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lundi 31 décembre 2018

BATMAN, VOLUME 5 : RULES OF ENGAGEMENT, de Tom King, Joelle Jones, Clay Mann, Lee Weeks et Michael Lark


Ma dernière critique pour 2018 sera pour le Volume 5 de la série Batman écrite par Tom King et qui couvre les épisodes 33 à 37 + l'Annual #2. Le scénariste (qui sort d'une année riche) est accompagné par des dessinateurs de choix comme Joelle Jones, Clay Mann et le tandem Lee Weeks-Michael Lark. Maintenant que Selina Kyle a accepté d'épouser Bruce Wayne et en attendant les noces, voilà ce qui se passe...


 - Rules of Engagement (#33-35, dessinés par Joelle Jones) - Batman et Catwoman sont en route pour la cité de Khadym dans le désert. A Gotham, Alfred Pennyworth annonce à Dick Grayson, Jason Todd, Duke Thomas et Damian Wayne que Selia Kyle a accepté d'épouser Bruce Wayne. Aux abords de la citadelle, Batman négocie avec le Tigre du de Kandahar (ex-collègue de Dick Grayson au sein de l'organisation Spyral) un droit d'entrée.


Une fois dans la place, Talia Al Ghul, la maîtresse des lieux, attend le couple avec ses hommes en armes. Damian Wayne et Dick Grayson se rendent à leur tour à Khadym mais Superman leur interdit d'y pénétrer. Une fois l'armada de Talia éliminée, Batman comprend qu'elle ne voulait pas les tuer, lui et Catwoman mais les épuiser. Blessé, Batman ne peut que laisser les deux femmes s'affronter.


Dick et Damian discutent de celui qui est respectivement leur mentor et leur père et l'aîné explique au fils de Batman pourquoi il va se marier. Dans la citadelle, le duel entre Catwoman et Talia est âpre et se déroule sous les yeux de Holly Robinson. C'est elle qu'il sont venus chercher pour qu'elle disculpe Selina des meurtres dont elle est accusés. Catwoman vainc Talia et peut repartir avec Batman que Dick et Damian soutiennent à sa sortie.

Divisons cette critique en autant d'arcs que comprend ce recueil. Le précédent album (The War of Jokes and Riddles) se terminait par l'approbation de Selina Kyle pour épouser Bruce Wayne, malgré l'évocation d'une erreur de jeunesse (dont elle fut témoin durant le conflit ayant opposé le Joker et le Sphinx lors de la première année de carrière de Batman).

Et après ? Tom King va pendant dix-sept épisodes "meubler" avant les noces proprement dites. Le scénariste ne gagne pas du temps, il analyse les conséquences du "oui" de Catwoman. Pourquoi Batman, déjà, veut-il se marier ? Par amour bien sûr, mais aussi pour des raisons plus enfouies, plus tourmentées.

Les mariages dans les comics sont un thème qui mériteraient une thèse : ils ont quelquefois lieu, après bien des péripéties, mais ne durent guère et se terminent souvent mal, voire tragiquement. C'est que permettre au super-héros d'être heureux fragilise sa vocation même : parce qu'il devient justicier souvent suite à un drame personnel ou un accident, il compose ensuite avec les responsabilités que cela induit (le fameux "de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités" énoncé par Stan Lee). Or, lui accorder une compagne, c'est à la fois risquer de détourner le héros de sa mission mais aussi, surtout, faire courir le risque à cette compagne de devenir la cible des méchants (si ceux-ci apprennent -et ils finissent toujours par l'apprendre - quel lien unit le héros et sa bien-aimée).

Un "freak control" comme Batman peut-il seulement s'autoriser à être heureux ? Et si cela se sait ? Avec Catwoman, il a néanmoins choisi une compagne apte à se défendre. Mais King ausculte toutes les facettes du problème.

Parfois avec humour quand il montre la réaction des "Bat-boys", sidérés par la nouvelle que leur communique Alfred. Le plus bouleversé est Damian, le propre fils du héros, mais King déjoue le piège de la jalousie du garçon envers une femme appelée de facto à devenir sa belle-mère : au contraire, il comprend le premier qu'en faisant cela, Batman va s'attirer les foudres de Talia Al Ghul, sa mère biologique.

La mission à Khadym surprend aussi car Batman ne va pas chercher la bénédiction de Talia comme on pourrait le parier au début : en vérité, il accompagne Catwoman pour récupérer Holly Robinson qui se cache auprès de Talia et qui pourrait disculper Selina Kyle des meurtres dont on l'accuse. Inévitablement, cela va se règler entre l'ex et la future Mme Batman et le duel tient toutes se promesses (sur les plans intellectuel, sentimental et physiques) - il révèle aussi la lucidité de Catwoman sur les sentiments de Batman car elle a saisi qu'il la ferait toujours passer après sa croisade contre le crime. Parce qu'elle l'accepte, elle a dit "oui" pour l'épouser.

Enfin, le dialogue entre Dick Grayson et Damian Wayne (qui furent Batman et Robin un temps - quand Grant Morrison écrivait la série de ce nom) est touchant et intelligemment formulé. Le premier sidekick de Batman a lui aussi un avis pertinent sur la quête affective du héros et ce que cela représente comme défi pour lui de s'engager dans cette aventure (qui, sous-entendu, si elle échoue, risquerait de le traumatiser...).

Joelle Jones fait son entrée dans la bande des artistes de la série et on mesure ce qui sépare l'artiste encadrée par un scénariste rigoureux comme King de celle sans ce directeur sur sa relance ratée de la série Catwoman. Le trait sensuel et puissant de la dessinatrice associé au superbe travail de colorisation de Jordie Bellaire convient idéalement à ces épisodes dans le désert.

L'expressivité des personnages est essentielle dans cette histoire, qu'il s'agisse des émotions à traduire visuellement entre Talia et Selina ou entre Dick et Damian. Jones excelle aussi bien dans les scènes dialoguées (l'échange entre Jason Todd et Duke Thomas) que dans l'action (la chorégraphie du duel à l'épée dans la citadelle est digne d'un film de cape et d'épée).

On devine surtout qu'avec cette première étape suivant la demande en mariage, la suite ne va pas être de tout repos - parce que Batman est ce qu'il est (un taiseux aux valises bien chargées), parce que Catwoman est ce qu'elle est (une hors-la-loi qui trahit son milieu en se rangeant), et que leur romance devient par la force des choses, la nature de leur existence, matière à mélodrame.

*


- Superfriends (#36-37, dessinés par Clay Mann) - Batman doit maintenant annoncer son mariage à Superman, son plus ancien ami dans la communauté super-héroïque. Mais il hésite tout comme l'Homme d'Acier refuse d'avouer à son camarade qu'il sait déjà tout de son projet. Pour précipiter les événements, Lois Lane et Catwoman vont devoir intervenir.


Après avoir résolu une même affaire sur laquelle les deux couples travaillaient sans le savoir, ils conviennent de passer une soirée dans une fête foraine costumée. Pour ne pas risquer d'être reconnu, Batman échange sa tenue avec Superman et Catwoman avec Lois Lane. Les deux femmes deviennent amis tandis que les deux hommes échangent leurs points de vue sur le mariage. Avant de terminer la soirée par un petit jeu...

Le diptyque suivant est une pure merveille, plus pétillante tout en restant subtile et profonde sur les répercussions du tournant privé que prend la vie de Batman. Il doit désormais en faire part à son meilleur ami.

Tom King joue avec ironie sur ce ressort comique connu de n'importe quel couple : présenter sa petite amie, qui plus est si sa (mauvaise) réputation la précède, à son (ses) pote(s). Là encore, l'envergure anormale, disproportionée des protagonistes amplifie tout. Imaginez : c'est à Superman qu'on s'adresse.

Dans un premier temps, les deux héros s'évitent. Ombrageux et secret, Batman esquive la rencontre et les questions de Catwoman (a-t-il honte d'elle ?). Pudique et tolérant (mais prudent aussi), Superman estime (logiquement) que c'est à Batman de l'appeler.

Les deux compagnes vont alors intervenir de manière décisive : Catwoman en poussant Batman à se faire violence, Lois Lane en demandant à faire la connaissance du futur couple (et tant pis si Selina Kyle est une "délinquante"). C'est délicieux, et plus encore quand dans un building où les conduit une enquête commune (mais sans qu'ils l'aient anticipée) Batman et Superman se retrouvent avec leurs femmes.

Mais la seconde partie est encore plus savoureuse : les deux binômes vont dans une fête foraine se détendre et apprendre à se jauger. King profite que l'endroit organise une partie costumée pour que Batman et Superman ainsi que Lois et Catwoman échangent leurs vêtements pour ne pas être immédiatement identifiés. Les rôles s'inversent de manière ludique, comme dans un film de Billy Wilder : le déguisement permet alors étonnamment de tomber le masque.

La complicité qui se tisse entre Selina et Lois est aussi éclatante et rapide que la réserve entre Batman et Superman est tenace. Auparavant, King a rappelé l'estime que se portaient les deux héros mais surtout leurs passés semblables (des orphelins qui ont choisi le droit chemin malgré la souffrance). Il souligne aussi de belle manière une sorte de compétitivité entre eux quand Superman affirme à Batman qu'il ne pourrait frapper avec une batte une balle de base-ball qu'il lancerait.

Confier le dessin de ces chapitres à Clay Mann est une excellente idée : d'abord parce qu'il illustre remarquablement bien les personnages féminins, sachant les rendre belles sans être vulgaires, sexys sans être hyper-sexuées - ce qui convient parfaitement à Catwoman et Lois Lane, dont la force de caractère prédomine sur la beauté - , et ensuite parce qu'il réussit parfaitement à représenter Batman et Superman comme des presque jumeaux que des détails raffinés distinguent.

Sous son crayon et sa plume (aidé par son frère Seth Mann à l'encrage), Bruce a une tête et une carrure plus robuste que taillée, plus massive et grande, avec un visage au nez légèrement plus écrasé (comme un boxeur que les coups ont modelé), tandis que Clark a une majesté intacte, une classe naturelle mais humble, presque timide. Batman ne sourit jamais, est sur la défensive pour dissimuler le fait qu'il est troublé, intimidé même, alors que Superman avance constamment comme s'il marchait sur des oeufs, lui aussi impressionné par l'humain ordinaire mais se surpassant qu'est son ami.

Idem avec Catwoman et Lois Lane : naturellement, la première s'affiche, sûre d'elle, de son charme, avec une insolence joueuse qui cache mal son trac de s'engager ; quand la seconde, pourtant femme et mère de famille, s'abstient de toute condescendance, reconnaissant même la folie d'être liée à un justicier. Tout, dans leur attitude, leurs gestes, leurs sourires, leurs regards, trahit les émotions qu'elle ressentent. C'est un régal de voir le dessin si bien traduire le texte.

Bon, je ne vais pas reparler de l'Annual #2, dessiné par Lee Weeks et Michael Lark puisque j'y avais consacré une entrée lors de sa sortie en single issue. C'est juste un chef d'oeuvre, bondissant puis bouleversant sur la romance de Bat-Cat, magnifiquement mis en images. (Consultez les libellés du blog pour lire la critique, et jetez-vous sur l'album traduit en français par Urban Comics, qui a ajouté en complèment de programme le numéro spécial Batman/Elmer Feud, dont j'avais aussi parlé en son temps).

Si la version de Batman qu'en donne Tom King déroute souvent, voire même déplaît à certains fans du héros, son run brille en tout cas par son originalité et sa tenue - l'auteur suit un plan bien établi (qui courra sur cent épisodes) et s'y tient, ne sacrifiant jamais le portrait du dark knight à l'action. Quel que soit celui qui succédera à King sur la série, il sera intéressant de voir comment il achèvera son passage et ce qui en subsistera.

mercredi 13 décembre 2017

BATMAN ANNUAL #2 : DATE NIGHTS - LAST RITES, de Tom King, Lee Weeks et Michael Lark


Le premier Annual de la série Batman de l'ère "Rebirth" n'était pas le fruit de l'auteur Tom King mais une compilation d'histoires courtes par plusieurs scénaristes et dessinateurs. Je l'ai lu et c'est dispensable. En revanche, le deuxième, qui vient de paraître sous le titre Some of these days, est d'un tout autre tonneau et mérite d'être, sans détour, qualifié de chef d'oeuvre, grâce à la qualité de l'équipe qui a travaillé dessus mais aussi, mais surtout, pour sa charge émotionnelle.


Autrefois. Batman et Catwoman sont au début de leurs carrières respectives. Une nuit qu'il s'occupe de malfrats dans les bas quartiers de Gotham, elle s'introduit dans la Bat-cave par effraction et vole la Bat-mobile. Alfred Pennyworth avertit son maître qui retrouve rapidement son véhicule ayant éventré la vitrine d'un bar mal famé.


Plus tard. Après avoir envoyé le Sphinx derrière les barreaux, Bruce Wayne s'interroge sur la dernière énigme que lui a adressé son ennemi et remarque que son crayon a disparu. Catwoman vient de le lui dérober et elle est encore dans le manoir à l'intérieur duquel il la poursuit. Mais elle parvient à s'en échapper malgré la police qui l'attend à l'extérieur.
  

Plus tard. Catwoman s'enhardit et déverrouille le coffre-fort de Bruce Wayne dans la chambre de ce dernier. Batman la surprend comme elle en retire une perle du collier de feue Martha Wayne. Ils comparent leurs destins similaires, tous deux orphelins très jeunes, mais aussi leurs différences, chacun d'un côté de la loi. Une fois encore, la voleuse réussit à s'éclipser.
  

Plus tard. Batman attend Catwoman chez elle et l'interroge sur ce qui la pousse à constamment le harceler. Elle lui explique le défier ainsi pour le pousser à devenir meilleur, prêt à affronter les vilains les plus retors. Attirés l'un par l'autre, ils finissent par s'embrasser après s'être démasqués pour la première fois, puis évoquent leur première rencontre - sans être d'accord à ce sujet...


Beaucoup plus tard. A l'hiver de leurs vies, en couple, Bruce Wayne et Selina Kyle patientent dans le cabinet d'un médecin en continuant à se chamailler sur l'endroit où a eu lieu leur première rencontre. Le docteur les interrompt : il a de mauvaises nouvelles...


Atteint d'un mal incurable, Bruce préfère parler d'autre chose pour distraire Selina. Malgré ses efforts, elle craque. Plus tard, elle rencontre leur fille, the Huntress, qui a pris contact avec Zatanna à propos du mal qui ronge Bruce. Mais la magicienne a estimé qu'il était trop tard...


Selina, entouré de proches, ferme les yeux de son grand amour. Elle descend ensuite à la Bat-cave et monte dans la Bat-mobile. Un chaton noir s'approche d'elle, portant attaché à son collier un billet sur lequel sont inscrits les derniers mots d'amour de Bruce pour sa femme.

Sans vouloir paraître grandiloquent ou définitif (puisque son oeuvre est encore en cours, et qui plus, relativement fraîche), il me semble qu'après la lecture de ces presque quarante pages il y a actuellement, parmi les scénaristes de comics contemporains, Tom King et les autres. En quelques années, cet ex-agent du gouvernement, fan de bandes dessinées depuis son adolescence, reconverti tardivement comme auteur, a fait son trou, patiemment, pour finir par se voir offrir la rédaction d'une série aussi exposée que Batman.

Et c'est sans faillir, avec l'assurance d'un auteur aguerri, qu'il conduit le titre depuis maintenant plus de trente numéros, après s'être fait remarqué auparavant ici (un passage chez Marvel avec la mini-série récompensée Vision) et là (Grayson, co-écrit avec Tim Seeley). Il avait laissé son tour pour le premier Annual, mais entre temps, il a pu bouleverser la vie de Batman en officialisant son couple avec Catwoman (une demande en mariage en bonne et due forme à la fin du troisième arc narratif, I am Bane).

Profitant de l'occasion, il a choisi de développer cette situation de manière extraordinairement émouvante dans ce deuxième Annual que la couverture sous-titre comme celui des Date nights - Last rites (soit les "rendez-vous nocturnes - derniers rites").

Lee Weeks, artiste trop rare, dessine la première partie du récit, situé dans le passé de Bruce Wayne et Selina Kyle, occupant 30 pages sur les 38 au total du fascicule. Le rythme y est alerte, l'humeur badine, et le découpage moins stricte que ce qu'on a l'habitude de lire dans la production habituelle de King. Weeks traduit magnifiquement ce jeu du chat et de la chauve-souris avec une souris en guise de fil rouge, grâce à ce trait vif, expressif, somptueusement rehaussé par les couleurs de la géniale Elizabeth Breitweiser.

King nous montre un couple en formation dont se dégage une tension érotique évidente mais aussi des fêlures similaires : Bruce Wayne et Selina Kyle ont tous deux perdu leurs parents très jeunes et se sont construits sur ce deuil, mais de manière dissemblable. Catwoman provoque son vis-à-vis sciemment pour le mettre à l'épreuve dans ses premiers pas de justicier et King appuie sur le symbole du chat joueur, malicieux, dominateur quand elle lui dit qu'il n'a au fond jamais cessé d'être le riche petit orphelin dans son grand manoir avec son majordome. Batman est dérouté par ce défi sans cesse répété qui ne semble conçu pour le blesser mais pour le réveiller, le maintenir en alerte. C'est effectivement l'objectif.

Le ressort très original, à la fois ludique et périlleux, de ce couple repose sur le fait qu'elle agit ainsi pour l'entraîner, l'endurcir, l'améliorer. Catwoman n'est pas une méchante, elle n'est pas le Joker, Double-Face, le Pingouin, le Sphinx : sa position morale est plus ambiguë, ses actes plus troubles, elle ne cherche pas à faire mal. Batman est désarçonné par cela car son activité de cambrioleuse la range du côté des criminels sans qu'elle ait du sang sur les mains - quelle est la différence entre un voleur et un tueur ? Le voleur ne prend jamais de vie.

Puis, grâce à une transition magistrale (un échange verbal qui se prolonge sur plusieurs décennies et fluidifie une large ellipse), Michael Lark prend le relais de Weeks au dessin et représente Bruce Wayne et Selina Kyle au soir de leur vie, visiblement retirés de leurs activités masquées, depuis longtemps mariés. Ils attendent en se querellant avec complicité un médecin qui leur apporte une mauvaise nouvelle - la maladie de Bruce.

King vient en deux pages de passer de la griserie d'Eros à la noirceur de Thanatos et nous annonce rien moins que la mort de Batman. Le lecteur est saisi, sidéré, a d'abord du mal à réaliser ce qui vient de se jouer, refuse presque d'y croire avant de se rappeler que le héros n'est pas un de ces surhommes pourvu de pouvoirs, altérant sa durée de vie.

La suite de ce second acte enchaîne les scènes brèves - Selina ayant requis l'aide de sa fille pour avoir celle de Zatanna et de la magie pour guérir Bruce, Selina affirmant comme jadis qu'elle n'est pas là pour aider Bruce avant de l'embrasser. Puis, tout aussi sèchement, le scénariste nous montre le héros vaincu, terrassé, sur son lit, gisant, sa veuve lui souhaitant de trouver le repos. Le moment est poignant, comme rarement, parce que sans effusions, traité très sobrement, avec beaucoup de dignité et d'intensité.

Les grandes BD se distinguent dans ces instants ainsi traduits, les plus délicats, les plus difficiles, les plus extrêmes, les plus intimes, où un auteur réussit, sans recourir à de grands effets, à produire une émotion authentique, touchante. Lorsque l'on ressent comme un des personnages la joie d'un bonheur, la douleur d'une perte, et le temps passé entre les deux, qui densifie ce qu'on cherche à nous communiquer.

Alors qu'il nous impressionne actuellement avec Mister Miracle, Tom King avec le concours de deux artistes prodigieux comme le sont Lee Weeks et Michael Lark nous bouleverse avec ce mémorable, déjà classique parmi les classiques, Batman Annual 2. A n'en pas douter, une des lectures les plus puissantes de cette fin d'année - de l'année tout court.   

mardi 19 août 2014

LUMIERE SUR...MICHAEL LARK

MICHAEL LARK
 Black Widow
 Renee Montoya (Gotham Central)
 Rachel Cole-Alves (Punisher)
 Daredevil
 Paul Crocker (Queen and Country)
 Winter Soldier
 Hulk
 Hellfire queens
 Superman
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Un fan a commandé à Michael Lark les deux dessins suivants
d'après ces 3 cases issues de Daredevil #108 :
Dakota North

vendredi 4 avril 2014

Critique 430 : LAZARUS - VOLUME 1, de Greg Rucka et Michael Lark


LAZARUS, VOLUME 1 rassemble les 4 premiers épisodes de la série créée et écrite par Greg Rucka et dessinée par Michael Lark (aidé par Stefano Gaudiano et Brian Level pour les #3-4 à l'encrage), publiés par Image Comics en 2013. L'album contient également le prologue paru à l'origine dans le catalogue du distributeur Diamond.
*
Dans un futur indéterminé, les Etats-Unis sont désormais découpés en territoires sous l'autorité de grandes familles, dirigeant des serviteurs, le reste de la population vit dans le dénuement. Chacune de ces familles produisent des cultures essentiellement agricoles et procèdent à des échanges commerciaux avec les autres clans. Ces clans ont également un protecteur génétiquement modifié, virtuellement invincible, appelé Lazarus : celui de la famille Carlyle est une jeune femme de 19 ans prénommée Forever. 
Suite à une intrusion dans une de leurs réserves, les Carlyle, convaincus après qu'un de leurs employés s'est dénoncé comme étant complice de la famille Morray, sont sur le pied de guerre, et l'un des fils, Jonah, veut engager des représailles. Mais le patriarche préfère négocier, devinant que le ver est dans le fruit, et il envoie Forever pour cela.
Au Mexique, Forever retrouve Joaquim, son homologue chez les Morray, et conclut un arrangement. Mais un complot est effectivement à l'oeuvre chez les Carlyle...
 
(Extrait de Lazarus #2
Textes de Greg Rucka, dessins de Michael Lark.)

En rupture de ban chez Marvel, le scénariste Greg Rucka (ne supportant plus les contraintes éditoriales subis lors de son run sur Punisher) et le dessinateur Michael Lark (incompréhensiblement sous-employé après, notamment un long run régulier sur Daredevil) ont décidé de proposer un projet original à l'éditeur Image Comics qui, depuis quatre ans, héberge des créateurs de renom soucieux de retrouver une plus grande indépendance. La rentabilité de ce modèle repose sur une publication rapide en recueils, ce qui impose un premier arc narratif souvent bref (ici 4 épisodes) mais vendu à petit prix (9,99 $). Les auteurs doivent donc imposer un univers, des personnages, une histoire en très peu de temps puisqu'ils la produisent sur leurs fonds propres. Le succès de plusieurs séries, qui n'évoluent pas dans le registre super-héroïque (comme Fatale de Ed Brubaker-Sean Phillips, Saga de Brian K. Vaughan-Fiona Staples, et surtout les titres de Robert Kirkman comme Walking Dead avec Charlie Adlard ou Invincible avec Ryan Ottley...), a donné des ailes à l'éditeur et des envies à nombre de créateurs.

Greg Rucka, qui, ces dernières années, a travaillé pour DC (Batwoman notamment) puis Marvel (Punisher donc). Ce n'est pas le premier venu et son savoir-faire lui permet de se plier aux contraintes d'Image sans sacrifier l'originalité de son projet. Lazarus se présente comme un récit d'anticipation, avec des éléments fantastiques, et une intrigue à tiroirs, portée par un personne féminin fort comme les apprécie le scénariste.

Le premier épisode est une sorte de modèle du genre : il s'ouvre par une longue scène très violente et sanglante qui permet à la fois de présenter l'héroïne et ses capacités extraordinaires, l'environnement dans lequel elle se trouve, et l'enjeu de l'histoire (le lecteur comprend très vite qu'au sein des Carlyle, chacun a ses vilains petits secrets et des objectifs bien distincts).
Les relations entre les protagonistes, les familles, les querelles de pouvoir, les motivations, mais aussi le contexte social, politique, sont exceptionnellement riches, d'une densité rare. Ce sentiment est renforcé par le rythme très soutenu de ce premier chapitre, au point qu'ensuite les autres épisodes paraissent curieusement beaucoup plus décompressés. La concision de l'album (à peine une centaine de pages) aboutit à une certaine frustration.
 
Cette frustration est également nourrie par le fait que Rucka inscrit son récit dans le cadre d'une anticipation futuriste, et s'il parvient sans mal à écrire des personnages et des situations très accrocheuses, il ne fait (il ne peut) que survoler cet environnement atypique. Par exemple, comment le monde en est arrivé là ? Comment ces familles se partagent les terres ? Comment la technologie a-t-elle abouti à la création des Lazarus ? Comment fonctionne cette société ? 

La qualité de travaux antérieurs de Rucka plaide en sa faveur et on peut espérer que les prochains épisodes développent, explicitent tous ces points, qui participeront à la construction même de l'intrigue. Le scénariste a tout de même soigné son ouvrage, su installer une ambiance très prenante, allant même jusqu'à inventer une devise pour le clan Carlyle ("Oderint dum metuant", soit "Qu'ils me haïssent, pourvu qu'ils me craignent !", inspiré de Caligula et Tibère, et qui pourrait être la clé de toute l'histoire).

Visuellement, Lazarus profite donc du talent de Michael Lark. Le dessinateur avait déjà collaboré avec Rucka sur l'excellente série Gotham Central, et pour les deux premiers épisodes il s'encre à nouveau lui-même (ce qu'il n'avait plus fait depuis cette précédente série justement).

Tous ceux qui, comme moi, ont adoré le travail de Lark sur Daredevil retrouveront intact les qualités de l'artiste ici : la fluidité de son découpage, le soin apporté aux lumières, l'allure de ses personnages, la représentation appliquée des décors (avec une utilisation de l'infographie magnifiquement dosée), c'est un régal. Son trait possède à la fois de l'élégance et un rendu assez brut pour lui conserver un dynamisme redoutable.
Pour un graphiste qui dit ne pas aimer particulièrement mettre en images les combats, Lark démontre pourtant encore une fois à quel point il sait les chorégraphier en leur donnant assez de brutalité pour qu'on en ressente le réalisme, qu'on frissonne pour ses héros (une prouesse quand on sait dès le départ que Forever est invulnérable). De la même manière, s'il utilise le plus souvent un registre d'expressions réduit, Lark réussit à traduire les émotions qui traversent les personnages, compensant cela par des compositions intelligentes (un dialogue ne se réduit pas à des champs-contrechamps ou des gros plans sur les visages).

La colorisation de Santi Arcas s'appuie sur des teintes brunes, ocres, des tons chauds, qui évoquent des ambiances western, enrichissant encore le style du récit.

Lazarus s'impose donc comme une série très prometteuse, avec des personnages riches, complexes, une intrigue palpitante, un univers avec un fort potentiel. Difficile de faire la fine bouche devant ce nouveau projet, sauf qu'on souhaiterait qu'Image Comics propose à l'avenir des albums un peu plus fournis (le minimum serait d'agrémenter le programme avec les variants covers)...

samedi 14 avril 2012

Critique 320 : SECRET AVENGERS - RUN THE MISSION. DON'T GET SEEN. SAVE THE WORLD, de Warren Ellis et Jamie McKelvie, Kev Walker, David Aja, Michael Lark, Alex Maleev et Stuart Immonen

Secret Avengers : Run the mission. Don't get seen. Save the world. rassemble les épisodes 16 à 21 de la série, écrits par Warren Ellis et dessinés par Jamie McKelvie (#16), Kev Walker (#17), David Aja (#18), Michael Lark (#19), Alex Maleev (#20) et Stuart Immonen (#21), publiés en 2011-2012 par Marvel Comics.
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Lors de la refonte de la franchise "Avengers" avec l' "Heroic Age" à l'issue de Siege, Secret Avengers s'annonçait comme un des titres les plus excitants, avec son concept de Vengeurs agissant partout dans le monde en clandestins et une équipe créative de premier plan (Ed Brubaker au scénario, Mike Deodato au dessin). Après 12 épisodes pourtant, le pilote de Captain America jette l'éponge, au terme de trois arcs inégaux.
Marvel parie alors sur Nick Spencer, dont la série chez Image, Morning Glories, en a fait une des sensations de 2010, pour lui succèder. Les fans pensent qu'il va s'installer durablement sur le titre, mais en vérité, avec le dessnateur Scot Eaton, il ne restera que quatre épisodes (dont un ".1"), annexés à la saga Fear Itself, et sans faire d'étincelles.
Warren Ellis, qui a l'habitude d'accepter des piges occasionnels pour mener des projets personnels à côté, s'engage alors pour 6 numéros, à présent rassemblés dans un album. Sa réputation lui permet d'avoir carte blanche et il ne s'en prive pas : il recentre la série sur l'action, l'espionnage et un zeste de fantastique techno, redéfinit le casting en le resserrant sur une formation tournante de 3-4 membres (sauf pour le dernier numéro où tout le monde est réuni), chaque "issue" est un "one-shot" illustré par un artiste différent au style marqué mais n'ayant jamais officié sur le titre auparavant.
L'anglais, qui n'aime guère les super-héros, cède sa place au terme de son bail à Rick Remender associé à Gabriel Hardman et Renato Guedes. Depuis, les ventes sont en chute libre et les Secret Avengers devraient passer à la trappe une fois le crossover Avengers vs X-Men terminé...
Mais revenons sur le court run d'Ellis et ses acolytes.
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- #16 : Subland Empire. Dessiné par Jamie McKelvie. Steve Rogers localise une base de l'Empire Secret, en fait une ville entière bâtie dans les années 70 située sous une ville  ! Le Fauve a repéré ce site grâce à des raditations telles que celles que manipule le Dr Fatalis pour fabriquer une machine temporelle que veut récupérer le Conseil de l'Ombre...

Ce premier chapitre laisse une impression curieuse : Ellis dispose des éléments excitants (la ville souterraine, la machine temporelle) mais en inscrivant dès le départ son run dans une suite de "one-shot" (même s'il refera appel au Shadow Council), il refuse de les développer. D'où le sentiment d'un récit trop expéditif pour un argument au potentiel si riche. Le découpage est d'ailleurs bancal, avec un début très explicatif qui plombe l'épisode.
Néanmoins, la patte de l'anglais est déjà évidente : l'équipe trop fourni de l'ère Brubaker est réduite à un quatuor (Rogers, la Veuve Noire, le Fauve et Moon Knight), chacun étant choisi en fonction de ses compétences (le chef, l'exécutrice, le savant, l'éclaireur), avec à la clé quelques répliques aiguisées. La référence à la fois à Mission : impossible et à Global Frequency (d'Ellis lui-même) est limpide, sans être aussi efficace.

Graphiquement, Jamie McKelvie (Phonogram) s'avère un choix des plus curieux : son style, proche d'une ligne claire réaliste, s'accommode assez mal du registre sinon super-héroïque, du moins du récit d'action spectaculaire. Le design du Fauve est à cet égard particulièrement calamiteux, lui donnant l'aspect d'un ours en peluche ridicule.

Bref, c'est un début en demi-teinte.
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- #17 : Beast Box. Dessiné par Kev Walker. Dans l'ex-Yougoslavie, un camion fou tue tous ceux qu'il croise : l'affaire attire l'attention de Rogers qui se rend sur place avec Sharon Carter, War Machine et Valkyrie. 

C'est l'épisode le plus raté de toute la collection, autant le dire tout de suite : le pitch est d'un minimalisme paresseux, que ne vient pas sauver le parti-pris d'une action à tout-va. Une équipe de Vengeurs contre un camion fou : il suffit de lire cette phrase pour comprendre l'indigence du projet.
Bien entendu, Ellis a recours à quelques-unes de ses marottes, comme lorsqu'il montre le chauffeur du monstre transformé en une espèce de cyborg, débitant des anathèmes contre ces espions américains et leurs gadgets. Mais cette auto-parodie est franchement affligeante de la part d'un scénariste pareil.
Le dénouement est expédié en une page, sans être très clair. Bref, c'est navrant.

Comme si ça ne suffisait pas, il faut supporter avec les dessins de Kev Walker (Thunderbolts), qui, comme à son habitude, se complaît à représenter des personnages méconnaissables et grimaçants dans des pages cadrées à la hussarde et sans décors.

Un échec total.
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- #18 : No Zone. Dessiné par David Aja (avec Raùl Allen). Une base du Conseil de l'Ombre qu'une réplique d'Arnim Zola (le savant nazi, souvent complice de Crâne Rouge) dirige sert de portail expérimental avec la zone négative. Avec Sharon Carter et Shang-Chi, Steve Rogers va tenter d'arrêter ces manoeuvres...

Après deux épisodes très moyens, Warren Ellis se retrousse les manches et livre un chapitre bien meilleur : l'équipe est cette fois carrèment réduite à un trio, mais la véritable attraction de l'histoire est le maître du kung-fu, Shang-Chi (ramené par Brubaker dans son 2ème story-arc, Eyes of the dragon). Le scénariste le meet en scène comme une véritable machine à tuer, mutique et implacable, dans un décor renversant évoquant les jeux vidéos à paliers.
Le récit est basique et très rapide, mais d'une redoutable efficacité, avec quelques répliques bien senties.

L'autre atout de l'épisode est la présence de David Aja (assisté à l'encrage par Raùl Allen) au dessin : l'espagnol fait feu de tout bois sur ce script minimal mais qui lui permet de jouer de manière virtuose sur le découpage, les angles de vue, le flux de lecture. Le résultat est prodigieux, inventif, intelligent, remarquablement dosé, avec un trait épuré à l'extrème et aux effets judicieusement disposés.

Un spectaculaire redressement.
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- #19 : Aniana. Dessiné par Michael Lark (avec Stefano Gaudiano et Brian Thies). Dans la ville d'Aniana en Symkarie (entre la Latvérie et la Roumanie), les Vengeurs Secrets sont sur la piste d'un curieux trafic transformant des mercenaires en surhommes. Steve Rogers, Sharon Carter, la Veuve Noire interviennent pour coincer leur chef, Voydanoi, après que Moon Knight ait infiltré son repaire incognito...


Avec ce nouveau chapitre, Warren Ellis signe sans doute son meilleur travail sur la série. Tous les éléments l'attestent : le danger est rapidement exposé, l'intervention des Secret Avengers rondement menée avec un des leurs attaquant de l'intérieur, le face-face final résolu de manière musclé après une révèlation sur l'origine du sérum des surhommes slaves.
Ellis mixe à la perfection les ingrédients du récit d'espionnage, l'action, tout en glissant in fine une explication fantastique comme il les affectionne et qui donne une perspective insoupçonnée à l'opération. La caractérisation, quoique sommaire comme auparavant et après, est efficace, chacun ayant un rôle à jouer bien défini - Moon Knight étant la vedette du jour.

Au dessin, Michael Lark est parfaitement dans son élément, son style est plus "rushé" qu'à l'accoutumée, s'étant concentré sur le découpage et les personnages et laissant les finitions à son complice Stefano Gaudiano (épaulé par Brian Thies). La colorisation de José Villarubia contribue aussi à l'ambiance étrange de ce segment en choisissant des teintes pastel et contrastées.

Excellent. 
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- #20 : Encircle. Dessiné par Alex Maleev. Une intervention de l'équipe, formée par Steve Rogers, Sharon Carter, War Machine et la Veuve Noire, tourne mal à Evge, en Norvège. La Veuve utilise un appareil lui permettant d'effectuer des sauts dans le passé afin de corriger le tir en neutralisant l'ennemi avant l'assaut fatal. 44 ans, 30 ans, 6 ans, 5 ans, 3 ans, un mois, une semaine ou 30 secondes avant, l'espionne doit à la fois rencontrer divers savants et assembler une machine capable de la sortir, elle et ses compères, de ce mauvais pas... 
 

C'est l'épisode le plus déroutant de la collection : cette fois, Warren Ellis concentre toute notre attention sur la Veuve Noire qui, pour éviter une mort certaine à l'équipe, opère plusieurs courts voyages dans le temps, parfois très loin dans le passé. La narration est totalement éclatée et exige d'être vigilant, tout en étant malgré tout très fluide et menée sur un rythme effrenée, comme une vraie course contre la montre (procédé que le scénariste va reprendre dans l'épisode suivant, mais de manière plus linéaire).
L'aspect purement fantastique du récit est admirablement géré par un auteur qui sait manier comme personne ce genre. On est tenu en haleine jusqu'au bout, avec une héroïne superbement mise en valeur.

Alex Maleev a trouvé le temps, entre deux épisodes de Moon Knight, de produire ce chapitre et il ne l'a pas fait négligeamment, déployant des trésors d'invention pour coller au plus prés des époques traversées et des ambiances évoquées.
Le sommet se situe lorsque durant deux planches et demie, l'artiste découpe l'action en trois strips de trois vignettes chacun, en noir et blanc sur papier sépia, et en imitant le style de Jim Holdaway sur Modesty Blaise (référence de toujours pour la Veuve Noire) : c'est aussi jubilatoire qu'éblouissant.

Une expérience épatante.
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- #21 : Final Level. Dessiné par Stuart Immonen. L'office of National Emergency se situe dans un building en proie à un incendie. Mais les Vengeurs Secrets ne sont pas là pour jouer les pompiers de service : en effet, parmi les cadres de cette agence se cache un traître, ayant connaissance d'un produit inconnu mais dangereux et surtout non localisé...

Warren Ellis clôt son run en reprenant le dispositif du précédent épisode : toute l'histoire est construite sur un compte à rebours, et ce procédé va motiver l'équipe dont la préoccupation n'est plus simplement de remplir la mission ("run the mission") ou de ne pas être vue ("don't get seeen") mais de sauver le monde ("save the world"). Quand ils découvrent la menace dans le sous-sol du building de l'O.N.E., on comprend en effet que ça ne va pas être simple.
Volontiers provocateur, même s'il a été assez mesuré jusque-là, Ellis oblige Steve Rogers à appliquer des méthodes inattendues, comme le recours à la torture (même si, en fait, il laisse cette sale besogne à Moon Knight et la Veuve Noire). Cela peut sembler "out of character" mais présente aussi l'intérêt de montrer que de tels Vengeurs ne sont pas de simples et valeureux héros, plutôt des soldats, des commandos.

Pour l'occasion, Ellis collabore à nouveau avec Stuart Immonen, son partenaire sur Nextwave et Ultimate Fantastic Four, qui venait juste de terminer Fear Itself. Si le canadien semble parfois moins appliqué, ses planches possèdent toujours cette formidable énergie, ses personnages sont expressifs, son découpage ultra-dynamique (même quand il sacrifie à la double-planche rituelle depuis le début du run d'Ellis).

On tourne les pages si vite que le dénouement vous cueille littéralement !
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C'est un peu dommage qu'Ellis n'ait pas prolongé son séjour car plus il progressait, meilleur il était, mais en l'état, et avec le concours de graphistes inspirés (pour les 2/3 au moins), ce run est d'une efficacité exemplaire. 

mardi 22 mars 2011

LUMIERE SUR... MICHAEL LARK


Michael Lark.
 Le dessin de Michael Lark à ses débuts :
Terminal City (scénario de Dean Motter).
Commission art : Golden Age Starman and Hourman.
Planche extraite de Batman : Nine Lives (scénario de Ed Brubaker).
Planche (non colorisée) extraite de Gotham Central,
dessinée et encrée par Lark (scénario de Ed Brubaker et Greg Rucka).
 Planche extraite de Daredevil, encrée par Stefano Gaudiano
(scénario de Ed Brubaker).
Work-in-progress d'une planche de Daredevil :
Michael Lark établit le découpage et dessine les personnages
et Stefano Gaudiano encre et réalise les finitions.
Un autre work-in-progress par Lark et Gaudiano :
planche d'Amazing Spider-Man.
Couverture non colorisée pour Amazing Spider-Man,
dessinée et encrée par Lark.
Naissance aux Etats-Unis.
Dessinateur, encreur, cover-artist, designer.