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samedi 14 octobre 2023

KEITH GIFFEN (1952 - 2023)


Keith Giffen est mort Lundi 9 Octobre. Il avait 70 ans. 
C'est décidément une semaine de merde.


Ci-dessus : son dernier tweet. "Je leur avais dit que j'étais malade. Tout sauf aller à la New York Comic Con. Merci. Keith Giffen 1952-2023. Bwah ha ha ha." Du pur Giffen dans le texte. Jusqu'au bout, blagueur.

Mais c'est bien un titan des comics qui est parti. Un storyteller unique, dont la productivité n'a d'égale que celle d'un Jack Kirby (on en reparlera plus loin). Remontons le temps pour mesurer l'oeuvre qu'il laisse.


Keith Giffen nait à New York dans le quartier du Queens. Il débute au milieu des années 70 en dessinant des layouts (des esquisses préparatoires) pour Wally Wood, mais se fait vite remarquer pour sa rapidité et son coup de crayon ainsi que pour son imagination débridée. Ainsi, en 1976, il créé avec le scénariste Bill Mantlo un petit personnage qui fera du chemin : Rocket Raccoon (dans les pages de Marvel Preview 7).


La même année et la suivante, il devient le penciller de la série Defenders. Quelques années plus tard, ce sera grâce à ce titre que je découvrirai Giffen avec l'épisode ci-dessus, traduit dans un album chez Arédit. A cette époque, son style est très influencé par Jack Kirby, même si l'encrage de Klaus Janson masque cette référence, mais une fois ce dernier parti, ça saute aux yeux.


Au début des années 80, il pose ses valises chez DC qui lui confie les dessins de Legion of Super Heroes. Avec le scénariste Paul Levitz, Giffen va produire un run mémorable, notamment pour la saga The Great Darkness. Il reviendra fréquemment sur ce titre tout en écrivant par ailleurs d'autres séries et ce jusqu'en 1989 puis 1998 !


Son goût pour la comédie et le pastiche vont le conduire à imaginer Legion of Substitute Heroes, une version hilarante de la série, en 1985, toujours avec Levitz (et qui, je crois, n'a jamais été traduite en France). Un exercice qui va lui inspirer ses futures classiques.


Ainsi, dès 82, en même temps que Legion of Super Heroes, Giffen créé Ambush Bug, qui, bien avant Deadpool (et surtout en étant bien plus drôle), brise le quatrième mur de la narration en s'adressant donc directement au lecteur et en ayant conscience d'être un personnage de comic-book.


Un an plus tard, il co-créé avec Roger Sifler le personnage de Lobo, qui, bien avant d'être relooké en biker de l'espace, ressemblait à ça ! Et fit ses débuts dans les pages de Omega Men. Vous commencez à intégrer tout ce qu'a apporté Giffen au média ? Ce n'est qu'un début !


Car, en 1987, il va unir ses forces à deux génies : le scénariste Jean-Marc DeMatteis et le dessinateur Kevin Maguire. DC vient de publier Crisis on Infinite Earths et la mini-série qui suit, Legends, et relance avec ces trois-là la série Justice League. Une Ligue des Justiciers comme on en a jamais vue avant... Ni depuis !


J.-M. DeMatteis racontera la génèse du projet et leur méthode de travail : DC voulait étonner, forte du succès de projets comme Watchmen et Batman : The Dark Knight Returns. Giffen est le plotter du trio, c'est lui qui imagine les intrigues, souvent en les storyboardant directement. Puis DeMatteis les peaufine et les dialogue. Enfin Kevin Maguire les sublimes avec un trait d'une expressivité hors du commun.


Le succès est au rendez-vous et c'est probablement l'incarnation la plus mémorable de la Justice League. C'est bien sûr très drôle, mais Giffen est aussi un adepte des twists narratifs : souvent, sans prévenir, il change complètement de ton, bouscule l'équipe, injecte du drame dans la farce. Surtout la Justice League International, comme elle va très vite être rebaptisée, met en avant moins des vedettes que des personnages improbables : au lieu de la Trinité Superman - Wonder Woman - Batman, ce sont Blue Beetle, Booster Gold, Fire, Ice, le Limier Martien, Rocket Red, Captain Atom, Big Barda, Mister Miracle et d'autres qui tiennent le haut de l'affiche. Personne ne sait ce qui va arriver avec des héros pareils !


Comme il l'avait fait avec Legion of Substitute Heroes, Giffen va décliner le titre : d'abord avec Justice League Europe...

... Puis avec Justice League Quarterly. Il reconnaîtra comme DeMatteis que le phénomène leur a un peu échappé, qu'ils en ont trop fait, à commencer par la série principale, mais qui pourrait leur en vouloir ? Finalement, Giffen et DeMatteis arrêtent l'aventure en 1992. Même si dans les années 2014-2017, ils ne résisteront pas à inventer une version futuriste avec Justice League 3000 puis 3001 : néanmoins, la magie n'opérera plus (en tout cas pour moi). Surtout parce que DC a exclu Kevin Maguire, lui préférant Howard Porter, moins susceptible de tirer le titre vers la comédie.


Les années 90 voient Giffen louer ses services à plusieurs éditeurs comme Valiant, Image. Il va même collaborer avec Rob Liefeld : bon, c'est arrivé aux meilleurs (Alan Moore)... Au début des années 2000, il revient chez Marvel et renoue avec les sagas cosmiques. Il va en effet initier et piloter toutes les séries estampillées Annihilation ! En convoquant tous les héros et vilains de l'espace, dont les séries ont du mal à se vendre, il transforme l'essai et offre un succès inattendu à Marvel.


A l'occasion de l'event Infinite Crisis, Keith Giffen créé avec le dessinateur Cully Hamner Blue Beetle troisième du nom. Cette fois, c'est un adolescent latino qui hérite du pouvoir du scarabée - et c'est cette version qui a été adaptée cette année au cinéma. Giffen aura donc écrit les aventures de Jaimie Reyes et de son prédécesseur Ted Kord !


La même année ou débute Annihilation, Giffen collabore à nouveau avec DC. En 2006, quatre scénaristes sont les architectes du DCU : Geoff Johns, Grant Morrison, Greg Rucka et Mark Waid. Pourtant, celui qui va cimenter ce quatuor sur 52, une série hebdomadaire, c'est bien Giffen qui révise leurs scripts et produit les layouts pour tous les épisodes, pendant 52 semaines ! Un travail ahurissant !
 

Mais ça n'épuise pas le bonhomme qui enchaîne avec Countdown to Final Crisis, là encore pendant 52 semaines. Pourtant, cette nouvelle maxi-série ne reçoit pas du tout le même accueil enthousiaste de la part des critiques et du public et l'event qui en sortira, Final Crisis, par Grant Morrison, non plus.


En 2010, Giffen est associé à Judd Winnick pour un nouveau gros projet : co-écrire et storyboarder Justice League : Generation Lost. Pendant 24 n°, il renoue avec des héros comme Maxwell Lord, Booster Gold, Fire et Ice, Captain Atom dans une intrigue composant avec Brightest Day, la suite de l'event Blackest Night de Geoff Johns.


En 2014-2015, Giffen, désormais abonné aux grandes manoeuvres mais cette fois dans le statu quo des New 52 de DC, supervise et co-écrit avec Brian Azzarello, Dan Jurgens et Jeff Lemire, Futures End. Le résultat s'avère indigeste et a très mal vieilli. Hélas ! ce sera la dernière grande contribution aux comics du géant Giffen.

Sa santé est fragile : gros fumeur, il souffre de problème respiratoires récurrents, mais ça ne l'empêche pas d'écumer les conventions où sa popularité est énorme. Souvent il est assis à côté de DeMatteis et Maguire et abreuve le public de bons mots et de blagues épicées. C'était une crème, d'une gentillesse et d'une humilité incroyables, et dont le talent, l'inventivité forçaient le respect. 

Jean-Marc DeMatteis avait cette anecdote : un jour, lui et Giffen attendent dans un couloir d'être reçus par leur editor de Justice League International (Andy Hefler). Giffen fait part à DeMatteis de son envie d'utiliser un personnage issu du Green Lantern Corps pour la série, le grotesque G'nort, et il lui raconte en détail comment il veut s'y prendre. Mais DeMatteis n'aime pas l'idée et le lui dit. Sans se vexer, Giffen, au contraire, rebondit aussitôt et imagine une autre manière d'intégrer G'nort. Et cette fois il convainc son partenaire. 

C'était Keith Giffen : une véritable machine à idées, à histoires, une force de travail inouïe. Un géant. Qui nous laisse une bibliothèque entière de comics pour échapper à un monde qui part en sucettes, entre terroristes islamistes du Hamas tuant des juifs et assassin djihadiste de prof de français (auxquels de pseudos insoumis indignes trouvent quand même des excuses).

samedi 26 août 2017

THE KAMANDI CHALLENGE #8, de Keith Giffen et Steve Rude


The Kamandi Challenge fait partie, comme Mister Miracle (de Tom King et Mitch Gerads) et d'autres parutions déjà sorties ou à venir, des publications conçues par DC Comics pour honorer le centenaire de la naissance de Jack Kirby. 

Le projet comptera douze épisodes (et se terminera donc en Décembre) et a été construit sur un monde narratif en forme de "marabout-bout de ficelle" qui promettait d'être ludique. A chaque épisode, une équipe créative différente et pour passer le témoin à la suivante, l'obligation d'enchaîner le nouvel épisode avec la dernière case du précédent.

Procédé effectivement amusant mais résultats inégaux, dépendant forcément de l'inspiration des scénaristes et du talent des dessinateurs, mais aussi de mixer à la fois la mécanique d'un one-shot tout en inscrivant le récit dans une maxi-série cohérente. Il y a eu de belles réussites (même si je n'ai pas tout lu), mais ce huitième chapitre se distingue du lot par sa qualité exceptionnelle et son sens de la rupture. 

Mais un mot de l'histoire d'abord, qui tient sur peu de choses mais s'avère palpitante : Kamandi débarque, en atterrissant avec un deltaplane de fortune, sur une plage (où il se débarrasse d'un parasite mental - élément issu du #7).
Rapidement, il fait la connaissance de deux tribus rivales d'animaux évolués : l'une vénère une divinité du nom d'Ulysses, l'autre un dieu appelé Odysseus. Mais au lieu de cohabiter pacifiquement en pratiquant leur culte chacune de leur côté, elles se livrent à une guerre de longue date.
Kamandi en découvre la raison quand il voit que la statue d'Ulysses est aussi celle d'Odysseus, et donc que les deux clans s'affrontent pour un être suprême possédant deux noms différents. Obligé de prendre parti successivement pour l'un ou l'autre des deux camps, il comprend qu'il n'y a pas d'issue à cette guerre absurde où personne ne veut admettre la vérité...

Pourquoi donc The Kamandi Challenge #8 est si réussi, plus que les sept précédents ? D'abord parce que le duo formé par Keith Giffen, au scénario, et Steve Rude, au dessin, est certainement la plus évidente, la plus légitime à assumer l'héritage de Kirby.

Giffen, qui est aussi artiste, a un style tout entier inspiré de celui du King, et sa narration est également au diapason, nerveuse, abondante en action, en grand spectacle, en allusions métaphoriques, en méta-textualité.
Rude a lui aussi toujours revendiqué Kirby comme son maître, avec Russ Manning et Alex Toth, et ce n'est pas la première fois (comme Giffen, qui avait réanimé O.M.A.C. notamment durant les "New 52", hélas ! sans grand succès) qu'il dessine des personnages iconiques créés par son prestigieux modèle (on lui doit par exemple, sur une scénario de Bruce Jones, une saga en quatre parties de Captain America, What price glory ?, jamais traduite !).

Ces deux fans absolus affichent une complicité parfaite et jubilatoire : l'épisode est haletant et visuellement splendide. Giffen ne laisse pas le lecteur souffler et Rude lui coupe le souffle avec des plans et des planches renversants de beauté (dont la double page, ci-dessus, n'est qu'un échantillon). Les couleurs sobres de John Kalisz subliment ce travail graphique en lui donnant une palette à l'ancienne du meilleur effet.

Mais ces atouts, techniques en somme, ne doivent pas masquer les autres mérites de l'oeuvre. Comme je l'ai déjà dit, cet épisode, contrairement aux autres, peut se lire indépendamment, son contenu est immédiatement accessible et si sa fin est ouverte, elle ne l'est que pour respecter le concept de la série. Vous pouvez vous arrêter à l'avant-dernière page et le récit est complet.

Le thème de l'histoire renvoie surtout à ce que racontait principalement la série originale de Kirby en 1972 : après une "grande catastrophe" (un cataclysme qui a décimé tous les hommes mais rendu les animaux aussi évolués qu'eux), Kamandi est littéralement, comme le sous-titre l'indique, "le dernier garçon sur Terre. Ses aventures le mènent dans des territoires constamment hostiles puisque les bêtes le considèrent comme une anomalie (au mieux) ou une menace (au pire). En chemin, il se fera quand même quelques alliés parmi les animaux évolués mais ceux-ci deviendront ainsi des parias.

En progressant spectaculairement ainsi, les bêtes ont en fait hérité des mêmes défauts que ceux des hommes et leur comportement indique souvent qu'ils courent à leur propre perte en recyclant des armes, en combattant d'autres espèces, en cultivant leur foi religieuse de manière extrémiste. C'est ce dernier point qui est ici souligné avec ces deux tribus adorant le même dieu auquel ils ont donné deux noms différents mais en revendiquent la propriété. Le discours de raison pacificateur que tient Kamandi n'évite pas la guerre, n'apaise pas les tensions - au contraire il le rend suspect puis hostile.

Le message est à double fond : d'abord, Giffen et Rude dénoncent sans ambiguïté les fanatiques religieux qui en s'en tenant à un dogme sombrent inévitablement dans l'obscurantisme - la charge trouve un écho toujours aussi éloquent aujourd'hui, dans un monde menacé par le terrorisme nourri par des lectures radicales des saintes écritures. Mais, on peut aussi interpréter le récit comme une adresse aux fans de comics dont le purisme confine souvent à l'intégrisme sous prétexte de vouloir respecter absolument la continuité des BD et de rejeter tous ceux qui la négligent, auteurs comme lecteurs.

La densité de ce discours associée à la maestria de l'exécution aboutit donc à un épisode effectivement exceptionnel, alliant le divertissement à la réflexion, honorant la vision de Kirby, et brillant au sein d'une maxi-série conceptuelle inégale.  

mercredi 29 septembre 2010

Critique 166 : FORMERLY KNOWN AS THE JUSTICE LEAGUE, de Keith Giffen, Jean-Marc DeMatteis et Kevin Maguire

A la recherche d'une histoire de super-héros vraiment drôle ? Lisez donc ce Formerly Known As The Justice League, la suite de la série Justice League international,conçue dans les années 80 après le crossover Crisis On Infinite Earths.
Le premier mérite de cet album est de pouvoir être compris sans avoir lu la série qui l'a précédé, tout en donnant envie de la découvrir.
Son deuxième mérite est qu'il s'agit à la fois d'une parodie très drôle mais respectueuse de ses personnages et de leur univers.
Son troisième mérite est d'avoir été réalisé par l'équipe artistique originale, trois joyeux drilles dont la complicité est au diapason de leur talent.
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Cette nouvelle mini-série (qui sera suivie par I Can't Believe It's Not The Justice League, issue du titre JLA Classified) a été publiée en 2003 : l'équipe est rassemblée par l'affairiste Maxwell Lord et voulue comme "accessible au commun des mortels" (par opposition à la JLA, véritable panthéon toisant l'humanité). Le groupe est rebaptisé les "Super Buddies", référence au dessin animée Super-Friends produit par Hanna-Barbera dans les années 70, et se distingue par l'incapacité de ses membres à travailler correctement ensemble.
Keith Giffen, J.M. DeMatteis et Kevin Maguire avaient précédemment signé, en 1987, la série Justice League International. Le scénariste J. M. DeMatteis développa une version de la Justice League fondée sur ses sept membres iconiques (Superman, Batman, Wonder Woman, Flash, Martian Manhunter, Green Lantern, Aquaman) comme le fit plus tard Grant Morrison. Associé à Keith Giffen et Kevin Maguire, le projet devait cependant être réécrit en fonction des re-créations post COIE de Superman par John Byrne (Man of Steel), de Wonder Woman par George Perez, de Flash par Mike Baron et de Batman par Frank Miller (Batman : Year One). Denny O'Neil édita le titre, autorisant les auteurs à utiliser Batman (mais pas Superman, Wonder Woman, et Flash). DeMatteis et Giffen inclurent Dr Fate (dont ils écrivaient la série régulière) et l'éditeur Andy Helfer (en charge de Green Lantern) leur suggérèrent d'utiliser Guy .
La direction résolument comique était l'idée de Giffen et était la réponse évidente aux titres "grim'n'gritty" produits par Marvel à cette époque. C'était aussi l'occasion de redéfinir la caaractérisation de héros comme Gardner (un casse-cou abruti), Captain Marvel (un benêt), Booster Gold (un imbécile heureux et suffisant), ou Black Canary (une féministe pure et dure). L'équipe elle-même apparut dans la mini-série JLA : Légendes, de John Ostrander, Len Wein et John Byrne, en 1986.
Dans ces conditions, la conception d'une suite aussi tardive pouvait laisser dubitatif : les auteurs seraient-ils toujours aussi inspirés et, dans un DCverse sous le choc d'Identity Crisis, un tel projet avait-il encore un sens ? Si Nextwave a pu être imaginé chez Marvel à l'époque de Civil War, ma foi, pourquoi pas ?

Bienvenue donc chez les "super-buddies", la formation super-héroïque la plus improbable et la plus drôlatique du moment, qui compte dans ses rangs des seconds couteaux aussi fameux que le tandem Blue Beetle-Booster Gold, Mary Marvel, Elongated Man et son épouse Sue Dibny, la brésilienne Fire, Captain Atom. Tout ce joli monde est rassemblé par Maxwell Lord (ou plutôt son double cyborg) et le robot Ron-L pour devenir un groupe de super zéros de proximité, que les habitants du quartier où ils s'installent pourraient appeler à l'aide comme on demande à la police ou aux pompiers d'agir.
Quelques problèmes se posent toutefois : ces héros sont tous des crétins finis, peu ou pas ou plus habitués à travailler ensemble, dirigés par un incompétent encore supérieur, rejettés par leurs voisins, et devant faire face à des menaces les dépassant largement. La vraie Ligue de Justice les surveille, prête à intervenir (et, c'est inévitable, elle le fera), mais, bien qu'ils s'en doutent, cela ne va pas les arrêter.
Plus occupée à se châmailler entre eux (voire à s'entretuer) qu'à sauver le monde (ou alors sans le faire exprès), cette bande de losers magnifiques va d'abord vaincre la morosité...
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Entre les sagas épiques et les sombres drames qui ont agité le DCverse ces dernières années, Formerly Known as the Justice League procure un contraste aussi saisissant que bienvenu, l'archétype du comic-book qui ne se prend pas au sérieux.
Dès l'introduction, on est dans le ton : un Batman bien déglingué et dessiné à la manière de Sergio Aragones présente le groupe dont chacun des membres se décrit ensuite de façon décalé, entre dédain pour le chevalier noir, admiration béate, surprise, détachement, quand Fire ne lui fait pas des avances sexuelles très explicites.
Les séquences s'enchaînent rapidement : Lord recrute ses héros à louer, puis ils s'installent dans leur Q.G. minable tandis que Sue Dibny et Beatriz Da Costa/Fire passent le temps en notant le physique des garçons de l'équipe sur une échelle de 1 à 10. Très vite, ils doivent faire face à une bande d'étudiants de Harvard pourvus de pouvoirs et n'appréciant leur arrivée dans le quartier...
Ces scènes résument l'esprit potache de la série où le pathétique des personnages domine, comme lorsque Mary Marvel fuit Captain Atom, craignant pour sa santé, puis affole (sans le faire exprès) par sa plastique les mâles du groupe (déjà bien chauffés par la présence de la bien-nommée Fire).
On ne s'étonne pas dès lors de la facilité avec laquelle la malfaisante Roulette les kidnappe pour ses jeux du cirque modernes puis qu'ils soient dépassés par l'arrivée du potentat cosmique Manga Khan...
L'écriture de Giffen, qui excelle dans les situations burlesques, et les dialogues sarcastiques de DeMatteis font merveille dans cette parodie où, finalement, les scènes d'action sont dispensables.
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La plastiscité extraordinaire du dessin de Maguire sert au mieux le script : il n'a en effet pas d'égal pour traduire en images les mimiques des personnnages, leur donner une gestuelle minimale mais extrèmement juste.
La réussite de cette sitcom au pays des super-héros lui doit énormèment et son trait élégant et clair est superbement mis en valeur par l'encrage du vétéran Joe Rubinstein.
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Parce que c'est un exercice de style rare dans le registre super-héroïque et qu'il est parfaitement maîtrisé par une équipe créative à la complicité éprouvée, cet album est un vrai petit chef-d'oeuvre.

vendredi 19 juin 2009

Critique 63 : INFINITE CRISIS - 52, de Geoff Johns, Grant Morrison, Greg Rucka, Mark Waid et Keith Giffen






52 est une maxi-série publiée hebodomadairement par DC Comics, à partir du 10 Mai 2006, une semaine après la sortie du dernier épisode du crossover Infinite Crisis.
Au scénario ont collaboré quatre des plus brillantes plumes de la firme (et même de l'industrie) : Geoff Johns, Grant Morrison, Greg Rucka, et Mark Waid.
La direction artistique a été confiée à Keith Giffen, qui en a découpé graphiquement tous les épisodes, fournissant le cadre à plusieurs dessinateurs.
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52 compte, comme son titre l'indique, 52 volets, édités à raison d'un par semaine sur une année entière, chroniquant les évènements survenus durant "l'année perdue" après le dénouement d' Infinite Crisis. La série concerne la globalité de l'univers DC à travers les trajectoires de plusieurs de ses personnages, trajectoires parfois convergentes et formant une vaste fresque cohérente.
A partir du numéro 2, un complèment a été ajouté à la série - et ce, jusqu'au n°11 - où une seconde équipe créatrive, emmenée par Dan Jurgens, relatait l'Histoire du DC Universe : la narratrice en était Donna Troy. Dans le dernier chapitre de cette rétrospective (fort utile pour le non-initié), l'enregistreur d'Harbinger et un nouveau Monitor informaient Donna Troy qu'elle aurait dû mourir à la place de Jade (fille d'Alan Scott, alias Green Lantern I/Sentinel, un des vétérans de la JSA, et soeur d'Obsidian)...
Autre bonus de 52, à partir du n°12 jusqu'au 51, les origines de personnages emblématiques du "DCverse" étaient résumées en deux planches, rédigées par Mark Waid et illustrées par plusieurs artistes.
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Booster Gold :
- Comme nous l'avons vu à la toute fin d'Infinite Crisis, Superman, Batman et Wonder Woman décident de cesser leurs activités héroïques. Les autres justiciers font alors ériger un mémorial en hommage à Connor Kent/Superboy à Metropolis. C'est à cette occasion que l'aventurier venu du futur Booster Gold se fait remarquer en annonçant l'arrivée de Superman, Batman, et Wonder Woman. Lorsque l'assemblée présente sur place comprend son erreur, Booster Gold accuse son partenaire, le robot Skeets (qui a en mémoire tous les évènements survenus à cette époque), de lui avoir fourni une mauvaise information.
Lorsque, plus tard, Skeets donne à nouveau des signes de disfonctionnement, Booster décide de gagner la base dans le désert du voyageur temporel Rip Hunter pour qu'il examine le robot Mais une fois arrivé à son bunker, il n'y trouve personne et découvre plusieurs tableaux noirs remplis de notes cryptées et de photos - dont certaines où il figure avec Skeets et indiquant "sa faute".
La réputation de Booster est définitivement ruinée après que soit révèlée au grand jour ses manoeuvres peu scrupuleuses pour conserver ses nombreux partenariats commerciaux (acquis grâce à ses bonnes actions en l'absence de Superman à Metropolis). Pour ne rien arranger, un nouveau et mystérieux justicier nommé Supernova fait son apparition et séduit rapidement le public par ses interventions aussi providentielles que désintéressées.
Booster tente de regagner les faveurs des citoyens en les protégeant de l'explosion d'un sous-marin nucléaire. Mais il disparaît tragiquement en sauvant la vie de Supernova. Skeets aborde alors l'ancêtre de Booster, Daniel Carter, pour le convaincre de réaccèder au laboratoire de Rip Hunter. Lorsqu'il réalise que ce dernier était au courant de son plan secret, le robot piège Daniel Carter dans une boucle temporelle à l'intérieur du bunker et part à la recherche de Hunter lui-même.
C'est ainsi qu'en suivant Supernova il retrouve Rip Hunter dans la cité de Kandor, contenue dans une cloche de verre. La vérité lui apparaît alors que Supernova n'est autre que Booster Gold, ayant maquillé sa mort avec l'aide de Hunter pour cacher à Skeets leurs vraies intentions. Hunter et Supernova/Booster essaient de pièger Skeets dans la Zone Fantôme, mais le robot absorbe cette dimension parallèle et poursuit ses deux adversaires à travers cette faille temporelle.

Ralph Dibny :
- De son côté, Ralph Dibny, alias Elongated Man, ne se résoud pas à la mort de sa femme (tué par Jean Loring dans Identity Crisis), Sue, et il décide de mener l'enquête lorsque sa tombe a été vandalisée avec une inscription ressemblant au signe de Superman, le symbole kryptonien pour la résurrection.
Il va interroger Cassandra Sandsmark qui lui avoue qu'elle a rejoint un groupuscule prêchant le possible retour à la vie de Connor Kent/Superboy. Elle pense ce miracle probable et convainc Ralph qu'il pourrait ainsi retrouver Sue.
Avec quelques amis (Green Lantern, Green Arrow, Metamorpho...), Ralph inflitre une cérémonie de ce groupe et y mettent fin. Mais leur intervention provoque un incendie, vite jugulé, au milieu duquel l'effigie de Sue en flammes se met à ramper jusqu'à son mari. Cette brêve manifestation plonge Dibny dans une profonde dépression, au bord de la folie.
A peine remis de ses émotions, mais désormais persuadé qu'il peut retrouver Sue, Ralph cherche et trouve le casque du Dr Fate, toujours animé et qui lui promet à son tour un contact avec sa défunte épouse contre certains sacrifices...
Dibny embarque avec le casque de Fate pour un périple à travers les différents au-delà de diverses cultures, où il accepte d'utiliser la magie pour son usage personnel. Après plusieurs tentatives infructueuses pour ramener sa femme à la vie, Dibny lance un sort dans la Tour du Dr Fate avant de coiffer le casque de ce dernier : il découvre alors que le sorcier Felix Faust a négocié l'âme de Sue avec le démon Neron en prenant l'apparence de Nabu (à qui Fate doit ses pouvoirs) et en échange de sa liberté.
Neron tue Dibny mais réalise ensuite que celui-ci l'a piègé avec Faust par un sortilège dans la Tour de Fate. Ralph et Sue sont enfin réunis dans la mort sous la forme de fantômes détectives.

Lex Luthor :
- Par ailleurs, Lex Luthor annonce le lancement du "Projet Everyman", un programme conçu pour dôter n'importe quel humain ordinaire de super-pouvoirs. Au même moment, John Henry Irons désactive l'armure de sa nièce Natasha après avoir voulu, en vain, lui inculquer qu le statut de justicier se méritait, impliquait le sens des responsabilités.
En réponse à cette punition, Natasha rencontre Luthor pour intégrer le "Projet Everyman" et provoque la colère de son oncle auquel Lex inocule une solution qui transforme progressivement sa peau en acier. Lorsqu'elle découvre le nouvel état de John Henry, Natasha croit qu'il s'est inscrit au programme de Luthor et l'accuse de s'être comporté en hypocrite vis-à-vis d'elle.
La jeune femme reçoit des super-pouvoirs et devient membre de l'équipe d'agents de Luthor, baptisée Infinity, Inc.. Irons apprend que Luthor peut priver lorsqu'il le souhaite ses cobayes de leurs facultés surhumaines, expirant au bout de six mois.
Ces soupçons se confirment lorsqu'une des co-équipières de Natasha perd subitement ses pouvoirs lors d'un combat et meurt contre l'adversaire qu'elle afrontait. Irons se sert de ce drame pour regagner la confiance de sa nièce et la convaincre des mauvaises intentions de Luthor.
Lex est frustré car, en vérité, des examens médicaux révèlent qu'il ne peut profiter du traitement dont il fait bénéficier ses recrues. Pour se venger, il désactivate les pouvoirs de la majorité des sujets du "projet Everyman" le soir du Nouvel-An, entraînant leur chute mortelle depuis le ciel de la ville où ils paradaient.
Désormais, Natasha va oeuvrer pour démasquer Luthor. Mais ce dernier découvre que ses employés lui ont menti par peur qu'il puisse , lui aussi, acquérir des capacités surhumaines : ainsi s'administre-t-il lui-même le traitement pour obtenir les pouvoirs de Superman. Il apprend ainsi que Natasha l'espionne et la brutalise jusqu'à ce qu'Irons et les Teen Titans assaillent le siège de Lexcorp et le neutralisent pour le livrer à la justice.
Beast Boy offre ensuite à Natasha de les rejoindre au sein des Teen Titans, mais elle préfére former sa propre équipe avec son oncle.

Animal Man, Starfire et Adam Strange :
- Animal Man, Starfire, et Adam Strange ont, quant à eux, échoué sur une planète extra-terrestre après les évènements d'Infinite Crisis. Ils fuient les troupes de Lady Styx, dont les plans de conquête spatiale doivent aboutir à la destruction de la Terre.
Le trio est aidé par Lobo, qui possède l'Oeil d'émeraude d'Ekron et clâme qu'il s'est converti à une existence pacifique et pieuse au service des Dauphins de l'espace. En vérité, Lady Styx a engagé Lobo pour capturer les trois héros.
Lorsqu'il les livre à elle pourtant, c'est pour mieux la combattre. Lobo avoue alors que l'Oeil d'émeraude d'Ekron appartient en fait à un membre des Green Lanterns, depuis à sa poursuite - l'oeil étant son anneau de puissance.
Durant le combat contre Lady Styx, Animal Man a été empoisonné par une toxine et trouve la mort. Starfire et Strange abandonnent sa dépouille et repartent. Animal Man revient ensuite à lui, entouré par des extraterrestres qui renforcent ses anciens pouvoirs au point qu'il fait désormais corps avec tout être vivant dans l'univers. Dôté des facultés des Mangeurs de Soleil, il s'en sert pour rejoindre la Terre mais il est poursuivi par les sbires de Lady Styx. Mais Starfire resurgit pour les tuer juste avant qu'ils n'arrivent chez lui.
Black Adam, la Question, Renee Montoya et Batwoman  :
- En parallèle, Black Adam, le monarque surhumain du Kahndaq, forme une alliance avec plusieurs autres pays opposés à la suprématie des Etats-Unis. Offerte à lui comme esclave, Adrianna Tomaz explique à Adam comment il pourrait utiliser ses pouvoirs pour pacifier le monde en commençant par aider son peuple.
Adam convainc Captain Marvel de donner à la jeune femme le pouvoir d'Isis : à ses côtés, il libère d'un camp plusieurs enfants en Afrique.
Pendant ce temps, la Question, Renee Montoya, et Batwoman découvrent que l'organisation criminelle Intergang se prépare à prendre le contrôle de Gotham City. La Question et Montoya s'envolent pour le Kahndaq pour mener l'enquête à ce sujet et contrecarrent un attentat kamikaze lors du mariage de Black Adam et Isis.
En remerciement, Adam les reçoit avec les honneurs. La Question, Montoya, Isis et Adam mettent à jour un lieu de culte consacrant la Bible du Crime et dirigé par Intergang. Parmi les enfants utilisés par l'organisation lors de ces célébrations se trouve le frère d'Isis, Amon, et Adam partage ses pouvoirs avec lui pour le transformer en un nouvel Osiris.
Osiris devient l'ami d'un crocodile humanoïde mal dans sa peau, Sobek, et l'invite à se joindre la famille Marvel. Cependant, Adam et Isis informent les membres de leur coalition politique que le Kahndaq n'est plus intéressé par leur projet de contre-pouvoir aux américains.

Black Adam et Isis :
- Will Magnus, le créateur des Metal Men, est enlevé et conduit sur l'ïle d'Oolong Island, où Intergang et Chang Tzu retiennent plusieurs autres scientifiques pour y développer de nouvelles armes. Magnus est privé de ses anti-dépresseurs et on lui confie la construction d'un androïde en Plutonium, mais le savant en profite pour confectionner en secret des copies miniatures de ses Metal Men.
Ses "confrères" donnent vie à trois des Quatre Cavaliers d'Apokolips pour supprimer Black Adam.
De son côté, ne croyant pas à la reconversion de Black Adam, Amanda Waller s'arrrange pour ruiner la réputation d'Osiris en l'attirant dans un traquenard où il est filmé en train de tuer un adversaire. Le film fait la "Une" des journaux télévisés et provoque un scandale.
Comme une malédiction, en réponse au drame causé par Osiris, une pluie acide s'abat sur le Kahndaq. Convaincu qu'il est responsable de cette calamité, Osiris demande à Captain Marvel de lui ôter ses pouvoirs mais Isis et Black Adam le ramènent au Kahndaq.
Sobek manipule Osiris pour qu'il reprenne sa forme mortelle d'Amon et le dévore, révèlant qu'il n'est autre que le Quatrième Cavalier d'Apokolips, la Famine. Les trois autres Cavaliers attaquent Black Adam et Isis, qui est empoisonné par la Pestilence et meurt après avoir obtenu d'Adam qu'il les venge, elle et son frère.
Fou de rage, Black Adam dévaste le
Bialya, pays où sont basés les Quatre Cavaliers, et les extermine sans pitié, en s'acharnant sur la population civile. Puis il attaque l'île d'Oolong mais les savants le capturent et l'emprisonnent.
La JSA prend l'île d'assaut pour arrêter Adam et les scientifiques, mais Adam s'échappe et sème la terreur et la désolation tout autour du globe, tuant plusieurs surhumains qui veulent lui barrer la route.
Les super-héros unissent leurs forces pour maîtriser Black Adam et permettre à Captain Marvel de lui retirer ses pouvoirs, après avoir convaincu le panthéon égyptien de le re-transformer en son alter-ego humain Teth-Adam : il errera désormais comme un vagabond, incapable de se rappeler la formule magique "Shazam".

Batwoman :
- La Question et Montoya se rendent chez Richard Dragon à Nanda Parbat, où Renee apprend que Vic Sage se meurt d'un cancer et veut qu'elle prenne sa succession. Après avoir découvert dans la Bible du Crime une prophétie impliquant le sacrifice de Batwoman, ils la rejoignent pour lutter contre Intergang à Gotham city.
Mais l'état de santé de la Question empire et Montoya le ramène à Nanda Parbat dans l'espoir de lui sauver la vie. Pendant ce temps, Intergang découvre l'identité secrète de Batwoman, qui est la richissime Kathy Kane et l'enlève pour la sacrifier selon la prophétie.
Vic Sage mort, Montoya sous le masque de la Question contacte Nightwing et un espion inflitré au sein d'Intergang, Kyle Abbot, pour sauver Batwoman. Hélas ! Elle ne peut empêcher le caïd Bruno Mannheim de blesser Kathy Kane avec une dague lors de la messe noire qu'il dirige. La jeune femme survit quand même et, après s'être rétablie, remarque le Bat-Signal activé par Montoya pour inciter Batwoman à reprendre du service.

Rip Hunter :
- Aux trousses de Rip Hunter et Booster Gold dans la Zone Fantôme, le redoutable Mister Mind se trouve en fait dans le corps métallique de Skeets, dont il s'est servi comme d'un cocon pour se métamorphoser en un gigantesque et monstrueux dévoreur du Temps.
Rip Hunter et Booster s'enfuient à la fin de l'Infinite Crisis où ils assistent à la création secrète de 52 univers parallèles identiques, que Mister Mind tente de consommer.
Daniel Carter réapparaît comme le nouveau Supernova et sauve Hunter et Booster, restaurant du même coup le processus spatio-temporel de la Zone Fantôme. Mister Mind altère le cours des évènements des 52 universes, créant ainsi de nouvelles histoires et de nouveaux status quo pour chacun d'entre eux.
Booster et Supernova piègent Mister Mind dans la capsule de Skeets et le renvoient dans le passé, un an avant, où il est capturé par le Dr. Sivana, prisonnier d'une booucle temporelle pour l'éternité.
Hunter, Booster et Supernova s'entendent pour garder secrète l'existence du multiverse restauré tandis que Will Magnus répare Skeets d'après une copie qu'il en avait faite.

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Avant d'aller plus loin, on peut ajouter ceci : en parallèle à la 50ème semaine, une mini-série en 4 volets intitulée World War III dépeignit la bataille opposant la communauté des super-héros contre Black Adam. On y assistait à la transformation d'Aquaman en Seigneur des Profondeurs, au changement de physionomie du Martian Manhunter, à la reconversion de Donna Troy, au retour de Supergirl à notre époque, au nouveau rôle de Jason Todd comme Nightwing, et à la déchéance maléfique de Cassandra Cain aux côtés de Deathstroke. Cette production est un complèment dispensable à 52, même si elle permet de comprendre les modifications subies par ses personnages par la suite.

Une comparaison à la fois facile et éloquente pour apprécier cette épopée ? Pensez à la série télé Lost : dans les deux cas, bien que le média et la confection soient différents, on se trouve dans ce qu'on appelle le "méta-folklore", c'est-à-dire un objet artistique référentielle, qui fonctionne justement en multipliant les clins d'oeil et en semant des indices discrets. Le procédé est extrèmement ludique car on peut apprécier l'ensemble sans pour autant connâitre tout ce à quoi il se rapporte, et en étant attentif ou tout bonnement joueur, vous aurez le plaisir d'embarquer pour une destination inattendue et vous vous rendrez compte que tout ce dont vous aviez besoin pour saisir l'histoire était sous vos yeux (presque) dès le début.
Le premier atout de 52, c'est justement de nous donner pour guides des personnages de seconde zone : promues au rang d'improbables vedettes de ce feuilleton, elles n'ont pas l'assurance des héros auxquels on est sûr que rien de (vraiment) grave n'arrivera et, en conséquence, le récit gagne en suspense. Il faut d'ailleurs peu de temps pour se familiariser avec ces protagonistes méconnues et les apprécier car les auteurs les précipitent (et nous avec) dans un authentique tourbillon d'évènements, qui ne leur laisse pas le temps (et nous non plus) de réfléchir.
On est donc vite intrigué, ému, amusé, etc, par Booster Gold, l'arriviste sans scrupules au coeur d'un complot énorme ; Black Adam, l'implacable tyran découvrant l'amour ; Ralph Dibny, le veuf inconsolable prêt à tout pour revoir sa bien-aimée ; Steel, aux prises avec sa nièce et le machiavélique Luthor ; Renee Montoya, partagée entre son attirance pour Batwoman et son association avec la Question ; Animal Man, essayant de contrer avec Starfire et Adam Strange une terrible conquérante.

52, c'est une longue marche dans l'univers DC, sans les arbres qui cachent la forêt : écartée la "trinité" (Superman, Batman, Wonder Woman), on redécouvre le frisson en s'inquiétant pour des héros beaucoup moins connus, donc moins protégés, susceptibles d'y passer à tout moment, et dévoilant une psychologie complexe. On s'attache à eux progressivement et cela participe aussi à la bonification de l'ensemble : tout ne nous est pas donné d'entrée de jeu, nous ignorons qui gagnera, qui perdra, qui survivra ou mourra - pour le savoir, il faudra suivre jusqu'à la fin les histoires des protagonistes.

L'autre expérience savoureuse que permet 52, c'est d'apprécier une autre mesure du temps dans la bd : l'histoire s'étirant sur toute une année, peu ou pas d'elllipses, et donc l'opportunité de lire autrement, de goûter à des intrigues initialement parallèles puis qui finissent par converger, se croiser et repartir dans des directions inédites. Cette saga renoue avec la veine du feuilleton, c'est-à-dire d'un récit qu'on est obligé de suivre du début à la fin, qui ne permet pas de sauter un épisode. Plusieurs genres sont ainsi explorés pour enrichir la trame principale et varier les plaisirs : c'est tout à la fois un "soap opera", un mélodrame, un polar, un récit d'aventures, initiatique, fantastique, une série B, un "space opera", une histoire de gangsters, de sociétés secrètes, une métaphore religieuse, une parabole politique, une comédie, une romance, une tragédie... Tout est mouvement, action : vous êtes dans une centrifugeuse, un accélérateur de particules, où tous les délires sont permis pour maintenir votre intérêt éveillé. Et c'est absolument jubilatoire si, là encore, on accepte de se prêter au jeu.

- La clé de la série, c'est le tableau de Rip Hunter que découvre Booster Gold dans le bunker de l'explorateur du temps : y sont inscrits une multitude de données d'abord incompréhensibles mais qui prendront tour leur sens par la suite. Et pour ce qui ne sera pas éclairci, c'est une manière pour les scénaristes de suggérer des pistes possibles pour le futur du "DCverse", comme ds pirouettes narratives qui nous mettent l'eau à la bouche : par exemple, lorsque Will Magnus, avant d'être emmené de force sur l'île d'Oolong, rend visite au savant T.O. Morrow, créateur de Red Tornado (membre de la JLA), qui mentionne d'autres androïdes de son invention (comme Red Volcano) - or, on n'a jamais vu ce Red Volcano nulle part avant ! Mais l'idée qu'il puisse exister a le potentiel d'une future histoire...
Les auteurs se sont amusés à truffer 52 d'éléments de ce genre, et le procédé fut même repris par les éditoriaux de l'éditeur Dan Didio qui adressait (parfois moins subtilement) des messages cachés aux lecteurs de la série. Mais, même sans savoir cela, un examen des héros principaux pouvait mettre la puce à l'oreille et révèler que la reconstitution du Multivers était la clé de cette entreprise.
Ainsi, et bien qu'il apparaisse dans la partie la moins passionnante du récit (le périple spatial en compagnie de Starfire, Adam Strange, Lobo et Lady Styx), Animal Man, personnage cher à Morrison (qui a percé dans les comics US en écrivant sa série), apparaît comme le sésame de 52. Témoin de la réémergence du Multivers, c'est pour cela qu'il est ici traqué avec ses deux acolytes par des mercenaires. Le voyage mouvementé du héros et ses deux amis reproduit des étapes à L'odyssée d'Homère (et cela souligne le fait qu'ils rejouent une pièce déjà écrite, comme les acteurs d'une histoire cyclique) : le trio, par exemple, échoue sur une planète paradisiaque mais gardée par un géant. La référence à la rencontre entre Ulysse et le cyclope Polyphème est manifeste.

- Le périple de Ralph Dibny fonctionne lui aussi en recopiant des motifs de la mythologie : il descend littéralement jusqu'en Enfer pour retrouver Sue, et ce n'était pas encore assez limpide, il finit par démasquer Felix Faust (vilain dont le patronyme est inspiré par le personnage de Goethe, ayant vendu son âme au Diable), coupable d'avoir voulu négocier avec le démon Néron l'âme de Sue contre sa liberté.

- Un dernier exemple encore plus élémentaire de ce procédé serait celui qui consiste à assimiler les Quatre Cavaliers d'Apokolips à ceux de l'Apocalypse et la vengeance dévastatrice de Black Adam contre le monde entier au Jugement Dernier.

On voit donc que le "méta-texte" de 52 est non seulement riche de références aux comics, aux feuilletons télé mais aussi romanesque, aux fables, aux contes, à la mythologie, aux écrits religieux. La série en hérite une profondeur insoupçonnée sous ses apparences de divertissement d'envergure, en explorant les notions de responsabilité (entre John Henry Irons et sa nièce, qui aspire à la gloire héroïque sans les devoirs qu'impose la tâche de rendre la justice), du deuil (avec le calvaire et l'apaisement de Ralph Dibny), de la transcendance (avec la métamorphose d'Animal Man), de la transmission (avec la succession de la Question par Renee Montoya ou de Batman par Batwoman), de l'altruisme (avec l'évolution de Booster Gold passant de l'arrivisme à la prise de conscience de son rôle de sauveur), de la rédemption et de la chute (avec Black Adam que l'amour d'Isis transforme puis que la perte de cet amour renvoie à ses démons)...
En ambitionnant à la fois de réinterpréter les motifs de classiques littéraires, d'évoquer des pans entiers de l'histoire de l'univers DC (spécialement méconnus, mais pour, à l'occasion, en corriger des fautes de goûts - en introduisant par exemple des personnages étrangers plus positifs, comme les super-héros asiatiques, souvent décrits de manière raciste dans le passé) en misant sur un certain cryptage narratif, les scénaristes de 52 fournissent aux lecteurs la matière pour se divertir intelligemment et le prétexte pour se replonger dans d'anciens ouvrages, d'anciens auteurs, dépassant la simple continuité - une invitation finalement pour voyager dans les collections DC tout en offrant des pistes pour le futur à court (le sort des héros de la série et l'issue de celle-ci), moyen (les conséquences de la série sur la production de l'éditeur) et long terme (de nouvelles façons d'élaborer des histoires).

Il y a, on l'a remarqué, une performance éditoriale dans la fabrication même de 52, double performance qui mérite d'être saluée :

- d'abord, avoir réussi à fédérer autour d'un même projet quatre scénaristes prestigieux et doués s'est avéré un formidable atout. On peut reconnaître, dans les principales lignes narratives de la série, la "griffe" de chacun d'entre eux, et d'ailleurs, par la suite, une fois la publication achevée, certains ont précisé sur quels points ils avaient particulièrement aimé travailler.
Ainsi, Mark Waid s'est consacré au chemin de croix de Ralph Dibny, lui conférant une force émotionnelle poignante, et aux rapports compliqués entre Steel, Natasha et Luthor.
Geoff Johns a pris en mains les commandes de Booster Gold, auquel il donnera même sa série après 52 (conservant et développant son partenariat avec Rip Hunter pour en faire des "correcteurs" de la continuité), et Black Adam (qui intervenait déjà dans JSA).
Greg Rucka s'est investi en recréant Batwoman, qui aura aussi droit à sa série, et en traitant de la relation entre Renee Montoya avec la Question.
Grant Morrison a imprimé sa marque sur les mésaventures cosmiques d'Animal Man, Adam Strange et Starfire.
Mais alors qu'on aurait pu penser que des personnalités aussi affirmées ne se complèteraient que mal ou par intermittences, le contraire s'est produit et c'est la cohérence de l'ensemble qui impressionne le plus. Les lignes narratives principales sont distinctes, mais forment quand même un ensemble harmonieux, chaque rebondissement se produisant sans chevaucher le suivant, sans créer de parasitage ou de saturation. La lecture et la grille sur laquelle sont disposées les intrigues est d'une accessibilité et d'une efficacité exemplaires, compte tenu du nombre de personnages, de décors, d'actions, d'enjeux. Et à cet égard l'ultime épisode opère une synthèse assez bluffante, en précisant des points effleurés au début ou en cours de route et en ne freinant pas l'allure.

Est-ce à dire que tout était parfaitement programmé dès le début ? Ce serait exagéré et illusoire, ne serait-ce qu'en tenant compte du rythme de diffusion de la série (en cas d'insuccès, DC aurait sûrement revu ses plans et l'histoire en aurait été singulièrement modifiée) et en sachant que les quatre scénaristes étaient également engagés sur d'autres séries publiées en même temps (qui ont d'ailleurs souffert du planning de leurs auteurs).
On a su aussi, ensuite, que Morrison, Johns, Rucka et Waid avaient changé certaines données en cours d'écriture :

- par exemple, Skeets n'était pas le méchant initial de l'histoire (ce qui laisse imaginer combien la saga aurait pu être différente) ;
- certains personnages n'ont pas été aussi complètement développés que voulu (comme les Great Ten chinois) ;
- et d'autres encore auraient dû occuper une place plus conséquente (notamment les héros revenus sur Terre au début, comme Hawkgirl transformée en géante)...

Mais les circonstances et le "hasard" ont été cléments avec l'équipe rédactionnelle, qui a pu poser d'autres éléments employés après 52, comme la dissolution (temporaire) de la JSA, l'utilisation d'Infinity Inc. (référence à une ancienne équipe formée par les descendants de la JSA), l'éclosion de Batwoman, l'émergence de Booster Gold, l'allusion aux Metal Men.
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"Quatre pilotes" ? En vérité, il y en avait cinq, et il serait injuste d'oublier la contribution décisive de Keith Giffen dans ce projet : c'est en effet à ce vétéran des comics que toute la (colossale) partie graphique fut confiée. Représentez-vous l'énormité de son labeur pour donner une unité visuelle, sinon esthétique, à ces 52 épisodes produits à raison d'un par semaine : il lui a fallu storyboarder chaque chapitre puis diriger un défilé d'artistes aux sensibilités et aux styles très différents exécutant les illlustrations dans ce cadre imposé !

Parmi tous les collaborateurs de Giffen, évoquons Dale Eaglesham, Joe Bennett, Todd Nauck, Darick Robertson, Justianino, Mike McKone, Eddy Barrows, Chris Batista, Shawn Moll, Jack Jadson, Pat Oliffe, Drew Johnson, Phil Jimenez, Dan Jurgens, Jamal Igle, Andy Smith, et Giuseppe Camuncoli pour se faire une idée de l'accomplissement de cette tâche : tous ne sont pas de grands graphistes, mais leur dévouement et leur ponctualité ont permis à ce navire d'arriver à bon port, sans retard - autant dire un exploit !

Et bien sûr, il y a enfin les sublimes couvertures signées J.G. Jones : lorsqu'on a suivi la série en fascicules, en étalant parterre ces 52 exemplaires, on peut admirer cette fantastique galerie d'images, parfois d'une beauté sidérante, parfois drôles, parfois inquiétantes, parfois conçues comme des hommages à des affiches de films ou à d'anciennes covers de comics, et peintes avec une magnifique maîtrise technique, élaborées avec une intelligence émérite (ce sont à la fois des résumés de chaque volet et des invitations irrésistibles pour la suite). Bravo et chapeau !
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Pour conclure, j'aimerai revenir sur le fameux laboratoire Rip Hunter découvert par Booster Gold (lors de la "Semaine 6"), et dont les détails sont autant de passerelles pour ce qui a précédé et ce qui suit. Voilà ce que j'en ai retenu et qui pourra guider d'autres lecteurs :

- 1/ un globe géant porte l'inscription d'un "X" rouge puis des mots "World War III? Why? HOW?";
- 2/ des notes dispersées un peu partout dans le bunker indiquent qu'il y a un problème avec le cours du temps et le nombre 52 figure de manière proéminente dans ces écrits ;
- 3/ plusieurs de ces écritures font référence, de manière parfois nébuleuses, à l'univers DC, ses évènements et ses personnages (parfois inconnus même à l'époque dont provient Booster) ;
- 4/ une multitude d'horloges, de réveils est arrêtée à l'heure de 12:52 (00:52) ;
- 5/ des écrans montrent des images de Rosa Parks, Abraham Lincoln, d'un vaisseau arborant le drapeau des Templiers, d'Elvis Presley, d'une "tea party" à Boston, et d'un dinosaure ;
- 6/ d'autres papiers sur le sol portent le nom de titres de séries annulées par DC, dont celle d'Infinity, Inc., Casey the Cop, et Silverblade ;
- 7/ toujours parterre, un livre intitulé "Who's Who", avec le logo d'une série DC du même nom, et deux notes : "FIND THE SUN DEVILS" et "What is spanner's galaxy?" (Sun Devils et Spanner's Galaxy sont des titres de deux maxi-séries des années 80) ;
- 8/ plusieurs tableaux noirs sont couverts d'indices, dont le plus évident est la phrase : "TIME IS BROKEN". Dans son ultime semaine, où nous assistons à la renaissance du Multivers, Booster Gold se désole de cette "cassure temporelle", mais Rip Hunter le rassure en lui expliquant que finalement chaque chose est quand même à sa place.
- 9/ Le nombre 52 encerclé est présent en plusieurs endroits sur ces tableaux, et les cercles entourant ce nombre se chevauchent parfois : ce symbole des cercles qui se chevauchent avait déjà été utilisé dans le passé par DC pour représenter les Terres alternatives, ou les Terres parallèles qui fusionnaient (comme dans Infinite Crisis).
- 10/ La question "Dead by lead?" se rapporte, dans le "DCverse", à la race Daxamite, particulièrement vulnérable au poison : ainsi, dans le contexte pré-Crisis, le Daxamite Mon-El était un héros du XXème siècle que Superman avait envoyé dans la Zone Fantôme pour une durée de mille ans après qu'il ait été empoisonné. Ce personnage réapparut après Infinite Crisis dans la série Supergirl et la Légion des Super-Héros.
- 11/ L'autre interrogation "The four horsemen will end her rain?" fait écho à une mention du maléfique Chang Tzu et ses Quatre Cavaliers d'Apokolips, et le fait qu'Isis provoque des orages pour exprimer sa tristesse. Plus tard, lorsqu'Intergang active les Quatre Cavaliers, une pluie acide s'abat sur le Kahndaq, et la Pestilence tue Isis quatre semaines après le début de ce déluge.
- 12/ La formule "He won't smell it." se rapporte au flair légendaire de Ralph Dibny pour sentir un mystère.
- 13/ "Find the last 'El' " fait bien sûr référence au nom de famille de plusieurs kryptoniens comme Superman (Kal-El) and Supergirl (Kara Zor-El). Au terme d'Infinite Crisis, Supergirl était renvoyée au XXXIème siècle pour y rejoindre la Légion des Super-Héros. C'était aussi le nom du Superboy version pré-Crisis Superboy, également membre de la Légion, un millier d'années dans son propre futur. Par ailleurs, Conner Kent s'appelait en réalité Kon-El, et fut lui aussi un Légionnaire.
- 14/ "MAN OF STEEL" est l'autre surnom donné à Superman, également attribué à John Henry Irons à cause de son armure métallique puis de sa peau qui se transforme en acier durant 52.
- 15/ La suite "Sonic disruptors --> Time Masters --> Time Servants" concerne directement Rip Hunter, désigné dans le "DCverse" comme "Maître du Temps", et induit qu'il existerait des "Esclaves du Temps". Sonic disruptors était le titre d'une série annulée par DC. Rip Hunter avait offert à divers super-vilains spécialisés dans les voyages temporels un moyen de se repentir en devenant des "Maîtres du Temps" et en l'aidant à contrecarrer les plans de Skeets.
- 16/ "Tornado is in pieces" signifie, comme on le découvre dans la série, que Red Tornado a été démantelé lors d'un combat dans l'espace.
- 17/ "It hurts to breathe" se réfère au cancer des poumons qui ronge la Question.
- 18/ "Where is the Curry Heir?" concerne une des histoires labellisée "One Year Later" où un personnage appelé Arthur Curry ressemble à Aquaman. (L'Aquaman original est devenu le Seigneur des Profondeurs, comme on peut le voir dans la mini-série, reliée à 52, World War III.)
-19/ "Who is Supernova?" fait écho à la 37ème semaine de la série où on apprend que Supernova est la nouvelle identité de Booster Gold - Booster étant dès lors incarné par son ancêtre Daniel Carter.
-20/ "Where is the Batman?" nous ramène un mois après Infinite Crisis lorsque Batman, Robin et Nightwing décident de partir en voyage autour du monde pendant un an - l'année des évènements relatés dans 52.
- 21/ "Who is the Batwoman ?" désigne Kate Kane, la nouvelle Batwoman, qui apparaît lors de la 11ème semaine.
- 22/ "Who is Diana Prince?" désigne le pélerinage de Wonder Woman, alias Diana Prince, à Nanda Parbat, en pleine quête identitaire. Après cela, l'amazone deviendra un agent secret.
- 23/ "SECRET FIVE!" fait référence à la mini-série Secret Six (de Gail Simone et Dale Eaglesham), publiée avant Infinite Crisis. Cette équipe de vilains refusant d'intégrer la Société des Super-Vilains de Lex Luthor comptera un temps dans ses rangs le Châpelier Fou, qui sera ensuite remplacé par Harley Quinn, puis par Bane.
- 24/ "World War III? Why? HOW?" fait écho à la guerre vengeresse menée à la fin de 52 par Black Adam où périront plusieurs héros.
- 25/ "IMMORTAL SAVAGE" désigne le malfaisant Vandal Savage, qui a passé l'année décrite dans 52 dans l'espace, et qui, à son retour sur Terre, découvre qu'il a perdu son immortalité.
- 26/ "Someone is monitoring. They see us. They see me." indique le retour de Monitor.
- 27/ "When am I?" est la question que se pose Skeets lorsqu'il traque Rip Hunter (il demande au Waverider "when is Rip Hunter?" pour le localiser).
- 28/ "I'm not Kryptonite." se réfère bien sûr à la Kryptonite, minerai auquel est vulnérable Superman. Dans 52, le "Culte de Conner", la secte vouée à la résurrection de Superboy, uutilise la "Kryptonite Rouge" dans un rituel préliminaire devant ressuciter Sue Dibny. Il est ultérieurement révèlé que son effet est un artifice de Felix Faust.
- 29/ "I'm supposed to be dead?"est une question posée dans la "back-up" L'Histoire de l'Univers DC, quand Donna Troy et l'intelligence artificielle chargée d'enregistrer cette rétrospective achèvent leur revue des évènements. L'enregistreur et un des nouveaux Monitors révèlent à Donna que la ligne du temps a divergé et que, normalement, elle devrait être morte à la place de Jade, la fille d'Alan Scott qui s'est sacrifiée pour Kyle Rayner.
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Voilà tout ce que je pouvais en dire. Maintenant, n'hésitez pas à vous procurer les 4 recueils rassemblant l'intégralité de cette saga : plus de 1200 pages de bonheur vous attendent, donc n'ayez pas peur !