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lundi 4 janvier 2021

MILLARWORLD 2021-2022

En attendant les premières publications de 2021, ce Mercredi, je partage avec vous des nouvelles de Mark Millar. Le scénariste écossais s'est fait inhabituellement discret en 2020 et je dois avouer que, bien qu'étant plutôt fan de ses productions, ces dernières prestations m'avaient beaucoup déçu (Space Bandits, Prodigy).

Et voilà qu'il vient de publier un teaser très alléchant pour annoncer son retour aux affaires. Accaparé par la production de l'adaptation de Jupiter's Legacy en mini-série pour Netflix (qui possède désormais son label "Millarworld"), Millar a choisi de ne rien publier pour se consacrer à l'écriture de nouveaux projets qui paraîtront en 2021-2022. Et le programme est copieux - même s'il faudra attendre un mois après la première diffusion de Jupiter's Legacy pour lire un de ces nouveaux comics.


En parcourant cette image, on peut lire une sacrée liste de noms prestigieux, ce qui confirme que Millar attire toujours des vedettes et en débauche auprès des "Big Two" (Marvel, DC) comme il aime à l'écrire. Décryptons un peu :

- Frank Quitely : annoncé depuis longtemps, Jupiter's Legacy aura un troisième et ultime volume, intitulé Requiem. L'artiste, co-créateur de la série, le mettra en images et on peut penser que que cela ne sortira que lorsque Quitely aura terminé tous les épisodes afin d'éviter une trop longue attente entre chaque. Jupiter's Legacy étant un chef d'oeuvre (sin ce n'est le chef d'oeuvre) du "Millarworld", son final est très alléchant.

- Stuart Immonen : après sa fausse retraite, qui aura quand même duré quelques mois (même s'il en profité pour dessiner Grass of Parnassus, publié directement sur Instagram, et écrit avec sa femme Kathryn), le dessinateur a surpris en 2020 en collaborant avec Joe Hill pour la mini-série The Plunge, chez DC. Je ne l'ai pas lue (je ne suis guère fan des récits horrifiques) mais la mention d'Immonen sur la liste de Millar signifie qu'on va enfin pouvoir lire la suite de Empress. Et ça, c'est cool, vu le cliffhanger du Book One.

- Olivier Coipel : le français a, paraît-il, hésité à rempiler mais Millar a dû trouver les bons arguments pour qu'il dessine le deuxième volume de The Magic Order. Je m'en réjouis car j'avais aimé cette histoire et je suis curieux de voir ce que l'écossais et son compère ont trouvé à raconter.

- Matteo Scalera : si je suis un fan de Scalera, je ne lis que peu de choses qu'il dessine car, généralement, les scénarios ne m'attirent pas. Sa prestation sur Space Bandits était la seule bonne chose de cette histoire paresseuse à laquelle Millar a visiblement en projet de donner une suite. Espérons qu'il sera plus inspiré car Scalera le mérite (et nous aussi).

Voilà pour le plus prévisible. Passons maintenant aux surprises, et elles sont de taille.

Le nom qui claque certainement le plus dans cette liste est celui de Travis Charest. Celui fut considéré comme probablement le meilleur artiste des débuts d'Image mais qui est aussi devenu le parangon des dessinateurs les plus lents des comics s'est depuis reconverti en cover-artist brillant (quoique inégal). En vérité, sa carrière ne s'est jamais remise de son aventure européenne où il échoua à réaliser entièrement un tome des Métabarons de Jodorowsky. Charest a notamment signé des couvertures variantes pour certaines séries du "Millarworld" et actuellement sur Batman/Catwoman. Millar lui a-t-il confié un récit entier ? Ce serait exceptionnel, mais certainement pas dans les bacs avant 2022 (si tout va bien).

Karl Kerschl était impliqué dans la série Isola chez Image Comics, la co-écrivant (avec Brenden Fletcher) et la dessinant. Mais le titre semble à l'arrêt (alors qu'il devait reprendre l'été dernier). Millar a donc alpagué Kerschl pour un projet mystère et je suis vraiment intrigué par cette association. 

Matteo Buffagni est un dessinateur dont je pense beaucoup de bien mais qui restait anormalement sous-exploité chez Marvel (sa dernière prestation a été un épisode de X-Men, le #6). Je suis donc très content que Millar le récupère car nul doute qu'ainsi l'italien va connaître une exposition inespérée et surtout du "temps de jeu".

Son compatriote, Gigi Cavenaggo, est une autre très belle prise pour Millar même si son nom ne dira pas grand-chose à beaucoup de monde. Pourtant c'est un artiste fabuleux, dont je connais surtout les couvertures pour Dylan Dog, absolument renversantes. 

Tommy Lee Edwards dessine actuellement une série, Grendel, Kentucky, mais il a déjà travaillé avec Millar sur la mini 1985. Ce fut une réussite et donc la perspective de lire un nouvel opus par ce duo est très excitante (même si je ne pense pas qu'il s'agira d'une suite à 1985 car cette histoire se déroulait dans l'univers Marvel).

Enfin Millar promet une "superstar" qui a travaillé à la fois pour Marvel et DC. Il a donc pêché un gros poisson, pour un récit original et qui fera l'événement. Je ne pronostique rien, car je préfère être surpris (en souhaitant que ce soit une bonne surprise et que cette superstar soit un bon artiste et pas simplement un mercenaire qui a effectivement alterné entre les "Big Two").

On peut penser ce qu'on veut de Millar et il est certain que le personnage clive beaucoup le lectorat. Sa personnalité de bâteleur peut facilement passer pour de l'esbroufe et il est indéniable que ses comics personnels sont très inégaux en qualité et en inspiration. Néanmoins sa capacité à convaincre les artistes les plus côtés et talentueux à lui consacrer plusieurs mois (voire années) est fascinante et impressionnante, et aboutit quelquefois à d'authentiques pépites. Cette liste de dessinateurs et de projets, évidents ou plus mystérieux, augure de lectures prometteuses en tout cas.

mercredi 19 juillet 2017

THE QUESTION, de Rick Veitch et Tommy Lee Edwards


Je continue dans la série de héros déglingos animés par une équipe artistique d'exception avec la mini de 2005, écrite par Rick Veitch et dessinée par Tommy Lee EdwardsThe Question : Devil's in the details.

Imaginé par Steve Ditko après son départ de chez Marvel pour Charlton Comics à la fin des 60's, le personnage de Vic Sage est devenu célèbre par sa réinterprétation radicale par Alan Moore qui s'en est servi comme modèle pour Rorschach dans Watchmen. Journaliste grande gueule parti à la recherche d'une peau synthétique, le héros est ensuite devenu un justicier sans visage.

Denny O'Neill et Denys Cowan ont ensuite redéfini le personnage (citant d'ailleurs le Rorschach de Moore dans un épisode). Puis Vic Sage a trouvé la mort dans l'excellente maxi-série hebdo 52 où la flic Renee Montoya a pris sa succession.

Entretemps, donc, le vigilant a beaucoup changé depuis Ditko et la mini-série de Veitch et Edwards illustrent cette mutation dans une intrigue aussi hallucinée qu'hallucinante. 

Grosso modo, il est question de la construction d'une immense tour à Metropolis, financée par Lex Luthor, dont l'édification sert évidemment un plan chelou tandis que Superman sera occupé ailleurs. 
Vic Sage arrive en ville, depuis Chicago, après avoir remonté cette piste dans un affrontement contre un de ses adversaires, Psychopomp, qui est complice des malfrats de Metropolis. Superman tolère mal l'interventionnisme musclé de the Question sans savoir que Vic Sage a étudié le journalisme dans la même école que Lois Lane (qui cache - mal - à Jimmy Olsen avoir eu le beguin pour son charismatique camarade)...

Bon, il faut s'accrocher au pinceau car Veitch au scénar retire rapidement l'échelle et nous offre un vrai trip qui n'emprunte guère au mode super-héros traditionnel. Mais, pour peu qu'on se prête au jeu, le résultat vaut le détour.

The Question est ici envisagé sous un éclairage shamanique qui communie avec les villes, attend que la cité lui parle, le guide où se niche le crime. L'action est rare, on assiste à une déambulation envoûtante, traversée d'éclairs de violence (Vic Sage se débarrasse presto de ses adversaires et n'hésite pas à les couler dans le béton tout frais du building en construction!). 

De la même manière, les agissements du gang des "subterraneans" de Metropolis pour récupérer de la drogue et de l'argent via les conduites des sanitaires (!), l'architecture du gratte-ciel selon les principes du Feng-shui, et l'opposition philosophique entre Superman (qui ne fait que passer) et the Question procèdent d'un parti-pris détonant où Veitch ironise tout en soulignant le mysticisme du héros.

C'est assez équivoque donc. The Question monologue en permanence (sans que ça n'alourdisse la narration d'ailleurs : plus qu'un monologue, c'est comme un échange de réflexions avec le lecteur qui est mis à contribution dans l'enquête), il demande à Chicago puis Metropolis (puis plusieurs autres villes) de lui parler, de le guider.

Par ailleurs, il se vante franchement d'être un reporter réputé, pugnace, mais évite sans cesse Lois Lane (pour mieux la surveiller à l'occasion, avec un regard presque amoureux, c'est évident) et écarte tous les importuns qui le reconnaissent.

Donc, oui, la santé mentale de Sage est sujette à caution. Est-il vraiment sain d'esprit mais capable d'évoluer dans "deux mondes" (comme c'est plusieurs fois répété) ? Ou est-il complètement barjo, limite défoncé (comme le suggèrent ses visions - il est capable aussi bien de reconstituer visuellement un meurtre comme on rembobine un film, ou de percevoir les flux d'énergie mystique - et ses méthodes d'action radicales - un échange savoureux à la fin a lieu entre lui et Superman qui lui demande ce qu'il a fait des "subterraneans" et il répond à Superman qu'en vérité il ne veut pas le savoir...).

On est pas loin du procédé employé par Lemire dans Moon Knight avec le discours sur la perception d'un héros borderline.
C'est aussi la manière de faire de Mark Waid (sur Daredevil ou Black Widow, avec Samnee) : réduire au minimum le supporting cast pour entrer dans la tête du héros et inviter le lecteur à s'interroger à son sujet.

Mais le voyage vaut surtout pour l'extraordinaire apport graphique de Tommy Lee Edwards : cet artiste qui adore mixer les techniques s'en donne à coeur joie ici. Certaines images piquent franchement les yeux (la façon dont the Question "voit" Superman), d'autres sidèrent, parfois il vise l'épure maximum (the Question réduit à une silhouette noire sur fond jaune, ou alors une scène en "caméra objective"), il s'amuse avec les symboles (tout est signe dans une ville : les graffitis, les failles sur le sol...).
On peut regretter parfois que Edwards souligne davantage l'effet à la lisibilité, mais au moins il va au bout de ses idées et colle au délire de Veitch. Si vous appréciez les expériences, y a de quoi faire !

J'ignore la situation du personnage dans le DC Rebirth : est-ce toujours Montoya derrière le masque - ce qui augurerait peut-être de nouvelles aventures ponctuelles avec Kate Kane/Batwoman ? Ou, Ted Kord étant revenu, Vic Sage ressuscitera-t-il lui aussi (même si Morrison a revisité génialement les héros Charlton de Ditko dans l'épisode Pax Americana de Multiversity) ? En tout, the Question mérite d'être exploitée à nouveau.

lundi 12 mars 2012

Critique 316 : STARMAN, VOLUME 2 - NIGHT AND DAY, de James Robinson et Tony Harris

Starman 2 : Night and Day rassemble les épisodes 7 à 10 et 12 à 16 de la série écrite par James Robinson et dessinée par Tony Harris, publiée en 1995-1996 par DC Comics. Lépisode 14 est également illustré par Tommy Lee Edwards, Stuart Immonen, Chris Sprouse, Andrew Robinson, Gary Erskine et Amanda Conner.
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- A (K)Night at the Circus 1-2 (#7-8). Jack Knight va démarcher des fermiers vivant à l'extérieur d'Opal City pour leur acheter des antiquités. Il s'arrête dans un cirque où il découvre que le directeur est un démon asservissant sa troupe, parmi laquelle se trouve Mikaal Tomas, un autre Starman. Jack va s'employer à délivrer ces freaks...

- Shards (#9). Jack Knight assume de plus en plus son rôle de protecteur d'Opal City, soutenu par son père Ted qui héberge désormais Mikaal Tomas avec lequel il essaie (sans grand succès) de communiquer. The Shade, lui, est sur la piste du mystérieux détenteur d'une affiche magique absorbant des habitants de "sa" ville...

- The Day before the Day to come (#10). The Shade rend visite à Jack Knight à qui il a confié le premier tome de son Journal et qu'il informe de l'affaire de l'affiche magique. Mais pendant ce temps, un drame se prépare, qui va impliquer tous les acteurs importants d'Opal City : Nash, la fille de the Mist, s'évade de prison et acquiert les pouvoirs de son père, déterminée à venger son frère en attaquant Jack et ses proches...

- Sins of the Child : Jack's Day (1-2) - Ted's Day - The Opal's Day : the O'Dare's Day - Mikaal's Day (#12-16). Nash lance plusieurs attaques sur Opal City en s'en prenant à Jack, qu'elle kidnappe ; à Ted Knight, contre qui elle lance le Dr Phosphorus ; aux O'Dare, la famille de flics irlandais aux prises avec plusieurs agressions en ville ; et à Mikaal, qui se fait torturer par des hommes de main.
*
Ce second recueil contient un copieux sommaire avec neuf épisodes, qui composent deux actes distincts.

Dans une première partie, Jack vit donc une aventure dans un cirque : James Robinson fait explicitement référence au film Freaks de Tod Browning et saisit parfaitement l'atmosphère étrange et oppressante de ce décor et de sa troupe de monstres assujettis par un démon. Bien que le scénariste use (et même abuse) de la voix off et du "name dropping" (autre tic qui plombe un peu la narration, et qui peut inciter à zapper les commentaires du héros pour mieux suivre l'action), le récit demeure efficace et revient sur un élément aperçu dans le précédent tome : l'existence d'un autre Starman, d'origine extraterrestre, Mikaal.
Cette idée suggère qu'il existe toute une lignée de Starmen en dehors de Ted et Jack Knight. C'est une figure récurrente chez Robinson qui avait également bâti le relaunch de la JSA sur cette base que tous les héros (et leurs ennemis) incarnent une descendance de bons et de méchants s'affrontant en permanence par-delà l'espace et le temps, vengeant leurs ancêtres éternellement. De là à affirmer qu'il existe une fatalité du Bien et du Mal, il n'y a qu'un pas et aujourd'hui, Geoff Johns, le chef d'orchestre du DCverse, l'utilise abondamment. C'est à la fois un hommage à la continuité de DC et le symbole d'une maison d'édition qui, même quand elle veut se réinventer, aime se reposer sur ses fondements (le récent reboot en atteste puisque si la situation change, les personnages et ce qu'ils représentent restent essentiellement les mêmes).
Après ce dyptique, Robinson enchaîne avec deux épisodes moins inspirés, consistant principalement à souligner le fait que Jack assume de plus en plus son rôle de protecteur d'Opal City, le plaisir qu'il prend à son rôle, son rapprochement avec son père. Le 10ème épisode prépare plus activement à la suite, qui, elle, est d'un tout autre calibre.

En effet, dans une seconde partie, avec les cinq chapitres suivants, on a affaire à un ensemble d'une authentique virtuosité narrative : Nash, la fille de the Mist, déclare la guerre à Opal City pour venger son frère tué par Jack. Pour traiter le plus largement ce conflit d'envergure, Robinson décide de montrer l'action selon cinq points de vue différents, et même, dans le 14ème épisode, selon 7 points de vue (les O'Dare, la famille irlandaise de policiers proche des Knight, et deux autres personnages). Le scénariste réussit à jongler avec les situations, les protagonistes, les lieux, da manière éblouissante. Le rythme est trépidant, les ambiances diverses et puissantes, on est comme aspiré dans un tourbillon sans jamais être égaré par ces allers-retours spatio-temporels.
Il y a quelque chose de grisant à lire une bande dessinée quand elle propose un tel challenge et que son auteur réussit son coup. Qui plus est, le dénouement de ce combat avec le face-à-face de Jack et Nash aboutit à un dialogue, certes un peu verbeux, mais qui noue de façon très originale et perverse les belligérants, définissant la relation d'un héros et de sa némésis avec une richesse et une subtilité rares. Un grand moment.
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Graphiquement, la série reste également d'un excellent niveau : Tony Harris s'affranchit progressivement de ses influences tout en conservant un trait anguleux et expressionniste, au découpage inventif, aux ambiances bien senties. Les quelques maladresses de ses compositions sont compensées par la vitalité communicative entre texte et image, comme en témoigne cette scène d'action :  
une géométrisation des cadrages mais où la "continuité cinématographique", le flux de lecture ne sont pas sacrifiés pour des effets graphiques faciles.
En prime, quelques invités prestigieux (même si, en vérité, à l'époque, ils n'étaient pas les vedettes qu'ils sont devenus depuis) ont été convoqués pour le 14ème épisode : le temps de quelques planches, chacunes consacrées à un personnage spécial, Tommy Lee Edwards (méconnaissable par rapport à ce qu'il fait aujourd'hui), Stuart Immonen (dans son registre pré-Nextwave, influencé par Adam Hughes), Chris Sprouse, Andrew Robinson, Gary Erskine et Amanda Conner (elle aussi, pas encore arrivée à maturité esthétiquement parlant) suppléent Harris, qui n'est cependant pas absent de ce segment.
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Même si tout n'a pas bien vieilli (notamment la colorisation), ce nouveau tome de Starman confirme la singularité et l'efficacité de cette série, prouvant à quel point elle a effectivement compté dans la rénovation narrative des super-héros à l'époque. 

mercredi 21 avril 2010

Critique 144 : BULLET POINTS, de J. Michael Straczynski et Tommy Lee Edwards


Bullet Points est une série limitée en cinq épisodes publiée par Marvel Comics en 2007, écrite par J. Michael Straczynski et dessinée par Tommy Lee Edwards. Conçue dans le cadre de la collection Marvel Knights, cette série examine les conséquences sur l'univers Marvel si le Dr Erskine avait été tué avant de donner à Steve Rogers le sérum du super-soldat qui a fait de lui Captain America et si Ben Parker avait été tué avant que son neveu Peter Parker, alias Spider-Man, ne le connaisse.
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L'histoire débute le 8 Décembre 1940 lorsque le Dr. Abraham Erskine est assassiné par un espion nazi, en même temps que le soldat censé le protéger, Benjamin Parker, mais avant qu'il ait eu l'opportunité d'utiliser le sérum du super-soldat dans le cadre du Projet : Renaissance (à l'orgine de la création de Captain America).
Ce meurtre annule de fait le Projet et le gouvernement américain active alors son "plan B", le Projet : Iron Man, pour lequel Steve Rogers accepte d'être cobaye. Il subit une lourde opération qui va alors le lier définitivement à l'armure et lui permettre de participer aux combats durant la seconde guerre mondiale. Il est suivi médicalement par le Dr Reed Richards.
Cependant, privé du modèle qu'aurait incarné son oncle Ben, Peter Parker grandit en devenant un adolescent rebelle. C'est ainsi qu'en tombant en panne avec des amis, il part à la recherche d'une staton-service dans une zone désertique servant en vérité pour des tests de l'armée.
Il est témoin de l'explosion de la bombe Gamma qui va l'irradier et, à terme, le transformer en Hulk. Devenu un danger pour la sécurité civile, il ne va pas tarder à croiser Iron Man envoyé pour l'arrêter. Leur affrontement connaîtra une issue tragique.
De son côté, Reed Richards avec Ben Grimm, Sue Storm et Johnny Storm, s'envolent pour l'espace afin d'y étudier l'influence des rayons cosmiques. Mais leur fusée est sabotée et se crashe : Ben, Sue et Johnny sont tués, Reed perd un oeil. Accablé par cet échec, il est abordé par l'agence de contre-espionnage du SHIELD pour en prendre la tête. Il accepte et la transforme en une agence extrèmement efficace, enrôlant Stephen Strange, Tony Stark et Bruce Banner.
Ce dernier, s'estimant responsable de la création de Hulk puisqu'il avait élaboré la bombe Gamma, étudie les conséquences des radiations sur une araignée trouvée sur le site de l'explosion, mais se fait piquer par l'insecte. Il se transforme alors en une créature hybride, mi-homme, mi-arachnée, et après une cavale désespérée, rejoint les rangs du SHIELD.
Qu'est-ce qui peut provoquer la renaissance d'Iron Man, le retour de Hulk, et l'intervention de Spider-Man, du SHIELD et tous les méta-humains de la terre ? Une menace venue de l'espace, mettant en péril la planète entière : Galactus. Les héros de cet univers parallèle en viendront-ils à bout ? Et si oui, à quel prix ?
*
Souvent raillé pour quitter brusquement des séries à succès (parfois contre son gré, à cause de pressions éditoriales - comme sur Amazing Spider-Man ou Thor) ou tardant à achever ce qu'il entreprend (The Twelve), J. Michael Straczynski en étonnera plus d'un avec cette production de seulement cinq épisodes, où libéré de toutes contraintes il nous propose une version alternative de l'univers Marvel.
Bullet Points est d'abord une passionnante relecture de personnages familiers jouant des rôles forts différents de ceux dans lesquels on les connaît. Si le procédé vous rappelle quelque chose, ne cherchez plus : c'est celui des "What if ?" (Et si ?), qui firent les beaux jours de revues comme Spidey chez Lug dans les années 70-80.
Là où JMS tire le meilleur parti de ces variations se situe lorsqu'il réussit à conserver aux protagonistes les caractéristiques qui leur sont propres tout en leur faisant camper le rôle d'un autre. Ainsi, il semble que Steve Rogers soit toujours, quelles que soient les circonstances, un jeune homme sacrifiant tout pour sauver sa patrie, tout comme Bruce Banner reste un scientifique imprudent et payant le prix fort pour cela.
Mais ces variations aboutissent également à des surprises intéressantes comme dans le cas de Peter Parker qui, sans l'influence de son oncle, devient un révolté frappé par le sort et qui consentira à un grand sacrifice pour protéger sa tante d'abord puis sauver l'humanité ensuite.
Toutefois le "cas" le plus intriguant reste celui de Reed Richards à qui JMS donne ici le rôle qu'occupe Nick Fury dans le Marvelverse classique : le savant le plus brillant devient le patron du SHIELD mais surtout un homme hanté par la perte de ses amis, à la fois pragmatique et rongé par ses démons intimes. De toutes les inventions de cette mini-série, c'est sans nul doute celle-ci que j'ai trouvé la plus originale.
Avec Bullet Points, le scénariste parvient à restituer ce parfum d'étrangeté et ce sens de l'intrigue qui a donné son identité aux canons de l'univers Marvel et les a rendus si populaires dans ses premières années. Les héros y montrent du coeur, malgré leurs failles, et JMS excelle dans cet exercice sans recourir à la narration décompressée mais au contraire en conférant une densité épatante à son récit.
Si bien qu'on n'a qu'un regret en vérité, et c'est en quelque sorte un comble : cette version des faits aurait mérité d'être plus amplement exploitée, ou pourquoi pas d'inspirer les auteurs de l'univers classique...
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La qualité du projet tient aussi à la présence de son illustrateur, un habitué des productions atypiques : Tommy Lee Edwards. Comme pour le 1985 de Mark Millar, il nous offre ici une prestation de haut vol, unique dans son genre : son trait vif, très personnel, hisse le niveau de cette mini-série au-dessus du simple exercice de style pour en faire un livre au graphisme inoubliable.
Il y livrait déjà une vision mémorable de Hulk, à qui il donne une dimension tragique superbe. Travaillant avec des feutres, des marqueurs, au pinceau, il mixe ces techniques frustres avec des traitements informatiques pour la couleur qui n'étouffent jamais la spontanéité de son trait mais installe une atmosphère à la fois sombre et décalée correspondant idéalement à ce genre d'histoires.
*
Bullet Points cache sous son allure anecdotique une grande richesse, soutenue par une écriture précise et un esthétisme incomparable. C'est donc typiquement le genre de bouquin qui, en employant des éléments familiers, vous en offre une (re)lecture saissante.

vendredi 5 juin 2009

Critique 56 : MARVEL 1985, de Mark Millar et Tommy Lee Edwards



Marvel 1985 (titre original de cette mini-série) est un récit complet en six épisodes, initialement publiée en 2008, écrit par Mark Millar et dessiné par Tommy Lee Edwards. A l'origine, elle devait être illustré comme un roman-photo, avec des clichés, des collages, mais ce type de production, coûteuse et au résultat inégal, a été rapidement abandonnée par l'éditeur et l'auteur pour devenir une bande dessinée plus classique dans la forme.
*
Un adolescent, Toby Goodman, a récemment commencé la lecture de la maxi-série Guerres Secrètes. Ses parents ont divorcé et il a peu d'amis, en dehors du vendeur de comics chez qui il s'approvisionne.
En accompagnant son père jusqu'à la maison de Clyde Wincham (un ami d'enfance de Jerry Goodman), Toby fait la connaissance du nouveau proprétaire, qui veut faire de cette demeure un hôtel ou une maison de repos. Cet homme veut se débarrasser d'une impressionnante collection de bandes dessinées, qui appartenait à Clyde, et l'offre à Toby et son père - mais celui-ci lui conseille plutôt de la revendre au comic-shop car elle vaut une fortune. Le jeune garçon en observant la batisse croit alors reconnaître Crâne Rouge (l'ennemi de Captain America) derrière une fenêtre, mais préfére se taire.
Toby garde son secret jusqu'à ce que, le soir venu, chez sa mère, il voit à la télévision une photographie prise en ville par un amateur du Vautour (adversaire de Spider-man). Dans la nuit, Toby décide de retourner à la maison des Wyncham et surprend une conversation animée entre le Dr Fatalis et l'Homme-Taupe
.
Fatalis sent la présence de l'intrus et envoie les créatures de l'Homme-Taupe à sa poursuite. Toby s'enfuit dans les bois jusqu'à ce qu'il heurte Hulk.
Hulk révèle à Toby qu'il traque le Fléau (ennemi des X-Men), transporté dans ce monde comme lui par une force inconnue. Le Fléau surgit justement et saute sur Hulk. Terrifié par ce choc de titans, Toby s'éloigne en courant.
Pendant ce temps, Jerry Goodman, le père de Toby, rend visite à Clyde Wyncham
dans une maison de repos : son ami d'enfance n'est plus qu'un légume, cloué sur une chaise roulante. Lorsque son père quitte l'endroit, Toby l'attend dehors et lui explique ce qu'il a découvert à la maison des Wyncham. Jerry répond à son fils qu'il ne doit plus aller là-bas et ne parler à personne de ce qu'il a vu.
De retour chez sa mère, Toby apprend que son beau-père est pressenti pour un job en Angleterre, ce qui les obligerait à déménager : cette perspective n'enchante pas le garçon qui monte dans sa chambre.
Dehors, l'Homme aux échasses
traverse la ville tandis que l'Homme-Sable et Electro agressent mortellement l'infirmière de Wyncham et son compagnon chez eux. Ces meurtres annoncent la prise de la ville par les super-vilains et la panique qui s'ensuit. Toby et son père tentent de s'échapper à bord du van de ce dernier sur le toit duquel atterrit le Lézard. Ailleurs, MODOK pousse plusieurs habitants à se noyer et le monstre Fing Fang Foom dévaste le port voisin tandis que l'armée commence à évacuer ls civils.
Après que son père ait fait demi-tour pour aller récupérer son ex-femme, Toby choisit de retourner à la maison des Wyncham, où il découvre un portail conduisant à l'univers Marvel. Le Piégeur
le surprend et le garçon n'a d'autre choix que de traverser ce passage interdimensionnel... Il atterrit alors au beau milieu d'une rue de New York City et interpèle les badauds : "Appelez les Vengeurs. C'est une urgence."
Le Piègeur poursuit Toby dans l'univers Marvel mais celui-ci lui échappe en montant dans un taxi. Le garçon se rend au Manoir des Vengeurs
mais il est congédié par le majordome Jarviss. Sans se décourager, Toby va au Baxter building où résident les 4 Fantastiques, mais ceux-ci sont absents. Finalement, il décide d'aller au siège du "Daily Bugle" pour y rencontrer Peter Parker dont il connaît l'identité secrète (Spider-man). Sur le toit de l'immeuble du journal, Toby est déséquilibré par une mouette et ne doit son salut qu'à l'intervention du Tisseur, qui consent alors à écouter son histoire.
Cependant, Jerry Goodman retrouve son ex-femme qu'il sauve d'une rencontre avec Wendigo
. Ils prennent la fuite ensemble lorsqu'ils voient, dominant la ville, la silhouette gigantesque de Galactus en train d'assembler son convertisseur cosmique pour dévorer la Terre. La situation semble désespérée lorsque, enfin, Toby réapparaît avec à sa suite une cohorte des plus grands super-héros de l'univers Marvel - Vengeurs, FF, X-Men. L'affrontement éclate entre les justiciers et leurs ennemis puis se concentre sur Galactus. C'est aors que le père de Toby sait comment en finir avant qu'il ne soit trop tard. Rejoignant Clyde, protégé par Electro et Crâne Rouge, il est avéré que l'ami de Jerry Goodman est en vérité un mutant surpuissant, le premier de ce monde, responsable de l'apparition des super-vilains dans cette dimension.
Plusieurs années auparavant, lors d'une nuit dramatique, il a été frappé par sa mère - qui visait, en fait, Jerry - alors qu'il avait attiré devant leur demeure la population locale, morts comme vivants, grâce à ses pouvoirs naissants. Profondèment affecté, aussi bien physiquement que mentalement, Clyde a invoqué ces personnages de l'univers Marvel pour se venger de la négligence avec laquelle on le traîtait depuis. Crâne Rouge, pressentant que l'intervention de Jerry pourrait tout bouleverser, l'abat mais provoque ainsi le réveil de Clyde qui renvoie toutes les créatures de fiction qu'il a appelées. Captain America
décide d'emmener Clyde dans l'univers Marvel, où il sera correctement pris en charge, mais aussi le père de Toby, à la demande du garçon.
20 ans après, Toby achève la rédaction de ce récit. Et son père se réveille dans un hôpital dans l'univers Marvel : il n'est donc pas mort mais a été plongé dans le coma et soigné par le Dr. Blake (alter ego de Thor). L'infirmière Jane Foster, dont Jerry était amoureux quand il lisait des comics dans son enfance, accepte son invitation à prendre un café lorsqu'il sortira. Puis, seul, il remercie son fils pour lui avoir offert cette seconde vie. Que reste-t-il à dire, sinon la formule chère à Stan Lee : "Excelsior".

*
Pour tout fan de comics, qui était en âge d'en lire à l'époque, 1986 fut une année mémorable, un peu comme ceux qui virent les premiers pas de l'homme sur la lune en 1969 ou qui découvrirent la musique punk en 1977. Songez qu'alors parurent l'oeuvre-clé de Frank Miller, The Dark Knight Returns, et le chef-d'oeuvre d'Alan Moore et Dave Gibbons, Watchmen !
C'est sans doute d'abord pour témoigner de l'importance de ce tournant historique survenu en 1986 que Mark Millar a d'abord conçu cette mini-série. Quand il écrivit Wanted, il en fit déjà l'année où les super-vilains prirent le contrôle du monde, comme un symbole du moment où les comics devinrent plus sombres, plus adultes.
Mais, plus humblement, 1985 est d'abord un réjouissant divertissement, davantage qu'une réflexion sur le genre : c'est en le considérant sous cet angle qu'on prend certainement le plus de plaisir à le lire.
En l'état, 1985 est une sorte de variation et de prolongement fantasmatique à Guerres secrètes, la saga publiée par Marvel à cette époque et qui mettait en scène les plus grands héros et vilains au coeur d'une lutte orchestrée par une entité extraterrestre surpuissante, le Beyonder. Aujourd'hui, les "event comics" constituent la norme, un crossover chassant l'autre, au risque de lasser le fan le plus indulgent et ne proposant pas toujours des idées aussi excitantes que celle à la base de Secret wars. Millar a lui-même "sacrifié" à ce genre dans le genre récemment en écrivant Civil War - et il a pu mesurer l'effort que cela demandait, et les compromis qu'un auteur devait accepter dans ce genre de mission. Or, c'est un scénariste qui n'est jamais meilleur que lorsqu'il rédige un projet pour une durée limitée, comm il l'a prouvé avec Wanted, Ultimates ou actuellement Old man Logan. Dans ces conditions, 1985, si elle présentait tous les aspects de l'entreprise qui énerverait encore plus ceux qui le conspuent, avait aussi toutes les chances de ravir ses aficionados.
Revisiter les évènements de 1985 via la plume de Millar, c'est comme profiter d'un plaisir d'initié, de pure nostalgie. C'est un peu l'équivalent d'Alice aux pays des merveilles dans le monde des super-héros, et à travers l'expérience que va vivre Toby Goodman, nous retraversons le miroir...
Dans 1985, les personnages du Marvel Universe investissent notre monde, cet endroit où ils n'existent que dans des revues. Ce récit développe un des thèmes les plus présents dans l'oeuvre récente de Millar : le bouleversement par un fait extraordinaire de la vie d'un adolescent, à l'âge où de profonds changements s'opèrent déjà en lui. Wanted montrait comment le héros était durablement affecté par le fait que son père l'ait abondonné. Kick-Ass met en scène un autre garçon qui décide de devenir un justicier masqué. Dans 1985, l'initiation de Toby ressemble à celle d'un conte, avec sa maison perdue dans les bois, où ont élu domicile des malfrats et dont l'apparition va chambouler toute son existence - et celle du monde qui l'entoure.
Cette intrusion d'un monde dans un autre est décrite sur un mid-tempo par Millar, qui prend tout son temps pour restituer l'atmosphère d'une petite ville côtière américaine afin de mieux nous faire ressentir le choc que va représenter l'irruption des super-vilains dans ce contexte ensuite. De la part d'un auteur réputé pour son sens du spectaculaire, cette introduction surprend - et déjouera sans doute les avis tout faits de ceux qui le dénigrent en se plaignant du systématisme de ses recettes narratives.
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Millar procède par touches, ce qui donne aux images - magnifiques d'expressivité, dans un style contrasté, tranchant avec les codes esthétiques classiques des comics - de Tommy Lee Edwards une grande force évocatrice : entr'apercevoir Crâne Rouge tel un spectre ou un mirage, put-être, derrière une fenêtre, ou assister à cette scène où l'Homme-Taupe offre à Toby et son père des comics, en ironisant sur l'existence des super-héros, donnent une saveur jubilatoire et un réalisme troublant au récit.
L'autre grande et belle trouvaille de ce livre, on la doit à Edwards lorsqu’au cours d'un basculement de l'histoire, quand Toby atterrit dans l'univers Marvel, le graphisme change pour un dessin au trait plus épuré, aux couleurs plus pâles et lumineuses, stigmatisant ce monde de fiction où les lignes morales et visuelles sont plus franches.
Encore une fois, on ne peut que reconnaître la chance incroyable qu'a Millar de profiter d'artistes de ce calibre, car Tommy Lee Edwards livre des planches extraordinaires. Il fait de la demeure des Wyncham l'archétype de la maison hantée, l'antre du mal, le coeur du drame ; de la première apparition du Vautour une image comme prise sur le vif qui vous saute au visage ; de la présence de Galactus un vrai morceau d'anthologie.
Cette façon de nous présenter les évènements toujours à hauteur d'homme rend chaque situation impressionnante et m'a personnellement rappelé la méthode avec laquelle des cinéastes comme Spielberg dans La Guerre des Mondes ou M. Night Shyamalan dans Signes rendaient compte de faits terrifiants sans oublier qu'ils touchaient des êtres ordinaires.
On ne peut que se réjouir que l'idée originelle pour illustrer 1985 à la façon d'un roman-photo ait été abandonnée au profit d'une illustration peut-être plus conventionnelle mais permettant d'apprécier un talent comme celui de Edwards.
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Alors si on peut trouver que Millar expédie un peu son dénouement, il n'en reste pas moins que 1985 est un mini-série tout à fait accomplie et atypique, visiblement très personnelle, comme une confession du scénariste sur son amour pour le genre, et plus globalement pour le média. C'est presqu'une synthèse tant il a convoqué des figures qui lui sont chères - la réaction d'un individu normal dans des circonstances anormales, le passage à l'âge adulte via l'épreuve de la perte d'un parent, la fascination pour les surhommes, l'influence de la lecture de récits imaginaires sur la réalité...
C'est en tout cas un bel hommage, écrit avec affection, admirablement dessiné, et aussi plaisant pour le fan que motivant pour le profane. Un vrai coup de coeur.