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mercredi 18 octobre 2023

WOLVERINE AND THE X-MEN, TOME 2 : AVENGERS VS. X-MEN, de Jason Aaron, Chris Bachalo, Nick Bradshaw, Jorge Molina et Mike Allred


Suite de cette rétrospective Wolverine and the X-Men avec ce deuxième tome intitulé Avengers vs. X-Men. Vous l'avez donc deviné : la série est alors impactée par l'event en douze parties écrit par Jason Aaron, Brian Michael Bendis, Matt Fraction, Ed Brubaker et Jonathan Hickman. Aaron joue le jeu à fond en consacrant les épisodes 9 à 18 de ce recueil aux retombées de cette saga sur l'école Jean Grey. 


Le Phénix se dirige sur la Terre après avoir détruit plusieurs planètes et enrichi ou ruiné les parieurs de la planète Sin. Captain America vient demander à Wolverine de l'aider à raisonner Cyclope et ses fidèles sur l'île d'Utopia où réside Hope Summers dont il est convaincu qu'elle est le prochain hôte de cette entité.


Wolverine veut réfléchir avant de s'engager dans un conflit contre ses semblables. Et justement Cyclope se présente devant l'école Jean Grey, en compagnie d'Emma Frost et Magik, pour tenter de le convaincre de le soutenir face aux Avengers. Rachel Summers, Iceberg et Angel décident, eux, de gagner Utopia.


Mais l'inévitable se produit et c'est la guerre. Wolverine persuade Hope de ne pas se sacrifier pour la cause de Cyclope et l'emmène en lieu sûr. Jusqu'à ce que leur route croise celle de tueurs envoyés par les Shi'ar.


Iron Man commet une grave erreur de calcul en voulant éloigner le Phénix et la puissance de l'entité cosmique se divise en cinq, choisissant Cyclope, Emma Frost, Magik, Colossus et Namor comme hôtes. Rachel Summers retrouve Wolverine et lui réclame Hope mais les Avengers ripostent. Hope file et Rachel la laisse faire.


Les Cinq Phénix surgissent dans le nouveau Club des Damnés et en découvrant qui ils sont, les expédient en prison. Le monde est refaçonné par les cinq mutants surpuissants. Mais Kade Kilgore, le Roi Noir du Club des Damnés, retournent ses co-détenus pour provoquer une mutinerie et s'évader avec ses complices. Ils décident de changer de tactique pour détruire l'école Jean Grey si le monde survit aux Cinq Phénix.


Deathlock interroge Wolverine sur les raisons qui l'ont conduit à recruter Doop pour l'école et si Logan reste évasif sur le sujet, il sait qu'il peut compter sur cette étrange créature pour que l'établissement soit bien protégé, surtout quand il n'est pas là pour y veiller lui-même comme en ce moment avec la crise due aux Cinq Phénix.
 

Cyclope devient le seul détenteur du pouvoir du Phénix et cette puissance le rend fou. Le professeur Charles Xavier se sacrifie pour tenter de le raisonner. Doutant d'une issue positive à cet affrontement, Kitty Pryde organise un bal pour les élèves pour leur changer les idées. Mais en coulisses, le Club des Damnés piègent Broo et Oya, celle qu'il aime...

C'est un programme copieux que propose ce deuxième tome de Wolverine and the X-Men avec pas mois de 10 épisodes. On peut légitimement trouver que c'est même un peu bourratif quand on constate que tous ces chapitres sont en fait attachés à l'event Avengers vs. X-Men (qui lui comptait déjà douze épisodes).

Néanmoins comme Jason Aaron faisait partie des cinq auteurs écrivant AvX, il a joué le jeu et pas qu'un peu, acceptant de soumettre son titre aux aléas de l'event. Bien entendu, il est préférable d'avoir lu AvX pour bien goûter à ce qui se passe alors dans les pages de Wolverine and the X-Men, même si tout est à peu près accessible.

Par exemple, dès l'épisode 9, la situation est clairement exposée : le Phénix revient sur Terre et trois camps se forment. Le premier concerne les X-Men d'Utopia sous les ordres de Cyclope et qui compte dans ses rangs la jeune Hope Summers, désignée comme le messie mutant, future hôte de la puissance du Phénix. Du moins en théorie.

Le deuxième camp est bien sûr celui de Wolverine et de l'école Jean Grey. Logan ne croit pas à cette histoire de messie mutant et quand bien même, il estime que Hope n'a pas à se sacrifier pour le devenir. Pour lui, il s'agit d'une sinistre répétition de la saga du Phénix Noir qui a coûté la vie à Jean Grey.

Enfin, le troisième camp est celui des Avengers qui considère aussi le Phénix comme une menace trop grande pour parier sur une adolescente capable de le contenir. Pourtant, la suite va faire des Avengers les déclencheurs de la catastrophe quand Iron Man conçoit un dispositif censé écarter l'entité cosmique et qui aura pour résultat d'en disperser la puissance non pas dans un hôte mais dans cinq. Et pas plus que Jean Grey autrefois, ni Emma Frost, ni Colossus, ni Magik, ni Namor, ni Cyclope ne seront capables de maîtriser cette force quasi-divine.

Jason Aaron souligne surtout le dilemme qui étreint Wolverine et ses amis dans cette affaire. En se dressant contre Cyclope, ils affrontent leurs semblables. Mais en le suivant, ils risquent la vie de toute l'humanité sur un coup de dé. Dans ces conditions, il est normal que Wolverine voit quelques-uns de ses enseignants changer de camp et, logiquement, il s'agira de Iceberg et Angel, deux des fondateurs des X-Men (avec Cyclope, le Fauve et Marvel Girl), plus Rachel Summers, la fille de Cyclope venue d'une réalité parallèle.

A partir de là, Aaron choisit d'articuler ses épisodes en se concentrant sur un personnage durement impacté par les événements, comme Rachel qui doit reprendre son rôle de limier (au service de Cyclope pour traquer Hope), Warbird (la garde du corps de Kid Gladiator, dont on apprend le passé douloureux), Kitty Pryde (qui accepte de dîner avec un Colossus complètement corrompu par la puissance du Phénix et qui veut renouer sentimentalement avec elle), Kade Kilgore (le Roi Noir du nouveau Club des Damnés dont le caractère psychopathe est expliqué et les nouveaux plans mentionnés).

Le volume connaît un dénouement particulièrement dramatique. Bien entendu, on se souvient que Cyclope finit par tuer le professeur X avant que Hope ne disperse la force du Phénix. Entre temps, les professeurs ayant déserté reviennent à l'école en admettant leur erreur. Mais surtout les manoeuvres du Club des Damnés portent leurs premiers fruits et deux élèves en font les frais, dont l'un de façon tragique. (Je ne spoile pas au cas où certains d'entre vous n'auraient pas encore lu ces épisodes.)

Chris Bachalo signe les dessins des épisodes 9-10, 12 et 16 : hélas ! il quitte la série ensuite (pour continuer à animer les mutants dans Uncanny X-Men relancée par Brian Michael Bendis à l'issue de AvX). Toutefois, on ne peut rien lui reprocher : ses planches sont exceptionnelles et exigeantes compte tenu du nombre important de personnages à mettre en scène et de l'aspect spectaculaire de beaucoup de scènes.

Nick Bradshaw assure les dessins des épisodes 11 et 13 : c'est peu mais là encore l'artiste a fort à faire avec des pages bien fournies en figurants, en décors et en batailles d'envergure. Par la suite cepandant, il va devenir le dessinateur le plus productif de la série.

Jorge Molina a en charge les épisodes 14-15 et 18 : on sent encore des maladresses, un manque d'assurance et c'est sans doute pour cela qu'on lui a adjoint un encreur, Norman Lee, qui, hélas ! n'est vraiment pas très bon. Il n'y a donc pas grand-chose à voir avec ce qu'a produit par la suite cet artiste qui a récemment annoncé renoncer à produire des pages intérieurs pour se consacrer au dessin de couvertures et au character's design.

Enfin, pour l'épisode 17, centré sur Doop, quel bonheur que Mike Allred, co-créateur de l'étrange créature, ait accepté de collaborer avec Aaron. C'est fabuleusement drôle, loufoque, bizarre, une vraie bouffée d'air frais dans une collection de chapitres tendus.

On peut considérer qu'avec ces épisodes se clôt l'Acte I de la série. Mais la suite réserve encore des morceaux de choix et prouve que le projet de Jason Aaron et ses partenaires demeurent dix ans après un titre complètement à part.

vendredi 28 juillet 2023

BATMAN : THE BRAVE AND THE BOLD #3, de Dennis Culver et Otto Schmidt, Ed Brisson et Jeff Spokes, Christopher Cantwell et Javier Rodriguez, Jackson Lanzing & Collin Kelly et Jorge Molina


Le n°3 de Batman : The Brave and the Bold voit un changement dans son sommaire puisque l'histoire principale  a pris du retard et est remplacé par un récit complet. Le reste est intact et de très bonne facture. Cette anthologie est un vrai plaisir.


- BATMAN : MR. BASEBALL (Ecrit par Dennis Culver, dessiné par Otto Schmidt) - Batman doit protéger le caïd Victor Grande de Mr. Baseball, un voleur qui l'a dépouillé et qu'il a défiguré en représailles...
 

Dennis Culver et Otto Schmidt ont été chargés de réaliser en vitesse ce récit complet sur la vengeance d'un voleur surdoué et défiguré qui contraint Batman à protéger une fripouille. Tout ça est sympathique, mais demeure très anecdotique. Le vilain et sa passion du baseball, défiguré (comme Harvey Dent/Double-Face mais en moins spectaculaire), n'est pas un antagoniste susceptible de faire trembler Batman et encore moins convaincre le lecteur qu'il incarne une menace sérieuse.

Dennis Culver se repose beaucoup sur Otto Schmidt qui livre des planches nerveuses mais parfois un peu à l'arrache. Très vite lu, et oublié.
 

- STORMWATCH : DOWN WITH THE KINGS (Pt. 3) (Ecrit par Ed Brisson, dessiné par Jeff Spokes avec Trevor Hairsine) - L'équipe de Stormwatch infiltre le building de Halo Corporations pour saboter ses serveurs avec un logiciel malveillant particulièrement féroce. Cependant, le directeur Bones collectionne des armes capables de neutraliser la Justice League...
  

Ed Brisson tient la baraque depuis le début de la parution de cette anthologie avec sa mini-série Stormwatch, et il serait bien récompensé si DC lui donnait l'opportunité de continuer avec une série régulière. La caractérisation est certes un peu sommaire, par manque de place, mais les intrigues de cette équipe de black ops sont toujours captivantes, avec des dangers singuliers. Par ailleurs le scénariste développe un subplot accrocheur où Bones, à la manière d'Amanda Waller, recueille des armes susceptibles de neutraliser la Justice League.

Jeff Spokes dessine la quasi-intégralité de cet épisode avec sa classe coutumière. Mention spéciale quand il représente Shado, l'archer, ex de Green Arrow, avec une présence magnétique égale à celle de Ravager (c'est bien la première fois que la fille de Deathstroke m'intéresse autant). Les dernières pages sont signées par Trevor Hairsine, qui bizarrement n'est pas crédité dans la table des matières mais dont le style est reconnaissable entre mille.


- SUPERMAN : ORDER OF THE BLACK LAMP (Pt. 3) (Ecrit par Christopher Cantwell, dessiné par Javier Rodriguez) - Superman a retrouvé Hop Harrigan mais tous deux sont piégés par le Dr. Anthelme qui entend bien faire en sorte que tout le monde oublie le kryptonien comme cela a été le cas pour l'aventurier...
 

C'est la conclusion de cette histoire écrite par Christopher Cantwell. A moins que... En effet, un "The End ?" interrogatif dans la dernière case laisse espérer une suite pour ce récit qui conviendrait parfaitement pour le DC Black Label. En tout cas, tel quel, ce triptyque a été passionnant à suivre, avec un ton rétro tout à fait maîtrisé.

Javier Rodriguez aura été pour beaucoup dans cette réussite et ses planches sont une nouvelle fois somptueuses. Il a brillé pour sa première prestation chez DC avec la lourde tâche d'animer Superman dont il a donné sa version, très élégante comme toujours, soutenue par une colorisation quatre étoiles. 

Encore !


- BATMAN : BLACK & WHITE - CITY OF MONSTERS (Ecrit par Jackson Lanzing & Collin Kelly, dessiné par Jorge Molina) - Dans une version alternative de Gotham, un jeune Batman affronte Man-Bat qui, avec sa horde de vampires, a tué ses parents...  

Comme d'habitude, on termine avec un court récit Batman : Black & White. Cette fois c'est le binôme Jackson Lanzing & Collin Kelly qui s'y colle en imaginant une variation vampirique des origines de Batman. Rien de révolutionnaire, mais c'est plaisant et très rythmé.

Cimme d'habitude (bis), c'est surtout l'occasion d'admirer de magnifiques planches par un artiste qui donne tout : Jorge Molina n'a pas fait que dessiner ce segment, il en a donné l'idée et a travaillé les designs depuis longtemps sans savoir quand il pourrait les utiliser. C'est absolument renversant de beauté gothique et son Batman juvénile, arrogant et svelte est inoubliable.

Encore un excellent numéro même si on espère vite le retour de King et Gerads à leur poste respectif pour que le sommaire retrouve toute sa superbe.

mercredi 2 mars 2022

BATMAN #121, de Joshua Williamson, Jorge Molina et Mikel Janin


Sans surprise, ce dernier chapitre du premier arc du Batman de Joshua Williamson est une nouvelle déception. Le scénariste expédie la conclusion de son intrigue dans une cascade de coups de théâtre grotesque et un cliffhanger qui sert de rampe de lancement à Shadow War (son crossover entre Batman, Robin et Deathstroke Inc.). Les dessins sont assurés pour moitié par Mikel Janin et le reste par Jorge Molina. Il n'y a vraiment rien à sauver.


Sur le toit de la prison, Lex Luthor et Batman font face à Abyss et aux membres de Batman Inc. acquis à la cause de ce dernier. Mais ceux-ci se retournent contre leur leader, dévoilant qu'ils étaient en mission d'infiltration depuis le début.


Acculé, Abyss blesse plusieurs membres de Batman Inc., tente de tuer Luthor mais se résoud à battre en retraite lorsque la détective Cayha surgit sur le toit avec en renfort un hélicoptère de la police locale. S'emparant d'un gadget de Luthor qui lui rend la vue, Batman par à la poursuite d'Abyss.


Batman retrouve Abyss dans une ruelle et, pour l'empêcher de profiter de l'obscurité, il active l'éclairage public. Abyss révèle, en se battant, qu'il a subi des expérimences de la part de Luthor qui voulait en faire son Batman. Mais il refuse l'aide du dark knight et parvient à s'échapper.


De retour auprès des membres de Batman Inc. Batman assiste à leur défection envers Luthor, qui se retire, véxé. Batman compte sur la détective Cayha pour le tenir au courant si Abyss se manifeste à nouveau. Pendant ce temps, à Gotham, Deathstroke est averti du retour du justicier...

Jusqu'à la lie ! Cet arc narratif écrit par Joshua Williamson aura été une vraie purge. Et maintenant qu'on sait que Chip Zdarsky va le remplacer en Juillet prochain, le gâchis paraît encore plus grand puisqu'il semble bien que Williamson n'ait jamais été destiné à rester sur la série.

Circonstance aggravante : le scénariste star de DC, promu nouvel architecte de la continuité Rebirth, a bâti cet arc comme une rampe de lancement pour le crossover Shadow War qui impliquera les séries Batman, Robin et Deathstroke Inc.. Soit quatre épisodes pour rien, ou pas grand-chose, car je ne pense pas qu'on reverra de sitôt Abyss, et sans doute pas davantage Batman Inc. ou la détective Cayha. Pourtant Dc et Williamson avaient promis qu'avec lui une nouvelle ère s'ouvrait, suite au départ de Tynion IV.

Si on prend un peu de recul, Batman est la série la plus importante pour DC, car le personnage est le plus populaire de l'éditeur (et la sortie du film The Batman de Matt Reeves tombe à point nommé pour le rappeler). Pourtant, depuis l'éviction par Bob Harras de Tom King, c'est comme si le dark knight n'avait plus vraiment de pilote. Et pourtant King pouvait se vanter de chiffres de vente flatteurs... Mais surtout d'une vision pour le personnage (qu'on y adhère ou pas, c'est un autre débat).

Revenons à la conclusion de cet arc : Williamson accumule les coups de théâtre à un point grotesque. Alors que le elcteur s'attend à une baston entre Lex Luthor, Batman et Abyss plus les membres de Batman Inc., il s'avère que ces derniers étaient depuis le début en mission d'infiltration non pas pour tuer Luthor mais piéger Abyss. Que ne l'ont-ils fait avant alors ? Et pourquoi n'ont-ils pas averti leur vrai chef, Batman ? Ah, mais j'oubliai : in fine, Batman explique à ses amis qu'il savait depuis le début qu'ils ne l'avaient pas trahi, et même quand ils s'en sont pris à lui dans la prison, il a senti qu'ils retenaient leurs coups. Trop fort !

Williamson revient à l'über-Batman thérorisé et animé par Grant Morrison mais dans une intrigue tellement maladroite et à court terme que l'effet tombe à plat. Ainsi, faut-il rappeler que Batman est toujours aveugle mais (on ignore comment) il voit quand même Luthor grâce à l'armure que celui-ci porte. En lui subtilisant une partie de son équipement, il peut courser Abyss qui lui rend la vue providentiellement en l'affrontant. C'est n'importe quoi ! Encore un exemple de WTF ? Abyss, avant de battre en retraite, furieux d'avoir été trompé par les membres de Batman Inc., en blesse plusieurs grâce à sa faux. Mais, miracle, quand Batman les retrouve après avoir été semé par Abyss, plus personne n'est blessé !

Est-ce qu'au moins c'est bien dessiné ? Oui, de ce côté-là, on serait ingrat de se plaindre car Mikel Janin et Jorge Molina ne sont pas des manches. Mais de là à dire qu'on est satisfait, il y a un pas que je ne franchirai pas.

Jorge Molina aura été très décevant pour son premier travail chez DC. C'est pourtant un artiste que j'aime bien mais il est incompréhensible qu'il n'ait pas été en mesure de produire quatre épisodes entiers. Pire : il a signé de moins en moins de planches à mesure que l'histoire avançait. Ici, il ne réalise que la moitié de l'épisode, à partir de la douzième page ! Si encore, il nous offrait des planches bluffantes, on lui pardonnerait presque, mais franchement, il n'y a pas de quoi sauter au plafond. Les décors sont pratiquement absents, les personnages sont inexpressifs et il faut surtout compter sur l'exceptionnel apport de Tomeu Morey aux couleurs pour sauver les meubles.

En revanche, Mikel Janin s'occupe des onze premières pages et on se demande bien pourquoi cet excellent dessinateur est réduit au rôle de fill-in de luxe alors que, justement, du temps de King, il assurait des arcs entiers de grande qualité, sans retard. Il s'acquitte de scènes d'action très dynamique, avec un découpage inventif et nerveux. Tomeu Morey accomplit encore des prouesses, mais Janin est plus solide que Molina et son trait est plus vif, plus maîtrisé, plus précis, et se repose moins sur les couleurs.

Je dois bien avouer que je suis très refroidi. A la fois par l'importance de Joshua Williamson chez DC et son remplacement apr Zdarsky (que je n'aime pas davantage et dont je n'attends rien sur Batman). Dark Crisis n'arrive pas à m'exciter et je ne pense donc pas que je relirai du Batman en série régulière avant un bon moment. Mais la chauve-souris n'est pas perdu, et très bientôt, cette semaine, j'aurai l'occasion de vous parler d'une autre histoire avec lui d'un niveau bien supérieur.

vendredi 4 février 2022

BATMAN #120, de Joshua Williamson, Jorge Molina et Mikel Janin

 

Pour le cent-vingtième épisode de Batman depuis le début de l'ère Rebirth, Joshua Williamson aurait été inspiré de livrer un épisode de meilleure qualité que le début de son run. Hélas ! ce n'est pas le cas et la lecture est même pénible tellement elle est à la fois décompressée et creuse. Graphiquement, Jorge Molina doit encore compter sur Mikel Janin pour l'assister. Déplorable.



Profitant de la confusion dans le poste de police, la détective Cayha exfiltre Batman, aveugle après son combat contre Abyss, dans un sac mortuaire. Elle le conduit chez lui afin qu'il examine ses yeux mais il déduit que sa cécité a été causée par un une arme inconnue.


Cependant, Lex Luthor, au courant de la situation, entend l'alarme de son penthouse s'activer. Ses vêtements civils font place à une armure arborant le logo de Batman. Dans l'obscurité, il attend que Abyss attaque le premier, prêt à lui répondre.


Convaincu que les membres de Batman Inc. sont manipulés et sont détenus injustement, Batman entreprend de les faire s'évader du quartier de haute sécurité où ils sont sont. Mais ceci fait, Batman est pris à parti violemment par ses anciens acolytes.


Alors qu'il cherche à comprendre, en les interrogeant, ce qui leur prend, Batman voit Luthor débarquer sur le toit de la prison. Les membres de Batman Inc. révèlent alors ne pas travailler pour Luthor mais pour Abyss, qui les rejoint, pour tuer Lex...

C'est toujours désagréable de lire une histoire dont on ne comprend pas la direction. Mais ça l'est encore davantage quand on a le sentiment qu'il n'y a pas de direction. Et c'est ce sentiment qui vous étreint avec l'histoire de Joshua Williamson.

Pourtant, ça partait bien avec Batman hors de Gotham, volant au secours des membres de Batman Inc., tenus pour responsables du meurtre d'un mystérieux vilain, et Lex Luthor qui les finançait. Mais depuis, ça va de mal en pis. Chaque nouvel épisode laisse une impression de vide. Surtout, bien que cet arc narratif ne compte que quatre épisodes, on a la conviction qu'il aurait suffi de moitié moins pour le boucler.

Et finalement, on n'est pas intéressé par cette intrigue, qui patine, qui devait présenter un méchant inédit mais dont on ne sait toujours rien, et dont les coups de théâtre tombent à plat. Idem pour le face-à-face prometteur entre Batman et Luthor qui vire à la farce : ce dernier, après des décennies à jalouser Superman, s'est mis en tête de copier Batman, armure redesigné à l'appui.

C'est la douche froide, au point que je ne trouve rien à sauver du côté du scénario. C'est vraiment mauvais. On a pu reprocher à Tom King son obsession pour le couple BatCat et la machination ourdie par Bane (et le Flashpoint Batman). James Tynion IV s'est pris les pieds dans le tapis avec Fear State, mais avait réussi Joker War. Ce n'était pas parfait auparavant, mais les prédécesseurs de Williamson avait un projet, un plan, une ambition. Toutes choses qui font défaut à Williamson pour qui Batman semble n'être qu'une série de plus à écrire (le bonhomme est déjà bien occupé par ailleurs, et DC l'a implicitement désigné comme le nouvel architecte de son univers).

Je n'ai pas envie de m'acharner, ça ne me plait pas, mais je n'aime pas ce que je lis. Pire : je m'ennuie en le lisant. Il ne reste plus qu'un numéro pour conclure (sachant qu'ensuite Batman sera engagé dans le crossover Shadow War avec les séries Robin et Deathstroke Inc., toutes deux écrites par... Williamson - et je n'avais déjà pas l'intention de suivre ça). C'est la seule bonne nouvelle.

Visuellement, Jorge Molina, comme depuis le début, n'arrive pas à boucler l'entièreté de l'épisode et se dispense dès qu'il le peut de dessiner les décors, profitant que le récit se déroule en une nuit. C'est pratique, comme les sources lumineuses sont réduites, vous pouvez escamoter les arrière-plans... Moi qui appréciait cet artiste et espérait que Batman lui donne une exposition qu'il me paraissait mériter, je tombe de haut en constatant que, peut-être en ayant voulu trop bien faire d'entrée de jeu, il s'est si vite essoufflé.

Mikel Janin intervient donc à nouveau et réalise les planches 4 à 12. Il n'a aucun mal à supplanter les efforts médiocres de Molina car il soigne son ouvrage avec des compositions très élégantes (la scène chez Cayha ou celle dans le penthouse de Luthor). Parce qu'il a l'habitude du personnage de Batman, il le dessine facilement et ses pages ont une vraie substance, une ambiance intense.

Jorge Jimenez (remis du Covid) sera de retour sur la série une fois Shadow War passé, mais j'ignore si je serai disposé à redonner une chance à la série avec Williamson aux manettes. Par contre j'espère que Janin héritera d'une série régulière car il le mérite vraiment (et que DC le balade sans arrêt d'un projet boîteux à un autre depuis la fin du run de Tom King sur Batman).

Voilà, j'ai essayé de ne pas m'énerver, ça n'en vaut jamais la peine. Plus qu'un numéro donc et basta. Batman mérite mieux. Ses fans aussi. 

mercredi 5 janvier 2022

BATMAN #119, de Joshua Williamson, Jorge Molina et Mikel Janin

 

Pour cette deuxième partie (sur quatre) de l'arc Abyss, Joshua Williamson mais aussi Jorge Molina déçoivent sévèrement. C'est la douche froide après l'épisode de Batman du mois dernier qui partait bien et vite. Non seulement l'intrigue progresse très peu (pour ne pas dire pas du tout) mais graphiquement, ça ne vole pas haut, à part, ironiquement, les cinq planches assurées par Mikel Janin.



Batman découvre que Lex Luthor est devenu le nouveau mécène de Batman Inc. et qu'il est au courant des déconvenues financières de Bruce Wayne. Des hommes en armes surgissent et tentent d'arrêter Batman sur ordre de Lex. Peine perdue : le justicier les neutralise et disparaît.


Bruce Wayne retrouve Lex dans ses appartements en Badhnisia. Autour d'un vin hors de prix, Luthor explique que ses récentes expériences lui ont appris que le monde a besoin de héros, mais que ceux-ci ont besoin d'un vrai leader. Wayne préfère se retirer après avoir compris les ambitions de Lex.


Au commissariat, des agents déplacent le corps de Abyss pour le remettre aux experts de Luthor. Batman le leur soustrait pour examiner le cadavre et comprend que quelque chose cloche. Abyss n'est pas mort et l'attaque.


Gravement blessé, Batman est retrouvé dans la salle d'autopsie par la détective Cayha. Mais Batman ne peut se déplacer car non seulement il est mal en point mais aveugle...

Commençons par le gros point noir (si j'ose dire pour parler d'une histoire impliquant un méchant et un héros appréciant les ténèbres) : le dessin. J'étais heureux que Jorge Molina rejoigne DC et ait le privilège de dessiner Batman car c'est un artiste dont j'apprécie style et il me semblait qu'il manquait de reconnaissance. Mais que dire de sa prestation sur cet épisode ?

Tout d'abord, une nouvelle fois, il n'assure pas l'intégralité des pages. Mikel Janin joue encore les pompiers de service et cette fois il signe cinq pages (8 à 12), soit un quart de l'épisode. En soi, ça ne me chagrine pas car j'apprécie Janin, qui a accompli un boulot remarquable durant le run de Tom King et que depuis, il n'a pas retrouvé une série fixe (il n'a fait que passer sur Wonder Woman, et a connu des difficultés sur Superman & the Authority). N'empêche, est-ce bien normal (tolérable ?) à la fois que Janin soit cantonné à un rôle de doublure de luxe ? Et surtout que Jorge Molina ne puisse pas dessiner 20 pages tout seul ?

Circonstance aggravante en quelque sorte, Molina est assisté d'Adriano di Benedetto à l'encrage, pour le soulager. Le résultat n'est pas très heureux avec des expressions du visage souvent ratées, une absence récurrente de décors, des finitions douteuses.

Il n'y a pas besoin d'être professeur de dessin pour noter qu'un artiste de comics, qui a du mal à tenir ses délais, apprécie deux choses : les scènes de bataille générant beaucoup de fumée, qui lui permettent de négliger les arrière-plans, et les scènes nocturnes ou dans l'obscurité, pour les mêmes raisons. Avec Abyss, un méchant qui mise sur l'absence de lumière pour frapper ses adversaires, c'est une véritable aubaine et donc on a droit à plusieurs pages d'affilée où Molina n'a pas à se soucier du décor puisque Batman et son ennemi se meuvent dans le noir.

Reste que, quand on compare la quinzaine de pages de Molina avec les cinq de Janin, ce n'est pas en faveur du premier car Janin nous gratifie d'un intérieur luxueux pour le dialogue entre Wayne et Luthor quand Molina semble totalement à la rue pour le reste. Et il reste deux épisodes... 

Deux épisodes, c'est aussi ce qui reste à Joshua Williamson pour conclure cette histoire. Un arc court est toujours appréciable car s'il est dense et efficace, le lecteur ne se sent pas floué. Mais le souci ici, c'est que le scénariste n'avance guère.

Les rebondissements sont téléphonés : Luthor agit comme un filou ? Quelle surprise ! Wayne refuse de s'allier à lui ? Bigre ! Abyss n'est pas mort ? Sans blague ! A ce rythme-là, que Williamson n'espère pas nous étonner avec la victoire finale de Batman... Je suis sarcastique, mais je suis surtout mécontent. Sachant qu'une fois cet arc terminé on va avoir droit à un crossover avec les séries Robin et Deathstroke (la saga Shadow War), ce n'est pas très engageant. A tout prendre, j'aurai préféré que Williamson balance son crossover pour commencer et s'attache à Batman seul ensuite. Cela aurait donné du temps à Molina pour compléter ses épisodes et le lecteur qui aurait zappé Shadow War aurait profité d'une pause après le run de Tynion IV.

De quoi alimenter la rumeur selon laquelle Williamson n'écrirait Batman qu'un temps en attendant que DC n'installe un scénariste côté pour un plan à long terme ensuite. En tout cas, je suis refroidi (et finalement Batman se retrouve dans une position similaire à Justice League pour laquelle on ne sait toujours pas qui succédera à Bendis. A moins donc d'un jeun de chaises musicales : Bendis cède la JL à Williamson qui lui cèdera Batman ?).

Je m'arrête là avant de m'énerver et de me perdre en spéculations qui n'ont rien à voir avec ce Batman #119. Je n'ai pas aimé cet épisode, j'ai été très déçu. Je vais poursuivre et terminer cet arc. Et après, on verra (même si, c'est sûr, Shadow War, ce sera sans moi).

P.S. : ce numéro est agrémenté d'une back-up story à suivre qui prolonge la défunte série Gotham Academy. Karl Kerschl écrit, dessine et lettre... Et ça aussi, ça m'a bien énervé car Kerschl trouve le temps pour ça alors qu'il a planté les lecteurs de Isola (la série qu'il illustre et co-écrit avec Brendan Fletcher chez Image) depuis....Février 2020 ! Dans le genre foutage de gueule, ça se pose là !

mercredi 8 décembre 2021

BATMAN #118, de Joshua Williamson et Jorge Molina (avec Mikel Janin)


"Un nouveau chapitre commence !" pour Batman avertit la couverture et c'est bien le cas : Joshua Williamson prend donc le relais de James Tynion IV et ne perd pas de temps pour marquer son territoire.  Le résultat est en tout point enthousiasmant, j'ai beaucoup aimé ce que j'ai lu. D'autant que, visuellement, on est aussi gâté avec Jorge Molina, qui succède à Jorge Jimenez avec maestria.


L'année écoulée a été prouvante pour Gotham et son protecteur, Batman. Mais alors que les habitants de la mégapole font la fête, le chevalier noir patrouille comme à son habitude. En contact avec Oracle, il est dirigé vers une fête masquée donnée par des milliardaires menacée par des voleurs.


Batman observe les lieux avant d'agir puis entre en scène, déguisé en Killer Croc. Il est reconnu par Firefly, à la tête des malfrats. Rapidement, Batman neutralise ses assaillants et l'assistance, croyant à une attraction, l'applaudit.
 

Le jour se lève. Oracle invite Batman à passer prendre le petit-déjeuner en sa compagnie et celle de Nightwing à Blüdhaven. Mais il coupe les communications après avoir vu un flash info annonçant l'arrestation de plusieurs membres de Batman Inc. pour meurtre.


Batman se rend en Badnisia. La détective Cayha est chargée de l'affaire et Batman l'aborde alorsq u'elle s'apprête à prélever une étrange substance noire sur le sol. Il s'interroge sur les moyens financiers des suspects, que Bruce Wayne le subventionne plus, lorsqu'un visiteur apparaît...

Bien sûr, je ne vous spoilerai pas le nom de ce visiteur, le nouveau mécène de Batman Inc., mais c'est réjouissant pour la suite. Abyss est donc le premier arc narratif de Joshua Williamson sur Batman, dont il reprend l'écriture après le départ de James Tynion IV. Ce nouvel auteur n'est pas un inconnu à qui DC a confié son titre le plus populaire.

On peut même dire que Williamson est certainement le futur architecte du DCU, après Geoff Johns (qui semble avoir jeté l'éponge, ayant échoué à imposer sa vision entre renouvellement et héritage) et Scott Snyder (qui a tout mis sans dessus-dessous avec Dark Nights : Metal et Death Metal). Williamson a comme Tynion IV collaboré avec Snyder mais surtout il s'est imposé chez DC avec un long run à succès sur Flash, et dernièrement avec la mini-série Infinite Frontier qui a défini l'Omnivers (concept qui établit que le DCU est composé non pas d'un Multivers mais de plusieurs). Il est également aux commandes de la série Robin actuellement, avec Damian Wayne dans le rôle.

N'étant pas familier de son oeuvre, je n'avais donc aucun a priori sur ce qu'il avait en tête pour Batman, même s'il avait dès sa nomination annoncé qu'il comptait l'éloigner de Gotham et renouer avec sa fonction de détective. C'était plutôt encourageant après le long run de Tom King (qui ne quittait guère la mégapole) et celui de Tynion IV (qui en avait fait une vraie zone de guerre).

Pourquoi faut-il suivre le Batman de Williamson ? Ce 118ème épisode est plus long qu'à l'accoutumée (35 pages) et dans un premier temps, il dresse un bilan. Gotham fête le retour au calme après le chaos engendré par Joker War et Fear State. Mais Batman, peu habitué à cette liesse et surtout au regain de confiance exprimé par la population à son égard, semble perdu. En contact radio avec Oracle, il se voit rappeler les épreuves traversées depuis un an, non seulement dans sa ville mais en dehors, aux côtés de la Justice League.

Williamson marque un bon point car en rappelant simplement que Batman opère à Gotham mais aussi au sein de la Ligue des Justiciers, il rappelle au lecteur que c'est un justicier avec un triple vie : celle de Bruce Wayne, celle de Batman à domicile et celle de membre d'une équipe. Cela devient encore plus pertinent quand, quelques pages plus loin, après avoir sauvé des notables d'une bande de voleurs lors d'une fête costumée, Oracle invite Batman à petit-déjeuner avec elle et Nightwing. A nouveau on a droit à une page rétrospective, superbement mélancolique, qui révèle la solitude du chevalier noir : James Gordon traque actuellement le Joker (dans la série de ce dernier), Alfred Pennyworth est mort, Superman a sa propre vie. Le contraste est saisissant : d'un côté, Batman est partout et entouré, mais de l'autre il est plus seul que jamais.

La conclusion logique à ce constat, c'est que, en vérité, rien ne retient Batman à Gotham et im mériterait bien des vacances. Alors Williamson va l'éloigner mais pas le mettre au repos pour autant et justifier ainsi ce qu'il avait annoncé pour son run et son premier arc. C'est très malin. Et ce qui l'est encore plus, c'est le motif employé, l'argument : le scénariste convoque Batman Inc., créé par Grant Morrison, le prolongement industriel en somme du Club des Héros, formé par des héros inspirés par Batman partout dans le monde. Bruce Wayne, dont la fortune détournée par le Joker, ne finance plus cette organisation dont certains membres sont impliqués dans le meurtre d'un vilain inconnu. Alors qui les paie ? Pourquoi ont-ils tué ? Et qui est la victime ?

Le rythme soutenu de la narration assure au lecteur une lecture captivante sans être effrénée. La caractérisation de Batman, esseulé, est excellente, le droit d'inventaire sur le run de Tynion IV intelligente, l'intrigue amorcée accrocheuse. C'est un sans-faute.

Et ça l'est d'autant plus que, visuellement aussi, c'est une réussite. Pourtant passer après Jorge Jimenez n'avait rien d'évident tant l'artiste s'est imposé comme un formidable dessinateur depuis des mois (même s'il a légitimement laissé des plumes sur ses derniers épisodes sortis à vive allure).

Pour le suppléer, DC a misé sur un dessinateur que j'aime beaucoup mais qui ne s'est jamais trouvé sur un titre aussi exposé : Jorge Molina. Souvent comparé à Olivier Coipel, Molina souffre comme le français d'une certaine irrégularité car en cumulant dessin et encrage (et parfois colorisation), il n'arrive pas à enchaîner les épisodes. Transfuge de Marvel (chez qui il ne faisait plus grand-chose depuis X-Men : Blue), Molina a une grosse carte à jouer.

Et ses planches sont renversantes. Soutenu pour les couleurs par l'incroyable Tomeu Morey, on peut affirmer qu'il livre sa meilleure prestation. La comparaison avec Coipel n'a plus lieu d'être car il s'approprie Batman avec assurance et soigne les détails. Comme l'arc ne compte que quatre numéros, on peut légitimement penser que, puisqu'il travaille dessus depuis un petit moment, il les livrera sans retard et sans bâcler. En tout cas, il produit quelques morceaux de bravoure (toute la séquence qui va du début jusqu'au sauvetage de la fête masquée). Lorsque l'action se déplace dans le dernier tiers au Badhnisia, il réussit avec peu à nous dépayser et impose sans effort le personnage de la détective Cayha.

On notera que dans les crédits de la dernière page, Mikel Janin est mentionné comme co-artiste. Pas plus tard qu'hier soir, j'ai pu l'interroger sur sa participation sur Facebook et il m'a précisé qu'il avait complété les pages 25 et 25. Mais sa contribution ne dépareille pas : je n'aurai pas su qu'il avait aidé Molina, je ne l'aurai pas remarqué (j'espère quand même néanmoins que DC va lui donner une nouvelle série en 2022 car depuis la fin du run de Tom King, Janin est étrangement sous-exploité).

Considérant le terme abrégé du run de Tynion après celui controversé de celui de King, si vous hésitiez à continuer à vous intéresser à Batman, craignant que ce défilé de scénaristes ne nuisent à sa série, rassurez-vous : il est entre d'excellents mains avec Joshua Williamson. Et Jorge Molina envoie du lourd côté dessin. Ce nouveau chapitre promet.