Affichage des articles dont le libellé est Green Arrow. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Green Arrow. Afficher tous les articles

samedi 3 juillet 2021

GREEN ARROW 80TH ANNIVERSARY 100-PAGE SUPER-SPECTACULAR


Green Arrow a 80 ans cette année et DC fête cet anniversaire en grandes pompes avec un n° spécial de 100 pages; Ironie du sort : l'archer d'émeraude n'a plus de série plus de deux ans, même s'il est à visible dans Justice League et Checkmate.  Comme d'habitude, ce genre d'exemplaire est inégal dans son contenu, mais il faut reconnaître qu'il y a peu de déchets dans celui-ci, qui nous gratifie même d'un final bouleversant.


On commence par The Disappearing Bandit : Mariko Tamaki trousse une histoire qui se situe au début de la carrière de Green Arrow, dans son costume inspiré de Robin des bois, flanqué de son jeune sidekick Speedy. La scénariste s'amuse et nous amuse avec ce récit rétro, mais qui bénéficie surtout des dessins merveilleux de Javier Rodriguez. L'artiste fait feu de tout bois avec une inventivité à chaque page.


Punching Evil continue sur cette bonne lancée : Tom Taylor prouve encore une fois son brio pour animer un personnage en le malmenant juste ce qu'il faut. Bonus : on y voit Black Canary et Wildcat pour une séance de coaching musclée que vient interrompre Yellow Wasp. Nicola Scott illustre cela avec élégance, dans son registre réaliste en couleurs directes.


Who Watches the Watchtower ? est une autre friandise qui renvoie à une période célèbre de la Justice League of America, quand son Q.G. était la Tour de Guet en orbite autour de la Terre. Green Arrow a alors le look qui va le rendre fameux, avec sa barbichette, et il se distingue désormais d'un Batman avec un arc et des flèches. L'histoire de Stephanie Phillips est pleine de malice et les dessins de Chris Moneyham ont une énergie contagieuse.
 

Je dois avouer, au risque de faire hurler les puristes, que je n'ai ajmais aimé Mike Grell, pourtant reconnu comme un des auteurs/artistes qui a le plus contribué à la renommée de Green Arrow. Mon avis ne va pas changer avec ce ... Just The Usual Sort of Stuff bien anecdotique et pauvrement mis en images.


On reste dans le ventre mou du n° avec The Arrow and the Song écrit par Ram V et dessiné par Christopher Mitten, que j'ai trouvé bien faible. J'en attendais en tout cas plus de la part d'un de mes scénaristes favoris du moment. Moins de la part du dessinateur dont le style m'a laissé indifférent. Passons.


Brandon Thomas est un auteur sur lequel mise DC depuis Future State, et sa contribution n'est pas sans qualité. Mettant en scène Connor Hawke qui a repris le rôle d'Oliver Queen dans le futur, One s'appuie sur un pitch minimaliste (Green Arrow neutralise des preneurs d'otages en ayant plus qu'une seule flèche dans son carquois) mais très efficace. Le dessin de Jorge Corona n'est pas d'une grande finesse mais compense par sa tonicité.


Après un petit passage à vide donc, la barre est largement redressée avec Green-Man et Autumn-Son, une pépite qu'on doit à Devin Grayson. Cette histoire se penche sur Arsenal (Roy Harper) et sa fille, que garde Oliver Queen pendant qu'il est en mission et à laquelle il confie son histoire. C'est très touchant et surtout superbement illustré par le génial Max Fiumara


Phil Hester a aussi marqué de son empreinte la carrière de Green Arrow, notamment lors des runs écrits par Kevin Smith puis Brad Meltzer. Dans Star City Star, l'artiste rédige aussi le script et livre une aventure trépidante où l'archer doit faire face à une fillette douée pouvoirs mentaux et kidnappée. Même sans être un grand fans de Hester, difficile de résister à ces quelques pages.


On n'en dira pas autant de Happy Anniversary !, pourtant écrit par la talentueuse Vita Ayala, qui imagine le kidnapping de Green Arrow par Deathstroke et l'intervention de Black Canary qui croit à un canular. Laura Braga dessine plutôt bien, mais la sauce ne prend pas, c'est tout juste passable alors qu'il y avait matière pour faire mieux.
 

Il n'empêche, c'est tout à l'honneur des auteurs de ne pas avoir oublié que Green Arrow est un héros avec une famille, de sang et de coeur. Benjamin Percy, qui a signé un excellent run avant son transfert chez Marvel, le prouve avec The Sympathy of the Woods, où Merlyn tente une énième fois de tuer Green Arrow en oubliant ses compères (Black Canary, Emiko, Diggle, Henry). Le plaisir est total car Otto Schmidt (qui avait activement participé au run de Percy) est lui aussi de la partie et signe des planches jubilatoires.


A tout seigneur, tout honneur : Jeff Lemire a ébloui les lecteurs de Green Arrow durant la période controversé des New 52, en compagnie d'Andrea Sorrentino au dessin (une vingtaine de n° consécutifs, sans fill-in !). Le duo se reforme pour The Last Green Arrow Story, un segment au dénouement énigmatique à souhait, mais d'une beauté graphique incroyable et à l'ambiance envoûtante. Chef d'oeuvre.
 

Enfin, DC a réservé une bouleversante surprise pour la fin : l'an dernier disparaît Denny O'Neil, un des créateurs les plus importants des comics modernes. Il a écrit un run d'anthologie dans les années 70 où Green Arrow entraînait Green Lantern (Hal Jordan) dans un road trip à travers les Etats-Unis tout en découvrant la toxicomanie de Speedy : des épisodes incroyables de modernité, d'audace, dessinés alors par Neal Adams. Le fils du scénariste, Larry, rend un hommage splendide à son père, avec le dessinateur Jorge Fornes. Impossible de ne pas avoir la gorge nouée. La grande classe.

Comme je l'écrivais plus haut, il y a très peu de déchet dans ce numéro au titre pourtant ronflant. Les équipes créatives ont été inspirées apr ce héros hors du commun et pourtant sans super-pouvoirs. Oliver Queen est un SJW, une forte tête, mais surtout un personnage très attachant. Il ne reste plus à DC qu'à lui redonner une série car on voit ici à quel point nombreux sont les auteurs et artistes qui prennent plaisir à l'animer (perso, j'adorerai voir Tom Taylor et Jorge Fornes sur le titre). 

vendredi 8 mars 2019

GREEN ARROW #50, de Jackson Lanzing, Collin Kelly et Javier Fernandez


Une série, qui plus est une bonne série, qui s'arrête, ce n'est jamais jouasse. Mais une série qui s'arrête alors qu'elle vend bien (assez bien pour satisfaire l'éditeur), c'est peu banal et même parfaitement incongru. Green Arrow s'achève donc sur ce cinquantième numéro (avant un prochain relaunch), dont son équipe d'auteurs a fait un vrai feu d'artifices de quarante-quatre pages ! Une sortie pleine de panache donc.


Green Arrow effectue une patrouille nocturne dans Seattle et tombe sur Jayce, le gamin qui se prend pour un justicier et qu'il a déjà essayé récemment d'arrêter. Mais il lui échappe à nouveau. En rentrant chez lui, l'arche croise Black Canary.


Avant d'être une super-héroïne, celle-ci a été une espionne dont l'agence veut maintenant se débarrasser de Green Arrow pour lui subtiliser une boîte que lui a confié J'onn J'onzz, capable de détruire la Justice League. Il refuse et fuit.


Poursuivi par des motards, il plonge dans le lac Washington où il neutralise des hommes-grenouilles. Il rejoint son repaire où il récupère la boîte et active l'auto-destruction de l'endroit avant de s'envoler aux commandes de son jet.


Des avions de chasse le poursuivent et le touchent. Green Arrow s'éjecte et ouvre son parachute. Sa descente est amortie par le cri de Black Canary, qui met hors d'état de nuire un commando venu à leur rencontre.


Black Canary tente de convaincre Green Arrow de quitter Seattle et de se faire oublier. Il préfèrerait se battre, avec elle. Mais elle appelle alors Jayce qui agrippe l'archer et l'emmène au loin.


Jayce promet à Green Arrow de veiller sur Seattle en son absence. L'archer, seul, ouvre la boîte : elle est vide. Furieux, il promet de se venger de la Justice League puis, après avoir changé de vêtements, il s'éloigne à pied. La boîte s'illumine...

L'annonce de l'arrêt de la série a surpris tous ses fans, même si elle a eu lieu il y a trois mois. Certes, le remplacement des soeurs Benson par Jackson Lanzing et Collin Kelly trahissait une instabilité dans la conduite du titre, mais les scénaristes se succèdaient avec bonheur, enchaînant d'excellents histoires - Lanzing a mêmeexliqué récemment qu'il avait avec Kelly le projet d'une longue saga... Avant d'apprendre l'annulation de Green Arrow.

Depuis le lancement de "DC Rebirth"et le run de Benjamin Percy, les aventures d'Oliver Queen ont été parmi les grandes réussites du nouveau statu quo. Les ventes étaient bonnes (suffisamment pour l'éditeur). Alors pourquoi stopper ?

Officiellement, c'est pour donner à Green Arrow plus d'importance dans le futur, en faire un personnage qui compte et pèse davantage sur le reste du DC-verse. Soit. Mais cela ne justifie pas d'arrêter sa série, qui aurait très pu acter cette évolution.

A dire vrai, cette décision de Dan Didio et Jim Lee, les deux rédacteurs en chef de DC, reste incompréhensible, totalement incongrue. Et oblige donc Lanzing et Kelly à abréger leur formidable prestation, en liquidant leur projet de saga, et à laisser l'épatant Javier Fernandez sans série (même si j'ose espérer que l'éditeur lui trouvera vite un job à la hauteur de son talent).

Magnanime, DC a offert au trio un numéro double pour conclure. Maigre consolation, mais magnifiquement exécutée. Les scénaristes renvoient à la saga Justice League : No Justice au terme de laquelle J'onn J'onzz confiait à Green Arrow un mystérieux coffret hérité de Brainiac dont le contenu était susceptible de détruire la Justice League. Aujuourd'hui, les anciens employeurs-formateurs de Black Canary, une agence d'espionnage, lui ordonnent de la récupérer par tous les moyens nécessaires. Elle tente de négocier avec l'archer mais comprend que c'est en pure perte des deux côtés : Green Arrow est dans le collimateur de cette organisation.

Lanzing et Kelly nous entraînent alors dans une course-poursuite trépidante où le rôle de Black Canary est d'abord équivoque - a-t-elle trahi Green Arrow (comme il le pense) ? Ou son échec pour avoir la boîte en douceur la condamne-t-elle aussi ? En tout cas, elle va mal prendre le fait d'avoir été doublée.

C'est un pur shot d'adrénaline auquel à droit le lecteur pendant près de trente pages où Green Arrow fait la démonstration de ses talents d'archer, d'acrobate, de nageur, de pilote, de parachutiste. L'action est effrenée, le rythme infernal, on ne souffle que quelques secondes avant qu'un nouvel obstacle se dresse et ne manque d'avoir la peau du héros. Et même si on se doute que l'objectif n'est pas de le tuer (puisque l'éditeur a des grandes ambitions pour lui), on souffre, on vibre pour lui - après tout, ce n'est qu'un type avec un arc et des flèches contre des commandos sur-armés et omniprésents.

La chute est double : les adieux du pretty bird et de l'emerald archer soulignent leur indéfectible alliance mais aussi leur inéluctable séparation. Puis la révélation concernant la boîte donne un aspect dérisoire et cruel qui légitime la colère de Green Arrow, estimant avoir été joué par la Justice League. Lorsqu'il reviendra, il y a fort à parier qu'il y aura de la revanche dans l'air. Même si la toute dernière image de la dernière page indique que Oliver Queen a abandonné une potentielle boîte de Pandore derrière lui...

Que dire sur Javier Fernandez ? Le dessinateur espagnol a vraiment ét, pour moi, ces derniers mois, la grande révélation de la série. J'avais déjà bien aimé sa contribution à Nightwing tout en déplorant le peu d'inspiration des scripts de Tim Seeley (visiblement à court d'idées après l'excellent Grayson durant les "New 52").

En passant après les très bons partenaires de Percy (Otto Schmidt et Juan Ferreyra principalement), Fernandez a brièvement accompagné les soeurs Benson (secondé par German Peeralta). Mais avec Lanzing et Kelly, il a véritablement explosé - et les auteurs ont salué, élégamment, tout ce que leurs épisodes lui devaient.

Il arrive, littéralement, qu'un artiste rencontre son personnage et c'est le sentiment que j'ai eu en voyant les dessins de Fernandez sur Green Arrow. Représenter un archer n'est pas facile : il faut savoir lui donner des attitudes réalistes avec son arme tout en produisant des images dynamiques. L'espagnol a comblé mes attentes au-delà du possible en livrant des pages époustouflantes, aux compositions très audacieuses mais toujours très claires, avec un trait nerveux, des effets variés.

Dans ce double épisode, on a l'impression d'avoir droit à une sorte de best of. La course-poursuite est un motif narratif dans lequel Fernandez donne sa pleine mesure : les pages défilent, étourdissantes, saisissant la vitesse, la tension, avec des changements d'angle, des valeurs de plan, toujours impeccables. Songez qu'il n'use qu'une fois d'une double-page et deux fois d'une pleine page. C'est dense, tonique, grisant.

A la fin, Fernandez structure le monologue rageux de Queen avec des pages en "gaufriers" très strictes, mais qui permettent d'apprécier l'expressivité du personnage en proie à des émotions longtemps retenues et à une parole qui se libère après des épreuves multiples. C'est magistral. Une vraie leçon. Définitivement, Javier Fernandez est un grand à suivre.

On quitte donc Green Arrow sur une drôle de note : frustré que ça se termine ainsi, déconcerté par le choix de DC, triste pour l'équipe artistique aux commandes qui était en pleine bourre. Mais aussi impatient de le retrouver (car il reviendra). Et aux aguets pour apprendre les prochains projets de Lanzing-Kelly et Fernandez. En tout cas, DC se met une drôle de pression car il sera compliqué de faire aussi bien (à moins que le trio ne soit reconduit pour le retour d'Oliver Queen, ce qui ne manquerait pas de piquant).

La variant cover d'Evan Shaner.

samedi 9 février 2019

GREEN ARROW #49, de Collin Kelly, Jackson Lanzing et Javier Fernandez


Les scénaristes Jackson Lanzing-Collin Kelly font preuve d'une énergie qui force le respect au regard de la tâche ingrate qui est la leur - conclure une série en divertissant les fans déjà tristes de son arrêt. Ils sont mieux que bien soutenus par Javier Fernandez au dessin. Ce trio mérite d'être maintenu et Green Arrow de vite revenir.


Green Arrow et Black Canary sont impuissants devant le pouvoir invraisemblablement augmenté du comte Vertigo. C'est comme si désormais il déréglait les lois mêmes de la physique en déstructurant Seattle.


Pour gagner du temps, Green Arrow tire une première flèche aveuglante qui distrait Vertigo et permet à l'archer et sa partenaire de se cacher. Il lui explique alors que le comte ignorait que Roy Harper était Arsenal, ils étaient même devenus amis en cure de désintoxication.


Ce souvenir donne d'ailleurs la solution à Green Arrow car Vertigo n'est pas un méta-humain : il tient ses pouvoirs d'un implant dans le cerveau. Il ne tord pas la réalité mais en donne l'illusion.


Défiant une nouvelle fois le comte, Green Arrow le raisonne en finissant par lui avouer que Roy Harper, qu'il réclame, est mort. Vertigo est interloqué mais ne peut s'empêcher de provoquer l'archer en déclarant qu'il n'a pas pu sauver Roy.


Furieux, Green Arrow manque de tuer Vertigo mais la police s'interpose en embarque le malfrat. Oliver Queen rentre, seul, à sa base. Tandis que Dinah Lance reçoit un ordre de mission terrible...

Comme le précédent numéro, cet épisode est d'abord celui de son dessinateur, Javier Fernandez : l'espagnol enchaîne les planches ébouriffantes, usant de plusieurs pleines pages vraiment sidérantes. L'énergie qu'il injecte par son dessin à l'histoire transcende le script, pourtant peu avare en péripéties et surprises.

Ces efforts ont été dignement salués par Jackson Lanzing sur Twitter qui a posté un extrait du scénario avec la planche correspondante à côté. Il soulignait alors que pour un auteur, quelques mots, quelques phrases représentaient en vérité, au final, des heures de travail pour l'artiste.

Cet hommage, suffisamment rare, mérite d'être cité en exemple car critiques comme auteurs comme lecteurs négligent souvent cet aspect des choses. Il va en quelque sorte de soi qu'un dessinateur livre mensuellement vingt pages, comme si cela ne représentait pas une contribution exceptionnelle. Et encore, ça, c'est quand les critiques, auteurs, lecteurs font attention au dessin, car combien sont-ils à discutailler histoire, continuité, caractérisation, etc., sans même penser à l'artiste qui les met en images dans des cadences infernales.

Pour a part, j'ai toujours mis un point d'honneur à parler du dessin dans une BD, à en évoquer le découpage, la représentation des décors, des personnages, à mentionner l'encrage, la colorisation, toute cette partie visuelle qui, soyons honnêtes et lucides, est ce qui nous fait acheter une revue, un album car c'est la partie la plus émergée de l'iceberg.

Cela ne signifie pas que je minimise l'écriture, mais je veux mettre l'accent sur le fait que l'art séquentiel est la combinaison indivisible des mots et des images. Une BD mal dessinée est pénible, une BD mal écrite n'est qu'un livre d'images. Une BD, c'est un bon scénario et de bons dessins. Ceux qui oublient cela ne savent tout simplement pas lire de la BD, il n'en voit que la moitié.

Jackson Lanzing et Collin Kelly l'ont compris et, parce qu'ils savent qu'ils disposent d'un dessinateur en pleine bourre, vraiment inspiré par ce qu'ils racontent, ne font pas les choses à moitié eux non plus.

Ce mini-arc en deux parties avec le comte Vertigo gère encore les conséquences de la mort de Roy Harper dans Heroes in Crisis, mais de manière plus indirecte que l'épisode entier qu'avaient produit les soeurs Benson avant eux. Le méchant réclame moins le défunt, dont il ignore l'assassinat, pour l'affronter (alors qu'il l'a envoyé en prison) que parce qu'ils furent compagnons en cure de désintoxication.

Le souvenir de Roy procurera aussi la solution à Green Arrow pour neutraliser le comte. Tout en révélant cruellement le fait que l'archer reste traumatisé par le décés de son sidekick. Ironiquement, c'est maintenant que Oliver Queen aurai besoin de la thérapie du Sanctuaire.

Le cliffhanger est vraiment étonnant et promet un cinquantième et dernier épisode imprévisible puisque Black Canary reçoit un ordre de mission radicale en relation avec son compagnon. De quoi boucler la série en beauté. Mais en souhaitant quand même son retour rapide, sous une forme ou une autre.
    
La variant cover de Francis Manapul.

vendredi 11 janvier 2019

GREEN ARROW #48, de Collin Kelly et Jackson Lanzing et Javier Fernandez


Au mois de Mars prochain, Green Arrow cessera sa publication (avant un relaunch et un nouveau titre ?). Premières victimes : les soeurs Benson qui ont été remerciés car leurs plans pour la série ne collaient pas avec ceux de DC. Retour du duo Collin Kelly-Jackson Lanzing avec le dessinateur Javier Fernandez pour ranger les jouets. Avec panache.


Depuis la mort et les obséques de Roy Harper, Green Arrow se consacre à temps plein à son activité de justicier à Seattle. Il a coupé les ponts avec la Justice League (qu'il juge responsable du décés de son partenaire au Sanctuaire) et applique une tolérance zéro contre la délinquance.
  

Pendant ce temps, le comte Vertigo a appris à augmenter ses pouvoirs dans sa cellule de prison et s'en évade. Lorsque les autorités l'appellent, Green Arrow se lance à sa poursuite et échappe ainsi à une conversation sur Roy avec Dinah Lance.


Mais Black Canary le suit à la poursuite du fugitif. En centre-ville, ils trouvent les immeubles sans dessus-dessous mais un jeune homme, Jayce Riot, qu'avait arrêté Green Arrow la veille, a fait évacuer les habitants et repousse son aide.


Black Canary empêche Green Arrow de se disputer avec le garçon pour retrouver Vertigo dans ce décor bouleversé. Le vilain ne se cache pas longtemps et défie le couple même s'il ne souhaite pas les affronter.


Toutefois il n'hésitera pas à les éliminer si celui qui l'a envoyé en prison ne se présente pas à lui. Et c'est bien là le problème comme le comprennent les héros car celui qui l'avait appréhendé était Roy Harper !

J'ignore quels sont, précisèment, les plans de DC pour son archer mais la décision de stopper dans deux mois sa série, qui fonctionne pourtant bien, est une conséquence des événements de la saga Heroes in Crisis, dont elle s'est d'ailleurs faite l'écho (en consacrant un numéro entier aux funérailles de Roy Harper).

Les soeurs Benson n'ont pas démérité en signant leurs quelques épisodes mais, donc, ce qu'elles prévoyaient pour Ollie Queen ne correspondaient pas avec les exigence de l'éditeur. Remerciées ou résignées, elles sont remplacées par Collin Kelly et Jackson Lanzing, déjà présents sur le titre avant elles pour un bref intérim. A charge pour eux de conclure.

C'est donc parti pour une histoire en trois parties avec comme méchant de service un adversaire récurrent de Green Arrow, le comte Vertigo. Mais sérieusement upgradé pour l'occasion : le passage par la case prison l'a motivé pour explorer ses pouvoirs au point qu'il peut désormais tordre la réalité elle-même. 

Cela en fait une sorte d'équivalent à Proteus, un ennemi emblématique des X-Men (époque Claremont-Byrne), sans toutefois être un mutant. L'exploitation qu'en font les scénaristes donne lieu à des scènes impressionnantes dans lesquelles on peut aussi lire l'influence manifeste d'Inception de Christopher Nolan avec ces immeubles renversés, une ville bouleversée par des forces insensées.

Contre cela, on se demande bien ce que va pouvoir faire Green Arrow (et Black Canary). Surtout que le vilain a une requête bien spéciale... Le script est malin, rapide, efficace, tout en ménageant au début quelques pages sur le traumatisme que vient de traverser Ollie Queen avec la mort de Roy Harper. Et si, tout compte fait, DC préparait simplement une série Green Arrow/Black Canary où le couple était plus que des partenaires et amants occasionnels (puisque Dinah a décidé de rester à Seattle).

Il faut espérer en tout cas que, quel que soit le futur auteur de l'archer, il restera associé à Javier Fernandez car l'espagnol accomplit une prestation à nouveau exceptionnel. Après le fill-in de German Peralta (parti dessiner une mini-série X-Men chez Marvel), on a droit à ce graphisme plein d'énergie qui sied parfaitement au titre.

Fernandez a fait des progrès bluffants depuis ses épisodes de Nightwing (où il ne bénéficiait certes pas de scénarios bien inspirés) : en vérité c'est la rencontre entre un dessinateur et un personnage comme il s'en produit parfois. Fernandez anime idéalement Green Arrow et Black Canary comme s'il était taillé pour eux et leur univers.

Le découpage est très dynamique et les doubles pages sont de vraies morceaux de bravoure, avec des idées de cadrage intelligentes et impressionnantes. Il y a de la vivacité dans le dessin de Fernandez, un mouvement puissamment suggéré, proprement irrésistible. Avec lui, une acrobatie un peu gratuite (le parachutage de Green Arrow et Black Canary en plein coeur de Seattle) devient une scène spectaculaire malicieuse et préparant le terrain à ce qui suit.

Tout cela se lit très bien, même si on a le coeur un peu pincé à l'idée que dans trois numéros ce soit fini. Souhaitons que DC ne nous prive pas longtemps ni de l'archer vert ni de son dessinateur.

La variant cover de Kaare Andrews (en mode Neal Adams).

jeudi 6 décembre 2018

GREEN ARROW #47, de Julia et Shawna Benson et German Peralta


L'arc narratif avec le justicier Citizen s'achève ce mois-ci et le moins qu'on puisse dire est que Julia & Shawna Benson le concluent en beauté, de manière intelligente et efficace à la fois. Côté dessin, German Peralta assure également comme un chef pour certainement son dernier ouvrage pour DC.


Citizen a enlevé Oliver Queen et se trouve avec son otage près d'un relais satellite de Queen Industries afin que la retransmission de son procès soit mondiale. Kate Spencer et l'informaticien Fyff tentent d'interrompre la diffusion sans succès.


Black Canary, en liaison avec Kate, remonte la miste d'Oliver grâce à un traceur qu'elle a déposé sur lui. Devant la caméra de Citizen, Ollie plaide non coupable ce qui irrite son ravisseur, prêt à précipiter son exécution avant le vote de ses followers. Lorsque Green Arrow surgit !
  

Assommé, Citizen ne voit pas que c'est Black Canary qui a endossé le costume de l'archer et qui délivre Ollie. Il se change alors que son adversaire reprend connaissance et croit que Green Arrow a permis à Queen de s'enfuir.


L'affrontement entre Citizen et Green Arrow, bref mais intense, tourne à l'avantage du second qui immobilise le méchant sur sa chaise électrique et s'empare de sa caméra pour s'adresser aux téléspectateurs, les enjoignant à s'exprimer par le vote, des manifestations les réseaux sociaux plutôt que par la violence.


Citizen est livré à la police. Ollie est disculpé de l'affaire de meurtre qui pesait sur lui et se promet de devenir meilleur au nom de Roy Harper et Black Canary. Cette dernière le retrouve et accepte de rester vivre à Seattle avec lui.

Depuis leur reprise en main de la série, les Benson ont fait la preuve de leur efficacité dans la narration, avec un sens du swing imparable. Tout va très vite sans être superficiel, comme en a témoigné cette histoire qui brassait des thématiques sérieuses pour son héros comme pour la société actuelle.

Via le personnage de Citizen, dont le combat s'appuyait sur les inégalités sociales dont la résolution passait par une vengeance meurtrière, les scénaristes ont abordé la disparité de la redistribution des richesses entre le pourcent de la population le plus nanti et le reste qui doit se contenter de conditions de vie précaires. Bien entendu, la méthode de Citizen n'est pas bonne, le lecteur en a conscience sans ambiguïté, mais le problème est réel.

Plus que la situation aisée d'Oliver Queen, c'est son appartenance à une caste qui est attaquée et, à travers Green Arrow, l'impuissance d'un super-héros à solutionner ce genre d'inégalités. Le tout est traité avec beaucoup d'adresse, le divertissement et la réflexion politique étant au même niveau. Cest assez rare pour être souligné, surtout dans un comic-book mainstream.

Cet épisode ne déroge pas à la règle, entretenant un suspense solide, et alternant prises de paroles engagées et combats traditionnels. Green Arrow ne doit sa victoire qu'à sa volonté et se remeten cause : il a compris qu'il doit être exemplaire, non seulement pour ses proches, pour les citoyens, mais aussi envers lui-même. Et c'est cette facult à retenir la leçon que salue Black Canary en acceptant de rester à ses côtés (plutôt que de retourner à Gotham).

Visuellement, la série est aussi un régal, même si German Peralta a choisi de quitter DC pour rejoindre Marvel (où il va d'abord dessiner une mini-série X-Men). Un choix de carrière curieux (tout comme celui d'un de ses prédécesseurs sur le titre, Juan Ferreyra), à moins qu'il ait refusé de n'être que l'artiste en alternance avec Javier Fernandez.

Quoiqu'il en soit, Peralta livre de superbes planches, très complètes : ses compositions sont parfaites, ses valeurs de plans très variées, ses personnages très expressifs. Le découpage privilégie toujours la lisibilté et n'abuse pas d'effets facils (une seule pleine page). Il est au service du récit tout en sachant le muscler.

Grâce à cette combinaison de talents, Green Arrow (qui mériterait plus que jamais de se voir accoler un "& Black Canary") est une des meilleures série DC actuelles.
    
La variant cover de Kaare Andrews.

vendredi 16 novembre 2018

GREEN ARROW #46, de Julie et Shawna Benson et German Peralta


Après le numéro précédant lié à Heroes in Crisis, l'intrigue de Green Arrow contre Citizen reprend ses droits pour cet épisode paru ce mois-ci (je suis donc désormais à jour avec la série). Julie & Shawna Benson héritent, elles, d'un nouveau cavalier puisque German Peralta remplace Javier Fernandez au dessin, sans qu'on y perde au change.


Pour débusquer Citizen, Green Arrow et Black Canary se partagent les investigations. Elle se rend chez la secrétaire de Jubal Slade pour connaître le nom et l'adresse du chauffeur du promoteur immobilier tué, la dernière personne à l'avoir vu vivant. 


Mais cette piste aboutit à une impasse car le chauffeur avait donné un faux nom et une fausse adresse. De son côté, Green Arrow apprend, par un ami de jeunesse de Oliver Queen, que c'est un autre de ses copains, Brett, qui avait causé l'accident de la route dont l'accuse Citizen.


Après avoir interrogé le shérif chargé de l'affaire à l'époque, les recherches de l'archer le conduisent jusque chez l'adjoint Joe Stranz, qui a pris de photos du drame. Il texte l'adresse à Black Canary tandis qu'il pénètre dans le domicile du policier.


Rapidement, des indices confirment que Stranz est Citizen et celui-ci attaque Green Arrow. Mais dominé par l'archer, il prend la fuite juste avant que sa maison n'explose à cause d'une fuite de gaz qu'il a provoqué pour faire diversion.


Oliver Queen établit un stratagème pour pièger Stranz en donnant une conférence de presse où il déclare se mettre sous la protection de la police de Seattle. Peu après être monté dans une voiture, le flic qui la conduit se tourne vers lui, portant le masque de Citizen et l'assommant...

Tout d'abord, on est surpris de ne pas retrouver au dessin Javier Fernandez, alors que l'espagnol est très régulier et avait fait une excellente impression sur ses trois épisodes. Mais, l'un dans l'autre, on ne perd pas au change avec son remplaçant German Peralta, plus habitué à jouer les doublures qu'à animer une série comme titulaire du poste.

Sa prestation est excellente et même plus complète que ce que proposait Fernandez. Il évolue dans un registre similaire, avec le même brio pour composer ses plans et ses pages, mais avec un trait plus classique et ferme. Peralta s'encre lui-même et dessine des personnages aux proportions réalistes, y compris pour les femmes (Black Canary est sexy sans outrances anatomiques), avec un soin notable apporté aux décors. John Kalisz, le coloriste, est resté fidèle au poste et s'est adapté parfaitement à son nouveau partenaire, avec cette palette nuancée aux ambiances bien dosées.

Visuellement, la série conserve donc tout son attrait, et même une cohérence esthétique appréciable (là où le run de Benjamin Percy allait et venait au gré de styles très divers, comme celui d'Otto Schmidt ou Juan Ferreyra). Pour ne rien gâcher, le titre bénéficie de couvertures d'Alex Maleev (et de variant covers par Kaare Andrews).

Narrativement, les Benson repassent la seconde après avoir freiné le temps de l'enterrement de Roy Harper dans le précédent épisode. Ce rythme trépidant participe énormément au plaisir de la lecture et colle au propos : on est dans une course contre la montre car Citizen ne cesse de menacer Oliver Queen et, désormais, il fait des petits. Ses supporteurs surgissent dans des réceptions chics, avec son masque, pour y semer le chaos parmi les nantis de Seattle (l'occasion d'une scène d'ouverture spectaculaire).

Mais les deux scénaristes n'oublient pas de faire progresser leur récit. Elles partagent équitablement l'enquête, tout en réservant le meilleur morceau à Green Arrow : son bref combat avec Citizen est intense et se conclut de manière explosive. Tout aboutit à un cliffhanger haletant : Ollie Queen s'est-il jeté dans la gueule du loup ? Ou son enlèvement, prévisible, est-il supervisé par Black Canary ? En tout cas, la suite s'annonce accrocheuse puisqu'on nous promet "l'exécution d'Oliver Queen"...

Alors que les archers de Marvel sont désormais dans les West Coast Avengers (mais avec des chiffres de vente peu encourageants), Green Arrow porte haut ses couleurs dans un titre jubilatoire, aussi bien écrit que dessiné.

jeudi 15 novembre 2018

GREEN ARROW #45, de Julie et Shawna Benson et Javier Fernandez


A peine arrivées sur le titre, Julie & Shawna Benson ont du composer avec la saga Heroes in Crisis de Tom King. Green Arrow est en effet indirectement impacté par le premier épisode puisqu'une des victimes de la tuerie du Sanctuaire est Roy Harper/Arsenal : il était impensable que l'archer ne suspende son enquête sur le Citizen au moment de rendre hommage à son disciple. Pour Javier Fernandez, l'exercice permet à la fois de briller tout en se retirant (déjà !)...


Oliver Queen et Dinah Lance assistent aux obsèques de Roy Harper en compagnie des amis de ce dernier au sein de la Justice League, des Titans et des Outlaws. Pour Green Arrow, le chagrin le dispute à la colère, alors qu'il est assailli par les souvenirs du défunt.


Roy avait récemment fait son retour à Seattle et participé au sauvetage d'un immeuble détruit par le promoteur Jubal Slade. Il semblait vouloir se confier à Oliver qui, lui-même, voulait lui donner quelque chose. Les meurtres commis au Sanctuaire ne l'auront pas permis.


Oliver frappe Clark Kent en lui reprochant, comme à d'autres membres de la Ligue, de ne pas avoir protéger les patients du Sanctuaire. Puis il se tourne vers Hal Jordan à qui il supplie d'utiliser son pouvoir pour ressusciter Roy. Avant que J'onn J'onzz ne le raisonne télépathiquement.


Calmé, Oliver s'éloigne et fait connaissance avec Annie, une jeune femme, ancienne toxicomane que Roy avait convaincue de se faire soigner. Green Arrow se rappelle alors comment il avait surpris Roy quand il se droguait et la manière, maladroite, de l'aider en jouant davantage le rôle d'un mentor que d'un père de substitution.


Ces regrets, Oliver le comprend, alimentent sa colère aujourd'hui : il en veut moins aux autres qu'à lui-même, de ne pas avoir été suffisamment présent pour Roy. Il doit s'améliorer en sa mémoire. Et cela commencera par coincer le Citizen.

L'exercice du tie-in, c'est-à-dire de l'épisode découlant d'une saga, est toujours périlleux, même s'il arrive parfois que les auteurs y trouvent matière à transcender l'histoire à laquelle ils doivent coller. Julie & Shawna Benson ne visent pas si haut mais en profite pour signer un chapitre intermédiaire dans leur arc narratif de manière habile.

Javier Fernandez a visiblement profité d'une liberté de manoeuvre assez grande pour découper l'épisode qui abonde en pleines pages rétrospectives. On peut ainsi voir défiler des moments emblématiques de la vie de Green Arrow et de celui qui fut successivement Speedy, Red Arrow et Arsenal. Ces planches sont très belles, superbement composées, avec des effets de fondus enchaînés épatants, leur lecture est très fluide et ponctuée d'instantanés iconiques renvoyant à des épisodes célèbres (notamment ceux du run de Denny O'Neil et Neal Adams sur la série Green Arrow/Green Lantern).

Dans Heroes in Crisis #1, Tom King présentait dans une page le témoignage de Roy Harper se sachant condamné après une courte existence éprouvante où les coups reçus et son addiction à l'alcool et la drogue avaient détruit ses reins. Devenu sacrifiable, il disparaissait néanmoins de manière poignante, symbole d'une jeunesse héroïque mais surtout consumée par une activité destructrice.

La réaction d'Oliver Queen est exposée de façon logique et mesurée. C'est un homme en colère qui se présente aux funérailles de son protégé. Ce sentiment s'exprime d'abord contre les gardiens du Sanctuaire via Superman qu'il accuse de n'avoir pas su éviter le carnage ni arrêter le meurtrier. Puis, subtilement, on voit que ce ressentiment vise Queen lui-même.

Le tournant de sa relation avec le défunt se situe donc quand Roy a commencé à se droguer et qu'il l'a découvert avec Green Lantern - un classique donc de l'ère O'Neil-Adams. A l'époque, Green Arrow réagit brutalement en giflant et en sevrant sans ménagement son sidekick. Il agit comme un coach, un mentor, face à un ado qui cherche un père de substitution. En le comprenant aujourd'hui, Oliver intègre sa maladresse, son erreur, et formule son regret.

Mais, et c'est là le petit tour de force des Benson, il en tire une leçon : il a échoué, il doit s'améliorer. Et cela passera par la capture du Citizen. La série retombe sur ses pattes avec agilité et annonce la reprise de l'intrigue commencée dans les deux numéros précédents. Le tie-in est exemplairement rempli tout comme la liaison avec l'histoire en cours.