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jeudi 22 février 2018

DEFENDERS #10 (FINALE), de Brian Michael Bendis et David Marquez

 

Nous y sommes : c'est le dernier épisode de Defenders, tel qu'écrit par Brian Michael Bendis et dessiné par David Marquez. Et le tandem a osé une sortie de scène imprévisible, donc j'ai décidé aussi de rédiger une entrée inattendue...



 "Ce qui s'est passé après la victoire des Defenders contre Diamondback..."

Commençons, donc, par saluer la prestation de David Marquez : comme je l'avais dit en parlant du premier épisode de la série, c'est un artiste que j'ai appris à apprécier. Je trouvais son style un peu lisse, mais avec du potentiel. Sa régularité impressionnante (capable d'enchaîner mensuellement les épisodes en trouvant parfois le temps d'aller dessiner quelques pages pour dépanner ailleurs) et le test que constitue la réalisation d'une saga globale (en l'occurrence Civil War II), exercice qui "crame" souvent même les plus expérimentés (à cause du volume de personnages à animer, des contraintes éditoriales, des passages obligés - comme les scènes de baston avec une figuration importante), ont prouvé qu'il en avait sous le crayon et qu'il faudrait compter avec lui.

J'ai espéré pourtant qu'il boucle ses valises quand Bendis ne parte chez DC Comics afin de les voir prolonger leur collaboration mais il semble bien que Marquez restera chez Marvel (pour y devenir le dessinateur de la prochaine série Wolverine ?). Même s'il perd le scénariste qui l'aura révélé (grâce à Ultimate Spider-Man), je guetterai son prochain job avec appétit car son trait sûr, qui a gagné en maturité, en assurance, est un des plus séduisants de la "Maison des Idées".

Dans ce numéro, il combine un découpage respirant l'espièglerie (avec notamment un usage du "gaufrier" et en franchissant le "quatrième mur") et son art de la composition est une merveille, cadrant toujours parfaitement chaque scène, servant superbement le script. Un régal. Tout au long de ces dix épisodes, il aura été irréprochable, parfois impressionnant, d'une constance exemplaire. David Marquez : retenez ce nom.

Parlons de Brian Michael Bendis. Pour cela, permettez-moi un flash-back personnel : pendant une dizaine d'années, j'ai cessé complètement de lire des comics super-héroïques, rassasié par une adolescence où j'en avais beaucoup consommé et voulant replonger dans la production franco-belge, tout en étant fort occupé à réaliser mes propres BD. Lorsque j'ai replongé, sans tirer de plan sur la comète, l'une des premières revues que je me suis procuré était le premier épisode de la saga House of M écrit par Bendis.

Pourquoi est-on piqué par un scénariste ? Comment devine-t-on qu'on va faire un bout de chemin avec lui ? C'est difficile à formuler, on l'apprend en devenant un de ses fidèles sans en devenir un dévot. Ce qui est certain, c'est que lorsque j'ai découvert Bendis (et d'autres en même temps que lui), je n'étais plus le lecteur que je fus à 15 ans. Je cherchais bien d'abord à retrouver mes sensations de jeune fan de comics sans me douter qu'en vieillissant, en m'étant ouvert à d'autres formes de narration, je ne pourrais plus lire des histoires de super-héros de la même manière. J'étais, sans le savoir encore, en quête d'autre chose.

Mais pourquoi Bendis plus que les autres ? Avec le recul, je me rends compte que ce qui définit le mieux ce scénariste pour moi, et qui le distingue, c'est son art du pied-de-nez. C'est comme si, lui aussi, cherchait à dire les choses différemment. Il est clair que les codes traditionnels ne passionnent guère Bendis, ce folklore de bagarres, de doubles identités, de costumes bariolés, ce ton mélodramatique, cet aspect soap opera. Aussi s'ingénie-t-il à les détourner, à les ignorer même parfois, à les malmener. C'est cela qui hérisse ses détracteurs, des lecteurs attachés aux règles - la continuité, le character's profile, les règlements de comptes via des bastons.

Ceux qui n'aiment pas Bendis lui reprochent toujours les mêmes choses : ses dialogues volontiers abondants, semblant copier ceux du cinéma, avec des digressions, une forme d'oralité adaptée, ses story-arcs immuables (alors qu'à l'examen objectif, on se rend compte qu'il n'est pas un maniaque des récits en six épisodes parfaits pour composer un TPB), son souci relatif de la psychologie historique des personnages et de la continuité, une plus grande aisance avec des héros solitaires urbains qu'avec des équipes...

Pour m'être souvent pris le bec avec des anti-Bendis, je sais le sujet épineux, inépuisable, les avis tranchés, inchangeables. Pourtant, j'admets qu'on n'apprécie pas son style (chacun a ses préférences). Je comprends moins qu'on lui reproche sa productivité (alors que d'autres fournissent autant), qu'on lui prête carrément autant de pouvoir qu'un editor (dont il n'aurait pas le titre... Alors qu'on peut en dire autant de chaque scénariste qui au sommet de sa popularité imprime la direction à suivre à ses collègues). Il y a, là-dedans, beaucoup de fantasmes, bien pratique quand on veut tailler un costume.

Mais revenons à l'affection, l'intérêt et même l'admiration que je lui porte et oublions les polémiques. Revenons à Defenders et ce dernier épisode. QUEL KIF !

Je n'en ferai pas le résumé cette fois, vous l'apprécierez mieux en lisant cet ultime chapitre. Même ceux qui honnissent Bendis reconnaîtront qu'il y ose une chose folle, en particulier avec le dénouement (les deux dernières pages). Cela s'appelle un pied-de-nez, et c'est une sorte de synthèse de Bendis, jubilatoire pour un fan, bluffante même, et qui fera lever les yeux de consternation ou de sidération aux autres.

Comme je l'ai dit plus haut, tout ce qui compose normalement un comic-book super-héroïque ne m'a jamais semblé passionner Bendis. S'il sacrifie à des codes, c'est dans le cadre précis d'un travail où il ne peut faire autrement, au risque de trop frustrer le lecteur. Mais c'est un compromis, une concession. Lorsqu'il a la liberté qu'il a eue sur Defenders, projet désiré depuis la fin de son run sur New Avengers (il voulait carrément enchaîner avec à l'époque, et Mike Deodato devait dessiner), et qu'entre temps il a officialisé son départ de Marvel pour DC, bénéficiant de la part de ses employeurs de la permission de conclure ses séries en cours à sa guise, alors pourquoi se gêner, se retenir ? Autant y aller à fond !

Bendis a toujours aimé montrer les super-héros dans leur quotidien, quand ils tombaient masques et costumes ou qu'ils les gardaient pour partager une discussion (ces fameux dialogues...), un repas (parfois un repas en causant), comme pour prouver que ces gens-là ne faisaient pas que défendre la veuve et l'orphelin ou sauver le monde (ou s'y préparer) ou souligner le décalage à mettre en scène des surhumains habillés comme à un bal costumé dans des situations banales. Dans cet épisode, cela occupe la majeure partie des pages : tout New York (par le biais de figures connus des lecteurs de Marvel, familiers dans la production de Bendis - Miles Morales, Ben Urich, Spider-Woman, J. Jonah Jameson, Hellcat, Misty Knight) s'interroge sur ce qui s'est produit après la victoire des Defenders contre Diamondback. Et la réponse est aussi simple qu'imprévisible - elle prend d'ailleurs au dépourvu les intéressés eux-mêmes - tout en s'inscrivant dans une normalité épatante.

Pourtant, il reste bien un obstacle à franchir avant de tirer sa révérence : the Hood, son auto-proclamation comme nouveau Caïd (et même comme "Kingpin of all the kingpins"). Mais la solution choisie par Bendis est tellement culottée, malicieuse, qu'on arrive à la dernière page avec un mélange de stupéfaction et d'amusement. C'est le summun du pied-de-nez, le contournement absolu, la porte ouverte au hors-champ le plus audacieux qui soit. Mais aussi un acte de foi, un don fait au lecteur, quelque chose comme : "vous attendiez un affrontement dantesque, LA grande foire d'empoigne ? Hé bien, elle est toute à vous, à chacun d'entre vous de l'imaginer : elle sera aussi épique que vous la désiriez !" Un présent pareil de la part d'un scénariste est impayable, drôle et généreux, comme si Bendis nous glissait que le 11ème numéro de Defenders, c'est nous tous, tous à notre façon, tous comme nous le voulons, qui pouvons l'écrire, le fantasmer.

Quand j'ai fermé mon mensuel, j'étais hébété, ne sachant pas si c'était un coup fumant ou un trait de génie. Puis j'ai surtout retenu la jubilation procurée par ce choix narratif, cette sortie de scène, cette fin qui en est une sans l'être vraiment, qui pourra être écrite par le repreneur du titre (car Marvel relancera tôt ou tard la série). Ou pas.

Il est important d'accrocher le lecteur quand on démarre une série. Mais soigner son départ sans avoir peur d'oser est un acte encore plus délicat à effectuer. Bendis et Marquez quittent Defenders d'une manière la plus formidable que j'ai lue. Ils nous remercient, avec leurs collaborateurs, pour les avoir supportés dans ce projet. Je leur retourne ce remerciement pour nous saluer sur cette note euphorisante.   

vendredi 2 février 2018

DEFENDERS #9, de Brian Michael Bendis et David Marquez


Pénultième numéro de la série (même s'il se dit déjà que Marvel la relancera dans quelques mois avec une nouvelle équipe artistique), ce quatrième chapitre de l'arc Kingpins of New York de Defenders renoue avec l'action et augure d'un dénouement spectaculaire mais néanmoins purement à l'image de son scénariste... 

(David Marquez embarque Brian Bendis et Justin Ponsor une prévenue :
un running gag de la part du scénariste qui a, durant ses 17 ans chez Marvel,
souvent écrit des scènes dans les commissariats où ses artistes le représentaient...)

Jessica Jones supplie Misty Knight de la laisser parler en privé avec le Punisher et elle y consent après qu'une junkie ait succombé à une overdose de la drogue de Diamondback dans le hall du commissariat. Face à Frank Castle, la détective privée lui demande de lui révéler qui couvre les arrières de Willis Stryker. 


Les Defenders au complet coupent la route à Diamondback sur le point de quitter New York. Mais le malfrat a prévu cette éventualité et peut compter sur ses nouveaux gardes du corps, Titania, Moonstone et le Fixer.


Une bagarre éclate entre les deux groupes à laquelle assiste, tapi dans une ruelle voisine, Hammerhead, ressuscité par the Hood. Les justiciers prennent l'avantage contre leurs adversaires mais Diamondback, pour se débarrasser de Luke Cage, se gave de ses pilules qui lui donnent pour quelques instants une force herculéenne.


C'est alors que Black Cat intervient et tire avec une mitraillette lourde sur Willis Stryker. Cela ne le tue pas mais l'assomme. Hammerhead est sidéré de voir que Felicia Hardy est toujours vivante après avoir été hospitalisée, suite aux blessures par balles que lui avait infligée son ennemi.


Titania, Moonstone et le Fixer sont neutralisés tandis que Black Cat négocie une alliance avec Cage : elle n'est pas venue seule puisque les Filles du Dragon (Misty Knight et Colleen Wing), White Tiger, Echo, et Spider Woman apparaissent alors, prêtes à régler cette guerre des caïds. Mais Hammerhead sort de l'ombre pour les mettre en garde contre the Hood et ses pouvoirs qui en font le véritable homme à abattre...

Comme l'épisode 7 avec Deadpool en guest-star, la couverture de ce numéro trompe le lecteur sur la présence effective de son casting de choc : toutes les super-nanas posant derrière Jessica Jones n'apparaissent qu'à la dernière page - une ruse qui amusera les fans de Brian Michael Bendis (car ils savent qu'avec lui, rien ne se joue comme prévu) et agacera ses détracteurs (qui lui reprocheront justement de promettre beaucoup par malice).

On ne va pas refaire le monde et on ne refera pas le scénariste : c'est ainsi, il clivera toujours - et ça ne changera pas avec son transfert chez DC Comics et l'annonce de ses premières séries (il va s'occuper des titres Superman et Action Comics, en remplaçant Peter J. Tomasi et Dan Jurgens... En attendant certainement un projet lié à Batman), qui ont déclenché des réactions toujours aussi passionnées.

Je me contenterai de dire, comme je l'ai souvent fait avec lui, que pour apprécier Defenders (comme nombre de ses précédentes productions), il faut accepter que l'auteur ait établi ses propres règles, et plus largement qu'il n'existe pas une seule manière d'animer des personnages et de construire une histoire. On peut reprocher ceci ou cela à Bendis, mais pas d'avoir sa voix, un style identifiables. Libre à chacun ensuite de le lire, mais en se retenant ensuite d'être étonné ou outré.

Filant à une allure folle, comme la majorité des chapitres depuis le début de la série, cet épisode doit son rythme au choix fait de miser sur l'action : une nouvelle baston spectaculaire oppose les Defenders à Diamondback, et on comprend facilement comment Jessica Jones, Iron Fist, Daredevil et Luke Cage prennent le dessus sur des adversaires pourtant supérieurs en puissance comme Titania, Moonstone et le Fixer, compensant par la ruse et la complémentarité l'inégalité des pouvoirs en place.

David Marquez est, on le sait, très à l'aise dans ce registre et il le prouve une nouvelle fois en découpant ce combat central, sur plusieurs pages, de manière très dynamique et fluide à la fois. L'impact des coups, la diversité des angles de vue, l'énergie déployée, la tension palpable entre les deux parties sont parfaitement illustrés grâce à des astuces simples, importés ici du manga (avec l'usage de traits de vitesse), ici du comics pur (la succession d'attaques soulignée par un effet de travelling avant quand Cage s'acharne sur Diamondback), et même un clin d'oeil au western (avec l'apparition de Black Cat et son énorme mitraillette - digne de celles que Sienkiewicz mettait entre les mains d'Elektra).

Cependant, le dessinateur néglige un peu les décors, peut-être par choix (pour focaliser l'attention du lecteur sur la bataille plus que sur la zone de combat, quelconque en vérité - une rue comme les bas-fonds de New York en compte des centaines), peut-être pressé par le temps (car, avec une attention de plus en plus grande portée à son travail, Marquez signe désormais, en plus des pages intérieures du titre, de nombreuses couvertures et variant covers pour d'autres séries exposées - telles que celles de la franchise "Star Wars").

Cet avant-dernier volet de l'aventure manque sans doute du piquant des précédents, réglant un problème pour mieux préparer le terrain à la conclusion, mais Defenders demeure une lecture très plaisante et aura abouti à un ensemble cohérent, nerveux et accrocheur, chant du cygne remarquable de la part de Bendis à ses "street-level heroes" qu'il aime tant. 

jeudi 21 décembre 2017

DEFENDERS #8, de Brian Michael Bendis et David Marquez avec Mike Avon Oeming


Alors que Marvel a annoncé l'annulation de la série au numéro 10, avec le départ de Brian Michael Bendis, cet épisode prend évidemment un relief supplémentaire puisque lecteur n'est plus qu'à deux marches de la fin. Nous verrons si le dénouement ne souffre pas de cet arrêt programmé, mais en attendant, concentrons-nous sur le présent.


Diamondback rencontre Titania, Moonstone et le Fixer pour leur raconter dans quelles circonstances il a fait pour la première fois connaissance avec Wilson Fisk, le Caïd, lorsque ce dernier a assassiné Don Rigoletto. Depuis de jour-là, il a compris que pour conquérir le pouvoir il faut aussi bien connaître ses complices que ses ennemis : il leur propose donc une alliance contre la peau des Defenders.


Cependant les quatre héros ont livré le Punisher à la police grâce à l'intervention de Deadpool, employé par Jessica Jones pour couvrir leurs arrières. Mais le groupe, trop méfiant envers ce mercenaire imprévisible, préfère le congédier à présent.


La crise qui traverse les Defenders ne cesse pourtant pas car Luke Cage, Jessica Jones et Iron Fist ne font guère plus confiance à Daredevil dont il ignore la véritable identité. Il accepte alors de se démasquer et ses trois acolytes découvrent qu'il est Matt Murdock, leur avocat à tous.


Selon le justicier aveugle, le Punisher n'a pas cherché à l'assassiner mais à l'espionner pour supprimer les prétendants au trône du Caïd. En en débattant autour de sandwiches, Luke Cage trouve dans le sien un message l'informant de la présence en ville de Parker Robbins, autrement dit...


... The Hood ! Tandis que la police apprend que Black Cat a disparu de sa chambre d'hôpital (où elle se remettait des blessures par balles infligées par Diamondback), le malfrat surgit dans la morgue et ressuscite Hammerhead grâce à une pierre des Nornes d'Asgard (que lui avait offert Loki autrefois). Il annonce alors au revenant qu'il s'autoproclame nouveau roi du crime organisé de New York et compte sur lui pour le faire savoir...

Depuis le début de la série, Brian Michael Bendis a privilégié l'action tout en développant minutieusement une intrigue s'articulant autour de la succession de Wilson Fisk comme Caïd - ce dernier visant l'accession à la mairie, sans renoncer à son influence sur les bas-fonds puisque Diamondback est son complice à ce niveau. Les Defenders, d'un côté, et Black Cat, de l'autre, jouaient le rôle de trouble-fête dans cette partie souterraine : les premiers voulant neutraliser Diamondback (qui détient grâce à Fisk plusieurs de leurs secrets), la seconde en ambitionnant d'être calife à la place du calife.

En chemin, l'histoire a été traversé par des invités comme autant de fausses pistes (la plus notable étant Elektra). Le scénariste sur le départ pour DC Comics savait que son run s'achèverait au dixième épisode, sans savoir que Marvel arrêterait la série en même temps : à ce stade de l'histoire, dans la dernière ligne droite du second arc narratif, il est temps de rassembler les éléments pour préparer le dénouement.

Compte tenu de tout cela, cet épisode est le plus "Bendisien" de la série, au sens où ses détracteurs le désigneraient, c'est-à-dire qu'il est le plus riche en dialogue et le plus pauvre en action (après le #7 qui offrait un mémorable combat entre Iron Fist et Elektra). L'auteur devait notamment composer avec un élément qu'il n'avait pas choisi, le rétablissement de l'identité secrète de Daredevil (thème central de son long passage sur la série dédiée au héros), restauré depuis Secret Wars. Cela plaçait le personnage en porte-à-faux vis-à-vis de ses co-équipiers qui se connaissaient tous dans le civil (Luke et Jessica ne portant pas de masque savait qu'Iron Fist était Danny Rand du fait de sa relation amicale de longue date avec Cage).

Avec le retour à son costume rouge, l'outing de Daredevil corrige tout cela une bonne fois pour toutes (en tout cas, dans le cadre de ce titre puisque les intimes de Matt Murdock continuent de tout ignorer). Deadpool, dont la participation a introduit une dose de folie bien gérée, et le Punisher sortent également à leur tour de la partie - avant une surprise de taille dans le prochain épisode...

C'est donc dans une ambiance de mise au point que David Marquez doit évoluer mais le dessinateur continue d'offrir une prestation remarquable, en soulignant l'expressivité des personnages, en soignant les différents climats grâce à l'apport de Justin Ponsor aux couleurs... Et au concours de Mike Avon Oeming (autre partenaire de longue date de Bendis) invité ici pour quelques pages d'un flash-back en noir et blanc qui s'intègre étonnamment bien compte tenu de la différence nette de style entre le réalisme de Marquez et celui plus cartoony d'Oeming.

Malgré sa fin désormais imminente (mais qui, quelque part, me soulage car je n'imaginais pas continuer la série sans Bendis et Marquez), Defenders conserve un suspense indéniable et certainement des rebondissements efficaces. L'expérience aura été courte (et écourtée) mais indéniablement remarquable. Regretter un titre, c'est aussi la preuve de sa qualité.   

dimanche 19 novembre 2017

DEFENDERS #7, de Brian Michael Bendis et David Marquez


Progressivement, on en sait plus sur la fin des activités de Brian Michael Bendis chez Marvel : ainsi l'auteur lui-même a annoncé que son run sur Defenders s'achèverait au #10 (donc en Février 2018) - s'agira-t-il de la fin de la série ou sera-t-elle reprise par une autre équipe artistique ? Pour l'heure, donc, apprécions ce n° 7.


Depuis quelque temps, Elektra rode dans les parages protégés par les Defenders. Iron Fist finit par la surprendre après qu'elle ait visité ses bureaux et lui demande de s'expliquer sur ce qu'elle y cherchait. Mais elle prend la fuite et lui, la poursuit. Une bagarre, violente et très disputée, s'engage entre eux deux jusqu'à ce que Danny Rand parvienne finalement à la neutraliser. Resté en retrait, Daredevil sort de l'ombre.


Cependant, Diamondback (dont nul ne sait qu'il est en affaires avec le Caïd) se présente au club tenu par Hammerhead et lui annonce qu'il en devient le nouveau propriétaire. Un de ses sbires infiltré dans le gang de son ennemi l'abat froidement puis le nouveau patron de l'endroit promet au personnel et aux hommes de main de futures et rapides gros bénéfices.


Daredevil interroge en tête-à-tête Elektra au sujet de ses liens avec Diamondback mais, bien qu'elle ne se livre pas facilement, il la laisse filer. Cette décision stupéfait Jessica Jones, Iron Fist et Luke Cage à qui il assure qu'elle n'a rien à voir avec les affaires qui les unissent. Mais cela ne suffit pas à Cage qui, comme les autres, se méfient de l'homme sans peur dont il ignore la véritable identité. DD fait lors mine de se démasquer...


Sur le toit d'un immeuble voisin, le Punisher tient Daredevil dans sa ligne de mire lorsqu'il est distrait par Deadpool qui le désarme avant que les Defenders au complet viennent les séparer... Plus tard, dans le bureau de Jessica Jones, le mercenaire annonce que la suite de ces événements est mouvementée, au point que lui-même en fasse les frais !

Des quatre séries dont il s'occupait, Defenders est celle qui (me) manquera le plus dans la production actuelle de Brian Michael Bendis chez Marvel car non seulement l'auteur avait annoncé avoir des plans sur le long terme pour ce titre mais aussi parce qu'il a prouvé depuis Mai dernier qu'il l'animait avec brio.

Ce septième chapitre est encore plus jubilatoire et spectaculaire que les précédents. Bendis avait introduit Deadpool dans l'intrigue dans le numéro 6, mais de manière juste assez frustrante pour laisser le lecteur imaginer s'il s'agissait d'une plaisanterie ou d'un élément amené à être développé. On a la réponse ici avec non pas une mais trois pages récapitulatives où la logorrhée du mercenaire est servie par la verve inspirée du scénariste, qui joue sur le "quatrième mur" brisé par le personnage pour s'adresser directement au lecteur et s'amuser avec ses nerfs. C'est très drôle (même pour quelqu'un qui, comme moi, n'est a priori, pas fan de Deadpool).

Cette entrée en matière achevée, le ton change radicalement pour nous embarquer dans un extraordinaire combat entre Iron Fist et Elektra que David Marquez découpe et dessine de manière virtuose, avec la contribution magistrale du coloriste Justin Ponsor : durant six pages particulièrement intenses, l'issue de cet affrontement est incertain et est orchestrée comme un crescendo. On passe d'un "gaufrier" de seize cases, puis huit, puis six, puis quatre, puis deux à une pleine page qui clôt le combat, avec selon la domination exercée par l'un des duellistes sur l'autre une couleur appropriée à chacun (vert pour Iron Fist, rouge pour Elektra). La chorégraphie des coups, la puissance des coups, la rage, la douleur, la fatigue, tout cela est somptueusement exprimé, sans dialogues cette fois.

On notera aussi au passage, avec un vrai bonheur (pour ma part) le retour du costume rouge de Daredevil (il ne reste plus maintenant à espérer que Marvel retire sa série au duo Charles Soule-Ron Garney pour me redonner envie de lire ses aventures).

Ce fulgurant début pénalise un peu, il faut l'avouer la suite, qui ne réussit pas à garder le même flow, malgré la mort de Hammerhead (mise en scène de manière très frontale), ou la sortie d'Elektra puis la scène irrésistible entre Deadpool (dans un registre de bouffon) et le Punisher (horripilé par ce zigoto).

Bendis conclue l'épisode sur un note ambiguë en redonnant la parole au mercenaire qui tease la suite de l'histoire de manière à la fois cryptique et éloquente (ça va chauffer, mais jusqu'à quel point ?). Ce qui est certain, c'est que ce récit sur une équipe assemblée par la force des choses (mais dans laquelle DD suscite une - légitime - méfiance) et prise dans une lutte de pouvoirs (où le lecteur dispose de plus d'infos que les héros) n'a sûrement pas fini de surprendre. Mais avec un scénariste en pleine bourre et son dessinateur en état de grâce, la confiance est de mise !    

jeudi 12 octobre 2017

DEFENDERS #6, de Brian Michael Bendis et David Marquez


Le précédent épisode s'achevait sur une scène glaçante : Diamondback tirait avec un pistolet sur Black Cat. Felicia Hardy était-elle morte tandis que Daredevil, en compagnie de Iron Fist, avait entendu les détonations depuis une rue voisine ?
Le deuxième arc de la série commence avec ce numéro dont la couverture annonce l'entrée en scène de Deadpool !


Diamondback erre dans les ruelles de New York après avoir tiré sur Black Cat. Pourtant il doit rester discret car il est toujours recherché par la police (depuis son évasion lors de son transfert à la prison de Ryker's avec le Punisher). Pour se requinquer, il avale plusieurs des pilules qu'il compte mettre sur le marché et qui le transforme en colosse.


Black Cat, blessée mais revancharde, l'attaque mais sans l'ébranler. Heureusement, Daredevil et Iron Fist surgissent et s'interposent. Mais c'est en attendant Jessica Jones et surtout Luke Cage qui est bien résolu à en découdre avec Willis Stryker !


Après lui avoir infligé une violente raclée, les Defenders livrent Diamondback à la police. Matt Murdock représente le bureau du procureur au tribunal où il il est jugé mais son avocat ruse pour disculper son client : d'une part, il dénonce l'action du groupe, des vigilants ne dépendant pas des forces de l'ordre, et d'autre part, il souligne que la seule personne en mesure d'accabler Stryker est elle-même une criminelle - Black Cat - dans l'incapacité de témoigner (elle est hospitalisée).



Mécontente après que Diamondback ait été relâché, Jessica Jones, pour protéger ses proches et la ville, décide de recruter le mercenaire Deadpool pour s'occuper du malfrat. Lequel, au même moment, discute de la suite à donner à ses actions avec son complice, aussi discret que puissant...

L'épisode se divise en deux parties distinctes : dans la première on a droit à l'explication musclée et attendue entre les Defenders et Diamondback, puis dans la seconde à son procès, rapidement expédié, justement à cause de la méthode employée par des héros... Qui interviennent sans aucune permission et donc arbitrairement !

Brian Michael Bendis donne le meilleur de lui-même dans ce 6ème numéro en gratifiant les lecteurs d'une séquence de baston spectaculaire à souhait (mais qui ne répond pas au mystère de l'existence du méchant présumé mort). Puis l'autre moitié de l'épisode se déroule dans l'enceinte d'un tribunal où Matt Murdock argumente contre un confrère du barreau sur les notions de justice, de loi et d'ordre (des pages qui rappelleront d'excellents souvenirs aux fans du run de l'auteur sur Daredevil).

Le scénariste fait durer le plaisir sur la révélation de la présence de Deadpool en couverture en même temps qu'on découvre que tout l'épisode est narrée en un long flash-back par Jessica Jones qui recrute (visiblement sans avoir consulté ses partenaires) le mercenaire mutant. Ce n'est donc qu'une introduction pour ce personnage farfelu, véritable électron libre qui va certainement semer une belle zizanie dans les prochains chapitres. Sans oublier que Elektra est dans les parages (pourquoi ?). Et qu'on apprend pour qui roule Diamondback à la toute dernière page (un allié un peu convenu certes mais toujours prometteur et dont le plan semble dépasser le contrôle de la pègre : s'agirait-il de carrément prendre la mairie de New York ?).

Bref, c'est un régal et les dessins de David Marquez le confirment : il règle la partie la plus mouvementée dans son style familier, avec beaucoup de dynamisme (observez comment il attribue à chaque Defender un style de combat propre, et la puissance que dégage Luke Cage). Puis quand il aborde l'audition au tribunal, surprise : il passe à un graphisme proche justement de celui des illustrateurs de procès, centré sur les protagonistes (Murdock, Diamondback, son avocat, le juge), et laissant à Justin Ponsor le soin d'appliquer des couleurs directes et volontairement sommaires sur ses vignettes. Le procédé est brillant et surprenant.

En définitive, Defenders brille par la vie - et la vivacité - qui traverse ses épisodes, leur fluidité, leur tension. Pas de temps mort, beaucoup de rebondissements, un faisceau d'intrigues qui convergent en une machination retorse : les street-level heroes de ce titre sont aussi sollicités que le lecteur est captivé. C'est pour tout cela qu'on a hâte de lire chaque mois la suite.

jeudi 14 septembre 2017

DEFENDERS #5, de Brian Michael Bendis et David Marquez


Comment Brian Michael Bendis et David Marquez allaient-ils rebondir après le précédent épisode qui semblait marquer la fin d'un premier acte dans la série ? Réponse dans ce numéro 5, un peu en deçà des espérances mais dont le dénouement relance dramatiquement la partie...



En route pour le pénitencier dans le même fourgon que le Punisher, Diamondback ne cesse durant le trajet de le provoquer sur son passé et les choix divergents qu'ils ont faits. Tant et si bien que le véhicule a un accident et que Diamondback se fait la belle (non sans avoir assommé Frank Castle pour n'être pas poursuivi). Depuis la clinique de la Night Nurse où Iron Fist se fait examiner le dos (après son combat contre le fugitif), Daredevil apprend l'évasion du malfrat en interceptant, grâce à son ouïe sur-développée, la radio de la police.
  

Les Defenders se séparent en deux groupes pour retrouver Diamondback avec la certitude qu'il va vouloir se montrer rapidement pour persuader les dubitatifs que rien ne peut l'arrêter. Jessica Jones entraîne Luke Cage chez Raindrop Lilly, une informatrice, mais elle préfère ne rien leur dire pour sa propre sécurité (et aussi parce qu'elle ne croit guère à l'efficacité de l'équipe).


Cependant, Daredevil et Iron Fist se rendent là où Diamondback agressa Luke Cage la première fois. Le diable rouge devine qu'Elektra les a devancés mais son attention est détournée quand il perçoit de lointaines détonations : Diamondback a trouvé refuge chez Black Cat et n'apprécie pas qu'en lui accordant une cachette, elle veut lui prouver qu'elle est le vrai nouveau caïd de la ville...

J'avertissais en préambule que ce 5ème épisode me semblait un peu inférieur aux quatre précédents. Cela ne signifie pas que c'est mauvais mais simplement que la tension baisse, logiquement, après le crescendo du premier acte. De fait, l'action se situe de deux côtés opposés : d'une part, le groupe repart traquer Diamondback qui, d'autre part donc, a réussi à s'évader. 

Bendis fait le pari de scinder l'équipe, fraîchement constituée, en deux pour faciliter sa recherche et délaisse l'action pour des scènes où le dialogue prédomine. Ses détracteurs auront à nouveau le loisir de critiquer son penchant pour ces pages très verbales (en particulier la scène chez Raindrop Lilly, et, dans une moindre mesure, le face-à-face Diamondback-Punisher ou la discussion sur les masques entre DD et Iron Fist).

Si on accepte de prendre ce chapitre comme une transition avant un très probable nouvel emballement (renforcé par la présence, surprenante, de Deadpool au prochain épisode !), on sera indulgent. Sinon, ces vingt pages, vite lues, paraîtront un brin faciles.

David Marquez rend une copie plus inspirée en réussissant à dynamiser par un découpage inventif ce creux narratif : voyez comme il met en scène le moment où Daredevil surprend les liaisons radio de la police après l'évasion de Diamondback (voir ci-dessus) sans changer de cadre et l'élément au premier plan (le visage de DD de profil), ou encore cette double page chez Raindrop Lilly (14 plans, dont 13 avec des talking heads, sans jamais lasser). Une série se joue aussi là-dessus : quand le scénariste fait traîner un peu les choses, l'artiste doit compenser.

Ce sentiment de déception est toutefois contrebalancé par les dernières pages où intervient un cliffhanger remarquable et dramatique, prouvant une fois de plus la dangerosité du méchant de l'histoire mais aussi rebattant les cartes (sans oublier que, désormais, on sait qu'Elektra n'est pas loin, une garantie supplémentaire pour pimenter les affaires).

En sachant être imprévisible, capable de produire des fins de chapitres mémorables, Defenders éprouve le lecteur avec science. On quitte donc ce 5ème numéro frustré mais très accroché.

lundi 21 août 2017

DEFENDERS (Saison 1) (Netflix / Marvel Studios)


Comme pour les Avengers au cinéma, les héros Marvel dont les séries sont diffusées sur Netflix sont réunis pour la première fois dans un crossover en huit épisodes : Defenders. Le projet est ambitieux après les deux saisons de Daredevil et les premières années respectives de Jessica Jones, Luke Cage et Iron Fist (toutes ces séries ont été reconduites pour une 3ème et des 2èmes saisons).

La première question qui s'impose est : faut-il avoir vu les précédentes séries des quatre héros pour comprendre l'intrigue qui les réunit dans Defenders ? Pour en apprécier les nuances, les sous-entendus, les allusions, et la culmination ici, c'est évidemment préférable. Mais pas nécessaire car les scénaristes autour des showrunners Douglas Petrie et Marco Ramirez ont su, habilement, subtilement, glisser, au gré des dialogues, suffisamment d'éléments pour savoir qui est qui, qui connaît qui et comment (et depuis combien de temps), connaître l'origine des pouvoirs et leur nature.

Présentons quand même les protagonistes : 

- Jessica Jones (en haut, à gauche) est un détective privée qui, exposée à des produits radioactifs, durant un accident de voiture (qui coûta la vie à ses parents), est depuis doté d'une force surhumaine, capable de faire des bonds de plusieurs mètres de haut et aussi d'un caractère cynique (que n'arrange pas sa consommation d'alcool.
- Matthew Murdock (en haut à droite) est un avocat aveugle depuis que, enfant, il a sauvé un passant d'une collision avec un camion chargé de produits chimiques ayant éclaboussé ses yeux. L'accident a décuplé ses autres sens et, après la mort de son père (un boxeur qui a refusé de se coucher comme le lui avait ordonné la pègre), a été entraîné au combat et à l'acrobatie par Stick (un moine soldat aveugle comme lui). Juriste le jour, il fait régner l'ordre dans son quartier natal de Hell's Kitchen sous le masque de Daredevil. Son secret découvert par son associé, Foggy Nelson, et sa secrétaire, Karen Page, il exerce désormais sans eux bénévolement.
- Luke Cage (en bas à gauche)est un ancien repris de justice qui, de son vrai nom Carl Lucas, a subi des mauvais traitements en prison pour un crime dont il était innocent. Contre une remise de peine, il accepte de subir une expérience menée par le médecin du pénitencier, mais le test dégénère et le rend invulnérable. Il s'évade, change d'identité, se cache à Harlem jusqu'à ce qu'il décide de contrer les magouilles de la mafia et d'une politicienne corrompue. Reconnu, il est renvoyé en détention pour y purger la fin de sa peine (allégée grâce à ses actions héroïques).
- Danny Rand (en bas à droite) perd ses parents dans un crash d'avion. Mais, encore enfant, il est recueilli par les moines-soldats de la cité légendaire de K'un L'un qui en font une arme vivante, l'Iron Fist. Il est capable en se concentrant de rendre son poing droit dur comme l'acier et pratique les arts martiaux comme un maître de la discipline. Mais il fuit ce refuge pour rentrer à New York afin d'éclaircir les circonstances de la mort de ses parents et reprendre la direction de la compagnie Rand. Ce retour est aussi un prétexte pour traquer la Main, une organisation millénaire, formée par des dissidents de K'un L'un - sans savoir que son amie, Colleen Wing, en a été une protégée, et que Daredevil a eu affaire à eux avec Stick, et au prix de la vie d'Elektra, son amante et l'autre élève de son mentor.   
 Luke Cage et Claire Temple (Mike Colter et Rosario Dawson)

L'histoire démarre en présentant la situation des quatre héros : Luke Cage est libéré de prison pour bonne conduite, représenté par Foggy Nelson. Il rentre à Harlem où il renoue avec Claire Temple, une infirmière indépendante - dont il ignore qu'elle a, précédemment, porté secours aux autres héros de la ville (Daredevil et Iron Fist). L'inspecteur de police Misty Knight, une amie, l'interroge sur ses projets et il explique son intention d'aider la communauté de son quartier : elle évoque alors la disparition tragique de plusieurs adolescents impliqués dans le nettoyage de scènes de crime par un nouveau baron de la pègre.
Trish Walker et Jessica Jones (Rachael Taylor et Krysten Ritter)

Jessica Jones se remet d'un traumatisme récent (elle a affronté et vaincu Zebediah Kilgrave, un psychopathe manipulateur doué de pouvoirs suggestifs) en acceptant une nouvelle enquête privée : elle doit retrouver l'architecte d'un building dont sa femme n'a plus de nouvelles. Pour la détective, il ne s'agit certainement que d'un banal adultère, mais pour sa meilleure amie, l'animatrice de radio, Trish Walker, c'est l'occasion de rebondir. 
Colleen Wing et Danny Rand/Iron Fist (Jessica Henwick et Finn Jones)

Danny Rand et Colleen Wing (qui a renié ses liens avec la Main par amour pour l'Iron Fist et ar dégoût pour leurs activités criminelles) rentrent d'un périple autour du monde pour savoir ce qu'est devenue la cité de K'un L'un, mystérieusement disparue et dont les derniers gardiens meurent les uns après les autres, victime d'une tueuse coriace. A peine posés en hélicoptère sur le toit de la Rand Tower, ils assistent à un tremblement de terre au coeur de Manhattan, provoqué par une énorme explosion. 
Misty Knight, Matt Murdock et Jessica Jones (Simone Missick, Charlie Cox et Krysten Ritter)

Jessica Jones a découvert en fouinant dans les plans de l'architecte qu'il a conçu le gratte-ciel du Midland Circle. Mais il l'a contactée pour qu'elle cesse son enquête, préférant se suicider devant elle que d'être tuée par une femme à ses trousses (la même qu'ont combattue Colleen et Danny). Arrêtée par Misty Knight, Jessica Jones est relâchée grâce à l'intervention de Matt Murdock que son ami Foggy Nelson, qui travaille pour le prestigieux cabinet Hogarth (employeur occasionnel de Jessica), a demandé de défendre. 
Elektra et Alexandra (Elodie Yung et Sigourney Weaver)

La responsable de l'explosion à l'origine du tremblement de terre et des assassinats des derniers gardiens de K'un L'un mais aussi de l'architecte est une femme d'affaires puissante, Alexandra. Co-dirigeant la Main avec quatre autres partenaires (chacun étant un membre influent d'un quartier de New York mais opérant partout dans le monde), elle a investi de colossales ressources pour ressusciter Elektra afin qu'elle soit l'hôte du "Black Sky", incarnation du meilleur tueur de leur organisation. Grâce à ce renfort, elle compte capturer l'Iron Fist, seul capable d'ouvrir l'accès au sanctuaire abritant la substance qui leur assure l'immortalité.  
Luke Cage et Danny Rand/Iron Fist

Justement, Luke Cage rencontre Danny Rand en remontant la piste du mafieux qui embrigade et sacrifie les jeunes de Harlem jusqu'à une cache des "Chastes", guerriers de K'un L'un traquant ceux de la Main, dont l'Iron Fist est le champion. Après s'être affrontés, croyant chacun l'autre responsable du massacre des "Chastes", Luke et Danny se réconcilient bon gré mal gré quand Claire, qui les connaît tous les deux, les réunit chez Colleen. 
Luke Cage, Stick (Scott Glenn), Danny Rand/Iron Fist, Jessica Jones et Matt Murdock

Suivant le conseil de Luke, Danny comprend qu'il doit employer toutes ses ressources pour abattre leur ennemi commun, et il apprend, en consultant la liste des entrepreneurs partenaires de la compagnie Rand, que la Main a tenté de l'infiltrer. Il se rend au building du Midland Circle et défie Alexandra. Luke Cage surgit en renfort puis Jessica Jones et Matt Murdock, qui a suivi la détective, elle aussi avide de réponses. Elektra affronte Matt qui la reconnaît, sidéré. Puis le groupe bat en retraite pour élaborer un plan d'attaque ensemble. Stick se joint à eux pour les convaincre qu'ils ne pourront gagner qu'en restant soudés - alors qu'aucun, à part Danny, ne veut faire équipe, estimant qu'il s'agit d'une affaire personnelle.  
Elektra

Attaqués par la Main et Elektra, les quatre héros réussissent à capturer un des chefs de l'organisation, mais Stick finit par le sacrifier, exaspéré par ses vantardises menaçantes. Danny est également neutralisé par ses acolytes pour lui éviter d'être capturé par leurs ennemis. Matt et Jessica partent inspecter le domicile de l'architecte dans l'espoir d'y trouver des indices sur l'édification de Midland Circle et la raison pour laquelle il voulait détruire l'immeuble : ainsi découvrent-ils que sous le bâtiment se trouve une structure (un dôme) dont leur défunt prisonnier avait dit que seul l'Iron Fist permettait d'en ouvrir la porte.  
Daredevil (Charlie Cox)

Entre temps, Elektra retrouve la planque de Stick qui, ayant drogué Luke, veut désormais tuer Danny pour éviter que la Main ne l'emploie. Elle tue son mentor et ramène l'Iron Fist à Alexandra... Avant de la supprimer et de s'imposer auprès des trois cadres restants comme sa remplaçante.
Matt, Jessica et Luke, ayant constaté la capture de Danny, et sachant que la Main n'hésitera pas, pour les décourager, à s'en prendre à leurs proches, confie Foggy, Karen, Trish, Claire et Collen au bons soins de Misty Knight. Puis ils gagnent le Midland Circle avec un plan insensé : le faire sauter pour se débarrasser de la Main, dont c'est le QG, mais aussi empêcher l'accès au dôme souterrain. L'un des quatre Defenders n'en sortira pas vivant, mais son sacrifice inspirera aux autres la protection de New York contre de nouvelles menaces.

D'habitude développées en saisons de treize épisodes, cette série n'en compte que huit. Mais c'est un régime profitable : en effet, souvent, les productions Marvel-Netflix souffraient d'une sorte de "ventre mou", à mi-chemin de leur déroulement. En resserrant les boulons, le show gagne en densité sans perdre en fluidité. C'est le premier bon point.

L'autre, c'est que, durant les trois quarts de l'histoire, l'intrigue repose sur le principe, théorisé et popularisé par Hitchcock, du "Mac Guffin", c'est-à-dire une astuce narrative qui consiste à motiver les efforts du/des héros pour résoudre un problème qui l'incrimine personnellement ou représente une menace plus globale. Ici, le "Mac Guffin", c'est ce qui se cache dans les tréfonds du Midland Circle, quelque chose de suffisamment précieux pour être camouflé par un building mais aussi pour avoir nécessité qu'on creuse un gouffre de plusieurs kilomètres de profondeur pour y accéder et que convoite les cadres de la Main (au nombre initial de cinq, comme les doigts d'une main) pour continuer à contrôler le monde dans l'ombre - autrement dit pour rester immortels.

Si vous avez suivi les deux saisons de Daredevil, tout cela est déjà familier : dans la première, le démon de Hell's Kitchen découvrait qu'un certain Nobu avait acquis le terrain du Midland Circle ; dans la deuxième il avait trouvé, avec Elektra et Stick, le trou gigantesque et profond dans le sous-sol du futur bâtiment en construction. 

Au début de Defenders, l'épicentre du tremblement de terre est situé à Manhattan et, successivement, plusieurs personnages (secondaires, comme Trish, ou principaux) déduiront que l'explosion provenait précisément du gouffre sous le Midland Circle et comprendront qu'il s'agissait de forcer l'entrée d'un dôme, abritant la source d'une substance d'immortalité.

Pendant les 3/4 donc de l'intrigue, le secret des profondeurs du Midland Circle est le "Mac Guffin" de Defenders, une idée suffisamment excitante pour à la fois orienter les investigations des quatre héros (et de leurs alliés), motiver leur union et les pousser à une solution extrême (détruire le building pour ensevelir le dôme et enterrer ainsi la Main).

Tant que les héros et le spectateur ignore exactement ce que cache ce dôme et que convoite tant la Main, la série est une réussite exemplaire. Notre imagination est mise à contribution et les allusions d'Alexandra surtout restent suffisamment nébuleuses, fantasmatiques, pour que notre ignorance soit un atout dramatique. Il est dommage que les scénaristes aient préféré, in fine, nous révéler que le dôme était la tombe d'un dragon, semblable à celui dans le coeur duquel Danny Rand plongea son poing pour acquérir le pouvoir de l'Iron Fist, et dont la moelle osseuse est cette fameuse substance d'immortalité.

Néanmoins, Defenders ne saurait être sanctionné par cette révélation , ni être résumé à un réglement de comptes en forme de baston déchaînée dans les sous-sols d'un gratte-ciel (une convention du genre puisque sans bataille finale, on sort des codes super-héroïques, même quand il s'agit de "street-level heroes").

D'abord parce que la série parvient de manière très naturelle à former son équipe de justiciers - alors même qu'aucun ne veut s'encombrer de partenaires (chacun pour des raisons propres, même si Danny accepte, pour une fois, ce compromis). Les enquêtes croisées de Jessica, Luke et Danny avec Colleen convergent habilement (agglomérant projet architectural, sacrifices d'enfants et traque de la Main), puis Murdock s'y greffe de façon maline (lorsque Foggy lui demande amicalement de représenter la défense de Jessica que la police, incarnée par Misty Knight, la tracasse). Lorsque le quatuor se bat ensemble pour la première fois, c'est d'abord parce que leurs recherches les ont tous conduits au même endroit. Quand ils consentent à une union sacrée, c'est aussi logique, au terme de négociations houleuses, et avec le concours de Stick.

Ensuite, les personnages secondaires des diverses séries ne sont pas oubliés, même si, évidemment, le format ne permet pas de leur donner beaucoup de place pour s'exprimer. Mais la prime accordée à Claire, Colleen et Misty est là encore justifiée et quand, à la fin, elles rejoignent les quatre justiciers dans leur mission-suicide, chacune a un rôle précis et un impact sur l'issue du problème (quand bien même l'une le paie au prix fort, dans sa chair - et cela va inspirer aux fans des souhaits pour un spin-off avec les Daughters of Dragon, ce qui ne serait pas immérité).

Enfin, Defenders boucle, parfois définitivement, la storyline liant Elektra à Stick (et par conséquent Stick à Daredevil)... Et donne une idée probable de la saison 3 de Daredevil. Le sort de la Main se résume désormais à celui de Mme Gao... Mais confirme que l'état de K'un L'un n'est pas résolue et donc va certainement alimenter la suite d'Iron Fist. Luke Cage est désormais complètement réhabilité à Harlem aux côtés de Claire. Et la situation de Jessica Jones pleine de promesses (non seulement psychologiquement, puisqu'elle est réconciliée avec Luke, mais professionnellement aussi).

Il faut aussi saluer la qualité de l'interprétation, soulignée par celle de la caractérisation : Finn Jones conserve ce côté chien fou dont l'apprentissage n'est pas achevé mais enrichi par la fin tragique de la lutte du Midland Circle ; Mike Colter donne une rondeur bonhomme à son rôle (et sa complicité éclatante avec Jones fait rêver à une future série Heroes for Hire ou Luke Cage & Iron Fist, comme dans les comics où ils ont été souvent réunis) ; Krysten Ritter prouve qu'elle peut jouer au-delà du registre de la détective alcoolo et cynique en ajoutant détermination et fragilité à la fois à son personnage, et Charlie Cox confirme qu'il campe un Daredevil idéal incapable de résister à sa double vie et tourmenté par sa foi. Face à eux, Elodie Yung impressionne en Elektra dont la relation fille-mère avec Sigourney Weaver, magistrale en méchante (jusqu'au coup de théâtre vraiment imprévisible de l'épisode 6), possède une intensité fascinante.

En somme donc, Defenders commence très bien, se déroule superbement, mais se clôt en demi-teinte. Les scénaristes ont, pour le coup, manqué de confiance envers les spectateurs, mais le divertissement demeure globalement tellement entraînant, vif, et nuancé pour qu'on le quitte ravi.      

jeudi 10 août 2017

DEFENDERS #4, de Brian Michael Bendis et David Marquez


Le précédent épisode des Defenders s'achevait sur une image terrible qui laissait craindre le pire pour Iron Fist affrontant Diamondback. Qu'en est-il finalement ? Et la série continue-t-elle sur sa brillante lancée ?

Un flash-back récent nous montre Diamondback convainquant d'abord Hammerhead d'écouler sa drogue, le "diamond". Pour la tester, le malfrat en donne une dose à un de ses sbires qui la partage avec sa petite amie : l'effet est saisissant mais mortel comme le découvriront la police et Ben Urich - le reporter récupère une pièce à conviction et l'amène à Robbie Roberston au "Daily Bugle" : de quoi assurer un scoop retentissant... Ou sauver des vies si le rédacteur en chef choisit de ne rien publier tout de suite, jusqu'à ce que les flics arrêtent Diamondback.

Retour à l'affrontement entre Diamondback et Iron Fist et Jessica Jones : la bagarre qui les oppose est épique et, surtout (détail important pour la suite), filmée par les témoins dans la rue.

Iron Fist administre une tannée d'anthologie à Diamondback et occasionne suffisamment de dégâts matériels pour que la police se déplace enfin. Diamondback est arrêté, avec les précautions d'usage recommandées par Jessica Jones.
 
 

Mais la défaite du dealer ne signifie pas la fin de son commerce. En même temps que son convoi jusqu'au pénitencier s'effectue en compagnie d'un autre prisonnier peu rassurant...

Ce quatrième chapitre marque un tournant évident pour le titre puisque son dénouement induit la fin de l'acte I : Bendis l'aura mené tambour battant tout en semant méticuleusement de quoi alimenter la suite. Diamondback est écarté, mais sa drogue est désormais en circulation grâce à Hammerhead. Et Black Cat, qui fait une nouvelle apparition (pour contester ce nouveau commerce), n'a certainement pas fini de s'immiscer entre les Defenders et la pègre locale (en attendant que le Caïd s'en mêle ?).

L'épisode est également jubilatoire pour la spectaculaire bagarre entre Jessica Jones et Diamondback puis Iron Fist (voir ci-dessus - j'ai hésité à poster toute la séquence mais elle est si efficace et impressionnante que je la partage, comme d'autres bloguers sur Tumblr par exemple). C'est un vrai morceau de bravoure, une de ces explications franches et intenses qui font le sel d'un comic-book super-héroïque.

David Marquez la met en scène avec puissance et prouve une nouvelle fois son talent dans ce registre, aussi à l'aise pour faire parler les poings que les flics et les journalistes au début de l'épisode. Le dessinateur est remarquable, sa complicité et complémentarité avec Bendis jouissives. C'est ce partenariat réussi qui, avec la contribution du coloriste Justin Ponsor (également excellent), font de la série un must-read actuel chez Marvel (où les nouveautés sont loin d'être aussi abouties et, placées dans un contexte morose - beaucoup de fans espéraient que cet automne les Fantastic Four reviendraient, après deux ans d'absence -, placent Luke Cage, Jessica Jones, Iron Fist et Daredevil comme un substitut très valable, même si très différent.)

Comme fan de Bendis, je suis comblé. Mais il y a là de quoi ravir même ceux qui se méfient de lui.

mercredi 19 juillet 2017

DEFENDERS #1-2-3, de Brian Michael Bendis et David Marquez


Avant de découvrir la version en série télé sur Netflix, à partir du 8 Août prochain, examinons les trois premiers épisodes déjà disponibles de The Defenders, écrits par Brian Michael Bendis et dessinés par David Marquez. Un projet de longue date en vérité puisque le scénariste l'avait annoncé, discrètement lors du dernier épisode de son run sur New Avengers (à l'époque, l'auteur prévoyait de relancer le titre Heroes for Hire, avec Mike Deodato, mais le projet fut retardé pour je-ne-sais-quelle-raison...).

Diamondback is back ! Et il a pour projet de devenir le nouveau baron du crime organisé de New York. Son plan passe autant par la conquête que par la vengeance car, bien renseigné (même si on ignore comment, tout comme on ne sait pas encore comment il est revenu à la vie...), il s'attaque successivement à Jessica Jones (dans son agence), Luke Cage (dans la rue), Matt Murdock (dont il connaît la double identité en tant que Daredevil) et Danny Rand.
Une fois ses adversaires prévenus, il tente d'acheter la complicité de Black Cat qui lui tend un piège, mais va mesurer son erreur, tandis que DD convainc Jessica et Iron Fist de s'allier face à cette menace...

Bendis revient à ses racines, les street-level heroes, avec quatre personnages qu'il a longuement animés précédemment. Il imprime beaucoup de rythme à ce lancement, la cause de la réunion des quatre Defenders est simple et logique pour chacun (et le fait que ce soit DD qui la motive est habile). La dangerosité de l'ennemi est établie de façon tout aussi efficace : ça va chauffer, le méchant n'est pas là pour négocier !

Quant aux fameux dialogues "bendisiens", ils m'ont parus moins abondants qu'à l'accoutumée, donc j'estime que, pour cette fois, on ne pourra guère l'attaquer sur ce point.

David Marquez est un dessinateur qui grandit vite et bien : au début, je le trouvais un peu lisse (voir Ultimate Spider-Man), puis il a subtilement modifié son style (Invincible Iron Man) avant d'être très rapidement placé sur un event (Civil War II, où, compte tenu des contraintes de l'exercice, je l'ai trouvé à l'aise).
Ici, il a un peu durci et noirci son trait et ça lui va bien : ses pages sont découpées simplement, mais ses plans sont soignés (des décors fournis, des angles de vue dynamiques, des persos expressifs). Et la colo de Justin Ponsor ne gâche rien.

On n'est pas dans un décalque comics des productions Netflix avec ces persos. C'est très accrocheur et prometteur. 

Le retour (d'entre les morts) de Diamondback s'est soldé dans un premier temps par une correction en règle de Luke Cage, grâce à l'exploitation d'un de ses points faibles physiques. Direction : la clinique de la Night Nurse.
Cependant, Daredevil interroge Ben Urich sur ce qu'il sait au sujet du vilain et va prêter main forte à Jessica Jones, tandis que Danny Rand lance un audacieux défi au Caïd. Mais attention ! Un vigilant rode dans l'ombre, attentif à ces mouvements dans les bas-fonds...

Bendis est vraiment comme un poisson dans l'eau dans cette intrigue urbaine, et, passé le résumé des faits (de manière astucieuse), il entretient bien la tension engendrée par ce qui est arrivé à Luke. La complémentarité de ces Defenders est brillamment exploitée : de ce point de vue, la scène entre Rand et Fisk est une merveille (qui a de plus le mérite de montrer en effet Danny offensif et profitant de son rang social pour se glisser dans une soirée huppée). 
Un autre très bon moment se déroule dans la clinique de la Nurse Night, avec un invité surprise (mais judicieux). Et puis un grand classique, toujours savoureux, avec DD et Urich.
Pas de dialogues envahissants, mais un rythme très soutenu : pour un peu, on croirait que Bendis a voulu déjouer les attentes de ses détracteurs...

Visuellement, Marquez marque encore des points : il est à l'aise dans les séquences calmes, mais s'éclate et maîtrise les bastons (l'irruption de DD dans le repaire de Diamondback est superbement mise en scène et la bagarre qui suit est spectaculaire, avec des angles de vue très dynamiques - voir ci-dessus).

La colo de Ponsor est parfaite, traduisant bien cette ambiance entre chien et loup, sans couvrir le trait de Marquez. On sent qu'il y a eu un gros travail de préparation en amont entre chaque membre de l'équipe créative.

Très efficace. Vivement la suite !

(Par ailleurs, et c'est un motif de satisfaction supplémentaire, Marvel a eu la bonne idée de ne pas parasiter Defenders avec cette connerie sidérale de Secret Empire. Bendis a-t-il négocié cela pour démarrer tranquillement ce titre ? Et peut-être signifier son opinion envers cet event ? En tout cas, ça prouve que les séries les plus agréables à lire sont celles qui ne dépendent pas de ces grosses sagas, quand bien même ses personnages y figurent au milieu d'une foule d'autres...)

Après avoir reçu un avertissement du Punisher, Daredevil, Iron Fist et Jessica Jones rejoignent Luke Cage chez la Night Nurse et, avec pas de monde en ville, font le point sur le retour et les objectifs de Diamondback (auquel Black Cat vient d'oser tourner le dos). Comment, déjà, peut-il être revenu des morts ? Mais surtout il faut gérer Frank Castle qui, lui, veut surtout s'assurer que le prétendant au titre de nouveau Caïd de New York retourne en enfer...
 
 
 

Le récit de Brian Bendis continue à se développer sur un rythme soutenu, son aisance à animer ces personnages et à développer cette intrigue, en maintenant quelques interrogations, et en dosant les guests, en fait une série très plaisante. La dialoguiste revient de manière plus appuyé, mais la séquence principale (où les Defenders - et d'autres acteurs - cogitent sur les tenants et aboutissants) prouve surtout que le scénariste a bien révisé les antécédents de Luke Cage et Diamondback.

Et, une fois encore, l'épisode se conclut sur une image choc (qui est aussi un hommage à une célèbre scène de Batman...), qui renforce à la fois la dangerosité du méchant mais surtout donne envie de vite découvrir la suite.

David Marquez s'illustre avec moins de plages d'action mais sa gestion des séquences d'échanges est très astucieuse et simple (l'usage de gaufriers). Il n'use que d'une double-page (à la mise en scène diaboliquement fluide). S'il maîtrise tout le casting, sa manière de représenter Iron Fist (même dans ce costume que je n'aime pas) est remarquable.

Je vais me répéter, mais, même si vous n'êtes pas client de Bendis, essayez ses Defenders : ça envoie du bois !