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jeudi 10 février 2022

THE SECRET X-MEN #1, de Tini Howard et Francesco Mobili


Voilà un comic-book dont je n'attendais rien (et que je me suis procuré après avoir hésité)... Mais qui s'avère une excellente surprise. The Secret X-Men rassemble les mutants n'ayant pas été élus pour intégrer l'équipe des X-Men lors du Hellfire Gala, et Tini Howard a eu la charge de leur écrire une aventure. Elle s'en acquitte avec brio, même si elle n'a pas pu donner à tous le même traitement. Et Francesco Mobili illustre cela avec talent, en ayant changé son style, pour le meilleur.


Abordé sur Chandilar, la planète-capitale de l'Empire Shi'ar, par Deathbird pour une mission secrète impliquant la sécurité menacée de Xandra (l'impératrice), Sunspot réunit une équipe composée de tous ceux qui, comme lui, ont échoué à l'élection du Hellfire Gala pour intégrer les X-Men.


Avec ses camarades, Sunspot doit retrouver Deathbird et Xandra dans un lieu confidentiel, sans prévenir Gladiator et la garde impériale. En route, ils croisent les Sidri, des mercenaires aliens, possiblement liés à la menace pesant sur Xandra, et s'en débarrassent.


L'équipe se pose sur une planète glacée et se disperse pour trouver Deathbird. Strong Guy découvre une porte que Forge réussit à ouvrir. Ils pénètrent dans une salle déserte au centre de laquelle il y a un portail krakoan. Mais les Sidri resurgissent et les obligent à fuir, couverts par Sunspot et Cannonball.
 

En traversant le portail krakoan, l'équipe accède à l'intérieur du vaisseau de Deathbird où elle est accompagnée par Xandra et deux membres de la garde impériale, les voyantes Oracle et Delphos. Un Sidri apparaît alors et attaque Deathbird.


Sunspot et Tempo tentent de la rattraper mais Xandra utilise ses pouvoirs psychiques pour les en empêcher. Suivant les conseils d'Oracle et Delphos, elle efface ensuite les souvenirs de leur aventure aux mutants, susceptibles de dévoiler les failles de la sécurité impériale.

C'est une drôle de mission à plusieurs égards que doit remplir ce one-shot (qui, en cas de succès, mériterait de connaître une suite). Pour bien l'apprécier, il faut se remémorer le Hellfire Gala et la fameuse élection des membres de l'équipe des X-Men.

A cette occasion, le staff éditorial de la franchise avait soumis aux fans une liste de dix mutants et l'un d'eux était chosi par les lecteurs pour faire partie des X-Men. La gagnante fut Polaris. Quid des neuf autres, soient Sunspot, Cannonball, Tempo, Strong Guy, Forge, le Hurleur, Boom Boom, Armor, Marrow ?

Marvel a eu l'idée de les employer pour une histoire écrite par Tini Howard, la scénariste d'Excalibur. Pas évident à priori de caser dix héros, aux pouvoirs très variés, et à la popularité inégale, facilement considérables désormais comme une bande de losers ? Mais la scénariste a eu une riche idée en se rappelant certainement que Jonathan Hickman souhaitait développer l'alliance entre mutants et Shi'ar et aussi que, pour lui, les Nouveaux Mutants (au sens large, c'est-à-dire tous les mutants des générations ayant suivi celle Giant-Size X-Men #1 en 1975) auraient dû remplacer leurs aînés.

Donc, une intrigue ayant pour point de départ Chandilar, la planète-capitale de l'Empire Shi'ar, et des mutants prévus pour succéder aux X-Men. Déjà dans le run de Hickman, on savait que Xandra, fille de Lilandra et Charles Xavier, héritière du trône, était la cible de divers ennemis de l'Empire, dont certains conspiraient au sein même de la garde impériale. Deathbird veillait sur elle. En parallèle, Cannonballe (Sam Guthrie) résidait sur Chandilar où il vit en couple avec Smasher, membre de la garde et mère de leur fille. Sunspot (Roberto da Costa) s'y est établi au terme du premier arc de New Mutants, écrit par Hickman.

Tini Howard réactive le prétexte d'une menace contre Xandra et demande à Sunspot, qui la courtise sans succès, de l'aider à prévenir une attaque contre l'impératrice. Sunspot a l'idée toute bête de réunir pour cela ceux qui, comme lui, ont échoué lors de l'élection du Hellfire Gala. Les voilà embarqués dans un trip à la fois plein d'action et d'humour, dont la chute est clairement une note d'intention de la scénariste adressée au staff éditorial de la laisser y revenir un jour.

Neuf personnages à gérer pour un épisode de 35 pages, c'est un vrai challenge et Tini Howard ne peut accorder le même traitement à tous. Elle tente veiller à un certain équilibre mais quand on écrit des héros aussi savoureux que Sunspot (l'archétype du type trop sûr de lui) et Cannonball (son meilleur ami qui le supporte tout en craignant le pire), il est évident que d'autres sont condamnés à rester en retrait, soit parce qu'ils sont moins inspirants, soit par manque de place. A ce jeu, le Hurleur, Strong Guy, Marrow et Forge gagnent quelques bons moments, tandis que, hélas ! Boom Boom (une des mes chouchoutes), Armor (idem), Tempo peinent à exister, réduites à de la figuration. Rien que pour elles, j'ai envie de revoir ces Secret X-Men ensemble.

L'histoire elle-même a quelque chose de désinvolte mais irrésistiblement charmant. On ne s'ennuie pas mais les ficelles sont grosses comme des cables, les rebondissements téléphonés. Jusqu'à la conclusion, maline, où on découvre que Xandra a hérité des pouvoirs psychiques de son père, Charles Xavier, qu'elle utilise avec la même absence de scrupules (les chiens ne font pas des chats). Qui plus est, quand on a lu X-Men de Hickman, on comprend que la jeune impératrice est désormais aux mains d'au moins une de ses gardes les moins bien intentionnées à son endroit (Oracle), de quoi là encore alimenter une suite...

L'une des raisons pour lesquelles j'hésitai à me procurer ce fascicule, c'était son dessinateur. Francesco Mobili est un bon artiste, mais parfois coupable de planches franchement très faibles. Son style le rapproche de Marco Checchetto (qu'il avait d'ailleurs suppléé pour la fin de Old Man Hawkeye), amais avec moins de maîtrise. Alors à quoi s'attendre cette fois ?

Hé bien, l'italien a eu l'heureuse idée de changer de style. pas fondamentalement, mais en s'appuyant davantage sur son excellent coloriste, Jesus Arbutov. Mobili a donc renoncé à s'encrer pour laisser à Arbutov le soin de coloriser directement sur son dessin. Le résultat est spectaculaire et très abouti, gommant les insuffisances de l'un pour permettre à l'autre de mieux s'exprimer.

S'inscrivant dans un registre classique et réaliste, Mobili soigne ses décors, l'action est toujours bien située, les compositions de ses plans sont dynamiques. Les personnages font l'objet d'une attention particulière puisque, comme le casting est fourni et varié, il convient de bien identifier chacun. Si Strong Guy est un peu moins imposant qu'à l'accoutumée, en revanche, Marrow et ses excroissances osseuses sont formidablement évoquées. Lorsque Sunspot et Cannonball attaquent ensemble, la représentation de leurs pouvoirs montre bien leur puissance. Idem quand le Hurleur procède à un sauvetage soufflant dans le vide sidéral.

C'est donc, comme je l'ai déjà dit, une excellente surprise que ce Secret X-Men. Alors que les titres annoncés pour Destiny of X ne m'ont pas, pour la plupart, pas réjouis (hormis X-Men Red), Marvel serait bien inspiré de donner sa chance à cette équipe inattendue, improbable, mais que Tini Howard a réussi impeccablement à animer pour un récit qui laisse la porte ouverte à une suite.

jeudi 27 mai 2021

X-MEN #20, de Jonathan Hickman et Francesco Mobili


Ce vingtième épisode de X-Men est spécial à plus d'un titre : il s'agit du pénultième chapitre de la série écrit par Jonathan Hickman, mais aussi de la suite du #6, et l'histoire qui nous est rapporté va probablement être lourde de conséquences dans les prochains mois (les dernières pages insistent là-dessus et "teasent" même un futur event). Dommage que les dessins de Francesco Mobili ne soient pas au niveau du rendez-vous.


Mystique obtient de Forge une arme très puissante. Elle s'est portée volontaire pour une mission périlleuse qui, si elle l'accomplit avec succès, lui permettra de retrouver sa femme, Destinée, promis par le Pr. X et Magneto. L'objectif : détruire la station Orchis et la première version de Nimrod.


Dans la station Orchis, le Dr. Alia Gregor a réussi à préserver l'âme de son défunt mari, Erasmus, dans un cristal. Elle le place dans le corps de Nimrod et lui permet ainsi de revenir à la vie. Le miracle est observé par Mystique, infiltrée dans le personnel de la station. Et vite repérée par Nimrod.


Elle prend la fuite après avoir lâché la bombe conçue par Forge. Nimrod se dédouble pour faire exploser la bombe hors de la station, en sachant qu'il sacrifie son âme. Alia Gregor perd une seconde fois son mari. L'autre Nimrod rattrape Mystique et la renvoie, via le portail krakoan, sur l'île.


Mystique meurt lors du transfert. Ressucitée, elle avooue avoir failli et comprend que Xavier et Magneto ne feront donc pas revenir Destinée. Dans la station Orchis, Karima Shapendar et le Dr. Devo savourent la naissance de Nimrod tandis que Xavier et Magneto font leur rapport à Moira McTaggert.

Fevrier 2020 : parution de X-Men #6, dans lequel on découvre la mission parallèle et secrète confiée à Mystique par le Pr. X et Magneto pendant que les autres membres d'une équipe de mutants doivent détruire la Sentinelle-Mère de la station Orchis. La métamorphe croit encore que cela lui permettra de retrouver Destinée, sa femme. Un superbe numéro, dessiné par Matteo Buffagni, qui montrait déjà la duplicité cruelle des deux dirigeants mutants, interdits par Moira McTaggert de ressuciter des précogs (susceptibles de deviner ses plans) comme Destinée.

Mai 2021 : sortie de X-Men #20. Jonathan Hickman s'apprête à boucler son run sur le titre (avant de le confier à Gerry Duggan et d'écrire une nouvelle série top secrète). Le scénariste-chef d'orchestre de la franchise mutante tient visiblement à partir en bouclant quelques dossiers et, comme précédemment avec l'intrigue autour des Enfants de la Voûte, il va clore l'histoire de Mystique (du moins pour l'instant). A nouveau, la métamorphe est désignée pour une mission risquée qui, si elle l'accomplit, lui permettra de retrouver sa femme, Destinée. Mais rien ne va se passer comme prévu...

Commençons tout de suite par ce qui ne va pas. Matteo Buffagni, que j'aurai aimé retrouver pour cet épisode, ce qui aurait été une belle manière de boucler la boucle, est parti ailleurs voir si l'herbe était plus verte (il va signer une série avec Mark Millar). Pour le remplacer, Marvel a appelé Francesco Mobili.

J'ai découvert Mobili lorsqu'il a suppléé Marco Checchetto sur les deux derniers épisodes de Old Man Hawkeye et il m'avait fait, à l'époque, bonne impression. Passer après Checchetto n'était pas facile et il s'en était acquitté avec sérieux. Depuis, j'avoue l'avoir perdu de vue, même si je sais qu'il a illustré un épisode de The Scumbag, la série déjantée de Rick Remender chez Image Comics.

Mais Mobili n'est pas Buffagni. Ce dernier est un modèle d'élégance, avec son dessin influencé par l'école Toth. Mobili, lui, affiche ici des lacunes criantes, en particulier en ce qui concerne l'encrage, abominable, mais aussi dans l'expressivité des personnages, leurs proportions, la composition des plans. C'est beaucoup, c'est trop. Cet épisode est le plus raté, graphiquement, du run d'Hickman, avec celui de Brett Booth (pas facile de faire pire, remarquez). C'est dommage, c'est déplorable, mais le mal est fait.

Mais de même que de superbes dessins ne sauveront jamais une piètre histoire, de mauvais dessins ne peuvent ruiner un script de qualité. Et heureusement, Hickman est inspiré.

Tout vient à point à qui sait attendre : des lecteurs de X-Men reprochent parfois au scénariste de lancer des intrigues sans les résoudre le mois suivant, préférant se lancer dans une nouvelle histoire. Hickman procède ainsi souvent, semant pour récolter au moment que, lui, a choisi. Il est le maître des horloges, et d'ailleurs depuis House of X - Powers of X, il a beaucoup refaçonné la temporalité des mutants, joué avec, pour bâtir son projet sur une base nouvelle, non sans provocation.

Dans les deux précédents numéros de la série, il est ainsi revenu sur l'affaire des Enfants de la Voûte, entamée au début de sa prestation sur X-Men. Il a écrit une sorte de conclusion, ouverte, se laissant la possibilité de développer ce qu'il a entrepris. Mais il n'a pas laissé les choses en plan. Il a fait attendre son monde, mais pas oublié ce qu'il avait débuté. C'est pareil ici  après un an et demi, il boucle la boucle, sans vraiment avoir tout dit, "teasant" même ce qui ressemble fort à un futur event pour cet Automne.

Bien que l'ère Dawn of X se soit achevée depuis la fin de X of Swords, Reign of X n'a rien d'une promenade de santé, et le règne des mutants révèle surtout ses failles (avant un acte III sur le déclin et la chute ?). En revenant au personnage de Mystique, Hickman ne fait que confirmer cet état de fait. La métamorphe a été incluse au conseil de Krakoa contre toute attente et cela suscitait la méfiance de Moira McTaggert dans Powers of X #6, car cela était évidemment conditionné à la résurrection de Destinée, la femme de Raven Darkholme, capable de prédire l'avenir - et donc de localiser Moira McTaggert que toute la Nation X croit morte.

D'ailleurs aucun mutant précog n'a été ressucité (Diablo s'est recueilli sur la tombe de Blindfold dans Way of X #1) pour la même raison. Pour gagner du temps, Charles Xavier et Magneto ont expliqué à Mystique qu'elle devrait faire ses preuves pour obtenir que Destinée ne revienne à la vie. Elle a accepté à ses risques et périles de planter une fleur de Krakoa dans la station Orchis quand une équipe de mutants y a été envoyée pour détruire la Sentinelle-Mère. Pas suffisant. Alors elle accepte ici une nouvelle mission périlleuse contre la garantie de revoir son amour perdu.

Lost Love est d'ailleurs le titre de l'épisode et il ne se cantonne pas au cas de Mystique puisque l'autre personnage concerné est le Dr. Alia Gregor, qui a, elle aussi, trouvé un moyen de faire revenir à la vie les morts, en particulier son mari, Erasmus, chef de la sécurité de la station Orchis, qui s'était sacrifié pour freiner les mutants à l'abordage de la base. Le procédé est moins abouti que celui rendu possible par les Cinq sur Krakoa mais il n'empêche, l'opération fonctionne et à plus d'un titre puisque Erasmus revit dans la corps de Nimrod, la terrible robot chasseur de mutants qui, dans toutes les vies endurées par Moira McTaggert, signe la fin des mutants.

Hickman dresse un parallèle poignant entre les deux femmes que sont Mystique et Alia Gregor, toutes deux désirant retrouver l'être aimé, à tout prix. Pourtant elles sont adversaires, Mystique s'infiltrant à nouveau dans la station Orchis pour la détruire (et donc détruire Nimrod) ; Gregor oeuvrant à l'extermination des mutants via Nimrod.  Le temps de cet épisode, elles vont éprouver le deuil d'une manière cruelle puisque Erasmus/Nimrod se sacrifie une nouvelle fois et que l'échec de la mission de Mystique signifie que Xavier et Magneto ne feront pas revenir Destinée. En même temps, ces deux échecs vont probablement pousser et Gregor et Mystique dans un extrémisme dangereux car elles savent qu'elles n'ont désormais plus rien à perdre, littéralement : Gregor a définitivement perdu Erasmus, Mystique a perdu toute confiance en Xavier et Magneto. Les membres Orchis sait que les mutants ont des raisons d'avoir peur d'eux désormais (avec la création effective de Nimrod). Mystique a fait la promesse à Destinée de brûler Krakoa si son retour était refusé.

Deux éléments importants font leur (ré)apparition au terme de cet épisod intense et terrible : d'abord, et c'est un événement, pour la première fois depuis Powers of X #6, on revoit Moira McTaggert quand Xavier et Magneto viennent lui rapporter l'échec de la destruction de la station Orchis et de Nimrod. Alors que la rumeur veut que Jonathan Hickman va lancer une série Moira X à la rentrée, le retour à l'image de la maîtresse d'oeuvre de la Nation X surprend quand même car on croyait presque que le scénariste l'avait oubliée. En la ramenant sur le devant de la scène (même si Xavier et Magneto restent els seuls à la fréquenter, et qu'ils ont dû le faire en secret depuis Powers of X #6), Hickman nous dit évidemment que Moira va tenir à nouveau un rôle actif dans les prochains mois (quitte à s'afficher de nouveau aux côtés du reste des mutants ?). De toute manière, la situation est devenue soudain très critique, entre la menace des Enfants de la Voûte et la naissance de Nimrod : ni Xavier ni Magneto ne peuvent plus la gérer seuls.

Ensuite, enfin, comme je l'ai écrit à plusieurs reprises depuis le début de cet article, on trouve à la fin de l'épisode la mention, laconique, de ce qui semble être un futur event, programmé pour cet Automne et dont le titre renvoie à une saga bien connue : Inferno. Peu de chances toutefois qu'on assiste au retour d'une menace magique du démon Nas'rith avec Madelyne Prior/Goblin Queen, et la multitude de tie-in du crossover de 1989. Cela semble plutôt suggérer une relation à l'enfer que déclencheraient à la fois Mystique (avec Krakoa en feu) et Orchis (avec Nimrod lâché sur Terre et l'île des mutants). Il faut aussi noter que, dans les récentes solicitations Marvel pour Août prochain, ne figurent ni New Mutants, ni SWORD, ni Excalibur (et Children of Atom semble se terminer aussi ce mois-ci). Cela ne signifie pas que tous ces titres sont annulés, mais il va certainement y avoir des changements (notamment d'équipes artistiques).

Bref, même si Hickman passe la main sur X-Men le mois prochain, la Head of X n'a pas fini de refaçonner l'univers mutant.

mercredi 1 janvier 2020

DAREDEVIL, VOLUME 3 : THROUGH HELL, de Chip Zdarsky, Marco Checchetto et Francesco Mobili


Ce troisième tome ne paraîtra qu'en Mars prochain, mais je regroupe en une critique les cinq épisodes qui le composent (bien qu'il semble acquis que le recueil en comptera six puis que l'épisode 16 porte le même titre que cet arc). Chip Zdarsky renoue ici avec l'excellence de son début de run et livre une histoire dense où les routes de ses personnages se croisent, se répondent en un crescendo palpitant. L'autre bonne nouvelle pour Daredevil, c'est le retour au dessin de Marco Checchetto, aidé sur la fin par Francesco Mobili.


Elektra surgit devant Matt et lui déclare qu'elle va devenir son nouveau coach, comme le furent pour eux deux Stick. Cependant, Cole North monte un traquenard pour capturer Spider-Man, mais le tisseur n'a aucune difficulté à le déjouer et il enlève le policier. Sur le toit d'un immeuble, il le force à s'interroger sur le rôle qu'il veut tenir en servant docilement un système qu'il sait corrompu et contre les justiciers. Wilson Fisk tente d'éloigner le Hibou mais celui-ci menace de dévoiler ses liens avec le gouverneur Kettle. Matt reçoit un appel à l'aide de Mindy Libris mais son attention est détournée par un copycat de Daredevil piégé par des flics.


Matt vient au secours de l'imitateur de Daredevil avec le concours de Foggy Nelson. Mais l'intervention dégénère et Matt est en difficulté. Fisk est invité par la puissante famille Stromwyn, mais un des convives, Tyler Weltford, se moque de son passé crapuleux. Elektra sauve Matt, Foggy et le copycat de Daredevil. Matt accepte son aide et de devenir son élève. Fisk tue à mains nues Weltford dans une salle de bains des Stromwyn.


Avec l'aide de son fidèle assistant Wesley, Fisk réussit à maquiller son crime en accident incriminant un des serviteurs des Stromwyn. Matt commence son entraînement avec Elektra et se reprend doucement. Mais l'ampleur de la lutte qu'il mène l'oblige à avoir un allié dans la place. Cole North est mis en congé forcé après son échec lors de l'arrestation de Spider-Man. C'est à ce moment que Matt, masqué, l'aborde.
  

North et Murdock ont une discussion franche sur leurs situations respectives et le policier comprend qu'il vise le même objectif que le justicier contre la corruption générale. Le Hibou rencontre Izzy Libris et lui fait comprendre, brutalement, qu'il est désormais le nouveau caïd de la pègre. Fisk reçoit une nouvelle invitation des Stromwyn. Matt rompte avec Mindy, au même moment où sa belle-mère, Izzy Libris, noue une alliance avec Hammerhead contre le Hibou. Matt obtient qu'Elektra le seconde pour aller l'interroger le gouverneur Kettle.


Désobéissant aux ordres, Cole North entraîne son nouvel équipier dans une série d'arrestations dans le quartier de Hell's Kitchen, où pourtant le commissaire Taylor ne veut plus de présence policière, sur ordre des Stromwyn. Ceux-ci tiennent aussi le gouverneur Kettle comme le découvrent Matt et Elektra. Et ils font sévèrement rosser Fisk par leurs hommes de main pour le punir d'avoir tué Weltford chez eux. Elektra redeviennent amants après leur descente chez Kettle où ils ont réussi à semer ses gardes.

Ces cinq épisodes épatent et prouvent que l'arc précédent n'est plus qu'un mauvais souvenir. La série récupère son artiste attitré et cela suffit à la hisser à nouveau au niveau de son excellent début. Par ailleurs le scénario démontre une impressionnante densité et un rythme soutenu auxquels il est difficile de résister.

Mais surtout on est surpris de constater que Chip Zdarsky écrit Daredevil... Sans Daredevil. Matt Murdock le répète à plusieurs reprises (à Elektra, à Foggy, à Cole North), son alter ego est mort, il a fait trop d'erreurs sous cette double identité. La mort, accidentelle de Leo Cassaro, continue de le hanter mais il veut aussi tenter autre chose, de plus ambitieux.

Ce parti-pris est payant même s'il est aussi délicat car on peut s'interroger sur sa longévité. Combien de temps Zdarsky peut poursuivre sur cette voie ? Une série comme Daredevil autorise ce genre d'audaces, ce n'est pas un titre qui vend énormément (même s'il dispose d'une fanbase solide, qui lui assure une parution ininterrompue) et donc les auteurs peuvent expérimenter. D'ailleurs, les fans de DD y sont disposés en général. Toutefois, il paraît inenvisageable que Matt Murdock n'enfile pas à nouveau son costume de diable rouge et n'assume plus son surnom à moyen terme.

Esthétiquement, une fois sa période de remise en forme aux côtés d'Elektra terminée (à partir du #14), Matt arbore un look qui renvoie directement à ses tout débuts, tels qu'on les a lus dans la mini-série Man without fear (de Miller et Romita Jr) et la série Netflix. Il est entièrement vêtu de noir, avec un masque qui cache ses yeux complètement, et il porte un léger équipement (une canne, une ceinture de grenades défensives).

Le récit se divise toujours en trois : une partie consacrée à Matt, une autre à Fisk, une dernière à North. Zdarsky dresse d'abord un parallèle troublant entre Matt et Fisk : quand le Caïd est en pleine ascension, Matt est au trente-sixième dessous, puis leurs trajectoires s'inversent à partir du moment où le Caïd perd ses nerfs et tue un invité des Stromwyn tandis que Matt récupère ses moyens physiques et mentaux grâce à Elektra. Tout cela atteint un pic dramatique lors du quinzième épisode où Fisk est tabassé par des sbires des Stromwyn équipés d'exosquelettes puis défenestré (et là, malgré toute l'antipathie qu'on peut avoir pour le Caïd, on a mal pour lui). Au même moment, Matt réussit à semer les gardes du gouverneur Kettle au prix d'une manoeuvre incroyable qui enivre tellement Elektra qu'elle se donne à lui ensuite (exultant en disant : "You're back !").

Cole North prend un relief de plus en plus passionnant. Au début, ce flic ombrageux et obtus était monolithique. Désormais, après le fabuleux épisode 10 (qui bouclait le deuxième arc), c'est un colosse fragilisé, qui obéit encore aux ordres mais est de plus en plus ébranlé dans ses convictions. Sa conversation impromptue avec Spider-Man le perturbe, mais c'est surtout un formidable dialogue à bâtons rompus avec Matt qui achève de le déstabiliser. Il sait que la police est corrompue, il apprend qu'une guerre des gangs est sur le point d'éclater avec l'assentiment de sa hiérarchie, qui reçoit les ordres du gouverneur Kettle, lui-même au service de la puissante famille Stromwyn.

En reliant ainsi tous les personnages, Zdarsky tisse une toile solide et tendue, aboutit à une ambiance intense, qui électrifie son histoire. En même temps, il titille la curiosité du lecteur et de Matt sur des points fugacement évoqués (pourquoi Elektra aide vraiment Matt ? Quelles réactions va avoir Fisk vis-à-vis des Stromwyn et du Hibou ? Quid de l'alliance Libris-Hammerhead ? Mindy va-t-elle quitter son mari ?).

Tout cela est merveilleusement mis en images par Marco Checchetto. Il dessine totalement les trois premiers épisodes avec la même exigence qu'il avait pour le premier arc. Le degré des détails est impressionnant pour la représentation des décors et des personnages auxquels il donne vie et chair. L'apparition d'Elektra est grisante et le plaisir que l'artiste italien a à la croquer est manifeste : il a modifié subtilement son look, libérant sa chevelure, et conservant à son costume son éclat écarlate tout en le dotant d'éléments plus réalistes (des semelles et même des talons compensés, des bandages aux bras et aux jambes, un bandeau au front). Elle est terriblement belle, et toujours aussi efficace, dangereuse. Il est évident qu'elle supplante aisément Mindy Libris.

L'animation de Fisk et de Murdock est également irréprochable. Le Caïd déborde de charisme et Checchetto le dote d'une expressivité impeccable lors du repas chez les Stromwyn, durant lequel il essuie les moqueries de Weltford, contenant avec peine sa contrariété jusqu'à ce qu'il explose dans une scène d'une rare violence (d'autant plus percutante qu'elle est découpée avec habileté et colorisée magistralement par Nolan Woodard). Mais c'est un ogre qui en cédant à ses vieilles pulsions se condamne : en cela Zdarsky et Checchetto ont tout à fait bien capté le personnage, véritable cocotte-minute, prête à sauter à tout moment puis s'en remettant comme un gamin perdu à son fidèle Wesley. Quand Francesco Mobili vient en renfort pour les #14-15, il s'occupe des scènes avec le Caïd, laissant celles avec Murdock au seul Checchetto : comme il a un style semblable, cela passe bien, quoique Mobili donne alors à Fisk une troublante ressemblance physique avec Brian Michael Bendis (avant en tout cas que le scénariste n'ait maigri).

Checchetto a la main sur Matt et Cole North. Il donne d'abord au premier les gestes d'un homme nerveux, toujours convalescent, que son apparence trahit (avec des cheveux longs, ébouriffés, une barbe de trois jours). Puis, aux côtés d'Elektra, il retrouve sa superbe, une forme d'assurance, mais moins arrogante qu'avertie. Par petites touches progressives, cette transformation accouche d'un nouveau Daredevil, économe dans ses mouvements, plus à l'affût. Le contraste est saisissant avec North dont la stature athlétique ne suffit plus à masquer la fébrilité, les failles, l'exaspération - je me demande si Zdarsky ne va pas finir par en faire un vigilante, une sorte de lawman radical, comme une version légaliste du Punisher.

Faut-il encore préciser que le découpage est bluffant : il permet de passer d'un personnage à l'autre, d'un décor à l'autre, sans jamais que le lecteur ne soit perdu. Lors de l'épisode 15, Checchetto et Mobili prouvent même leur impeccable complémentarité en se partageant une même planche sans que l'effet ne perturbe la lecture.

Tout cela fait de cet acte III une réussite exemplaire. Si la série continue à ce régime, elle va atteindre des sommets. Il faudra surtout pour cela que Zdarsky continue à développer son intrigue avec la même rigueur et que les dessinateurs restent en place (personnellement, conserver le duo Checchetto-Mobili me semble idéal, si cela permet à Checchetto de ne pas s'absenter plus d'un épisode). Mais c'est très encourageant.


jeudi 20 décembre 2018

OLD MAN HAWKEYE #12, d'Ethan Sacks et Francisco Mobili


La saga de Old Man Hawkeye s'achève après un an de parution et douze épisodes. Ecrit et dessiné avant et après le décès de Stan Lee (dont le nom orne toutes les parutions du mois chez Marvel avec un très sobre bandeau noir), Ethan Sacks et Francesco Mobili livre un final à la hauteur. Mais qui est surtout comme un appel aux fans pour soutenir de futures histoires dans cet univers futuristes.


Complexe de l'Arme X. Avalanche a rendu Clint Barton aveugle mais celui-ci a encore des ressources et se sert de son ouïe pour repérer son ennemi et le tuer. Néanmoins, dans son agonie, le mutant menace, par ses pouvoirs sismiques de déclencher l'effondrement de la base.


Effectivement, Clint est séparé de Kate Bishop par l'écroulement d'un plafond. Chacun des deux archers se donnent rendez-vous dehors et évacue les scientifiques employés par le baron Zemo. Clint est en compagnie d'un nommé Walter qui emporte les 99 doses restantes du sérum du super-soldat.


De son côté, Kate tombe sur Bullseye. Elle lui tient bravement tête mais il a vite le dessus et menace de lui trancher la gorge si Barton ne se montre pas vite. En l'entendant, Clint ordonne à Walter de fuir et de cacher les doses du sérum pour que jamais Crâne Rouge ne les possède.


En constatant la cécité de Barton, Bullseye est déçu car il n'aura pas le duel qu'il espérait. Relâchant son emprise sur elle, il est blessé par Kate qui indique sa position à Clint. Ce dernier tue le marshall.


Un an après avoir quitté Kate qui ne souhaitait plus poursuivre son combat contre Crâne Rouge, Clint se présente dans un monastère en montagne pour apprendre à continuer à se battre bien qu'il soit aveugle. C'est Matt Murdock qui lui servira de maître.

A un épisode près (le #7, avec le flash-back sur la trahison des Thunderbolts et la mort, entre autres, de la Veuve Noire), Ethan Sacks n'aura pas raté sa première production dans les comics. On peut même lui attribuer le prix de la révélation scénaristique de l'année et lui promettre un bel avenir.

Alors certes, Old Man Hawkeye passe après Old Man Logan et ne soutient pas la comparaison avec la saga du même format, mais avec une toute autre ambition et un résultat plus impressionnant, que fut Mister Miracle chez DC. N'empêche, ces douze chapitres ont fière allure.

Encore fallait-il à l'auteur ne pas rater sa conclusion. Sacks s'en sort très bien, même si son dénouement, en particulier la séparation entre Clint et Kate, est un peu expéditif. On imagine mal Bishop rompre aussi séchement avec Barton sous prétexte que, même après s'être vengé des Thunderbolts, il souhaite désormais s'assurer que Crâne Rouge ne soit plus le maître du monde. 

Sur cette scène, le scénariste a semblé rattrapé par la pagination et il a peut-être dû conclure sans avoir la permission d'avoir quelques pages de plus. Cela ne suffit pas cependant à gâcher le plaisir de la lecture. Le duel entre Hawkeye et Bullseye s'achève sur la mort d'un des méchants les plus haïssables de Marvel et est mis en scène avec une âpreté, une sécheresse, une économie étonnantes. Pas d'acrobatie, pas d'exploit réel : tout se dénoue très vite.

Et puis, après une page de remerciements des acteurs de la série (Sacks, Checchetto - qui signe la couverture - , Roberson, Mobili, etc.), nous sommes gratifiés d'un bonus, une scène post-générique en quelque sorte, jubilatoire. Sacks le dit : il souhaite réécrire ce Hawkeye un jour, il lancera en 2019 Old Man Quill (avec Star-Lord et le Gardiens de la galaxie). Et moi, j'adorerai lire un Old Man Daredevil.

Francesco Mobili confirme ses bonnes dispositions lui aussi. Comme Sacks, c'était son premier travail aux Etats-Unis, pour une compagnie comme Marvel. Parachuté pour suppléer Checchetto (occupé à préparer le retour de Daredevil en Février prochain), il a fait un remplaçant plus que bien (bien plus en tout cas que Ibraim Roberson au #7).

Pour ce dernier acte, l'italien prouve qu'il est un vrai narrateur en disposant d'une belle variété de scènes dont il assure le découpage avec maîtrise. Il se fait plaisir sur deux pleines pages, mais assure aussi sur des moments de bravoure comme l'assaut des agents de l'Hydra contre les deux archers et, surtout, le duel Bullseye-Hawkeye (magnifique trouvaille de la flèche qui coupe en deux la carte).

En outre, jusqu'au bout, Andres Mossa aura été fidèle au poste de coloriste et maintenu l'ambiance de la série grâce à une palette très nuancée malgré des tons réduits.

Mark Millar peut être rassuré : son univers post-apocalyptique est entre de bonnes mains et a de beaux jours devant lui. Marvel aurait en tout cas bien tort de ne pas continuer à l'exploiter. 

vendredi 30 novembre 2018

OLD MAN HAWKEYE #11, d'Ethan Sacks et Francesco Mobili


C'est presque fini pour Old Man Hawkeye, dont la conclusion se trouve quasiment liée à celle de Daredevil, puisque Marco Checchetto a dû quitter cette maxi-série avant son terme pour préparer la relance de l'homme sans peur en Février prochain. Ethan Sacks a donc un nouveau partenaire avec Francesco Mobili pour ce pénultième épisode, fort en émotions.


Alberta, Canada. Clint Barton et Kate Bishop atteignent le complexe de l'Arme X où les a conduits la boîte noire de la Sentinelle détournée par Moonstone. Clint fonce à l'intérieur sans laisser le temps à Kate de le suivre.
  

Le Baron Zemo attendait sa visite et l'accueille avec une surprise : le Captain Hydra, mis au point grâce à la reproduction du sérum du super-soldat à l'origine utilisé pour Captain America.


Le combat s'engage, déséquilibré car Clint sait qu'il est inférieur physiquement à son adversaire. Pendant ce temps, Kate s'introduit dans la base par un souterrain et accède au poste de contrôle où elle découvre que l'endroit s'auto-détruira si Clint survità son duel.


Clint, justement, reçoit une aide inattendue d'un des scientifiques du complexe en attrapant une seringue qu'il plante dans le cou de Captain Hydra, le tuant sur le coup. Kate éteint les lumières pour permettre à son ami de fuir.


Mais Clint ne veut pas partir avant d'avoir réglé son compte à Zemo. Il le débusque et constate qu'il est agonisant, priant l'archer de l'achever pour que Crâne Rouge ignore son état. Quand Clint rejoint Kate, Avalanche l'attaque et l'aveugle...

Commençons par parler du dessin : la seule fois, pour le septième épisode, où Checchetto (qui signe ici la couverture) a été remplacé, ce ne fut pas une réussite, mais le scénario avait aussi fait fausse route (en dévoilant comment les Thunderbolts trahirent les Avengers).

L'editor de Old Man Hawkeye a visiblement retenu la leçon en trouvant un artiste capable de suppléer Checchetto de manière plus convaincante. Je ne connaissais pas Francesco Mobili mais c'est un excellent dessinateur, qui parfois évoque Carlos Pacheco. Il a su parfaitement s'approprier cet univers, ces personnages, en ne déméritant pas.

Ses planches sont solides, avec un découpage vif, des plans bien composés et bien détaillés pour les décors. Les attitudes des personnages sont dynamiques mais réalistes, leurs looks sont respectés, et la colorisation d'Andres Mossa permet au tout de conserver sa cohésion esthétique.

C'est donc un plaisir à lire et un soulagement, sachant que Mobili sera encore là le mois prochain pour la conclusion de cette saga.

Ethan Sacks, lui, poursuit son bonhomme de chemin avec efficacité. Son seul défaut aura été de ne pas dépasser la ligne narrative fixée dès le début, avec la série d'exécutions vengeresses de Clint Barton, ponctuées de rebondissements spectaculaires. 

Old Man Hawkeye est donc un divertissement sombre et sobre, auquel manque cette touche d'émotion, ce supplément d'âme. Peut-être que le douzième épisode corrigera-t-il cette lacune (en sacrifiant Kate Bishop par exemple).

Mais on ne s'ennuie pas car Sacks sait ménager ses effets. La condition du Baron Zemo est plus impressionnante dans sa révélation que le recours à Captain Hydra, ressorti de la saga Secret Empire (le pire event Marvel récent). A chaque fois, le scénariste a su trouver l'idée, l'angle, les plus inventifs pour mettre en scène les anciens Thunderbolts. Et, en conséquence, rendre la vendetta de Clint Barton plus compliquée.

Bullseye n'est pas loin, même s'il n'a encore droit qu'à une page/scène. Et la dernière page de ce chapitre présente comment Hawkeye a perdu la vue, de façon à la fois originale et terrible. Le final promet donc beaucoup (même si, étant donné que l'action se situe cinq ans avant celle de Old Man Logan, on sait que Barton ne mourra pas).

En attendant, cette maxi-série a déjà fait des petits puisque Marvel et Ethan Sacks ont déjà annoncé la mise en chantier d'un Old Man Quill, sur le futur apocalyptique de Star-Lord et les Gardiens de la galaxie...