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dimanche 12 novembre 2023

La sison 2 de LOKI offre sa rédemption au dieu de la malice


Deux ans après une première saison très réussie, Loki revient pour six nouveaux -et sans doute derniers - épisodes. Le show créé par Michael Waldron confirme sa qualité et son audace, fournissant même au MCU une perspective nouvelle dont Kevin Feige devrait profiter pour avoir la solution à ses problèmes. En outre, on quitte le dieu de la malice dans une position vraiment nouvelle qui le rachète de tout ce qu'il a commis.


Victime d'errance temporelle depuis que son variant Sylvie a tué Celui Qui Demeure, Loki ne cesse d'apparaître dans le passé et le présent à l'intérieur de Time Variance Authority (TVA). Mobius consulte Ourboros (O.B.), le technicien qui a rédigé le guide de la TVA, pour remédier à ce problème. O.B. en déduit que le Coeur Temporel est en surcharge depuis que ses branches sont en expansion et il qu'il faut donc extraire Loki de ce chaos. Mobius branche un extracteur temporel sur le coeur et permet à Loki de se rematérialiser définitivement. Il leur faut ensuite partir trouver Sylvie qui a gagné Broxton dans l'Oklahoma en 1982.
 

Mais ignorant cela, Loki et Mobius capturent d'abord le chasseur de variant X-5 qui a déserté après avoir été menacé par Sylvie. Grâce à lui, ils la localisent et Loki tente de la convaincre de revenir à la TVA pour les aider à remédier au chaos temporel, mais elle refuse dans un premier temps, estimant qu'ainsi, désormais, chacun est libre de rentrer à l'époque d'où il a été extrait par l'organisation. Cependant, O.B. découvre que pour réparer durablement le Coeur, il lui faut accéder à l'aura temporel de Miss Minutes. En parallèle, la général Dox de la TVA décide d'envoyer ses chasseurs élaguer les branches temporelles pour stabiliser la situation. C'est ce qui décide Sylvie à changer d'avis car elle est directement menacée par cette manoeuvre.
  

Malgré l'arrestation de Dox, de nombreuses branches temporelles ont été élaguées et avec elles d'innombrables vies. En 1868, à Chicgo, Ravonna Renslayer et Miss Minutes déposent chez le jeune Victor Timely, variant de Celui Qui Demeure, un exemplaire du guide de la TVA. Même ville, en 1893, lors de l'exposition universelle, Timely dévoile son prototype de Coeur temporel au public, dans lequel se trouvent Ravonna mais aussi Loki et Mobius. Timely s'enfuit après avoir vendu sa machine. Sylvie le poursuit pour le tuer tandis que Loki tente de le sauver. Ravonna l'emmène avec elle et Miss Minutes à son laboratoire du Wisconsin. Sylvie les y retrouve mais épargne Timely en comprenant qu'il est différent de Celui Qui Demeure et laisse Loki et Mobius l'embarquer. Ravonna est renvoyée à la fin des temps où Miss Minutes lui avoue un secret.


Ce secret, c'est que Celui Qui Demeure était l'amant de Ravonna dont il a préféré effacer tous les souvenirs pour qu'elle reste à la tête de la TVA plutôt qu'à ses côtés. Cependant, O.B. et Timely construisent un nouveau Coeur qui pourra théoriquement réguler toutes les branches temporelles. Timely est désigner pour l'installer. Ravonna propose à Dox et ses chasseurs, incarcérés, de former son armée mais seul X-5 réponde présent. Timely échoue à installer le régulateur du Coeur qui entre en surchauffe et désintègre la TVA.


Loki a survécu à l'explosion mais tous les autres membres de l'équipe ont disparu et la TVA s'effondre. Son errance temporelle reprend alors et il trouve alors Sylvie, Mobius, puis la chasseuse B-15,  le technicien Casey et enfin O.B. chacun dans leur ligne temporelle. Expliquant la situation à O.B., Loki comprend qu'il lui faut réunir le groupe. Mais Sylvie refuse à nouveau de s'y joindre jusqu'à ce que sa temporalité s'efface. Mais il est trop tard : toutes les branches s'effilochent. Seul Loki, élément constant, subsiste. Il décide alors de se servir de cet avantage pour réécrire l'Histoire.


Les échecs se succèdent pour réparer le Coeur . Timely explique que l'expansion infinie des branches ne peut plus être contenue : c'est la fin des temps. Loki s'y déplace et débat avec Celui Qui Demeure sur le choix qui s'impose : le tuer lui et déclencher une guerre multiverselle condamnée à être perdue, ou tuer Sylvie avant qu'elle ne le tue pour préserver la Ligne Sacrée du Temps protégée par Celui Qui Demeure. Toutefois, Loki refuse ces deux options et se sacrifie pour contenir l'explosion du Coeur. Les branches se meurent mais il les revitalise avec la magie puis accède à la fin des temps pour prendre sur un trône et devenir le gardien du multivers dans une solitude éternelle. Cette action a plusieurs conséquences directes : Timely ne reçoit jamais le guide de la TVA en 1868, Mobius quitte la TVA tout comme Sylvie, Ouroboros en devient le technicien en chef, Ravonna atterrit dans Néant à la lmerci d'Alioth. Et les branches temporelles forment une nouvelle arborescence semblable à celle du défunt arbre-monde Yggdrasil dont Loki est le gardien.

Alors que le syndicat des comédiens à Hollywood, juste après celui des scénaristes, a conclu un accord avec les studios, Tom Hiddleston a eu le temps de promouvoir le dernier épisode de la saison 2 de Loki, mis en ligne ce vendredi 10 Novembre. Il confiait à Jimmy Fallon qu'il s'agissait pour lui de la fin d'un long voyage, suggérant ainsi qu'il en avait fini avec le dieu de la malice qu'il incarne depuis 13 ans et l'âge de 29 ans (il en a 42 aujourd'hui).

Et cela raisonne de manière encore plus troublante, comme en écho à ce qui a été l'âge d'or du MCU. Actuellement, le studio piloté par Kevin Feige est dans la tourmente : la révolte gronde chez les techniciens des effets spéciaux soumis à des cadences infernales pour des résultats qui ont laissé à désirer sur certaines productions récentes. Les films comme les séries Marvel ne rencontrent plus un succès imparable comme auparavant (c'est-à-dire jusqu'à Avengers : Endgame). Et tous ceux qui misaient gros sur les super-héros pour l'avenir retiennent à présent leur souffle. A titre d'exemple, et consécutivement à la grève, il n'y aura qu'un film Marvel sen salles l'an prochain (Deadpool 3). Les suivants ne sortiront qu'en 2025, année qui verra aussi revenir Superman (par James Gunn)...

Le temps a joué contre le MCU et pour ma part, il n'y a guère de doute que Kevin Feige (mais pas seulement lui, toutes les majors qui ont spéculé sur le genre comme une poule aux oeufs d'or inépuisable) s'est trompé de stratégie, d'abord en voulant que les séries Disney +-Marvel soient connectées et forment un grand tout, mais aussi en ne laissant pas aux fans le temps de reprendre leurs esprits et leur souffle après Avengers : Endgame, conclusion de plus de dix ans d'une collection de films à succès. En somme, le (télé)spectateur n'a pas eu le temps d'être en manque, mais au lieu d'avoir des films de la même qualité et envergure que Endgame, il a hérité de longs métrages souvent moyens, voire médiocres, bâclés, et de séries très inégales, refusant souvent de tout voir pour ne pas saturer.

Les Gardiens de la Galaxie, vol. 3 sorti il y a quelques mois, mettait déjà un point final à la Phase IV maudite du MCU tout en expliquant à tous pourquoi, lui, sortait du lot, grâce à la personnalité de son auteur (James Gunn), son amour du genre, son soin dans la réalisation et sa sincérité dans le propos. Loki fait de même avec les séries Disney + - Marvel.

Il est effectivement beaucoup question dans cette seconde saison de retour en arrière et de bond en avant et on peut y lire une métaphore des interrogations du MCU et de ses concepteurs, qui tentent de comprendre comment négocier l'avenir tout en se rappelant ce qui fonctionnait avant le crise post-Endgame. Peut-être cela passera-t-il, comme pour Loki, par un sacrifice, aussi bien symbolique qu'effectif.

Car en fondant la Phase IV et la prochaine sur Kang le conquérant temporel, Feige a fait une erreur sur l'attractivité de ce vilain et surtout dans la manière de l'introduire dans ce nouvel acte du MCU. A l'évidence, le présenter dans la première saison de Loki, dans une série télé, n'était pas le meilleur moyen quand on le compare aux apparitions progressives de Thanos qui, en plus, avait un plan plus clair et compréhensible. Kang devait incarné la notion du multivers qui s'est avéré une impasse car les (télé)spectateurs ont plus vite compris que Kevin Feige que les univers parallèles engendreraient de potentielles résurrections et donc désacraliserait ce qui avait contribué à la dimension la plus poignante de Infinity War/Endgame.

Et surtout Loki est apparu comme une sorte de dernière relique d'un temps passé, d'un temps glorieux, dont l'histoire et la rédemption bouclerait la boucle. Pourquoi, au fond, cette série n'a pas déçu et même entretenu l'espoir ? Parce qu'elle parlait moins de multivers que de Loki et de son salut. La leçon à en retirer est bien plus simple et abordable que les terres parallèles et les variants : négligez l'attachement aux personnages singuliers et vous perdrez ce à à quoi sont attachés les gens qui aiment ces personnages, leurs histoires, leur univers.

Tout n'est pas parfait dans cette saison 2, qu'on peut trouver en deçà de la précédente, notamment parce qu'elle nous fait moins voyager, qu'on n'y découvre plus de variants de Loki, que beaucoup de scènes se cantonnent à la salle du Coeur de la TVA, etc. Mais l'ensemble est supérieur à la somme de ses parties et c'est ce qu'on retient. Quand la dernière scène du dernier épisode est terminée, on a le sentiment du devoir accompli et d'un trip audacieux et abouti. Tout est à sa place, cela ne pouvait mieux se finir, même si on peut trouver triste le sort réservé à Loki, qu'une mélancolie sourde sous-tend tout le récit et sa conclusion. Mais cette mélancolie a quelque chose de poétique, et de plus beau que tout ce pudding multiversel qu'on a voulu nous faire avaler de force.

Au fond, tout le monde s'est foutu de Kang, Celui Qui Demeure, et compagnie, d'autant plus depuis que son interprète, Jonathan Majors, a été impliqué dans un fait divers sordide et des propos guère engageants sur sa personnalité et son passé. Mais en revanche, tout le monde a fini par adorer Loki, cette canaille, ce farceur, ce repenti et in fine ce héros, véritable. La série lui offre une dimension tragique, poignante, et si Kevin Feige est intelligent, il saura s'en servir pour changer ses plans et orienter différemment le MCU, quitte à justement, comme le dieu de la malice, faire le sacrifice de quelques projets dont on ne donne pas cher de leur peau (Kang Dynasty, Secret Wars) au profit d'autres qu'il n'est que temps de concrétiser (Fantastic Four, X-Men).

Tom Hiddleston est absolument remarquable dans ce rôle qu'il a su habiter sans qu'il lui colle à la peau, en conservant la bonne distance, de telle sorte que tout le monde l'a apprécié quelle que soit l'époque, le film, la série. Owen Wilson a formé avec lui un tandem jubilatoire et formidable à l'alchimie indéniable. L'intégration de Ke Huy Quan est parfaite et fournit un souffle nouveau à la partie. Sophia di Martino en fait un peu les frais d'ailleurs tout comme Gugu Mbatha Raw. Mais surtout tous ceux-là éclipsent le cabotinage grotesque de Majors.

Le souvenir de Loki veille sur le MCU désormais. Puisse son pilote tout-puissant s'en inspirer. Et finalement, peut-être qu'un seul nouveau film en 2024 donnera l'occasion, manquée jusqu'alors, de faire souffler cette franchise et son public et lui redonner l'envie.

dimanche 5 mars 2023

ANT-MAN ET LA GUÊPE : QUANTUMANIA, de Peyton Reed (Critique avec spoilers !)


La Phase V du MCU débute donc avec Ant-Man et la Guêpe : Quantumania, 31ème film produit par Kevin Feige, et troisième chapitre des aventures de l'homme fourmi. Le long métrage de Peyton Reed a la lourde tâche de faire oublier une Phase IV très inégale et très moyenne artistiquement, où Feige a voulu que les séries sur Disney + et les films en salles se complètent, sans convaincre, mais aussi d'introduire celui qui doit succéder à Thanos comme le grand méchant de cet univers : Kang le conquérant. Verdict ?


Après avoir survécu au "snap" de Thanos et avoir retrouvé Janet Van Dyne détenue pendant trente ans dans le royaume quantique, Hank Pym et sa fille Hope ont pleinement accueilli au sein de leur famille Scott Lang et sa fille Cassie, qui partage avec les Pym le goût de la science. Contre l'avis de Janet, Cassie a conçu un appareil permettant de cartographier le microvers, mais un incident se produit qui attire tout le monde dans cette dimension. Scott et Cassie sont séparés de Hope, Hank et Janet et bientôt appréhendés par des rebelles qui évoquent un conquérant inquiétant.


Janet, elle, renoue avec de vieilles connaissances dans le royaume quantique et demande de l'aide à Krylar. Mais celui qui avait combattu Kang à ses côtés travaille désormais pour ce dernier. Hope se défend et avec Hank et Janet réussit à s'enfuir à bord du propre vaisseau de Krylar. Cependant, évoquant Janet devant les rebelles, Scott comprend que le conquérant est l'ennemi de sa belle-mère et qu'il a envoyé son plus féroce tueur contre le campement. Scott et Cassie sont capturés par M.O.D.O.K., qui n'est autre que Darren Cross, l'ancien Yellowjacket, transformé par Kang.


Présenté à ce dernier, Scott passe un marché avec le conquérant qui lui explique que Janet a détruit le réacteur de son vaisseau temporel et s'il le récupère, il laissera la vie sauve à Cassie. Scott se jette dans le vide quantique pour récupérer le réacteur alors que, au même moment, Hope avec Hank et Janet approche. Hope rejoint Scott et ensemble ils trouvent le réacteur. Mais au moment de le remettre à Kang, Janet s'interpose. Kang neutralise Scott et Hope tandis que MODOK laisse Hank pour mort. Janet est emmenée dans la citadelle de Kang.


Cassie, pendant ce temps, réussit à s'évader de sa cellule et elle accède aux quartiers de Kang depuis lesquels elle en appelle aux rebelles pour qu'ils attaquent la citadelle du conquérant. Scott et Hope se joignent à eux et causent d'importants dégâts, tandis que profitant que Kang soit distrait par cet assaut, Janet endommage à nouveau le réacteur. Kang est obligé de descendre s'occuper lui-même des rebelles. Affrontant Scott et Hope, il les domine. Jusqu'à ce que Hank et des fourmis du microvers arrivent et ne l'écrasent. 


MODOK, rejeté par Kang, meurt en soutenant les rebelles. Janet ouvre un portal quantique qu'elle emprunte ensuite avec Cassie, Hank et Hope. Mais Kang tente de se glisser dans l'ouverture à la place de Scott qui l'en empêche. Hope revient l'aider à tuer le conquérant et ils rentrent chez eux après avoir vu les rebelles prendre le contrôle de la citadelle. Quelque temps après, alors qu'il rejoint Hope, Hank, Janet et Cassie, Scott s'interroge sur les conséquences de cette bataille dans le microvers en espérant que tout ira pour le mieux...

Deux scènes additionnelles sont visibles après le générique de fin : dans la première, Immortus, la version la plus futuriste de Kang, réunit tous les variants du conquérants pour préparer une riposte d'envergure contre notre ligne temporelle susceptible de perturber le multivers ; dans la seconde, Loki et l'agent M. Mobius de la T.V.A. assistent à une représentation du spectacle de Victor Timely, un autre variant de Kang dans les années 1900, que le dieu asgardien estime être une menace sérieuse...

Ant-Man et la Guêpe : Quantumania n'a plu ni à la critique ni au grand public - aux Etats-Unis, le film a même vu sa fréquentation en salles diminuer dramatiquement lors de sa deuxième semaine et il ne faut donc pas espérer qu'il fasse un aussi bon score que les deux autres volets de la trilogie. Autant dire que cette Phase V du MCU démarre mal.

Les commentateurs et analystes ont beaucoup glosé sur les raisons de cette déconvenue, surtout après une Phase IV qui a déjà beaucoup déçu artistiquement et commercialement. On a pointé la stratégie de Kevin Feige, le grand architecte du MCU, qui a voulu que films en salles et séries en streaming sur Disney + forment un grand tout. On a aussi remarqué que les films Marvel, en perdant Iron Man/Robert Downey Jr. et Captain America/Chris Evans n'avaient plus de héros aussi fédérateurs. Et puis on a aussi évoqué une possible lassitude du public, comblé au terme de la Phase III avec le diptyque Avengers : Infinity War/Endgame, bouqet final d'une entreprise menée durant dix ans.

Il y a du vrai dans toutes ces hypothèses. Feige a certainement vu trop gros, trop grand, et le public n'a sans doute pas voulu être obligé de suivre séries et films pour être sûr de ne rien rater. Ni Downey Jr. ni Evans n'ont été remplacés. Et depuis Infinity War/Endgame, aucune super-production Marvel n'est parvenu à nous faire frissonner autant. Thanos et la menace qu'il incarnait manquent.

Mais faut-il tout jeter, brûler ce qu'on a adoré ? Il reste des choses excitantes à venir, comme le vol. 3 des Gardiens de la Galaxie, The Marvels. Même si on préferait que Kevin Feige s'occupe plus de Doctor Strange, de Scarlet Witch, de Hawkeye, et que Thor ait au moins un dernier tour d'honneur à sa mesure, on peut aussi être curieux de voir ce que va donner le prochain Captain America, New World Order, avec Sam Wilson/Anthony Mackie dans le rôle. Par contre, c'est vrai que la perspective de revoir les Eternels, de découvrir les Thunderbolts, voire Blade, est beaucoup moins attirante (à mon goût à tout cas).

Quantumania ne me semble pas mériter toutes les critiques négatives qu'il a eues. Certes, il est moins bon que le premier Ant-Man et que Ant-Man et la Guêpe, qui jouaient à fond la carte du "petit" film récréatif et tenaient grâce à la sympathie qu'on avait pour Paul Rudd (malgré son manque total d'alchimie avec Evangeline Lilly). Les effets spéciaux sont parfois moyens et les designs du royaume quantique sont inégaux. Mais de là à le traiter comme Thor : Love and Thunder, non, quand même pas.

Pour ma part, et je sais que je risque d'être isolé, j'ai apprécié l'histoire, qui met vraiment en avant Janet Van Dyne, explique bien sa relation avec Kang, la raison pour laquelle le conquérant temporel est coincé dans le royaume quantique. Le scénario de Jeff Loveness est bien construit à défaut d'être toujours original et captivant, avec ses trois actes classiquement développées (l'errance dans le microvers, le marché que passe Kang avec Ant-Man, la rébellion finale). Il y a du rythme, le film n'est pas trop long (juste 2h. 05).

Evidemment, ce n'est pas parfait ni suffisant. Bill Murray ne fait que passer et il déçoit (j'attendais un grain de folie avec lui, qui n'est pas venu). Michael Douglas est sous-exploité. Kathryn Newton (troisième actrice à incarner Cassie Lang) est incapable de donner de la chair à son personnage. Evangeline Lilly confirme qu'elle est un total miscast.

Mais bon sang, Paul Rudd est fantastique, charmeur et charmant, une vraie perle. Et puis Michelle Pfeiffer éblouit : elle a une partition à défendre et elle le fait avec cette présence intacte, un jeu nuancé. Enfin, Jonathan Majors est tout sauf un acteur sobre, il en fait à peine moins que dans le final de Loki saison 1, mais le bonhomme a un sacré charisme. Je doute encore qu'il puisse rivaliser avec le Thanos que campait Josh Brolin, mais il a les épaules pour être ce grand adversaire impitoyable, dangereux qu'exige la suite du MCU.

Par ailleurs, j'ai lu beaucoup de trucs sur la laideur du film et honnêtement je n'ai pas compris pourquoi. Il était fait mention d'un mauvais pastiche de Star Wars pour la population et quelques décors du royaume quantique. Mais comme l'univers Star Wars ne m'a jamais passionné, je n'ai pas été gêné. D'autant moins que, faut-il la rappeler, Star Wars n'a absolument rien inventé puisque George Lucas a tout pompé sur Valérian et les graphismes de Mézières (et ceux de Moebius aussi).

Bien sûr, ce n'est pas parfait non plus sur ce plan-là et il faudrait vraiment que les concepteurs des effets spéciaux soient mieux traités par Marvel/Disney (la grogne dure depuis un moment maintenant), alors que, auparavant, il n'y avait pas grand-chose à redire. On se serait passé d'un MODOK aussi ridicule (même si la véritable erreur réside davantage dans le fait de l'avoir intégré à du live action parce que même mieux écrit qu'ici, impossible de garder son sérieux avec une telle créature). Toutefois, la diversité du bestiaire deu royaume quantique, la diversité des environnements, jusqu'à la citadelle de Kang (vraiment impressionnante, j'ai trouvé) compensent ces faiblesses et montrent l'investissement de Peyton Reed et ses équipes pour faire le show.

Peut-être suis-je trop bon public, trop gentil, trop indulgent avec ce Ant-Man et la Guêpe : Quantumania. Mais je l'ai trouvé plus satisfaisant que tous les films de la Phase IV. Je crois (et j'en suis même sûr) que Les Gardiens de la Galaxie vol. 3 et The Marvels cette année me plairont plus, seront plus aboutis. Que cette Phase V sera aussi très différente (Feige a déjà tenu à rassurer que le multivers ne serait pas au programme de tous les prochains films), y compris avec les séries Disney +.