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vendredi 28 juillet 2023

BATMAN : THE BRAVE AND THE BOLD #3, de Dennis Culver et Otto Schmidt, Ed Brisson et Jeff Spokes, Christopher Cantwell et Javier Rodriguez, Jackson Lanzing & Collin Kelly et Jorge Molina


Le n°3 de Batman : The Brave and the Bold voit un changement dans son sommaire puisque l'histoire principale  a pris du retard et est remplacé par un récit complet. Le reste est intact et de très bonne facture. Cette anthologie est un vrai plaisir.


- BATMAN : MR. BASEBALL (Ecrit par Dennis Culver, dessiné par Otto Schmidt) - Batman doit protéger le caïd Victor Grande de Mr. Baseball, un voleur qui l'a dépouillé et qu'il a défiguré en représailles...
 

Dennis Culver et Otto Schmidt ont été chargés de réaliser en vitesse ce récit complet sur la vengeance d'un voleur surdoué et défiguré qui contraint Batman à protéger une fripouille. Tout ça est sympathique, mais demeure très anecdotique. Le vilain et sa passion du baseball, défiguré (comme Harvey Dent/Double-Face mais en moins spectaculaire), n'est pas un antagoniste susceptible de faire trembler Batman et encore moins convaincre le lecteur qu'il incarne une menace sérieuse.

Dennis Culver se repose beaucoup sur Otto Schmidt qui livre des planches nerveuses mais parfois un peu à l'arrache. Très vite lu, et oublié.
 

- STORMWATCH : DOWN WITH THE KINGS (Pt. 3) (Ecrit par Ed Brisson, dessiné par Jeff Spokes avec Trevor Hairsine) - L'équipe de Stormwatch infiltre le building de Halo Corporations pour saboter ses serveurs avec un logiciel malveillant particulièrement féroce. Cependant, le directeur Bones collectionne des armes capables de neutraliser la Justice League...
  

Ed Brisson tient la baraque depuis le début de la parution de cette anthologie avec sa mini-série Stormwatch, et il serait bien récompensé si DC lui donnait l'opportunité de continuer avec une série régulière. La caractérisation est certes un peu sommaire, par manque de place, mais les intrigues de cette équipe de black ops sont toujours captivantes, avec des dangers singuliers. Par ailleurs le scénariste développe un subplot accrocheur où Bones, à la manière d'Amanda Waller, recueille des armes susceptibles de neutraliser la Justice League.

Jeff Spokes dessine la quasi-intégralité de cet épisode avec sa classe coutumière. Mention spéciale quand il représente Shado, l'archer, ex de Green Arrow, avec une présence magnétique égale à celle de Ravager (c'est bien la première fois que la fille de Deathstroke m'intéresse autant). Les dernières pages sont signées par Trevor Hairsine, qui bizarrement n'est pas crédité dans la table des matières mais dont le style est reconnaissable entre mille.


- SUPERMAN : ORDER OF THE BLACK LAMP (Pt. 3) (Ecrit par Christopher Cantwell, dessiné par Javier Rodriguez) - Superman a retrouvé Hop Harrigan mais tous deux sont piégés par le Dr. Anthelme qui entend bien faire en sorte que tout le monde oublie le kryptonien comme cela a été le cas pour l'aventurier...
 

C'est la conclusion de cette histoire écrite par Christopher Cantwell. A moins que... En effet, un "The End ?" interrogatif dans la dernière case laisse espérer une suite pour ce récit qui conviendrait parfaitement pour le DC Black Label. En tout cas, tel quel, ce triptyque a été passionnant à suivre, avec un ton rétro tout à fait maîtrisé.

Javier Rodriguez aura été pour beaucoup dans cette réussite et ses planches sont une nouvelle fois somptueuses. Il a brillé pour sa première prestation chez DC avec la lourde tâche d'animer Superman dont il a donné sa version, très élégante comme toujours, soutenue par une colorisation quatre étoiles. 

Encore !


- BATMAN : BLACK & WHITE - CITY OF MONSTERS (Ecrit par Jackson Lanzing & Collin Kelly, dessiné par Jorge Molina) - Dans une version alternative de Gotham, un jeune Batman affronte Man-Bat qui, avec sa horde de vampires, a tué ses parents...  

Comme d'habitude, on termine avec un court récit Batman : Black & White. Cette fois c'est le binôme Jackson Lanzing & Collin Kelly qui s'y colle en imaginant une variation vampirique des origines de Batman. Rien de révolutionnaire, mais c'est plaisant et très rythmé.

Cimme d'habitude (bis), c'est surtout l'occasion d'admirer de magnifiques planches par un artiste qui donne tout : Jorge Molina n'a pas fait que dessiner ce segment, il en a donné l'idée et a travaillé les designs depuis longtemps sans savoir quand il pourrait les utiliser. C'est absolument renversant de beauté gothique et son Batman juvénile, arrogant et svelte est inoubliable.

Encore un excellent numéro même si on espère vite le retour de King et Gerads à leur poste respectif pour que le sommaire retrouve toute sa superbe.

vendredi 30 juin 2023

BATMAN : THE BRAVE AND THE BOLD #2, de Tom King et Mitch Gerads, Ed Brisson et Jeff Spokes, Christopher Cantwell et Javier Rodriguez, Joelle Jones


Après un premier numéro très réussi, l'anthologie Batman : The Brave and the Bold revient avec quasiment le même programme, trois histoires à suivre et un récit court en noir et blanc. La qualité est au rendez-vous et chaque segment est captivant, chacun dans un registre très différent. DC a bien fait les choses.



- BATMAN : THE WINNING CARD (Part 2) (Ecrit par Tom King, dessiné par Mitch Gerads) - Pour piéger le Joker, Batman a l'idée d'utiliser Brute Nelson en l'attirant chez ce dernier. Mais le plan va dérailler à cause de la férocité démente du clown du crime...


Qu'est-ce qui ressemble plus à un comic-book de Tom King et Mitch Gerads... Qu'un autre comic-book par Tom King et Mitch Gerads ? Ajoutez Batman à la recette et vous aurez un bon aperçu de ce que raconte et ce à quoi ressemble The Winning Card, récit en rétro-continuité sur la première rencontre entre le dark knight et le Joker. C'est ce dernier qui est la vraie vedette de cette intrigue glaçante et glauque, parfois un peu complaisante sur ce dernier point. 

Plus encore que King, c'est bien à Gerads qu'on doit de voir ce Joker effrayant, sans doute une des versions les plus cauchemardesques à laquelle le personnage a eue droit. Sinon, tout y est : des planches en "gaufrier", des inter-titres façon cartons du cinéma muet, des blagues sinistres, une tension permanente, une ambiance lugubre. Il faut avoir le coeur bien accroché, mais le cliffhanger final donne irrésistiblement envie de lire la suite.
 


- STORMWATCH : DOWN WITH THE KINGS (Part 2) (Ecrit par Ed Brisson, dessiné par Jeff Spokes) - L'équipe de Stormwatch doit récupérer une épée atlante dans les eaux de Puerto Rico. Mais les Xébelliens la convoitent aussi. En jeu : un terrible poison qui se propage grâce à l'eau salée...


A proprement parler, cette itération de Stormwatch n'a pas grand-chose de commun avec l'originale et elle fait davantage penser à une reformulation de la Suicide Squad, hormis le fait que les membres de l'équipe n'ont pas de bombe miniature implantée et qui risque de les tuer s'ils tentent de fuir leur mission.

Mais Ed Brisson mène vraiment bien son affaire, avec des anti-héros bien définis même si bizarrement peu outillés par rapport aux risques de leur job. Jeff Spokes est une vraie révélation au dessin, dans un style qui me fait penser à Ryan Sook; Ses compositions sont parfois un peu brouillonnes dans le feu de l'action, mais c'est tout de même diablement efficace et le plaisir de lecture est indéniable.


- SUPERMAN : ORDER OF THE BLACK LAMP (Part 2) (Ecrit par Christopher Cantwell, dessiné par Javier Rodriguez) - Superman suit la piste de l'Ordre de la Lampe Noire jusque dans les montagnes du Kashmir. Il découvre une citadelle secrète mais tombe dans un piège tendu par le maître des lieux...


L'histoire de Christopher Cantwell est sans doute celle que je préfère. D'abord parce que le récit est captivant avec une touche de naïveté, d'aventure old school très agréable. Le scénariste maîtrise son sujet et écrit avec justesse Superman qui mène l'enquête comme s'il collaborait avec Clark Kent. Les décors sont exotiques et là encore le cliffhanger final est imparable.

Visuellement Javier Rodriguez produit des planches merveilleuses. Il s'amuse avec le découpage, la forme des vignettes, le flux de lecture. La mise en couleurs est magnifique. Lui aussi s'est approprié Superman avec une rare élégance, et on regrette déjà que l'histoire se termine dans le prochain numéro.
 

- BATMAN : BLACK & WHITE - ALL THINGS CONSIDERED (Ecrit et dessiné par Joelle Jones) - Batman rentre à la Batcave blessé. En attendant que Alfred arrive pour le soigner, il se remémore les circonstances dans lesquelles il a eues ses nombreuses cicatrices...

C'est presque plus un mini-artbook qu'un véritable récit que signe Joelle Jones. Pas vraiment d'histoire mais plutôt une succession d'images, splendides, en noir et blanc, sur les cicatrices, aussi bien physiques que mentales, de Batman, au gré de pages d'une maîtrise incroyable. Plaisir des yeux, donc. Les grincheux diront que c'est du remplissage. Mais Joelle Jones est trop rare pour que je m'en plaigne.

Cette anthologie impressionne toujours autant. Le format est idéalement exploité par des auteurs inspirés. Une excellente surprise.

mercredi 17 mai 2023

BATMAN : THE BRAVE AND THE BOLD #1, de Tom King et Mitch Gerads, Ed Brisson et Jeff Spokes, Christopher Cantwell et Javier Rodriguez, Dan Mora


C'est la grosse sortie de la semaine chez DC : le retour de l'anthologie The Brave and The Bold. Bien entendu, Batman est mis en avant (avec deux histoires), mais il a toujours été la vedette de ce titre historique. Et l'éditeur a mis les petits plats dans les grands en convoquant le gratin des auteurs à venir composer le menu. Une réussite.


- BATMAN :  THE WINNING CARD part 1 (Tom King/Mitch Gerads) - Jim Gordon et et un commando de la police de Gotham se rendent chez Henry Claridge, détenteur d'un diamant de grande valeur et menacé de mort. Batman poursuit et appréhende un homme qui a tué sa femme. Helen Robinson, une fillette, fugue et croise la route du Joker...
 

Tom King et Mitch Gerads se retrouvent pour conter ce que le scénariste promet comme la rencontre la plus glaçante entre Batman et le Joker. Le récit se déroule durant la première année d'activité de Batman, il est d'ailleurs fait une mention explicite à Batman : Year One (de Frank Miller et David Mazzuccehlli et notamment de sa toute dernière page). Mais l'action se découpe en plusieurs segments sur une vingtaine de pages bien denses.


Bien entendu, de toutes ces partiess, c'est qui est la plus inquiétante met en scène le Joker et le petite Helen Robinson : l'imprévisibilité du clown du crime maintient en alerte le lecteur et Mitch Gerads découpe l'action le plus souvent avec des "gaufriers" de neuf cases, qui encadre le récit de manière oppressante. On comprend aussi sur la toute fin ce qui relie ce segment à celui de Henry Claridge avec Jim Gordon.

Le traitement photoréaliste du dessin, très infographique, de Gerads peut agacer (comme ça a été mon cas), chacun supportera ça comme il peut. En revanche, la tension instaurée par le script de King est indéniable et promet effectivement une intrigue à la hauteur des promesses.


- STORMWATCH : DOWN WITH THE KINGS part 1 (Ed Brisson/Jeff Spokes) - Le directeur Bones accueille Phantom-One, un ancien membre de Batman Inc. et partenaire du Ghost-Maker, à bord de la station orbitale de Stormwatch. Winter briefe l'équipe sur sa mission : récupérer le Dr. Huskk que l'organisation Black Hole va tenter de faire évader de la prison de Iron Heights au moyen d'une bombe temporelle...


Depuis quelque temps (et gageons que ce n'est pas fini maintenant que Jim Lee est président de DC Comics), les tentatives se multiplient pour intégrer les personnages de feu Wildstorm à la continuité de DC. Actuellement, paraît une série WildC.A.T.S. et ici nous avons droit à une nouvelle version de Stormwatch, ancêtre de The Authority.

Ed Brisson renouvelle le casting et insiste sur la dimension équipe black ops de Stormwatch. Le résultat est haletant et très efficace, sans doute ce que j'ai lu de mieux de la part de ce scénariste depuis un bail. La composition de l'équipe est habile, récupérant Peacemaker-01 (issu du run de James Tynion IV sur Batman), Ravager (la fille de Deathstroke, ex-membre des Titans), Phantom-One (ancien de Batman Inc.)... Et les méchants disposent d'une arme réellement flippante, qui donne lieu à une séquence très spectaculaire dans le pénitencier.

C'est à Jeff Spokes, davantage connu pour ses covers, que revient la partie graphique, et elle est de toute beauté. Le découpage se compose majoritairement de cases occupant toute la largeur de la bande, mais les compositions sont très énergiques, les personnages sont expressifs, et les couleurs (également assurées par Spokes) sont impeccables.

Une excellente surprise.


- SUPERMAN : ORDER OF THE BLACK LAMP part 1 (Christopher Cantwell/Javier Rodriguez) - Clark Kent à qui Lois Lane a demandé un article susceptible de faire sensation reçoit un colis avec un jouet qui lui évoque son enfance mais aussi une carte appelant à l'aide. Il décide d'enquêter en suggérant à Lois de créditer Superman comme co-auteur du reportage...


Je retrouve avec plaisir Christopher Cantwell dont j'avais adoré The Blue Flame aux commandes de cette histoire à suivre mettant en scène Superman. Et le plaisir se double de la présence au dessin de l'excellent Javier Rodriguez, dont c'est la première prestation pour DC.

L'histoire se déroule de nos jours, avec quelques légères mentions à ce qui s'est passé dans Action Comics (mais nul besoin de lire la série pour comprendre). Toutefois, il s'agit d'une intrigue fondée sur la mémoire et dans le contexte d'aujourd'hui, il convient de rappeler que (quasi) plus personnage ne se souvient de la double identité de Superman (suite à des manoeuvres de Lex Luthor). Et voici donc Clark/Supes parti enquêter sur une affaire en relation avec son enfance.

Il y a une mélancolie séduisante dans ce récit et Cantwell nous charme avec cet angle singulier. Rodriguez illustre cette aventure avec beaucoup d'inventivité dans les compositions, un trait d'une élégance rare. On a hâte de lire la suite.
 

- BATMAN : HEROES OF TOMORROW (Dan Mora) - Dans une univers futuriste alternatif, Batman sauve deux jeunes garçons de versions robotisées du Royal Flush Gang. Ils sont orphelins et cherchent leur frère...

Dan Mora avait un week-end à tuer certainement, et en plus de World's Finest et Shazam !, il a donc trouvé le temps d'écrire et dessiner cette courte histoire en noir et blanc de sept pages. C'est bref mais toujours aussi spectaculaire visuellement, avec un rythme trépidant, et un nombre sidérant de références parfaitement intégrés (les deux gosses se prénomment Dick et Jason, ce qui fait penser à deus sidekicks bien connus de Bats).

Bref, Mora stupéfie encore et toujours et clôt ce premier numéro en force et en beauté.

Cette anthologie démarre sur les chapeaux de roues avec son casting all-stars, et des épisodes de grande qualité. C'est un sans-faute et une nouvelle preuve de la vitalité créatrice et éditoriale de DC actuellement. C'est certes un peu cher, mais on a presque 70 pages de comics haut de gamme

vendredi 16 octobre 2020

X OF SWORDS, CHAP. 6, 7, 8 : HELLIONS #5 - NEW MUTANTS #13 - CABLE #5, de Zeb Wells et Carmen Carnero, Ed Brisson et Rod Reis, Gerry Duggan et Phil Noto

 


Cette semaine, trois nouveau chapitres de X of Swords et trois nouveaux titres impactés : Hellions, qui sous la direction de Zeb Wells ressemble à une sorte de Suicide Squad mutante ; New Mutants de Ed Brisson qui s'intéresse particulièrement à Cypher et Warlock ; et Cable où Gerry Duggan anime la famille Summers-Grey. Carmen Carnero, Rod Reis et Phil Noto dessinent.


Lors d'une réunion extraordinaire du conseil de Krakoa, le Pr. X pointe les failles qui ont conduit à la crise actuelle avec Arakko. Mr. Sinistre a une idée pour éviter le tournoi à venir entre les champions des deux camps.


Il propose que son équipe des Hellions s'introduisent clandestinement dans la dimension d'Amenth via le royaume d'Avalon dans l'Outremonde pour y dérober les épées des champions d'Arakko. Le plan est voté par le Conseil. Mais à condition que Sinistre accompagne son équipe sur place.


Mr. Sinistre négocie avec l'excentrique Jamie Braddock, placé à la tête du royaume d'Avalon par Apocalypse, pour se déplacer jusqu'à Amenth. Puis avec les Hellions, il manipule la garde de Saturnyne afin de poursuivre leur route.

*


Dans le treizième épisode de New Mutants, Ed Brisson signe un de ses derniers épisodes (il cédera sa place après X of Swords à Vita Ayala). Bonne nouvelle : Rod Reis revient au dessin (et il fera équipe avec Ayala une fois le crossover terminé).



Sidéré, Cypher a appris qu'il allait devoir se battre au nom de Krakoa dans le tournoi contre les champions d'Arakko. Pour ne rien arranger, son épée sera son ami Warlock, le technarque. Magik décide de l'entraîner.


Illyana Rasputin ne retient pas se coups, sachant que Doug Ramsey est un novice en matière de combat. Il a beau résister vaillamment, il dérouille méchamment. Tout cela n'échappe pas à Exodus qui se tient prêt à remplacer Cypher s'il meurt pour devenir l'interprète de Krakoa auprès du conseil.


Cette perspective n'enchante pas Krakoa qui utilise Mondo pour communiquer avec Cypher et lui proposer de le cacher avant le tournoi. Mais Doug tient à honorer son rang et à assumer ses devoirs, quoi qu'il lui en coûtera.

*


X of Swords donne l'opportunité de découvrir des séries auxquelles je ne m'intéressais pas jusque-là. Cable (comme Hellions) est un titre lancé récemment (seulement cinq épisodes au compteur) et s'intéresse au fils de Cyclope et Jean Grey, qui d'ailleurs l'accompagnent ici, sous la direction de Gerry Duggan et Phil Noto.



Cable a activé l'entrée de la Pointe, la station orbitale qui sert de quartier général à l'organisation du S.W.O.R.D.. Saturnyne a en effet glissé dans l'esprit du Hurleur que quelque chose de décisif en prévision du tournoi s'y trouvait.


Mais sur place, Cyclope, Jean Grey et Nathan Summers découvrent l'équipage mystérieusement décimé par une force extra-terrestre. Jean et Cyclope repoussent les assaillants pendant que Cable va désactiver l'alimentation de la station qu'il a remise en route grâce à son épée.


De retour à Krakoa, Cable rejoint les champions pendant que Jean et Cyclope élaborent un plan pour débloquer les communications télépathiques avec l'Outremonde, ce qui pourrait donner un avantage aux leurs avant et lors du tournoi.

J'avais été un peu déçu par les premiers chapitres de X of Swords qui me paraissaient mal fichus, mal construits. Par exemple, la semaine dernière, les épisodes de Wolverine et X-Force ne formaient en vérité qu'un seul récit, et dans X-Force, on ne voyait aucun membre de l'équipe en dehors du griffu. Par ailleurs, graphiquement, c'était aussi moyen. Pas de quoi s'alarmer, mais pas non plus de quoi s'extasier.

Finalement, c'est avec des séries dont je n'attendais rien - pire : que je considérai comme surnuméraires dans la franchsie X - que mon intérêt s'est réveillé cette semaine. Non seulement, les épisodes de Hellions, New Mutants et (dans une moindre mesure) Cable sont particulièrement efficaces, mais surtout ils font progresser l'intrigue dans des directions imprévus. Visuellement, ils sont aussi bien plus aboutis.

Commençons par Hellions #5 : écrite par Zeb Wells, ex-espoir de Marvel, cette série pour son premier arc s'est distingué par son ton horrifique et absurde. Le casting est WTF au possible, avec Havok (qui retombe donc bien bas - seul Rick Remender semble avoir eu un réel intérêt pour Alex Summers lors de ses Uncanny Avengers), Kwannon/Psylocke, et des mutants improbables comme Greycrow (ex-Marauder, Nanny et Orphan-Maker, Wild Child et Empath. Cette équipe est celle de Mr. Sinstre, qui a convaincu le conseil de Krakoa de réunir ses membres, tous des vilains irrécupérables (en dehors de Havok et Psylocke) pour leur donner une chance de se racheter dans la communauté krakoane. Comment ? En leur confiant des missions-suicide. Les Hellions, ce sont donc la Suicide Squad mutante.

Autant dire que les intégrer au crossover ne m'inspirait pas confiance. J'avais tort car l'épisode est une franche réussite, très drôle et plutôt malin même dans l'exploitation de cette équipe. Depuis House of X-Powers of X, Nathaniel Essex (Mr. Sinistre) est dépeint comme un parfait crétin, même si c'est aussi un généticien génial. Admis au sein du conseil de Krakoa, il embarrasse fréquemment les autres par son caractère... Disons exubérant. Et en voulant composer une équipe avec des renégats incapables de s'intégrer au grand projet krakoan, ça ne s'est pas arrangé.

Mais dans le cadre de cette saga, cette bande de wildcards a bel et bien un rôle à jouer. Sinistre imagine un plan loufoque : envoyer les Hellions dans l'Outremonde pour qu'ils volent les épées des champions d'Arakko. Démunis, ils seront alors obligés de déclarer forfait pour le tournoi à venir. C'est totalement fou, et avec ces personnages, presque voués à l'échec, mais c'est une idée qui convainc malgré tout une majorité au sein du conseil. Exodus, qui déteste Sinistre, fait également en sorte que Sinistre mène cette expédition.

Zeb Wells, il y a quelques années, était un scénariste sur lequel Marvel misait, mais qui n'a jamais convaincu les lecteurs. Ce "loser" s'occupe donc aujourd'hui d'une bande de losers et il le fait bien. Il enchaine les scènes dynamiques avec un humour sarcastique, sans hésiter à charger la mule (tous les Hellions se détestent, sont des abrutis finis, et leur périple est tout à fait pathétique). C'est un vrai festival, très drôle (Mr. Sinistre cherche à envoyer un clone à sa place et le défi au chifoumi, Sinstre parlemente avec ce cinglé de Jamie Braddock placé sur le trône d'Avalon par Apocalypse, Empath manipule les gardes de Saturnyne et asservit Greycrow). Réjouissant.

D'autant plus que, seconde surprise, Carmen Carnero dessine. Je n'ai pas été tendre avec cette artiste quand elle officiait sur Captain Marvel mais ici, soutenue par le coloriste David Curiel, elle livre des planches remarquables, avec des personnages expressifs, des compositions parfaites, un découpage nerveux et inventif, dans des décors détaillés. Une transformation. Ou bien la rencontre avec des personnages, une série qui lui conviennent vraiment. 

On change de ton avec le treizième épisode de New Mutants, série qui a complètement dévissé après que Jonathan Hickman l'a abandonnée. Ed Brisson s'est avéré incapable de tenir le titre et d'en animer les héros de manière efficace, comme mal à l'aise avec ce qu'avait posé Hickman (la série en effet s'intéresse de manière générale aux nouveaux mutants, pas seulement à l'équipe du même nom). Résultat logique : il a décidé de quitter le titre une fois X of Swords achevé et sera remplacé par Vita Ayala (qui écrit déjà X-Factor).

Brisson a l'opportunité de réduire la voilure dans cet épisode qui se concentre sur Cypher, désigné à la surprise générale comme un des champions de Krakoa, et dont l'épée n'est autre que Warlock, le technarque. Récemment, la présence de ce dernier a été dévoilée après que Doug Ramsey se soit efforcé de cacher son ami, certains fans spéculaient sur une possible infection techno-organique de Krakoa par Warlock (on verra si cette théorie est crédible).

C'est une excellente idée de faire, en tout cas, de Cypher un des champions car jusqu'à présent le casting était plutôt prévisible (avec Wolverine, Magik, Tornade, Cable, en attendant les autres). Et donc l'épisode prend la forme, condensée, d'un récit initiatique, où Magik devient le coach de Doug Ramsey et Exodus un conspirateur. C'est l'autre bonne idée : Bennet de Paris n'était pas très développé  en dehors de son rôle de membre du conseil de Krakoa, on l'avait vu chanter les louanges de Magneto durant l'invasion Cotati, et c'était à peu près tout (en dehors de ses dialogues excédés avec Mr. Sinistre). Là, on le voit clairement miser sur la défaite (donc la mor) de Cypher pour le remplacer en tant que relais de Krakoa.

La relation entre Magik et Cypher est superbement écrite, Illyana Rasputin ne retient pas ses coups, ne ménage pas son ami et lui avoue même in fine ne pas croire qu'il a une chance dans le tournoi. Krakoa aussi est préoccupée par le sort de son ami, tout comme Warlock. Et pourtant, lorsqu'il a l'opportunité de se cacher, de se défiler, Doug Ramsey refuse, par orgueil, par sens du devoir aussi. Je doute qu'il soit sacrifié lors du tournoi (c'est un des chouchous de Hickman), mais sait-on jamais ? S'il devait mourir, cela provoquerait un vrai choc dans la communauté.

Rod Reis  a quitté New Mutants après l'arc initial écrit apr Hickman (qu'il a retrouvé pour Giant-Size X-Men : Fantomex). C'est donc un réel plaisir pour ses fans, dont je suis, de le retrouver - et de savoir qu'il reviendra comme artiste régulier sur la série après le crossover. Il anime parfaitement ces personnages, à qui il donne une vraie jeunesse mais aussi du caractère, grâce à son style très tranché, riche en effets numériques mais bien dosés, et son découpage inventif. Un régal.

Enfin, dans Cable #5, on renoue avec ce qui avait été engagé lors de X of Swords : Creation quand Cyclope, Jean Grey et leur fils suivaient une piste les menant à la Pointe, la station orbitale du S.W.O.R.D., grâce à un indice placé dans l'esprit du Hurleur par Saturnyne.

Je dois bien avouer que, dans le lot, c'est l'épisode qui m'a le plus dérouté et déçu. Je n'ai simplement pas saisi où Gerry Duggan voulait en venir et quel était le sens de cette aventure. On découvre que l'équipage de la Pointe a été décimé par des aliens via un portail en forme de monolithe noir (une référence à 2001 : l'odyssée de l'espace ?). Avoir réactivé la station  grâce à l'épée de Cable, était donc une mauvaise idée. On débranche donc tout et les aliens ne peuvent plus accéder à la station.

Bon, d'accord, mais après ? Après, en fait, il semble que ce soit surtout les deux dernières pages qui soient les plus intéressantes. Puisque les télépathes de Krakoa ne peuvent établir de liaison avec l'Outremonde (car Saturnyne les en empêche), Cyclope et Jean Grey décident de corriger cela. Quel rapport avec l'expédition dans la Pointe du S.W.O.R.D., mystère. Mais en revanche, cest vrai que cette affaire de communication avec l'Outremonde est plus captivante car on devine quel avantage elle donne aux mutants de Krakoa dans les événements à venir (ils pourraient espionner les Arakki et même aider les champions lors du tournoi). Dommage que ce soit aussi peu clair.

Concernant les héros de cet épisode, je sais que beaucoup de fans n'aiment pas "Kid" Cable - d'ailleurs, on peut s'étonner que ce jeune Cable n'ait jamais été montrer en compagnie de Hope, car le "vieux" cable l'a quand même élevée et donc elle ne devrait pas être enchantée que son père "adoptif" ait été remplacé par ce morveux. C'est vrai que ce "Kid" Cable n'est pas très charismatique, très agaçant. Pourtant Marvel compte sur lui (au point d'avoir spoilé sur son sort post-X of Swords), donc il faut faire avec. Par contre, suivre Cyclope, Jean Grey et leur fiston offrent de bons moments, leur trio fonctionne bien, donne de la consistence à chacun.

Et puis Phil Noto dessine. J'ai toujours bien aimé cet artiste, qui est capable de s'adapter à n'importe quelle série, qui n'est jamais en retard quel que soit le rythme de parution et alors qu'il assume dessin et couleurs. Il rend une copie sans éclat mais efficace, c'est propre, bien tourné, rythmé. C'est déjà ça pour une série et un héros auquel on ne s'attache guère.

Voilà ce qu'on peut dire des trois chapitres de la semaine. Un bon cru, la saga se déploie avec habileté, s'offre des extensions intéressantes, bénéficie de dessins très convaincants. A suivre dans sept jours avec les treizièmes épisodes de Excalibur et X-Men.

jeudi 7 novembre 2019

NEW MUTANTS #1, de Jonathan Hickman, Ed Brisson et Rod Reis


Troisième titre de la relance Dawn of X, New Mutants est l'autre série chérie de Jonathan Hickman. Il fait équipe avec Ed Brisson, qui écrira un épisode sur deux, et Rod Reis, dont le style est influencé par Bill Sienkiewicz (qui marqua durablement de son empreinte le titre). Tout est réuni pour une réussite... Et pourtant, , malgré d'indéniables qualités, le résultat est étrangement décalé.


Krakoa. Rhane Sinclair alias Wolfsbane est ressuscitée et soutenue par son amie Karma. De leur côté, Mirage et Sunspot discutent des opportunités offertes par le nouveau statut des mutants. Cypher et Mondo explorent de nouveaux moyens de communiquer avec l'île. Chamber et Magik en exploitent des ressources insoupçonnées.


Un seul membre des Nouveaux Mutants manque à l'appel : Cannonball, parti dans l'espace avec ses parents. Sunspot négocie avec Corsaire et les Starjammers pour qu'ils emmènent son équipe au sein de l'Empire Shi'ar où se trouve leur ami.


Le voyage est long et tendu - Magik relève un défi de Raza, C'hod peste contre les effets secondaires de la graine de Krakoa sur ses cultures, et une fois à l'approche du poste avancé de Benevolence, Corsaire interdit aux mutants de quitter le vaisseau car il doit régler une affaire (entendez : commettre un vol).


Bien entendu, les mutants désobéissent et grâce à Magik investissent une salle de la station où ils trouvent un oeuf mystérieux. Les gardes sont alertés. Corsaire et les Starjammers prennent la poudre d'escampette, malgré les protestations de Sunspot.
  

Il est débarqué et se livre aux autorités Shi'ar avec ses amis, promettant à Mirage, inquiète de la tournure de la situation, qu'il connaît un bon avocat pour le sortir de ce mauvais pas...

On voit bien dans le nouveau statu quo mutant, "Dawn of X", la volonté de reformer la franchise autour de ses titres historiques : X-Men, Marauders, ExcaliburX-Force, et donc New Mutants (j'omets volontairement Fallen Angels que je ne lirais pas). Des noms familiers pour les fans, avec pour chacun des cadres précis en relation avec la mission des personnages à leur tête. 

Ce souci de clarifier les choses est très louable, après des années de tâtonnements où le staff éditorial de la franchise lançait des séries au petit bonheur la chance, mais sans vraie ligne directrice (c'était plutôt une logique empirique qui présidait).

Mais un problème est apparu avec Excalibur où en dehors de la référence rien ne correspondait à la série initiale. New Mutants souffre un peu du même mal, mais placé différemment, comme si les auteurs avaient décidé, contre toute logique justement, de faire comme si de rien n'était. En bref, comme si les Nouveaux Mutants n'avaient pas grandi depuis les années 80 et que leur réunion était racontée d'une manière tellement décalée qu'elle devenait déplacée.

C'est d'autant plus curieux que Jonathan Hickman a auparavant employé deux des Nouveaux Mutants dans ses Avengers (Cannonball et Sunspot). Il a ainsi, indirectement, contribué à les émanciper de leur formation d'origine (même si ce n'était pas le premier à le faire) et Al Ewing, en particulier, les a ensuite animés dans ses U.S.Avengers, loin des affaires mutantes. Quant à Magik, Bendis en fit une des révolutionnaires mutantes dans les Uncanny X-Men de Cyclope post-Avengers vs. X-Men (après que Charles Xavier ait été assassiné par son fils spirituel) - mais cela appartient à une des vies antérieures de Moira McTaggert comme on l'a vu dans House of X #2.

Aussi, voir ces personnages se conduire comme des ados, comme à leurs débuts, a de quoi surprendre, d'autant que Magik a conservé sa tenue des Uncanny X-Men de Bendis (tout de noir et de cuir vêtue), que Wolfsbane a été ressuscitée, et que Sunspot a visiblement conservé des traces de ses expériences de leader en dehors de mutants. Leurs chamailleries pour boire du café produit par Chamber ou pour désobéir à Corsaire et Sunspot sont aussi puériles qu'incongrues. 

Hickman et Brisson (même si on ne sait pas qui a fait quoi exactement dans cet épisode) ont par ailleurs des idées étonnantes (la graine de Krakoa plantée sur le vaisseau des Starjammers tue les cultures entretenues par C'hod, Corsaire abandonne sans scrupules des gamins en territoire hostile). Mais on demeure gêné par la caractérisation des héros dont l'aspect ou quelques répliques contredisent tout le reste. Tout ça a un peu, si vous me permettez l'expression, le cul entre deux chaises.

Avoir confié à Rod Reis le dessin est une idée séduisante. Influencé par Sienkiewicz, qui jadis a révolutionné la série (alors illustré par le bien sage Bob McLeod), son style est certes plus sage (et abuse parfois des effets copiés-collés), mais néanmoins original. Il sait en tout représenter de jeunes héros, le voyage spatial est dépaysant, et le statisme des scènes d'action est compensé par un travail sur les couleurs atypique (Reis assume aussi ce poste), avec des effets numériques qui conservent une spontanéité proche de l'esquisse du trait.

Mais, Reis (pourtant régulier d'habitude) va, comme l'annoncent les solicitations des prochains épisodes, être supplée par Marco Failla (Age of X-Man : Marvelous X-Men), ce qui va casser l'esthétique de la série. Il faudra aussi voir comment les épisodes de Brisson et ceux de Hickman se compléteront, car les deux scénaristes sont très différents.

Tout ça, bien sûr, étant conditionné au fait que je poursuive l'aventure, ce qui n'est pas sûr. J'ai tout de même envie de donner sa chance à ces New Mutants, mais je suis bien dérouté par leur relance.