet. Elle n'a que quelques pages pour faire ses armes, donc 'est assez ingrat à juger, mais le prétexte est de montrer comment Nightwing entraîne Jon Kent avant qu'ils ne se mêlent d'une affaire qui rappelle étrangement les conditions ayant conduit à la mort des parents de Dick Grayson.

Encore plus ingrat peut-être : c'est le talentueux Eduardo Pansica qui s'occupe des dessins. Il mérite franchement mieux que quelques planches, mais souhaitons que c'est en attendant mieux et plus.

mercredi 18 janvier 2023

NIGHTWING #100, de Tom Taylor, Bruno Redondo, Rick Leonardi, Mikel Janin, Scott McDaniel, Eddy Barrows, et Javier Fernandez


100 numéros, 50 pages : voici le programme pour cet épisode anniversaire de Nightwing période DC Rebirth. Tom Taylor, disons-le tout de suite, ne s'est pas raté et livre une superbe copie, bourrée d'action, de guests, d'émotion aussi. Il est accompagné par Bruno Redondo bien sûr, mais aussi Rick Leonardi, Scott McDaniel, Mikel Janin, Eddy Barrows et Javier Fernandez, qui ont tous dessiné à un moment les aventures de Dick Grayson sont également de la fête.


POur ce genre d'occasion, j'ai tendance à croire qu'il ne faut pas chercher à charger la barque et proposer quelque chose de simple mais jubilatoire qui comblera le fan, un super épisode divertissant, qui tourne une page et en ouvre une nouvelle.


Donc, le scénario est sobre : Heartless attaque la prison de Blüdhaven et en libère les détenus, parmi lesquels se trouvent KGBeast (qui avait blessé lourdement Nightwing) et Tony Zucco (voir #99). Nightwing se rend sur place, bientôt aidé par les Titans...


L'action se déroule en temps réeel sur les 3/4 de l'épisode avec cette grande évasion et la pagaille qui s'ensuit. Nightwing atterrit au beau milieu de la fuite des détenus et en convainc certains de l'aider plutôt que d'aggraver leur cas en soutenant un tueur comme Heartless.
 

Puis les Titans (Starfire, Cyborg, Raven, Flash, Donna Troy, Beast Boy) arrivent pour prêter main forte à leur ami. Nightwing peut alors se concentrer sur Heartless et Tony Zucco... Plus tard, Superman et Wonder Woman viendront lui faire une offre. Puis il aura une discussion poignante avec Batman. Et enfin, en compagnie de Barbara Gordon et Melinda Zucco, il sera temps de réfléchir à l'avenir...


J'ai beaucoup aimé ce qu'a écrit Tom Taylor pour ce ° 100. Le scénariste a parfaitemetn sur cerner les objectifs de cet épisode spécial et a voulu contenter les fans. D'une certaine manière, il est revenu à ses fondamentaux, ceux qui lui avaient si bien réussi au début de son run, en mixant humour, action, émotion, espoir.


Le défi était délicat car il fallait produire une cinquantaine de pages, plus du double d'un épisode normal, sans qu'on sente qu'il s'agissait de remplissage, de pages gratuites. Bien entendu, les artistes conviés à la fête ont le loisir de se faire plaisir, disposant entre autres chacun d'une splash page mettant en valeur les qualités acrobatiques de Nightwing. Mais pas que.

En effet, par la suite, l'épisode leur fournit le moyen de prouver leurs qualités de narrateur graphique, chacun à leur façon, et ça, c'est vraiment cool. Ils sont venus, ils sont (presque) tous là - il ne manque guère en fait que le regretté George Pérez, qui, le premier, dessina Dick Grayson en Nightwing dans les pages de New Teen Titans, designant son changement de look, et affrimant son émancipation vis-à-vis de Batman. On pourra d'ailleurs regretter que DC n'ait pas pensé à saluer Pérez d'une manière ou d'une autre  (même si je crois qu'une variant cover de l'épisode reprenant un dessin de l'artiste est dispo).

Concrétement, Bruno Redondo dessine les pages 1 à 5, puis 17, 24-25, 37 à 49. Rick Leonardi lui emboîte le pas pour les pages 6 à 11, 13-14. Mikel Janin n'a droit qu'à la page 12 (sans doute par manque de temps car il est déjà occupé par Justice Society of America actuellement, et peut-être aussi parce qu'il est le seul à n'avoir pas dessiné Nightwing à proprement parler mais Grayson, dans l'excellent titre écrit par Tim Seeley et Tom King). 

Eddy Barrows (qui avait relooké le personnage pour les New 52 et signé les premiers épisodes de la série à l'époque) dessine les pages 15, 26 à 30. Javier Fernandez (qui avait débuté la série période Rebirth) se charge des planches 16, puis 31 à 36 (on saluera la performance car Fernandez illustre désormais King Spawn mais a fait l'effort de se libérer pour ce n°). Enfin Scott McDaniel livre la page 18.

C'est un quasi sans faute, parce que je n'aime pas le style de McDaniel et que je regrette tellement le temps où Leonardi avait un encreur (particulièrement Terry Austin). Mais sinon, c'est un festin. Redondo est dans une forme  étincelante. J'aurai bien aimé plus de Janin mais je comprends qu'il n'a pas pu produire plus. Et quelle joie de revoir Javier Fernandez et Eddy Barrows.

Le spectacle est total pour cette très grande séquence suivant l'attaque de la prison. Le rythme est trépidant, Taylor laisse parler ses artistes en leur donnant du biscuit. L'entrée en scène des Titans est jouissive.

L'épisode fait ensuite le pont entre ce qu'on vient de lire et les conséquences de Dark Crisis (on Infinite Earths), au terme de laquelle la Justice League décide de prendre du champ pour réfléchir à de nouvelles méthodes d'action. Bien entendu DC relaunchera Justice League tôt ou tard, mais peut-être pas en 2023 où l'éditeur veut visiblement tenter quelque chose en rupture avec l'ère Dawn of DC et de nouveaux titres lancés pour tester le lectorat. N'empêche, c'est couillu de se priver d'un titre aussi emblématique, comme si Marvel suspendait sans date de retour Avengers.

Je ne spoile rien en révélant que les Titans vont donc devenir la nouvelle équipe en première ligne : Tom Taylor a été le premier à teaser cela depuis des mois en multipliant les apparitions en guest-stars de membre du groupe dans les pages de Nightwing (quand ils n'étiaent pas tous réunis). Et sans Justice League, qui d'autre pour assurer l'intérim ? Justice Society of America de Johns a une histoire en parallèle, qui n'est pas connectée au statu quo post-Dark Crisis

Il y a quelque chose d'évident dans cette situation que Taylor a largement contribué à préparer. Cela montre aussi que DC fonctionne différemment de Marvel, toujours très partisan de l'univers partagé, de l'interconnection des séries (même si c'est moins fréquent qu'à une certaine époque où les events obligeaient quasi tout le monde à être au diapason). On a le sentiment qu'aactuellement chacun vit sa vie et que ceux qui veulent s'aligner sur le dernier event le choisissent. Par exemple, Batman par Zdarsky s'en fiche (mais c'est Batman, il fait ce qu'il veut). Taylor, lui, a vraiment voulu profiter de Dark Crisis pour établir une nouvelle étape pour Nightwing. Et on sait que Joshua Williamson va faire revenir Green Arrow dans une mini-série en Avril à partir de ce qui est arrivé à Oliver Queen dans Dark Crisis.

Ce qu'on peut trouver plus aléatoire, c'est à quel point tout ça est raccord avec l'historique des personnages. Durant Rebirth, Nightwing, dans la série Titans, avait dissous son équipe à la demande de la Justice League... Et maintenant il la reforme à la demande de la Justice League. C'est un peu embarrassant car Superman, Wonder Woman et Batman lui demandent de le faire en lui jurant qu'ils ont confiance en lui plus qu'en quiconque... Après avoir été beaucoup moins flatteurs auparavant. Et sans tenir compte du fait que Nightwing est déjà bien occupé avec ce qui se passe à Blüdhaven.

A ce petit jeu, Dick Grayson passe davantage pour le gentil garçon qui ne sait pas dire "non", qui veut toujours faire plaisir, que comme un leader qui a vraiment les clés, vraiment le choix. Et donc la décision de repartir avec les Titans apparaît un brin facile alors que Dick pourrait simplement former une nouvelle Justice League, avec quelques Titans, mais aussi des héros expérimentés, plus puissants que ses copains (même si les Titans ne sont pas des demi-portions à ce niveau-là). Je ne peux pas m'empêcher de comparer ça avec les New Mutants, que Claremont avait introduit avec le projet de remplacer à terme les X-Men, d'en faire une nouvelle génération de X-Men, reléguant donc Wolverine, Cyclope et compagnie comme eux-mêmes avaient succédé aux cinq premiers élèves du Pr. X. Cela n'arriva jamais, la popularité de l'équipe née en 75 étant devenu trop grande, et les New Mutants sont restés à jamais ce groupe de jeunes mutants dans l'antichambre. Les Titans, c'est pareil : ils ne seront jamais la nouvelle Justice League, toujours les remplaçants et c'est ce qu'on voit encore ici.

Pour en finir sur ce sujet, DC pas plus qu'un retour de la série Justice League n'a annoncé une nouvelle série Titans, donc tout ça va rester cantonné aux pages de Nightwing, un titre sur un héros solo mais entouré d'une équipe. Etrange statut. Pour combien de temps ? A suivre.

Toutefois, je ne veux pas paraître grognon et dire que ça a gâché mon plaisir de lecture. Ce n° 100 est vraiment très bon, avec une dynamique impeccable. Les questions qu'il pose sont plus périphériques que narratives. Visuellement, c'est top, et Taylor a été vraiment bien inspiré. Est-ce que je vais replonger ? Je ne sais pas. C'est tentant, d'autant que le prochain arc sera dessiné par Travis Moore, une valeur sûre (même s'il n'ira certainement pas au-delà de quatre-cinq épisodes - depuis Javier Fernandez, Nightwing manque vraiment d'un artiste capable de faire davantage, et c'est vraiment triste quand on sait que, par exemple, Immonen dessine si peu en ce moment - imaginez Immonen sur Nightwing...). Le plus probable, c'est que je vais attendre quelque temps, voir ce que vaut le prochain arc, et s'il est bon, j'en ferai une critique.

lundi 16 janvier 2023

NIGHTWING #97-98-99, de Tom Taylor, Bruno Redondo, Geraldo Borges et Daniele di Nicuolo


J'avais arrêté de suivre Nightwing en Septembre 2022 avec le n° 96, lassé. Mais demain sortira le n° 100 et je l'ai commandé, car ce n'est pas tous les jours qu'on tient un centième épisode d'une série régulière dans les mains. Afin de ne pas être largué, je me suis procuré les trois issues parues en Octobre, Novembre et Décembre 2022 et je m'en vais vous en livrer une critique.


Blockbuster a été tué par Heartless. Les barons de la pègre sous sa protection sont arrêtés, avec des flics corrompus et des politiciens véreux. Parmi eux : Salvatore Maroni qui accepte de témoigner pour bénéficier de la clémence de la justice. Il témoignera à Gotham et la commissaire Renee Montoya s'occupe de son transfert...


Bien entendu, Nightwing, avec Batgirl, supervise l'opération qui va tourner mal et les obliger à cacher Maroni pendant un week-end dans une planque de Batman dans la forêt. Jusqu'à ce qu'ils reçoivent la visite d'un étrange individu...
 

Tom Taylor écrit évidemment cette première partie de l'arc Power Vacuum (Pouvoir Vacant) tandis que Bruno Redondo le dessine, aidé par Geraldo Borges pour les pages 8 à 14, dans cet épisode sorti en Octobre 2022.


On enchaîne avec le n° 98, qui est une vraie curiosité, sans rapport avec l'intrigue en cours, prétexte pour Tom Taylor à s'amuser avec le dessinateur Daniele di Nicuolo, son compère de la série Seven Secrets, publiée chez Boom ! Studios (et achevé depuis).
 

Le visiteur qui a trouvé la planque de Nightwing et Batgirl n'est autre que NiteèMite, un lutin de la 5ème dimension, et qui est prêt à exaucer tous el désirs du héros. A commencer par ses noces avec Batgirl ? Mais ce n'est pas 'pas encore ?) le moment...


Direction : Blüdhaven où Nite-Mite explique à Nightwing que Blockbuster vendit son âme à Néron en échange d'une faveur il y a quelques années. Le caïd mort, c'est à sa fille que le démon va demander de payer sa dette...


On ferme la parenthèse et on enchaîne avec la suite, qui renoue avec plus de sérieux.


Bruno Redondo revient au dessin, toujours épaulé par Geraldo Borges sur les planches 14 à 17 et 20-21. Tom Taylor prépare le terrain pour le centième épisode.


Tony Zucco, le "père" de Melinda, la demi-soeur de Dick Grayson, vient de sortir de prison et veut reprendre les affaires de Blockbuster. Nightwing, mis au courant, le suit jusqu'à la cale où Zucco se fait remettre par le Quartier-Maître un bijou du Kahndaq.


Mais Nightwing intervient quand Zucco manque de tuer le Quartier-Maître. Il maîtrise le malfrat dont veut disposer le Capitaine de la Cale, mais le Quartier-Maître, pour remercier Nightwing le laisse livrer Zucco à la justice.


Ceopendant Heartless, décidé à frapper un grand coup pour s'imposer comme le maître du grand banditisme de Blüdhaven, tue ceux qui refusent de le servir et recrute ceux qui acceptent de le soutenir...

Lorsque j'avais cessé de suivre Nightwing il y a cinq mois, c'est parce que je n'y trouvais plus mon compte. J'avais pourtant apprécié comment Tom Taylor avait repris la barre de la série, montrant une réelle affection pour le personnage et restaurant sa superbe après bien des errements narratifs (en gros depuis la fin du run de Tim Seeley au début de la période Rebirth).

Et puis, après ces débuts prometteurs, bien que très influencés par ce que firent Mark Waid et Chris Samnee sur Daredevil et Matt Fraction et David Aja sur Hawkeye, j'ai eu le sentiment que Taylor échouait à trouver un deuxième souffle, coupé en plein élan par des tie-in à Fear State (l'histoire développée par James Tynion IV dans Batman). 

Cela coïncida avec les difficultés manifestes de Bruno Redondo à énchaîner les épisodes, tandis que Geraldo Borges, qui le remplaçait, peinait à me convaincre. Borges n'est pas maladroit, son trait évoque celui de Guiseppe Camuncoli, mais il n'a pas la grace de celui de Redondo.

Finalement, alors que je voulais aller au numéro 100 de la série, j'abandonnais au 96. Je le regrettai aussitôt mais je ne voulais plus rédiger de critiques au vitriol sur la série. Demain, 17 Janvier 2023, paraîtra donc ce fameux centième épisode et je n'ai pas résisté à le commander pour posséder cet exemplaire historique. Car il devient rare qu'une série atteigne ce cap à l'heure des relaunchs si fréquents ou des annulations expéditives.

DC Comics et Tom Taylor nous promettent un n° king-size de plus de 50 pages, avec plusieurs artistes et un nouveau statu quo à l'issue de cet épisode. Il faut dire qu'en parallèle Nightwing a pris du galon au sein du DCU puisque dans l'event Dark Crisis (on Infinite Earths), Dick Grayson s'est imposé comme le leader des héros en battant en duel Deathstroke. La Justice League, revenue d'entre les morts (à l'exception de Green Arrow -mais une mini-série en Avril reviendra sur son sort), s'est dissoute, fatiguée et en quête de sens. Nightwing et les Titans incarnent la relève et doivent assumer le rôle de l'équipe des champions de la Terre.

Les sollicitations pour Nightwing à partir du #101 ne font pas mystère du fait que Nightwing va être assisté par ses amis Titans à Blüdhaven, enterrinant de fait une situation mise en plance depuis un moment par Tom Taylor, qui a multiplié les apparitions en guest-stars des partenaires de Dick Grayson. Aura-t-on droit à terme à une série Titans ? Ou bien tout cela va-t-il se cantonner aux pages de la série Nightwing ? On verra.

Avant le centième épisode, Tom Taylor doit donc fournir trois épisodes et il s'appuie sur la fin du n° 96, où on assistait au meurtre de Blockbuster, en fuite après s'être fait corriger par Nightwing, par Heartless, cet énigmatique tueur qui retire leur coeur à ses victimes pour se les faire transplanter. Pour être tout à fait complet il aurait fallu que je revienne sur les événements relatés dans l'Annual 2022 de Nightwing par Tom Taylor et Eduardo Pansica dont la première partie dévoilait les origines de Heartless et où on apprenait l'origine de son affliction et de sa nature maléfique, qui en fait une sorte de double négatif de Dick Grayson. Mais ce n'est pas non plus préjudiciable à la compréhension.

Dans un premier temps donc; la mort de Blockbuster aboutit à une vague d'arrestations dans la police, le milieu politique et la mafia de Blüdhaven. Parmi les protégés de Roland Desmond, Salvatore Maroni pense être à l'abri sauf qu'il va être transféré à Gotham et que pour sa survie il doit témoigner devant un juge. Le transfert dégénère vite et Nightwing avec Batgirl le cachent durant un week-end dans un bunker de Batman.

Taylor écrit un récit rapide, rythmé, qui renoue avec le meilleur de son run. Il y a de l'action, de l'humour, des situations originales, on ne s'ennuie pas. La relation entre Dick et Barbara Gordon est parfaitement saisie, entre romantisme et suspense, avec une pointe de comédie. Bruno Redondo assure la majeure partie des dessins avec une classe folle et Geraldo Borges s'acquitte de huit planches avec efficacité.

Puis, de façon surprenante, Taylor change complètement de braquet dans l'épisode suivant. Comme si le transfert de Maroni ne l'intéressait soudainement plus, il s'embarque dans un numéro complètement fantaisiste où il nous présente le lutin Nite-Mite, l'équivalent (inédit) pour Nightwing de Bat-Mite pour Batman ou Mr. Mxyztplk pour Superman, créature miniature, surpuissante et facétieuse.

Si un jour DC commercialise une peluche ou une Funko de Nite-Mite, on saura d'où ça vient, et les parents l'offriront à leurs bambins comme leur nouveau doudou. Je ne vais pas jouer les rabat-joie cependant car c'est très marrant et Taylor réussit son coup, même si l'intrigue est un prétexte. L'embarras de Dick face au lutin produit des scènes très drôles sans sacrifier à l'action, avec une belle baston contre des démons envoyés par Néron pour enlever la fille de Roland Desmond.

Pour le scénariste, c'est l'occasion de renouer avec l'artiste Daniele di Nicuolo avec lequel il a co-créé et réalisé la série Seven Secrets (chez Boom ! Studios en vo, Delcourt en vf). Celui-ci a un trait très vif, aux influences manga très nettes, et cela convient merveilleusement au projet délirant. Si parfois, certaines expressions m'ont gêné (mais bon, je ne suis pas fan de manga...), l'ensemble demeure très agréable.

Enfin, le #99 sent un peu l'épisode imaginé pour gagner du temps puisqu'il faut encore un numéro avant le 100. Le "père" de Melinda Zucco resurgit avec le projet d'occuper le trône laissé vacant (le power vacuum du titre de l'arc) par Blockbuster. Nightwing va l'en empêcher fissa et Melinda couper définitivement les ponts avec cet encombrant paternel (qui n'est pas son père biologique, puisqu'elle est la fille de John Grayson, le père de Dick).

Puisque, donc, le scénario ne casse pas des briques, on se rattrape sur les dessins. Geraldo Borges vient encore au secours de Bruno Redondo en signant cette fois six planches. Le résultat n'est pas vilain et on finit par trouver bien du mérite à Borges, dans son rôle de pompier de service, sans doute content de travailler sur un titre populaire, mais certainement aussi frustré de n'avoir que ssi peu d'espace pour prouver sa valeur.

Redondo va de toute façon faire un break après le n°100 (il dessine des commissions art pour payer les factures), mais il y a quelque chose de désolant à voir un si bon artiste incapable de signer un épisode entier (et ne parlons même pas d'un arc entier), même avec l'aide d'un encreur désormais. Parce que quand il est aux commandes, son trait précis et ses compositions magistrales sont un régal. Les fans continueront à être gâtés puisque c'est Travis Moore qui devient l'artiste de la série pour l'arc suivant le #100.

Au fond, ces trois épisodes résument parfaitement tout ce qu'on peut aimer et aussi moins apprécier sur Nightwing. Tom Taylor est un scénariste plus habile et malin que vraiment inspiré (ou alors inspiré dans le sens où il s'inspire beaucoup de ce que d'autres ont fait ailleurs), et malgré sa sincère affection pour son héros, il ne semble jamais en mesure de faire plus qu'une série sympa. Graphiquement, Nightwing est une belle production, jamais gâché par ceux qui la dessinent, mais les difficultés de Redondo à enchaîner les épisodes frustre le fan. 

Je ne sais pas si je replongerai après le n° 100 mais j'espère que la fête sera réussie pour ce cap qu'il faut saluer. Quant à Nightwing, il est de toute façon amené à occuper le devant de la scène pour la nouvelle ère qui s'ouvre, Dawn of DC.

mercredi 21 septembre 2022

NIGHTWING #96, de Tom Taylor et Bruno Redondo


Nightwing #96 est donc le dernier numéro de la série que je critiquerai. J'ai décidé d'arrêter de suivre ce titre. Mais j'espérai quand même que Tom Taylor et Bruno Redondo me donneraient des regrets car ce n'est pas une mauvaise série. 


Blockbuster a découvert la double identité de Nightwing et il compte bien faire d'une pierre, deux coups en se débarrassant de lui et de son alter ego, Dick Grayson.


Dehors, alors qu'une chaîne humaine s'est formée pour éteindre l'incendie du havre, Batgirl et Batwoman font face à l'Electrocuteur et Brutale pour les empêcher d'aider Blockbuster.


Dans le bâtiment en flammes, le combat entre Nightwing et Blockbuster se poursuit. Le caïd de Blüdhaven est défenestré. Il tente de fuir mais ses hommes de main lui tournent le dos.


Batgirl rejoint Nightwing dans le havre. Dick est inquiet car Blockbuster sait qui il est et a menacé de s'en prendre à ses proches. Mais Barbara refuse de baisser les bras.

Depuis le n°87 de Nightwing, je dois bien avouer que j'ai progressivement décroché et si j'ai persisté à suivre cette série, c'était en ayant l'espoir que Tom Taylor lui redonne de la substance. Au lieu de quoi la manie du scénariste à sans cesse copier ce qui avait si bien été fait par Mark Waid et Chris Samnee sur Daredevil et les absences répétées de Bruno Redondo ont eu raison de ma patience.

Entendons-nous bien : Nightwing n'est pas une mauvaise série et je comprends qu'elle soit appréciée par beaucoup de fans. C'est mérité. Tom Taylor aime vraiment le personnage et a récupéré le titre après des dizaines d'épisodes médiocres pour lui donner un nouvel élan, soutenu par un artiste de valeur.

Mais, ce 96ème épisode résume en fait ce pour quoi j'ai décidé d'arrêter les frais : Nightwing n'a pas beaucoup de consistance et encore moins de personnalité, c'est écrit par un auteur plus malin que vraiment original et dessiné de manière trop intermittente par le dessinateur titulaire.

Récemment, alors que scrollais sur Twitter, un fan comparaît Nightwing au Daredevil de Waid et Samnee et Bruno Redondo reconnaissait l'influence de ce run en répondant qu'il fallait toujours se caler sur les meilleurs. Et c'est un peu là le souci : Taylor et Redondo ne sont pas aussi bons que Waid et Samnee, mais pire encore, ils arrivent après eux.

Quand Waid et Samnee réalisaient Daredevil, beaucoup ont résumé leur démarche comme celles de narrateurs voulant se démarquer de l'influence de Frank Miller sur le personnage pour aller dans une direction et une tonalité plus légère, plus lumineuse. Cela n'empêchait pas des histoires, des rebondissements noirs, mais avec moins de systématisme et surtout avec une esthétique effectivement très distincte. Déjà, lorsque Ann Nocenti et John Romita Jr animèrent les aventures de l'homme sans peur, ils avaient proposé quelque chose de radicalement différent.

Clairement, c'était aussi l'intention de Taylor et Redondo avec Nightwing : en finir avec les conséquences de son amnésie, consécutive à la tentative d'assassnait par KGBeast dans le Batman de Tom King, et avec la période "Ric Grayson", ses scénarii ineptes. Pour Taylor, Dick Grayson était un personnage aussi important que Bruce Wayne ou Kal-el dans le DCU (il a raison en un sens quand on sait que Dick a 80 années d'existence), mais surtout c'est un héros positif, qui s'est émancipé de son mentor, qui a été chef d'équipe (les Teen puis New Teen Titans), avec une vie sentimentale riche (Starfire, Batgirl).

Tout cela est louable si et seulement si c'est converti dans de bonnes histoires. Taylor a ramené Nightwing à Blüdhaven, mais il a aussi dû se plier à des contraintes éditoriales, come lorsque le héros a été impliqué dans l'arc Fear State de James Tynion IV (alors qi'objectivement ce n'était guère justifié). Un pas en avant, deux pas en arrière : Tom Taylor voulait éloigner Nightwing de Gotham mais DC voulait qu'il y garde un pied (c'est ainsi que Dick Grayson a suppléé Batman dans Detective Comics, écrit par Mariko Tamaki, avec d'autres membres de la Bat-famille).

Malgré tout, la série tenait bon parce qu'elle était écrite correctement et dessinée avec énergie par Bruno Redondo qui déployait beaucoup d'imagination pour des découpages et des compositions très soignées, même s'il avait du mal à ecnhaîner plus de quatre épisodes d'affilée (ce qui est honorable mais trop peu pour un artiste titulaire).

Revenons-en au #87, construit comme une morceau de bravoure, un épisode en un plan-séquence, fait de doubles-pages sans coupures - et que certains fans ont acheté en plusieurs exemplaires pour ensuite décortiquer leur floppies et coller les planches pour en faire une frise prouvant la virtousité de Redondo. C'était en effet remarquable. Mais cela ressemblait plus à un numéro de cirque, un truc pour épater le chaland, un exercice de style qu'à un épisode digne de ce nom (d'ailleurs tout ça pour raconter le sauvetage du toutou de Dick Grayson, franchement...).

Moi, ça m'a complètement sorti de la série. Je ne le savais pas sur le moment mais les numéros suivants l'ont confirmé, invitant régulièrement des guest-stars pour éviter Dick Grayson de se faire assassiner. Tom Taylor mentirait effrontément s'il prétendait ne pas avoir envie d'écrire un relaunch de New Teen Titans (et d'ailleurs il a finit par réunir l'équipe dans le n°88). J'avoue que ça m'a gonflé (autant que la manie de Kelly Thompson, chez Marvel, à toujours transformer ses séries en team-book déguisés, qu'il s'agisse de Hawkeye, Black Widow ou Captain Marvel).

Nightwing #96 conclut l'arc The Battle for the Heart of Blüdhaven et le combat final entre Nightwing et Blockbuster après que ce dernier vient de découvrir que Dick Garyson était le justicier masqué rappelle encore une fois Daredevil aux prises avec le Caïd. Même bagarre acharnée, même contexte, toujours des guest-stars (Batgirl bien sûr, Batwoman aussi). Ce n'est pas déplaisant à lire, mais ce n'est pas non plus suffisant et parfois même franchement grotesque.

Taylor cherche à amuser la galerie avec le logo du Comics Code pour masquer les gros mots et les gestes obscènes de l'Electrocuteur, Batgirl évite une bagarre avec le même Electrocuteur et Brutale en dégainant une tablette tactile qu'elle sort de sa cape (on croirait un mauvais magicien sortant un lapin de son chapeau), Blockbuster file après avoir été défenestré (bon, mettons que ce colosse a le dos solide pour se relever après une chute de plusieurs étages. Mais personne - Batwoman la première - n'a l'idée de le menotter en attendant l'arrivée de la police ? Non !). Et je vous passe ce qui arrive dans les trois dernières pages, un vrai attrape-nigaud... Juste après que Babs et Dick se soient enfin embrassés.

Redondo produit des belles planches, comme d'abord, mais il ne s'encre plus (un type dont je n'ai jamais entendu parler s'en charge et fait le minimum en repassant sur les traits de l'artiste pour que l'illusion soit parfaite). Où est le Redondo qui avait signé neuf épisodes sur dix de Suicide Squad (écrit par Taylor) ? J'aimerai être indulgent, clément, mais je suis lassé de tous ces dessinateurs qui n'enchaînent pas, quand Samnee ou Mora sont si disciplinés qu'ils complètent deux épisodes mensuels. A un moment, on ne peut plus être gentil ou alors il faut que ce soit justifié par des épisodes exceptionnels. Redondo n'a rien d'exceptionnel s'il ne peut pas dessiner deux épisodes d'affilée et se faire remplacer.

J'aurai donc aimé avoir des regrets en arrêtant Nightwing, me dire que je peux encore attendre un arc avant de stopper. Mais entre l'écriture à la limite du plagiat, le dessinateur intermittent, les histoires creuses, non. Mieux vaut en rester là.