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lundi 12 juillet 2021

DES NOUVELLES NOUVELLES TOUTES FRAÎCHES

Cette semaine, encore pas de news ont retenu mon attention. De bonnes mais aussi de tristes nouvelles. Des polémiques aussi, surtout dans la partie cinéma attachée aux comics. Et quelques trucs sympas du côtés des indés. Bref, il y a de quoi faire !

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RICHARD DONNER (1930-2021) :


On démarre avec la triste annonce du décès de Richard Donner, mort à l'âge vénérable de 91 ans. Sa disparition a ému tout le monde dans le milieu des comics parce que Donner restera à jamais le cinéaste associé à Superman, le réalisateur qui nous a fait coire qu'un homme pouvait voler. C'était en 1978.
En 1980, Donner sera écarté de la suite des aventures du Man of Steel (joué par l'inoubliable Christopher Reeve) et remplacé par Richard Lester, avant que, en 2006, le Donner's Cut ne réhabilite sa version du film (bien avant donc Justice League Snyder's Cut). En 2011, auc côtés de Geoff Johns, qui fut son assistant, il co-signera des épisodes de Action Comics.
Mais réduire Richard Donner à Superman, ce serait oublier qu'il a laissé à la postérité d'autres excellents longs métrages, comme Les Goonies (1983), les quatre volets de L'Arme Fatale (1987, 1989, 1992, 1998), le western Maverick (1994 - adapté de la série télé du même nom) pour lequel j'ai une affection particulière, et le méconnu mais sublime Ladyhawke (1983). Autant de pépites que je vous invite à (re)voir. 
Car sans Richard Donner, le MCU n'aurait pas non plus le même visage : en effet, Kevin Feige a rappelé, dans un message à la mémoire du réalisateur, qu'il lui devait sa carrière car il fut l'assistant de Lauren Shuler Donner, l'épouse du cinéaste. Les conseils du couple pour porter les super-héros à l'écran lui inspirèrent sa vision du MCU.
Un grand monsieur.

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MARVEL :


Mercredi dernier (en France, Vendredi aux Etats-Unis) est sorti Black Widow, le long métrage consacré à la super-espionne des Avengers. Marvel Studios a longtemps repoussé sa sortie en salles à cause de la crise sanitaire mais visiblement les fans ont été patients et au rendez-vous car c'est un nouveau carton au box-office. J'aurai certainment l'occasion d'en rédiger une critique en bonne et due forme. Mais pour l'heure, je veux revenir sur deux polémiques qui ont entouré la distribution du film.
La première a été en quelque sorte provoquée par les déclarations de sa réalisatrice, Cate Shortland, et de sa vedette, Scarlett Johansson. On ne peut nier que Marvel Studios a (beaucoup trop) tardé à produire des films avec des femmes dans les premiers rôles et derrière la caméra (il aura fallu attendre Captain Marvel, en 2019, et encore Anna Boden partageait le poste de réalisatrice avec Ryan Fleck). Mais le problème se situe ailleurs avec Black Widow.
En effet, Cate Shortland a signé un opus très influencé par le mouvement #Metoo, l'histoire est parsemée d'allusions (plus ou moins subtiles) aux pressions exercées sur les femmes par des hommes de pouvoir. C'était aussi la volonté de Scarlett Johansson, très impliquée dans le combat pour la libération de la parole chez les victimes de harcélement et d'abus sexuels.
Là où cela m'a semblé plus discutable, c'est quand l'actrice et la cinéaste ont déclaré que le personnage de Black Widow dans le MCU avait été trop sexualisée, traîtée comme un faire-valoir pour ses collègues Avengers, réduite à son sex appeal. D'une, j'en ai un peu marre de ce discours victimaire comme quoi toutes les actrices sont diminuées dans les films car ce n'est pas vrai : bien avant Scarlett Johansson, il faut se rappeler que des comédiennes comme Demi Moore, Sharon Stone, Jodie Foster, pour ne citer que des exemples récents, ont obtenu des studios plus de considération, de meilleures salaires et des rôles à leur mesure sans pleurnicher.
De deux, que je sache, chère Scarlett, tu sais lire un scénario et donc tu as accepté de tourner tous ces films où tu étais soi-disant "objetisée" sans que ça te dérange plus que ça, et pas que dans le MCU - où, franchement, le traitement de Black Widow n'a rien de honteux ni de malsain. Donc, t'entendre geindre aujourd'hui parce que la tenue de Natasha Romanoff était trop moulante, ses décolletés trop généreux, c'est limite du foutage de gueule. 
Enfin, pour tous ceux qui iront voir Black Widow, vous constaterez sans doute avec amusement le nombre de fois où Cate Shortland filme complaisamment le joli postérieur rebondi de sa vedette (et de ses partenaires féminines). Il y a plus de plans sur la belle anatomie de ScarJo là-dedans que dans tous les films Avengers. En matière d'hyper-sexualisation, d'objetisation, il y aurait de quoi parler...
   

Mais Black Widow a aussi suscité des commentaires bien plus pathétiques. On connaissait le mépris de Martin Scorsese pour le MCU (dont les films sont pour lui plus proche d'un parc d'attractions, d'une fête foraine, que du "vrai" cinéma). On pourra désormais citer Stephen Dorff dans la catégorie des pisse-froid.
Pourtant Dorff n'a pas toujours aussi virulent envers les super-héros, mais c'était avant le MCU, quand il tournait dans Blade (en 1998). Avec le projet (quoiqu'encore assez lointain) d'un reboot du film consacré au vampire chasseur de vampires, Dorff aurait bien aimé que Kevin Feige lui téléphone pour qu'il reprenne son rôle de Daemon Frost, mais il attend toujours. Alors, Stephen a le seum.
Et il s'est donc lâché en interview à l'occasion de la sortie de Black Widow, exprimant son embarras devant le résultat et sa honte pour Scarlett Johansson, qualifiant le MCU de "garbage" (poubelle, ordure). C'est sûr que cette fois Kevin Feige ne l'appelera plus, même pour un cameo.
Mais je serai lui, je ferai quand même gaffe car si Natasha Romanoff est morte, Yelena Belova pourrait bien lui passer une rouste.


Restons dans le débat de haute volée avec la publication du premier épisode de la mini-série The United States of Captain America, écrit par Christopher Cantwell et dessiné par Dale Eaglesham. Avant même la sortie de ce n°, ça jacassait déjà pas mal sur les réseaux sociaux à cause de plusieurs personnages originaux créés pour l'occasion, des avatars du Captain issus de minorités diverses, pour symboliser l'universalité du héros.
Tout ça n'a pas plus à des pseudo-fans pour qui Captain America, c'est Steve Rogers, un blond aux yeux bleus, un américain pur jus. Les mêmes s'étaient déjà étranglés quand Sam Wilson avait endossé le costume dans les comics (et dernièrement à la fin de la série Disney + The Falcon and the Winter Soldier). Mais là, voir un améridien, un latino, une femme noire et d'autres perpétuer l'héritage de Rogers, ça ne passe plus.


Le "trauma" de ces tristes sires s'est aggravé quand, dans ce premier épisode, Captain America explique, qu'en c'est temps troublés (une allusion directe à la présidence Trump et la division bipolaire du pays), il ne représentait aucun gouvernement mais l'idéal américain. Et là, c'est le drame !
Vous souvenez-vous de Dean Cain et Kevin Sorbo, les interprètes de Superman et Lois) et de Hercule ? Hé bien, nos deux grands intellectuels, Républicains convaincus, n'ont pas digéré la profession de foi de Steve Rogers, accusant Marvel d'en faire une icône "woke". Pour les partisans de la Droite radicale américaine, cela n'est pas un compliment alors que le terme qui signifie "éveillé" désigne tout individu conscient des problèmes liés à la justice sociale et l'égalité sociale. Autrement dit, tout cela est trop anti-américain pour les supporters de Trump... Qui ne doivent pas se rappeler d'une emblématique couverture du comic-book où Captain America frappait Adolph Hitler !

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DC COMICS :


Chez la Distinguée Concurrence, c'est plus calme. J'ai été un peu dure avec DC Comics dans mes dernières entrées consacrées à leurs news, mais cette semaine l'éditeur semble s'être recentré sur son job, les comics.
Ainsi, a été annoncée pour Octobre prochain une mini-série en 7 épisodes Aquaman/Green Arrow : Deep Target. Elle sera écrite par BrandonThomas (un scénariste en pleine bourre actuellement) et dessinée par Ronan Cliquet. 
Pourquoi ai-je retenu cette info ? Parce que cette mini-série me semble destinée à tester le lecteur pour savoir s'il a envie de lire du Green Arrow et du Aquaman, deux membres de la Justice League sans série régulière depuis un moment. Les associer est déjà atypique, mais à l'évidence, ce n'est pas innocent. Surtout que Aquaman sera à l'affiche d'un nouveau film l'an prochain. Et Green Arrow apparaît aussi dans Checkmate. Il serait donc temps qu'ils récupérent une revue dédiée à leurs exploits.
 

Mais je dois vous avouer que la prochaine annonce est celle qui m'a le plus ravi. Ceux qui lisent mes critiques savent l'intérêt que je porte aux projets de Tom King : si le scénariste n'écrit plus de série régulière depuis la fin précipitée de son run sur Batman, il se consacre à des mini-séries où il anime souvent des héros de second plan. Un format et des personnages qui lui conviennent, à mon avis, mieux, surtout que ces séries sont publiées dans la collection Black Label, "for mature readers" (un peu comme le Vertigo de la grande époque).
En fin de semaine dernière, il a posté sur Twitter une image évoquant Justice League International teasant son prochain projet. Mais c'était une fausse piste car, le lendemain, le lapin est sorti du chapeau : King allait produire une mini-série (dont le nombre d'épisodes n'a pas été précisé, mas on peut tabler sur une douzaine) The Human Target.
Ce titre est une création de Len Wein et Carmine Infantino et a connu deux incarnations. C'est la plus récente, Christopher Chance, qui sera au coeur du projet de King : il s'agit d'un garde du corps spécial puisqu'il endosse l'identité de ses clients, souvent menacés de mort, pour neutraliser la menace. Peter Milligan avait signé un run d'anthologie, avec Edvin Biukovic, Javier Pulido et Cliff Chiang au dessin (disponsible en intégralité chez Urban Comics, deux tomes).
Pas de pitch révélé pour cette nouvelle aventure de Christopher Chance. Mais un sacré atout dans sa manche puisque King sera accompagné du dessinateur Greg Smallwood. Là encore, ceux qui me lisent savent que je suis un fan de cet artiste et que je me plains souvent qu'il ne soit pas plus employé depuis son run sur Moon Knight. Récemment, Smallwood a participé à plusieurs n° spéciaux pour DC (du Batman Black & White, Harley Quinn Black + White + Red), ce qui a dû attirer l'attention de King et convaincre DC de lui faire plus confiance. En tout cas, moi, je suis comblé de le revoir, qui plus est avec un scénariste que j'apprécie, pour une histoire aussi alléchante.
Vivement Octobre !

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INDEPENDANTS :
  


Je n'ai pas assez parlé des indépendants dans mes chroniques précédentes. Mais je corrige ça cette fois parce qu'il y a deux petits événements en vue. Le premier s'intitule Echolands et sera publié par Image Comics en Août prochain. Il s'agit d'une nouvelle série, dans le registre de la fantasy, signée par Haden Blackman et J.H. Williams III.
C'est pas souvent que JH Williams III, le mythique dessinateur de Promethea, Desolation Jones et Batwoman fait parler de lui, mais il revient aux affaires avec un projet alléchant, en compagnie de la scénariste avec qui il avait écrit ses épisodes de Batwoman.
La particularité graphique de cette nouvelle série, c'est que l'artiste va travailler uniquement sur des doubles pages, dans un format "à l'italienne". J'ai vu ça en preview et franchement, c'est éblouissant, follement inventif, parfaitement abouti et maîtrisé. On est jamais déçu de ce côté par un tel dessinateur, qui avait une fois utilisé ce procédé dans Batwoman parce qu'il était excédé par le nombre de pages de pub qui saucissonait le récit.
J'ignore si je lirai ça en floppies ou si je vais attendre un recueil, mais de toute manière, c'est sur ma wish-list. Et je vous encourage à surveiller ça si vous aimez les comics qui sortent de l'ordinaire.


Ce qui ne manquera pas de sortir de l'ordinaire, de suprendre ceux qui vont le découvrir, c'est la publication en album de Green of Parnassus de Kathryn et Stuart Immonen cet Automne. Depuis qu'il avait maladroitement annoncé vouloir prendre du recul à la fin de son run sur The Amazing Spider-Man, beaucoup ont cru que Stuart Immonen prenait sa retraite. Il y a quelque mois il collaborait pourtant avec Joe Hill sur la mini-série The Plunge pour DC, rectifiant au passage sa volonté d'arrêter les comics.
Mais ses fans les plus assidus savaient déjà que Immonen n'était pas resté inactif puisqu'il avait publié avec sa femme sur leur compte Instagram (depuis désactivé) Grass of Parnassus, une histoire de S.F. complètement délirante. Comme avant cela pour Russian Olive to Red King, leur précédent effort en creator-owned, l'annonce d'une publication physique s'est faite attendre mais c'est désormais officiel : un bel hardcover sera édité par Adhouse Books à la rentrée, avec l'intégralité du récit plus une cinquantaine de pages de bonus ! 
Pour une trentaine d'Euros, ça vaut le coup (avant peut-être une traduction par les éditions Paquet ?). En tout cas, moi, je suis chaud. Et à la même période sortira le début du volume 2 de The Magic Order, écrit par Mark Millar et dessiné par Immonen. Le boss est de retour ! 

Et moi, je vais en rester là pour cette fois. A très vite pour de nouvelles critiques !

jeudi 21 juillet 2016

Critique 957 : MAVERICK, de Richard Donner


MAVERICK est un film réalisé par Richard Donner, sorti en salles en 1994.
Le scénario est écrit par William Goldman, d'après la série télévisée créée par Roy Huggins (1957). La photographie est signée Vilmos Zsigmond. La musique est composée par Randy Newman.
Dans les rôles principaux, on trouve : Mel Gibson (Bret Maverick), Jodie Foster (Annabelle Bransford), James Garner (Zane Cooper), Alfred Molina (Angel), James Coburn (Commodore Duvall), Graham Greene (Joseph), Danny Glover (le chef des bandits).
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Bret Maverick, chevauchant sa monture Hollie, est pendu par Angel, un mexicain rancunier qu'il a ridiculisé, en plein désert. Pour inciter le cheval de son ennemi à détaler après leur départ, les malfrats jettent un sac rempli de serpents à côté de lui. Maverick se souvient alors que ses ennuis ont véritablement débuté une semaine auparavant...
 Bret Maverick, Annabelle Bransford, Johnny Hardin et Angel
(Mel Gobson, Jodie FosterMax Perlich et Alfred Molina)

Quand il est arrivé à Crystal River, un patelin, Maverick n'avait pas fière allure avec son âne, mais il avait un objectif clair : gagner aux cartes assez d'argent pour s'inscrire à un tournoi de poker quelques jours plus tard. Au saloon, il prend une chambre puis s'installe, le soir venu, à une table où une partie est engagée. Il fait la connaissance de Annabelle Bransford, une jolie tricheuse, qui se prétend veuve, et de Angel, un mexicain susceptible.
Après avoir promis de perdre pendant une heure, Maverick ratisse ses adversaires. Sa chance insolente lui vaut d'être défié par Johnny Hardin, un redoutable pistolero, par qui il ne veut pas risquer de se faire tuer. Pourtant, Bret impressionne la tablée en prouvant qu'il dégaine encore plus vite que son concurrent. Peu après que la partie ait repris, une bande d'hommes vient lui chercher des noises et il les attire dehors pour régler ça aux poings.
Contre toute attente, esquivant aussi bien les coups de ses assaillants que leur en distribuant, il les fait battre en retraite. Angel et Annabelle, spectateurs aux premières loges, sont impressionnés.
Lorsqu'il va se coucher enfin, Maverick reçoit la visite de Annabelle avec qui il échange un baiser passionné. Mais il s'aperçoit qu'elle lui a volé son portefeuille et la rattrape, menaçant de la dénoncer au shérif pour l'obliger à laver sa chemise porte-bonheur.
Le lendemain matin, alors qu'il récupère son linge, trop amidonné et rétréci, Maverick monte juste à temps dans la diligence où embarque aussi Annabelle. Mais la jeune femme reçoit la protection d'un vieux marshall, Zane Cooper.
 Bret Maverick, Zane Cooper et Annabelle Bransford
(Mel Gibson, James Garner et Jodie Foster)

Le voyage qui doit emmener le trio de passagers jusqu'au bateau à vapeur "Lauren Belle", où se déroulera le tournoi de poker, ne va pas être de tout repos : le cocher de la diligence meurt, le véhicule manque de chuter dans un canyon, une caravane de migrants soi-disant détroussés par des indiens oblige Maverick à parlementer avec le chef Joseph - en vérité, une de ses connaissances, qui lui doit mille dollars, qu'il va soutirer à un duc russe campant dans la prairie pour chasser...
En reprenant la route pour rejoindre Annabelle et Zane, Maverick est donc piégé par Angel, payé par un mystérieux commanditaire pour empêcher Bret d'arriver au tournoi.
Bret Maverick et le Commodore Duvall
(Mel Gibson et James Coburn)

Mais la chance est avec Maverick. Il retrouve Annabelle sur le "Lauren Belle" et s'inscrit avec elle au tournoi. L'organisateur est le Commodore Duvall et le gain total promis au vainqueur s'élève à 500 000 $, gardé par le marshall Zane Cooper.
Toutefois, le déroulement et l'issue de ce championnat seront semés de surprises...

Concilier le western et le feel-good movie est l'exercice auquel s'est prêté le réalisateur Richard Donner aux commandes de ce film inspiré de la série télé Maverick, produite en 1957 par Roy Huggins en 1957 mais inédite en France. Déjà, à l'époque, elle fut conçue comme une réponse aux classiques du genre incarnés par John Wayne, glorifiant la légende de l'Ouest et le mythe du cowboy avec un héros qui était un joueur de poker goguenard.

Pour mener ce projet à bien, le cinéaste a disposé des moyens nécessaires, fort des succès des trois Arme Fatale, avec, déjà, Mel Gibson, la star d'origine australienne révélé au début des années 80 dans Mad Max. Le script a été confié aux bons soins de William Goldman, détenteur de deux "Oscar" pour les scénarios de Butch Cassidy et le Kid (George Roy Hill, 1969) et Les Hommes du Président (Alan J. Pakula, 1976) : le résultat est jubilatoire, parfait dosage de comédie et de far-west, déroulé durant 120' sans temps mort.

Le film est par ailleurs superbement photographié, dans des décors naturels (dont un authentique bateau-vapeur, le "Portland"), par le génial Vilmos Zsigmond (Delivrance de John Boorman en 73, L'Epouvantail de Jerry Schatzberg en 73, Rencontres du troisième type de Steven Spielberg en 77, Voyage au bout de l'enfer de Michael Cimino en 78...) et qui est mort au début de cette année.

Toute l'histoire est fondé sur le thème du masque : aucun des personnages n'est ce qu'il prétend être initialement - Maverick se décrit comme un lâche qui ne veut que jouer mais il est aussi un tireur émérite et un observateur aussi minutieux que superstitieux, Annabelle n'est pas une veuve qui joue pour le plaisir mais une tricheuse flambeuse et une voleuse incorrigible, Zane Cooper... Non, je n'en dirai pas plus. Ce serait un mauvais coup à infliger à ceux qui n'ont jamais vu le film que d'en dévoiler toutes les surprises.

Richard Donner s'amuse avec les codes du western mais aussi avec sa propre filmographie - ainsi savoure-t-on un irrésistible clin d'oeil à L'Arme fatale dans une scène où Mel Gibson est braqué par un bandit interprété par Danny Glover, son partenaire dans ledit long métrage, qui s'enfuit ensuite en prononçant sa célèbre réplique ("je suis trop vieux pour ces conneries !") - et d'oeuvres culte - les retrouvailles de James Garner avec Maverick qu'il incarnait dans la série télé, avec James Coburn qui faisait partie comme lui du casting de La Grande évasion, la présence d'innombrables comédiens associés au genre dans de petits rôles. Même quand il aborde la question des indiens, le récit le fait avec une décontraction ironique qui déjoue les conventions (tout le passage avec le chef indien Joseph, joué par Graham Greene, encore plus filou que les blancs, est si drôle qu'on lui pardonne d'être un peu trop long).

Par bien des aspects, en fait, Maverick fait penser, pour un fan français de western, non pas à une production américaine, mais à Lucky Luke, tel que l'écrivait Goscinny et la dessinait Morris : on y retrouve cette même dérision, la même succession de clichés habilement détournés, de moments-clé ponctuant l'action - il y a même une scène en particulier qui semble tout droit sortie d'un album de la BD quand Bret, en ripostant contre des déserteurs déguisés en peaux-rouges, tire 14 fois avec son colt sans le recharger (impossible alors de ne pas repenser à ce dialogue où Lucky Luke, interrogé à propos de moment où il remplit son barillet, répond : "après chaque album."). 

On se demande pourquoi Hollywood produit si peu de westerns quand ceux qui s'en emparent aujourd'hui l'explorent avec autant de diversité (qu'il s'agisse de Kevin Costner, Clint Eastwood, Ed Harris, Joel et Ethan Coen) : cela prouve que c'est un genre inspirant des artistes différents et appréciés par les acteurs.

Et justement, les prestations de Mel Gibson (monté sur ressorts, cabotinant comme le ferait Cary Grant, tout en sourire charmeur et yeux qui roulent), de James Garner (matois au possible), James Coburn (épatant en vieux renard), Alfred Molina (impeccable en canaille) et surtout Jodie Foster (rayonnante dans un registre humoristique et adorable peste) prouvent que tout ce beau monde s'est visiblement régalé.

Accompagné par une plus que parfaite partition de Randy Newman, Maverick est comme un bon vin (ou un bon whisky, old chap'), vieillissant fort bien, supportant sans problème d'être revu.