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mardi 14 juin 2016

ORLANDO, 12 JUIN 2016

Le superbe hommage
dessiné par Aurélie Neyret.

Un autre barbare, dont je n'écrirai pas le nom pour ne pas lui donner plus de notoriété qu'il ne l'a cherché, a commis un massacre dans une boîte de nuit gay à Orlando, en Floride, ce dimanche 12 Juin 2016.
Daesh a revendiqué l'attentat, comme le meurtre d'un couple de policiers à Magnanville dans les Yvelines hier.

La tristesse, l'accablement même, me gagnent un peu... Même si on ne doit pas céder face à la terreur de ces fanatiques. 

vendredi 12 juin 2015

Critique 641 : LES CARNETS DE CERISE, TOME 3 - LE DERNIER DES CINQ TRESORS, de Joris Chamblain et Aurélie Neyret


LES CARNETS DE CERISE : LE DERNIER DES CINQ TRESORS est le 3ème tome de la série, écrit par Joris Chamblain et dessiné par Aurélie Neyret, publié en 2013 par les Editions Soleil.
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En participant à un atelier sur la reliure, Cerise fait la connaissance d'une professionnelle de cette pratique, Sandra, qui l'invite à un cours particulier avec ses amies Line et Erica.
Dans la réserve de l'atelier, les trois filles découvrent un coffre rempli de partitions que Sandra reconnaît comme ayant appartenu à sa professeure de piano. En les lui rendant, toutes reliées, la jeune femme est entraînée par Cerise dans une authentique chasse aux trésors : chaque trouvaille la mène à la suivante et surtout la ramène à son passé, quand elle avait l'âge de la fillette.
Un livre de recettes (qui appartenait à la grand-mère d'Erica), un herbier (confié par son psychiatre), un album photo (du voisin de Sandra, qui était l'oncle de Nathalie, la mère de Cerise) et une lettre accompagnée d'un ultime cadeau invitent la relieuse à se remémorer un événement douloureux de son passé mais fondateur de sa vocation.
Pour Cerise aussi, l'expérience laissera des traces en la renvoyant au souvenir de son père disparu...

Ce troisième tome est encore meilleur que le précédent et atteint, lors de son dénouement, une émotion rare : il faut avoir le coeur bien endurci pour ne pas refermer le livre la gorge serrée...

En vérité, tout se passe comme si Joris Chamblain opérait une miraculeuse synthèse de tout ce qui forme la réussite de la série : Les carnets de Cerise est en effet une série sur l'enfance, certes, mais aussi (surtout ?) la force des histoires, celles qu'on (se) raconte, qu'on transmet, qu'on imagine. En la matière, la vraie vie dépasse souvent toutes folies de la fiction et c'est en explorant la vie d'une fillette à travers le prisme de la fiction, des histoires qu'elle se raconte et qui finissent immanquablement par la rattraper, la dépasser, que cette bande dessinée accroche le lecteur, le divertit, le fait vibrer, et l'émeut. 

Nous découvrons en même temps que la jeune héroïne les secrets d'une personne croisée par hasard : après la romance tragique de Mme Ronsin dans le tome 2, c'est le passé de Sandra qui est au coeur de ce récit. En avoir fait une relieuse apparaît comme une métaphore très habile : cela permet de prolonger l'aventure dans le monde des livres, dont est si friande Cerise, mais aussi de pointer que la jeune femme qu'elle rencontre n'a pas une existence aussi bien cousue que les ouvrages dont elle prend soin. De même qu'il faut, comme nous l'explique une séquence à l'atelier de Sandra, défaire un livre pour le réparer, le salut de Sandra passera lui aussi par le même procédé - exposant bien entendu des plaies plus vives, tout aussi profondes, mais que quelques efforts (sur soi) pourront corriger et apaiser.

La subtilité avec laquelle le scénariste aborde cette convalescence tardive, éprouvante mais salutaire, ce retour à la vie, et le parallèle qu'il établit entre ce qui est arrivé à Sandra et ce que vit, sans le formuler, Cerise révèlent une écriture remarquablement sensible, audacieuse dans le registre d'une bande dessinée qui s'adresse d'abord à un jeune lectorat et forte par sa capacité à éviter tous les écueils - nulle mièvrerie encore une fois, un ton toujours juste.

La construction de l'histoire est également inspirée : la découverte de chaque objet "trésor" conduit au suivant et aboutit à un climax d'une rare puissance émotionnelle. On comprend encore mieux pourquoi on est si touché par les enquêtes de Cerise, qui n'est plus simplement, à la dernière case, une gamine craquante mais une fillette si particulière. Sorti de l'album, on sait qu'on tient là une bande dessinée de valeur.

Les illustrations d'Aurélie Neyret sont une fois encore somptueuses : en exergue, elle avoue son plaisir à avoir pu représenter les décors enneigés et tirer parti de l'ambiance mélancolique de ce récit. Il est vrai que ce cadre est admirablement traduit visuellement et contribue à l'efficacité de ce conte de Noël, avec un découpage toujours aussi bien conçu et aéré.

Les plans sont formidablement bien composés, et Aurélie Neyret montre qu'elle est capable de gérer la disposition de plusieurs personnages avec adresse (comme lors de la visite à Mamie Vana) mais aussi d'exploiter des situations dans une configuration tout à fait différente, en ne lésinant pas sur les détails (voir le cabinet du psychiatre, le Dr Clergue, ou, avant cela, la pleine page où on découvre l'atelier de Sandra). Le choix des couleurs est magnifique, avec une palette privilégiant les jaunes, les rouges, les marrons, en contraste avec le blanc de l'hiver extérieur.

Les personnages possèdent une expressivité remarquable, des attitudes distinctes et justes, et on notera aussi la qualité apportée aux tenues vestimentaires, qui, même dans une bande dessinée qui ne vise pas un réalisme strict, donne une crédibilité bienvenue, empêchant de voir des enfants ou des adultes comme s'ils étaient déguisés.

Signe que Les carnets de Cerise a acquis un statut "culte" : les dernières planches, figurant le cadeau que reçoit Cerise de sa mère, avec huit illustrations signés par des artistes donnant leur version de l'héroïne (Victoria Maderna & Federico Piatti, Cédric Babouche, Romain Mennetrier, Guillaume Ospital, Line T., Jérémie Almanga, Nicolas Petrimaux et Clément Lefèvre : tous méritent d'être cités pour ces belles images).

Cette série est un coup de coeur : ne passez pas à côté, et une fois conquis à votre tour, partagez-le !

mercredi 10 juin 2015

Critique 640 : LES CARNETS DE CERISE, TOME 2 - LE LIVRE D'HECTOR, de Joris Chamblain et Aurélie Neyret


LES CARNETS DE CERISE : LE LIVRE D'HECTOR est le 2ème tome de la série, écrit par Joris Chamblain et dessiné par Aurélie Neyret, publié en 2013 par les Editions Soleil.
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Cerise retrouve, au milieu des grandes vacances estivales, ses deux meilleures amies, de retour de voyage. Elle est préoccupée, moins par la perspective de la rentrée au collège, que par un nouveau mystère qui a attiré son attention : cela déplaît à Erica, qui ne veut plus jouer les faire-valoir et la suivre dans une nouvelle aventure, et cause du souci à Line, qui redoute que leur trio soit trop affecté par cette histoire. Cerise pense aussi aux réactions de sa mère, qui lui a reproché son attitude passée, et de Mme Desjardins, la romancière qui ne veut pas qu'elle sacrifie ses relations sociales au bénéfice de sa curiosité.
L'affaire qui motive la fillette de dix ans et demi est la suivante : elle a remarqué, durant le mois de Juillet passé, l'étrange comportement d'une vieille dame solitaire et mélancolique, qui se rend une fois chaque semaine à la bibliothèque pour y emprunter toujours le même livre.
Cerise décide quand même de mener des investigations au sujet de ce bouquin, "La Rose et le Mortier" d'Hector Bertelot, en réussissant, grâce à la complicité de la bibliothécaire, à rencontrer celle qui l'emprunte, Mme Ronsin, et à le lire. Il est question d'un jeune romancier qui fut mobilisé durant la seconde guerre mondiale et en revint traumatisé, se murant dans le silence. 
Mais cet homme qui décrypta des codes durant le conflit a laissé derrière lui plusieurs messages secrets à l'intention de celle qu'il aimait, au coeur même de la bibliothèque où travaillait Mme Ronsin...

Même si, donc, je n'ai pas pu commencer cette série directement par son premier tome (un des aléas propres aux emprunts dans une bibliothèque municipale), il me faut préciser d'entrée que Les carnets de Cerise est une collection de récits complets, avec quelques renvois à l'histoire précédente qui ne gênent la lecture si on démarre au tome 2.

Le titre est récent puisqu'il a été lancé en 2012 par deux jeunes auteurs, le scénariste Joris Chamblain et l'illustratrice Aurélie Neyret, aux Editions Soleil. Son succès a été immédiat et ne s'est pas démenti après trois volumes parus à ce jour : on comprend facilement pourquoi rien qu'en en feuilletant un car le graphisme dégage un charme irrésistible avec des personnages à la bouille expressive, des décors soignés et des couleurs délicates.

La bande dessinée qui s'adresse d'abord aux enfants, mais sans négliger son pouvoir d'attraction auprès d'un public plus adulte, est un exercice redoutable qui nécessite chez ses auteurs un sens de l'équilibre rare aussi bien dans la narration que pour les dessins. C'est d'ailleurs plus qu'un exercice de style : un genre en soi auquel se sont prêtés de grands noms du 9ème Art, un peu partout (de Roba avec La Ribambelle à Grant Morrison et Sean Murphy avec Joe l'aventure intérieure en passant par des chefs d'oeuvre comme Calvin & Hobbes de Bill Watterson et Peanuts de Charles M. Schulz). Tous les albums abordant ce thème de l'enfance renvoient aussi leurs lecteurs à leur propre jeunesse, leurs émotions passées, et invitent à comparer nos regards sur cette période avec ceux que des auteurs de BD traduisent.

Les carnets de Cerise est une excellente surprise car l'oeuvre échappe avec grâce à tous les clichés, évite tous les pièges : ce n'est jamais mièvre, bêtement gentil, sachant jouer sur la corde sensible sans sombrer dans la sensiblerie, et offrant une vraie proposition esthétique.

L'intrigue conçue par Joris Chamblain est dense et subtile, sa richesse et sa finesse mêlées requerront chez les plus jeunes une certaine attention (mais ne sous-estimons pas leurs capacités) et chez les plus grands de la vigilance (souvent négligé à cause d'une relative suffisance). 
La construction du récit est astucieuse en tout cas avec cette histoire romantique à base de codes et la ponctuation des planches par des simili-pages de carnet (le fameux carnet de Cerise) où elle consigne ses pensées, colle des "photos", dessine des plans (à la manière d'un scrapbook).    
Par ailleurs, avec un format de plus de 70 pages, l'album est étonnamment consistant : cela ne se lit pas si rapidement, mais le rythme n'en pâtit pas.

L'évocation de la guerre, des traumatismes qu'elle cause, de la vieillesse, mais aussi les ennuis que la curiosité occasionne chez Cerise - désaffection de ses amies, méfiance de sa mère, mise en garde de Mme Desjardins - sont parfaitement saisis. Le parallèle entre le destin de Hector Bertelot, qui n'a plus su communiquer avec le monde, et celui de Cerise, qui se coupe des autres en étant trop occupée par son enquête, est aussi bien vu et établi.

Esthétiquement, l'album est un enchantement et révèle le grand talent d'Aurélie Neyret, qui a fait ses armes dans l'illustration pour la littérature jeunesse en collaborant à J'aime Lire et Histoire Junior. Elle assure toute la partie graphique avec brio. Je vous invite à découvrir son travail dans le détail sur son blog (captainaurelieneyret.tumblr.com).

Représenter une fillette de 10 ans et 1/2 est périlleux, mais l'artiste s'en sort merveilleusement : la silhouette fine, les grands yeux marrons et brillants dans un visage plein de charme, les attitudes nuancées, les expressions variées et crédibles, sont admirablement rendus. Ma filleule qui a cet âge-là et une certaine ressemblance avec Cerise m'a permis d'apprécier la vraisemblance du graphisme sur ce point.

Mais Aurélie Neyret est aussi à l'aise quand il s'agit d'animer des adultes, comme la mère de Cerise et la bibliothècaire ou les dames âgées comme Mme Desjardins et Mme Ronsin. Ses décors sont toujours bien composés et le découpage aéré donne une respiration fluide au récit, avec un usage superbement dosé de plans larges (une seule splash-page mais à bon escient, pour une scène cruciale).

Les simili-pages de carnets sont également très bien produites, tout à fait crédibles, et le procédé est originale pour que lecteur accède aux pensées de Cerise, ses réflexions, ses doutes, ses espoirs, ses craintes.

Ne passez pas à côté de cette série fondante : que vous l'offriez à un/e jeune lecteur/trice ou que vous la lisiez pour votre seul plaisir, vous ne serez pas déçu. Essayez Cerise, c'est l'adopter. 

Critique 639 : LES CARNETS DE CERISE, TOME 1 - LE ZOO PETRIFIE, de Joris Chamblain et Aurélie Neyret


LES CARNETS DE CERISE : LE ZOO PETRIFIE est le 1er tome de la série, écrit par Joris Chamblain et dessiné par Aurélie Neyret, publié en 2012 par les Editions Soleil.
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Cerise est une fillette de dix ans et demi qui vit seule avec sa mère. Elle a pour meilleures amies Erica et Line, avec qui elle a construit une cabane dans la forêt près du village où elles habitent. De nature curieuse, Cerise a décidé de devenir romancière depuis qu'elle a fait la connaissance de l'écrivain Annabelle Desjardins, sa voisine.
Lorsqu'en remarquant dans les bois un mystérieux vieil homme tâché par les peintures dans les pots qu'il transporte, elle veut découvrir qui il est et ce qu'il fait. Cerise va ainsi découvrir que celui qu'on surnomme "Michel Ange" est Michel Langer, l'ex-décorateur du zoo qu'il fait revivre à sa façon en peignant les animaux sur les murs de l'endroit.
Ce zoo a connu trente ans auparavant son heure de gloire avant que le public ne s'en détourne pour les parcs d'attraction. Mais la fillette convainc le vieil homme de l'aider avec ses amis, enfants et adultes, à ressusciter ce parc animalier...

Ainsi donc, j'ai enfin pu lire le premier tome de cette série, qui a été un des récents coups de coeur, après avoir découvert les deux tomes suivants. Une certaine appréhension m'a saisi avant d'ouvrir l'album, nourrie par quelques questions : les qualités narratives et graphiques étaient-elles déjà là dès le départ ?

Hé bien, oui ! Joris Chamblain livrait déjà un petit bijou de bande dessinée avec cette histoire qui posaient remarquablement les éléments les plus séduisants de la série, mélange subtile de fraîcheur, de vivacité et d'émotion.

Le premier des atouts des Carnets de Cerise, c'est d'abord que le lecteur est placé idéalement pour adhérer aux aventures de cette adorable gamine : comme elle, nous espérons trouver une bonne histoire en découvrant le secret de gens apparemment banals, nous aspirons à dénicher de l'extraordinaire dans l'ordinaire. La curiosité n'est pas un vilain défaut puisqu'elle aboutit à une démarche positive et désintéressée à laquelle on ne peut qu'adhérer. Et le propos est tenu sans aucune mièvrerie mais avec énergie.

L'autre aspect séduisant de l'entreprise est sa construction en forme de conte : plusieurs points nous indiquent que ce dispositif narratif est employé, de la jeunesse candide et insouciante de l'héroïne au cadre de l'action (la forêt à la fois inquiétante et propice à l'enchantement) en passant par la rencontre avec un personnage au projet improbable et fantastique qui transcende le quotidien et transforme le parcours de la fillette et l'état des lieux en un décor enchanteur.

Joris Chamblain ne se prive d'ailleurs pas de glisser quelques allusions aux classiques du genre, comme quand Cerise entraîne ses amies Line et Erica sur la piste du vieux peintre dont elles suivent le trajet grâce aux tâches de peinture sur le sol, à la manière des cailloux semés par le Petit Poucet.

Les adultes sont décrits comme des êtres raisonnables (la mère de Cerise) ou favorisant le développement de l'imaginaire (Mme Desjardins), avant d'être rassemblés par un objectif commun (la restauration du zoo) et la résurgence de leurs propres souvenirs d'enfants (les visites au parc animalier dont l'éclat et le déclin sont symbolisés par le lion Oscar).

Ce qui peut apparaître plus artificiel, comme une béquille scénaristique, le fameux carnet de Cerise dans lequel elle transcrit toute son enquête et autres réflexions, est en définitive la dernière pièce de cette construction narrative où il ne s'agit pas seulement de vivre l'aventure mais encore d'en garder une trace, de la relater, d'en tirer des enseignements (souvent heureux, mais parfois aussi plus hésitants - comme le doute qui assaille Cerise, consciente qu'elle trahit la confiance de sa mère en lui cachant son enquête, et qui craint que cela n'entame leur relation ensuite).
De gauche à droite : Line, Erica et Cerise
(dessin d'Aurélie Neyret.)

Visuellement, Aurélie Neyret a établi dès ce premier tome la forme de la série, d'une grande qualité. L'artiste a déjà un style affirmé, ce qui évite cette impression parfois désagréable qu'ont les premiers tomes d'être moins ouvragé que les suivants.

Tout est déjà là de ce qu'on aimera, graphiquement, par la suite : un découpage très tonique, un trait délicat et expressif, le soin apporté aux décors (avec des extérieurs sauvages superbement rendus), et une colorisation magistrale.

Devoir représenter le travail d'un peintre dans une bande dessinée est toujours une gageure : il ne faut pas reproduire le style d'un artiste déjà familier, et en même temps démontrer une maîtrise certaine dans cette discipline. La révélation des "oeuvres" de Michel Langer permet d'apprécier le coup de pinceau prodigieux de Neyret et l'on est alors aussi ébloui que Cerise quand on le découvre.

C'est cela, la magie de cette série : parvenir à nous rendre notre regard d'enfant - comme Cerise, nous partons à l'aventure, découvrons dans les pages de ces albums des personnages et des endroits bouleversants, à l'esthétique superbe. Le produit de deux grands talents de la bande dessinée française actuelle : ne passez vraiment pas à côté, vous le regretteriez !