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dimanche 4 juin 2023

FANTASTIC FOUR OMNIBUS PAR MARK WAID & MIKE WIERINGO


Comme je l'avais dit dans ma critique de Fantastic Four #7 (#700), j'ai acquis l'Omnibus Fantastic Four par Mark Waid et Mike Wieringo récemment publié par Panini Comics. L'occasion d'avoir l'intégralité de leur un en seul volume (de plus de 800 pages) pour un prix décent (je l'ai acheté d'occasion pour 65 E sur Amazon). Comme il serait fastidieux de résumer tous les épisodes et d'en faire la critique détaillée, je vais passer en revue les étapes importantes des différents arcs narratifs et tenter d'expliquer pourquoi ça reste une réussite exemplaire.

L'album démarre au #60. Mark Waid explique dans la préface de l'Omnibus qu'il a hésité à accepter le job car... Il n'était pas vraiment fan de Fantastic Four ! Mais quand l'editor Tom Brevoort lui a expliqué qu'il comptait lui associer Mike Wieringo au dessin, le scénariste s'est laissé convaincre car l'artiste était son ami. Il s'est donc plongé dans la relecture de la série et a dressé une note d'intention en commençant par définir les caractéristiques de la 1st Family de Marvel (hélas ! et c'est le seul faux pas de l'Omnibus de Panini, ce document ne figure pas au sommaire alors qu'il est dans le 1er tpb en vo).


Cet épisode 60 et le suivant sont des modèles du genre pour (ré)introduire les personnages au lecteur. Waid a compris que les 4F souffraient d'un déficit de notoriété comparés aux Avengers et aux X-Men et il transpose ce constat dans son récit. Reed Richards engage donc un publiciste pour améliorer l'image de l'équipe tandis que Sue, pour responsabiliser son frère Johnny, en fait le directeur financier. Mike Wieringo, avec le coloriste Paul Mounts, impose d'entrée de jeu un graphisme léger, lumineux, tout en rondeur, avec des personnages souriants. On est dans un feel-good comic-book, on s'y sent bien.
 

Passé ce démarrage, pourtant, les fans vont être déçus par le premier arc, Equation. Waid imagine un adversaire inédit qui n'est pas inintéressant dans la mesure où il confronte Reed Richards à la possibilité qu'une de ses inventions déraille. Mais effectivement, quelque chose manque dans cette histoire qui évoque les dérives autrefois vues chez Hank Pym avec Ultron sans atteindre la même intensité. Toutefois, tout n'est pas à jeter : Wieringo illustre ça de manière très dynamique, encore une fois Mounts fait des merveilles aux couleurs, et surtout malgré le défaut de charisme de la menace, on devine déjà que Waid ne va pas ménager ses héros qui souffre vraiment dans leur chair lors des combats.


L'insectoïde du Leviavers est aussi un arc mineur. Mais Waid développe sur deux épisodes un élément qu'il a introduit dès le #60. Mark Buckingham remplace Wieringo mais sa prestation est gâché par un encrage médiocre de Danny Miki et Allen Martinez qui ne lui convient pas. On pourrait penser à ce stade, après six mois de parution, que, finalement, ça ne part pas très bien, que les auteurs ont des difficultés à prendre leurs marques. Mais c'est un peu plus subtil que ça comme on va le voir dès l'épisode et l'arc suivant...


En effet, le 67ème épisode est le prologue à un arc en quatre parties qui va faire date en qui reste encore aujourd'hui un classique, de ces histoires qui restent dans les mémoires. L'Appel des ténèbres (Unthinkable en vo) montre le Docteur Fatalis comme on l'a rarement vu, réellement méchant et dangereux, échafaudant un plan diabolique et n'hésitant pas pour l'exécuter à se servir de sa propre filleule, Valeria Richards. 


Waid ne réinvente pas la roue : l'intrigue repose sur l'éternel duel entre les egos surdimensionnés de Reed Richards et Victor von Fatalis. Ce dernier, scientifique de génie comme Mr. Fantastic, a aussi étudié les arts occultes comme sa mère gitane avant lui et n'a eu de cesse de vouloir prouver au monde sa supériorité sur celui qui a causé l'accident qui l'a défiguré. 

Les fans ne goûteront guère au relooking extrême de Fatalis conçu par Wieringo qui fait pourtant tout à fait sens dans le cadre de cette histoire très noire. Le pauvre Franklin en sortira durablement traumatisé, Ben Grimm esquinté physiquement, et, idée cruellement géniale, Reed Richards défiguré à son tour. N'hésitons pas à le dire : cet arc est un chef d'oeuvre. 


Et il l'est parce que Waid à partir de là va opérer un virage à 180° dans sa vision de la série. Fini le feel-good, bienvenue en enfer. Le scénariste va explorer, longuement, les conséquences de cette aventure sur le groupe, alors qu'il est plutôt d'usage dans les comics super-héroïques de passer rapidement à autre chose, les super-héros étant dotés habituellement d'une faculté de résilience inouïe. Il faut noter en outre deux points : d'abord la série reprend sa numérotation historique (le dernier épisode de L'Appel des ténèbres est le n°500), et les deux épisodes suivants formant l'arc Retour de l'enfer sont mis en images par Casey Jones, qui s'acquitte d'une prestation très honorable à la suite de chapitres magistralement réalisés par Wieringo.


Lorsque je dis que Waid va exploiter sur la durée les répercussions de L'Appel des ténèbres, il faut me prendre au mot. Le scénariste se lance alors dans son histoire la plus controversée : en compagnie de Howard Porter au dessin, il imagine que Mr. Fantastic va vouloir restaurer la démocratie en Latvérie puisque Fatalis a été envoyé en enfer. 

Le problème, d'ordre moral, éthique, c'est que les méthodes de Reed Richards ne valent guère mieux que celles de son rival : face à un peuple qui n'a jamais rien connu d'autre que le joug tyrannique du souverain, lui et ses compagnons sont d'abord rejetés. On découvre un Reed Richards volontiers manipulateur et radical pour arriver à ses fins, ce qui créé de vives tensions avec Sue et surtout Ben mais aussi Johnny. 

La question centrale est de savoir si on peut faire le bien contre la volonté des opprimés, mais Waid interroge aussi le sens politique de cette démarche car les pays voisins convoitent la Latvérie et la crise prenant de l'ampleur, les Nations-Unies s'en mêlent. Nick Fury va alors tenter de raisonner les 4F et le dénouement se soldera par la mort de Ben Grimm.

C'est passionnant à lire, mais aussi pénible car les Fantastic Four sont montrés sous un jour des plus troubles. Et il faut supporter le graphisme de Porter, dont je n'ai jamais été fan.


Heureusement Wieringo revient (enfin !) après quand même huit mois d'absence. La Chose est donc morte et les Fantastiques sont au plus mal. L'opinion internationale s'est retournée contre eux, les inventions de Reed ont été réquisitionnées par le gouvernement américain, les finances sont au plus bas. Le groupe lui-même a explosé car ni Johnny ni Sue n'ont pardonné à Reed la mort de Ben. Pourtant Reed entreprend de ressusciter son ami et quand sa femme et son beau-frère l'apprennent, pas question de le laisser faire - ou en tout cas pas tout seul, sans surveillance cette fois. 

L'arc intitulé L'Au-delà est une merveille : visuellement déjà parce que retrouver Wieringo, au meilleur de sa forme après son long break, aboutit à des planches magnifiques, d'une inventivité débridée, d'une élégance imparable. Le trait de Wieringo, encré par le fidèle Karl Kesel (qui deviendra le scénariste suivant sur la série après la fin du run de Waid) et valorisé par les couleurs de Paul Mounts, rappelle quelle perte a été sa disparition prématurée en 2007. Il m'arrive souvent de me demander ce qu'il aurait encore pu produire, ce qu'il ferait aujourd'hui (même si on sait qu'il ambitionnait de s'exercer sur des héros plus adultes comme le Punisher ou, toujours avec Waid, de revenir chez DC pour une série Aquaman).

Waid ressuscite la Chose de la façon la plus poétique qui soit en orchestrant la rencontre des 4F avec Dieu qui a les traits de... Jack Kirby. Qui en profite pour effacer les cicatrices de Reed Richards et de donner à l'équipe un dessin avant de les renvoyer dans notre dimension. Magique tout simplement.


Mike Wieringo a faim et il enchaîne donc naturellement avec l'arc suivant en deux parties où Waid invite Spider-Man. La Torche Humaine, qui s'est toujours chamaillé avec le Tisseur, va lui demander conseil, entre deux affrontements avec Hydro-man, pour savoir comment gérer l'impopularité des Fantastic Four. C'est savoureux et Spidey prouvera une nouvelle fois à quel point pourquoi il est en somme le meilleur de tous, n'hésitant pas à offrir à Johnny Storm une occasion de briller en public à son détriment. On sort ainsi d'un long cycle où l'équipe a souffert dans sa chair et moralement face à Fatalis et aux choix discutables de Mr. Fantastic. C'est le retour du feel-good.


Et pour bien le souligner, ces deux épisodes, Côte d'impopularité, sont agrémentés d'une back-up story en deux parties située dans le passé et dessinée par rien moins que Paul Smith. C'est donc évidemment sublime, et le couple Reed-Sue est mis en avant dans une aventure où l'on fait la connaissance d'une ex-conquête de Mr. Fantastic.


Wieringo va reprendre du recul sur l'arc suivant, Famille je vous hais !, et c'est Paco Medina qui le remplace cette fois. On entre là dans des épisodes que je n'avais jamais lus et la première surprise vient du dessin justement car à cette époque, Medina avait un style très différent de celui qui est le sien aujourd'hui. L''influence de Humberto Ramos est manifeste, avec cette exagération des proportions, une expressivité poussée, et des courbes omniprésentes. L'intrigue en elle-même, par contre, est un bon cran en-dessous de ce que Waid a produit jusque-là, avec cette formation des Terrifics où le Sorcier, le Piégeur engage Hydro-man et Salamandra pour piéger les Fantastiques publiquement. On passe ? On passe.


Nous arrivons tranquillement à la fin de ce beau pavé puisque c'est déjà l'épisode 517 (sur 524). Et cette conclusion est le bouquet du feu d'artifices. Mike Wieringo ne fera plus faux bond et il va dessiner des épisodes extraordinaires, spectaculaires, avec des designs somptueux. Mark Waid, lui, nous embarque dans un saga en deux actes grandioses où Zius, un savant qui a secouru plusieurs habitants de planètes menacées par Galactus, veut que la Femme Invisible se sacrifie pour lui permettre de poursuivre sa mission.

Waid, on le devine, a l'intention de donner un coup de pied dans la fourmilière avec cette histoire king-size mais n'ira pas jusqu'au bout de son idée. Pourquoi ? Sans doute que le staff éditorial a jugé le projet trop radical et réfléchissait déjà à l'après. Ou alors le scénariste a simplement voulu tester le lectorat et s'est ravisé in extremis, préférant ranger tous ses jouets avant de passer la main. 

Mais quand même, quand il échange les pouvoirs de Sue et Johnny, on devine qu'il a voulu tenter quelque chose. Comme de donner à Sue un pouvoir plus spectaculaire et à faire de Johnny autre chose que l'éternel post-ado insouciant de la famille Sorm et des FF. Plus loin, Ben Grimm retrouvera son apparence humaine et Reed envisage sérieusement de sacrifier son pouvoir élastique pour devenir la nouvelle Chose, culpabilisant toujours de n'avoir jamais trouvé un moyen de guérir son ami. Si Waid était allé jusqu'au bout, la face de la série en aurait été profondément changé (même si Marvel aurait sans doute cherché à restaurer le statu quo ensuite).


Pas de run sur Fantastic Four sans Galactus. ET c'est donc logiquement que Waid convie le dévoreur de mondes pour achever son run. Ce qui ne l'empêche pas de surprendre en faisant de Johnny le nouvel héraut du géant. Puis de faire revenir Galen, l'individu qui est devenu Galactus à la suite du Big Bang. Le scénariste démontre que, quelle que soit sa forme, Galen/Galactus est et reste un être totalement déconnecté de notre conception de l'humanité, venu d'un temps si ancien que notre monde, nos vies, nos idées lui restent étrangers.

C'est une curieuse intrigue, sans beaucoup d'action, et qui peut frustrer, surtout pour fermer le ban d'un run aussi exceptionnel. Mais on peut l'interpréter différemment en considérant que Waid, depuis le début, a manifesté une intention constante de ne pas caresser le fan dans le sens du poil, de ne pas écrire la série de manière convenue. Et surtout d'être dans une réflexion character's driven, en concevant des arcs narratifs dont l'objectif était d'interroger les quatre membres de l'équipe, leur caractère, leur place dans le groupe, la notion même de famille. En préférant mettre en scène Galen plutôt que Galactus, Waid reste dans cette logique, à contre-courant, focus sur le personnage plutôt que sur une énième histoire grandiloquente avec le dévoreur de mondes.

Dans ce registre décalé, le dessin de Mike Wieringo est exemplaire, montrant avec justesse un individu déphasé mais qui donne à voir quelques aspects peu reluisants de l'Amérique, de New York, de la société, en même temps que la volonté obstinée des héros de mettre en avant ce qu'il y a de positif, de beau, de valable dans tout ça.


Le dernier épisode, daté de Mai 2005, est mouvementé, ludique et poignant à la fois, surtout en ce qui concerne Ben Grimm. Si on devait alors faire un bilan, on peut dire que des quatre, c'est peut-être Sue que Waid a le moins mis en avant, le moins exploré. Mais en même temps, elle apparaît, certes en retrait, mais aussi comme le pilier du groupe, la figure la plus intègre, la plus solide, et sans doute la plus puissante, la plus souple aussi. Reed compose avec une culpabilité constante qui menace de le faire dériver. Johnny est un gamin farceur mais brillant à l'occasion. Et Ben est ce grand frère, cet oncle, généreux, ronchon, mais attachant, droit, fidèle. Comme il est dit dans le premier épisode du run, les Fantastic Four ne sont pas des super-héros, même s'ils font leur part, ce sont des explorateurs, des "imaginautes", et plus que tout une famille (le fait qu'ils portent tous le même costume prouve d'ailleurs qu'ils forment une entité et non pas un ensemble disparate).

Mike Wieringo leur a apporté une forme de nouvelle jeunesse avec son style qu'on a souvent qualifié de "cartoony" : il admettait son admiration pour Walt Disney, les animateurs célèbres de l'âge d'or du studio (comme Wolfgang Reithermann), et l'influence de l'école franco-belge (on peut déceler des traces de Uderzo chez lui). Il y a un côté naïf, immédiatement accessible, joli dans son trait, qui peut attirer de jeunes lecteurs, mais aussi un soin pour créer des images détaillées, dans un découpage tonique, qui comblera des fans plus exigeants mais tolérant autre chose qu'un réalisme académique. En tout cas, parfaitement en phase avec la tonalité adoptée par Mark Waid, entre légèreté et gravité, amusement et tension, intimisme et spectacle.

'Ringo (comme il signait) retrouvera une dernière fois ces personnages pour une mini-série, écrite cete fois par Jeff Parker, L'Âge d'argent, avec Spider-Man en guest-star. Ce sera son dernier travail. Mark Waid, lui, renoncera définitivement à son projet Aquaman dont il rêvait avec son partenaire, et il attendra longtemps avant de trouver un partenaire avec lequel sa relation de travail sera si accomplie (Chris Samnee sur Daredevil, puis Black Widow, puis Captain America).

Mais ces 34 épisodes de cet Omnibus sont indispensables pour le fan de Fantastic Four, de Marvel, et surtout de comics. N'hésitez pas, si vous voulez vous offrir un de ces pavés : celui-ci vous comblera.

mardi 22 août 2017

'RINGO, 10 YEARS AGO...

Il y a, aujourd'hui, dix ans et dix jours exactement, disparaissait Mike Wieringo. Ce triste anniversaire n'est guère célébré, vous ne trouverez guère d'hommage ou d'article pour vous le rappeler. S'il nous reste ses comics, c'est, en revanche, comme si l'artiste avait été effacé...

J'étais un fan de celui qui se surnommait (et signait) 'Ringo, même si je l'ai vraiment découvert après sa mort à 44 ans. J'ai eu, cette année, moi-même, 44 ans et me voici donc aussi âgé que ce dessinateur que j'adorais quand il est parti. Récemment, je lisais une interview de l'écrivain Paul Auster qui, à 70 ans, constatait qu'il était désormais plus âgé que son père quand il décéda et en le remarquant, un trouble le saisit : celui que, désormais, il était en quelque sorte en train de prolonger l'existence de son père.

Je crois qu'il s'agit un peu de la même chose avec les lecteurs qui perpétuent l'oeuvre des auteurs après leur mort, ils deviennent des passeurs, leurs avocats, ceux qui restent pour garder vif le souvenir des disparus. Rien de macabre ou de nostalgique là-dedans, mais plutôt une forme de devoir de mémoire envers ceux qui nous ont fait rêver, qui nous instruits - ces inestimables présents.

J'ai donc voulu me rappeler de Mike Wieringo et, si je ne l'ai pas fait le 12 Août dernier précisément, c'est parce que je cherchais un moyen de le faire simplement mais personnellement, en évoquant quelque chose qui me touchait spécialement chez lui.  

Et c'est alors que j'ai pensé à Fantastic Four #60 (2003), premier épisode de son run sur cette série - qui, comme 'Ringo, n'existe plus aujourd'hui... - , écrit avec son ami Mark Waid (voir ci-dessus). Je ne poste que quelques planches, situées au début et à la fin de cette histoire. 


Quand Waid prend le titre en main, il veut le rendre accessible et accrocheur pour les lecteurs, mais de façon originale. Les Fantastic Four sont les plus anciens héros de Marvel (une fois que la maison d'édition a pris ce nom après avoir été Timely Comics), créés par Stan Lee et Jack Kirby. Et il faut insister sur le terme "héros" car il suggère une nuance avec les "super-héros". 
Effectivement, les FF sont d'abord une famille : ses membres sont Reed et Sue Richards, mariés ; Johnny Storm, le frère cadet de Sue ; et Ben Grimm, le meilleur ami de Reed. Reed et Sue ont deux enfants, Franklin et Valeria.
Ensuite, ce ne sont pas des justiciers ou des soldats ou des super agents de l'ordre, ce qui les distinguent de Spider-Man, Captain America, les Avengers. Ce sont pas non plus une tribu atypique comme les X-Men ou les Inhumains. Non, ce sont des aventuriers, des explorateurs, dont les adversaires sont des individus ou des groupes que leurs recherches contrarient (Dr. Fatalis, l'Homme-Taupe, Annihilus, Galactus...). Waid inventera pour l'occasion un néologisme : "Imaginauts", des serviteurs de l'imaginaire, des curieux.

Dans Fantastic Four #60, Waid a donc une idée simple mais géniale pour (ré)introduire ces personnages au public : Reed loue les services d'une agence de communicants pour restaurer l'image des FF, les rendre plus populaires. Le groupe vit des brevets scientifiques déposés par Mr. Fantastic, mais souffre d'un déficit de visibilité car ils sont moins cool que Spider-Man, moins héroïques que Captain America, moins spectaculaires que les Avengers (tout en étant moins étranges que les mutants ou retirés que les Inhumains). Ce que l'histoire sous-entend, c'est que les FF sont méconnus du peuple de New York (et donc des lecteurs) parce qu'ils vivent dans un building, y pratiquent des expériences (aux conséquences parfois directes sur les civils), ce sont un peu des outsiders, sympathiques, un peu bizarres, mais aussi communs (une famille - presque - comme tant d'autres). Et sans identité secrète : ils ne portent même pas de masques, ont tous le même uniforme, et leurs pseudonymes désignent davantage leurs pouvoirs qu'ils ne dissimulent leurs vrais noms.

L'agence envoie Shertzer, un jeune publiciste (qui s'occupe habituellement de rock stars), passer une semaine avec les FF pour trouver un moyen de rendre l'équipe plus sexy, plus commercial - comme Waid doit rendre le comic-book plus vendeur. Shertzer passe donc les jours suivants avec la Torche Humaine (qui vient de rompre avec l'actrice Jennifer Garner), la Chose (qui dénigre le rap mais reçoit d'admirateurs un CD avec un rap en son honneur), la Femme Invisible (qui élève ses enfants, assiste son mari mais surtout s'assure de la cohésion de toute la famille en assignant un rôle à chacun - quelques épisodes plus tard, elle confiera la gestion financière à son frère, qui fuit toute responsabilité, pour le faire mûrir)... Mais sans comprendre au fond pourquoi Mr. Fantastic tient tant à la célébrité.

Réponse dans les ultimes pages du n°. 




Quand Shertzer livre son rapport aux graphistes de l'agence, il découvre, consterné, qu'ils ont maquetté un comic-book qui les travestit. Il corrige le tir en expliquant que ce ne sont justement pas des super-héros : "ce sont des astronautes, des aventuriers, des explorateurs. OK, si Galactus débarquent, ils répondent à l'appel. Mais leur boulot, ce n'est pas ça, ça va juste avec. Comme tout pionnier." Et il ajoute : "C'est vrai qu'ils sont là depuis un bail, mais les Fantastiques n'en restent pas moins des novateurs." Donc : "Si vous voulez faire un comic, faîtes-le sur eux, pas sur leurs costumes."

Pour moi, Fantastic Four #60 est et reste le meilleur épisode introductif d'une série que j'ai lu. C'est intelligent, drôle, entraînant, simple. Mark Waid signe un chef d'oeuvre qui devrait servir de modèle à n'importe lequel de ses collègues quand il reprend une série et doit inviter les lecteurs, anciens ou nouveaux, à la lire, à la suivre, à la soutenir. Lorsque, une fois Shertzer et ses collègues sont partis, on assiste à une scène magnifique où Reed Richards va coucher sa fille Valeria en lui expliquant pourquoi il veut corriger l'image de l'équipe : c'est parce qu'il se sent responsable d'avoir bouleversé la vie de sa famille en les entraînant dans l'expérience qui les a dotés de pouvoirs. Par orgueil. Et la célébrité évitera que les gens aient peur d'eux, elle les transformerait en héros. Et peut-être alors ils leur pardonneraient qu'il les ait privés d'une existence normale.

La bande dessinée, beaucoup de lecteurs, quand ils la commentent ensuite, oublient qu'il s'agit du produit des efforts communs d'un auteur et d'un artiste. Et c'est là qu'intervient le talent unique de Wieringo. Observez la rondeur, l'élégance, l'expressivité, la justesse de son trait, de son découpage, des émotions diffusées, des ambiances (l'épisode alterne moments mouvementés et calmes avec maestria). Examinez avec quel brio il s'approprie ces personnages comme s'il les dessinait depuis toujours, les rend vivants, attachants, amusants, complices, sympathiques. Cette famille, malgré la folie qui l'entoure (et que, parfois, elle provoque), on a envie d'en faire partie aussi parce que 'Ringo la représente ainsi.

Son style est à la croisée de plusieurs tendances : un peu réaliste (mais pas photo-réaliste), un peu cartoony (mais pas trop caricatural), précis (sans être chargé), et admirablement encré par Kark Kesel et colorisé par Justin Ponsor

Cette combinaison - un script formidable, un dessin à la fois humble et donnant une plus-value au texte, valorisé par l'encrage et la couleur - , c'est cela qui fait une bonne BD. Pas simplement un bon texte, ou de jolis images. Wieringo était un grand angoissé, craignant toujours que son style ne plaise pas, ne convienne pas, ne refusant jamais une commande, s'exerçant chaque jour (en postant un dessin original sur son blog chaque matin, comme une gymnastique), mais le soin et le sérieux avec lequel il pratiquait rendait ses efforts invisibles : son dessin respirait la facilité, la marque des grands.

C'est pour son humilité et son intemporalité qu'il ne faut pas oublier 'Ringo. Il avait encore tant à donner (il grouillait d'ailleurs de projets). Mais ce qu'il a laissé nous rappelle toujours une manière de dessiner des comics souriante, aimable, gracieuse. Comment ne pas remercier, dix ans après son forfait, quelqu'un qui nous a fait un tel cadeau ? 

dimanche 20 novembre 2011

Critique 283 : MARVEL LES GRANDES SAGAS 10 - FANTASTIC FOUR, de Mark Waid, Mike Wieringo et Paul Smith

Ce 10ème et dernier album de la collection "Marvel les grandes sagas" est consacré aux Fantastic Four. Paninicomics a bien fait les choses (sauf en ce qui concerne la couverture affreuse, signée Neil Edwards) puisque c'est l'histoire Impensable (Unthinkable en vo, Fantastic Four #67-70 + 500, publiés en 2003) écrite par Mark Waid et dessinée par Mike Wieringo qui a été choisie (plus deux petits bonus dessinés par Paul Smith).
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Le Dr Fatalis se trouve, incognito, à Cassamonte, Georgie, où il consulte plusieurs diseuses de bonnes aventures. C'est ainsi qu'il se souvient de son premier amour, Valeria, qu'il avait choisi de quitter, après une jeunesse où sa famille gitane avait été persécutée, pour partir étudier les sciences en Amérique. La suite est connue : il rencontre Reed Richards et il est défiguré lors d'une expérience. Cet accident alimentera l'éternel ressentiement entre le monarque de Latvérie et le leader des Quatre Fantastiques.
De sa défunte mère, Fatalis a hérité l'intérêt pour la magie et aujourd'hui, il sacrifie Valeria, lors de leurs retrouvailles, pour se venger des FF. L'ignoble Docteur ne va pas ménager les héros, se servant de la petite Valeria (il a accouché Sue Richards un an auparavant), expédiant Franklin en enfer, torturant l'équipe, et, pour finir, marquant Reed dans sa chair...
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Cet arc narratif est un classique de la série et, peut-être, le sommet du run de Mark Waid et Mike Wieringo. La vraie vedette du récit est Fatalis, qui a rarement été aussi odieux et terrifiant : le premier épisode, prologue de la saga, ne montre d'ailleurs que ses ennemis dans une image, en flashback, et se clôt sur une scène abominablement glaçante. Ce grand vilain qu'est le Dr Doom (en vo) et qui a été depuis si malmené, par des scénaristes incapables de l'exploiter correctement, retrouve dans les mains de Waid toute sa puissance maléfique.
Le reste est à l'avenant et on souffre vraiment avec (et pour) les Fantastiques. La trame aboutit en vérité à l'affrontement personnel de Fatalis et Reed Richards, deux génies que leur orgueil perd : comme Waid l'avait rappelé dans le premier épisode de son run, Mr Fantastic est hanté par l'échec de la mission spatiale au cours de laquelle il a été, avec ses amis et sa femme, transformé ; de la même manière, la haine de Fatalis vise autant les autorités qui persécutèrent sa famille (et par extension le peuple gitan) que Richards qu'il estime responsable de sa défiguration. En fin de compte, ce qui sépare Fatalis et Richards les unit aussi et en fait deux belligérants aussi liés que Daredevil et le Caïd.
Waid ne néglige pas les autres membres de l'équipe, et se sert de leurs relations de manière très habile : ainsi ouvre-t-il le deuxième épisode par une énième dispute entre la Chose et la Torche, moment humoristique et léger, qui renforce l'intensité dramatique des séquences suivantes. Quant à Sue Richards, sa maternité est remise en avant pour souligner qu'elle est sans doute la plus mûre du groupe (Ben et Johnny se comportant comme des garnements et Reed perdant son calme dès qu'il comprend que la magie déployée par Fatalis le dépasse). Encore une fois, le soin apporté à la caractérisation par le scénariste est épatante.
     *
Aux dessins, Mike Wieringo livre une prestation à la hauteur de cette histoire très sombre : on pourrait précipitamment penser que son style peu réaliste et plutôt naïf, voire cartoony, ne se prête pas à ce registre. Or, au contraire, cela produit un constrate remarquable et renforce l'aspect angoissant.
Des scènes a priori innocentes comme celle où la petite Valeria joue avec des cubes et où Fatalis entre mentalement en contact avec elle ou lorsqu'elle prononce son premier mot, produisent un effet percutant aussi bien pour les personnages que pour le lecteur.
Le découpage est simple mais très dynamique et dans le dernier chapitre, "Ringo" se permet même des doubles pages explosives pour traduire la rage avec laquelle les héros prennent leur revanche.
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Pour boucler ce recueil, Paninicomics a eu la bonne idée d'ajouter deux back-ups (de quatre et six pages), toujours écrites par Waid, et dessinées cette fois par Paul Smith : la première montre comment Sue Richards suscite progressivement et malicieusement la jalousie de Reed, accaparé par ses recherches, et la seconde met en scène un bref voyage dans le temps entre l'Invisible et Alyssa Moy (personnage que réutilisera Mark Millar dans son run), le premier amour de Reed.
Le résultat est plein d'humour et surtout magnifiquement illustré par un artiste que j'aurai adoré voir animer ces personnages plus longuement. Paul Smith est un magicien trop méconnu, dont la carrière n'aura jamais eu le retentissement qu'elle mérite.

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La collection des "grandes sagas" est à présent terminée. Même si elle a souvent proposé des récits qui n'étaient pas parfaits pour apprendre à découvrir les héros Marvel, elle aura au moins proposé deux véritables incontournables avec l'album de Daredevil (l'arc Renaissance, de Miller et Mazzucchelli) et celui des FF.

samedi 1 octobre 2011

Critique 266 : FANTASTIC FOUR - IMAGINAUTS, de Mark Waid, Karl Kesel, Mike Wieringo, Mark Buckingham et Stuart Immonen

Fantastic Four : Imaginauts rassemble les épisodes 56 et 60 à 66 du volume 3 de la série, publiés par Marvel Comics en 2002 et 2003. L'épisode 56 est écrit par Karl Kesel et dessiné par Stuart Immonen. Les épisodes 60 à 66 sont écrits par Mark Waid et dessinés par Mike Wieringo (#60-64) et Mark Buckingham (#65-66).
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- Inside Out (#60) : un jeune publicitaire, sollicité par Reed Richards pour améliorer l'image des FF, passe une semaine avec les membres du groupe. Il découvre que leur notoriété est faussée par le fait qu'on les considère comme des super-héros alors qu'ils sont avant tout des explorateurs-aventuriers, autrement dit des "imaginauts". Et l'on apprend que si Mr Fantastic a décidé de louer les services d'une agence publicitaire, c'est parce qu'il veut rendre sa famille plus sympathique pour le grand public, ne se pardonnant pas de les avoir transformés en ce qu'ils sont.

- 24 Blocks and One Blockhead (#61) : Johnny Storm, en voulant une fois de plus faire une farce à Ben Grimm, provoque sa colère contre ses amis de Yancy Street, son quartier natal. Pour le forcer à mûrir, Sue Richards, sa soeur, décide alors de confier au feu follet les finances de la famille !

- Sentient (#62-64) : Une créature issue d'un programme informatique conçu par Reed Richards se matérialise et menace les FF en voulant supprimer tout obstacle entre elle et son créateur.

- Small Stuff... Big Stuff (#65-66) : D'un côté, la gestion des affaires par Johnny Storm provoque une catastrophe lorsqu'il est sur le point d'être piégé par des collaborateurs sans scrupules l'ayant mis en contact avec un client malhonnête. De l'autre, Ben Grimm doit se débarrasser d'un monstrueux insecte ramené accidentellement d'une expédition dans la zone négative.

- Remembrance of Things Past (#56) : Ben Grimm revient dans son quartier de Yancy Street et tout en essayant d'aider un prêteur sur gâges racketté par un super-vilain, se souvient de ce qu'il subissait plus jeune à cause de ses origines juives.
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A la fin de l'épisode 66, un document de huit pages rédigé par Mark Waid, intitulé The Fantastic Four Manifesto, offre, en même temps qu'un bonus rare, une consistante et passionnante note d'intention du scénariste lorsqu'il a accepté de prendre en mains la série. Ce manuscrit, agrémenté de quelques croquis par Mike Wieringo (permettant de voir ses études pour les personnages et leur look), devrait être enseigné à tout auteur de comics, et en particulier à quiconque prétend écrire les aventures du célèbre quatuor. Waid y détaille en effet ce qui constitue la spécificité du titre, de l'équipe, établit leur dynamique de groupe, éclaircit les relations entre ses membres, avec une intelligence et une clarté exemplaires. Jonathan Hickman, qui pilote désormais les FF, devrait réviser ce texte : il y serait instruit de tous ses défauts (intrigues inutilement étirées et complexes, importance à donner à chacun des 4F, accessibilité à la série). C'est sans doute la meilleure grille de lecture qu'on ait à disposition depuis le run de John Byrne (peut-être le seul avec Waid à avoir su retrouver la magie initiale de Lee et Kirby tout en la revitalisant).
Une fois que vous aurez donc lu ce "manifeste", vous aurez, parfaitement formulé, ce qui vous aura tant plu dans les épisodes de ce recueil qui contient les sept premiers épisodes du run de Waid et Wieringo, un des meilleurs comics produits par Marvel durant les années 2000, d'une frâicheur, d'une énergie, d'une subtilité, d'une élégance, imparables.
Tout démarre par deux épisodes auto-contenus, mais qui introduisent des éléments développés par la suite (l'insecte de la zone négative, la "promotion" de Johnny Storm), qui sont des modèles de storytelling : vifs, drôles, éloquents. Le chapitre où Schertzer, le jeune publicitaire, passe la semaine avec l'équipe est un pur chef-d'oeuvre, une de ces "issues" où il n'y a rien à jeter, où tout est dit et bien dit, sans une seule mauvaise idée, une seule faute de goût. En la matière, c'est une sorte d'épure du genre où les fondamentaux nous sont rappelés (les origines de l'équipe, une mission rapide où les rapports entre chacun sont définis) et des pistes essentielles sont lancées, avec en prime un final poignant où Mr Fantastic avoue à sa fille Valéria ses regrets éternels sur sa responsabilité dans la genèse du groupe.
Waid consacre ensuite un effort épatant au cas Johnny Storm en redistribuant son rôle : le grand gamin, l'ado limite attardé est complètement replacé (et là encore, quand on songe au sort que lui a fait Hickman récemment, on mesure à quel point le potentiel du personnage n'a pas été bien exploité alors que Waid a fait un cadeau à tous ses successeurs). Cette nouvelle définition du personnage résume la démarche de Waid qui retravaille chacun des membres de l'équipe pour lui donner plus de relief : Mr Fantastic a un coeur (pas seulement un cerveau), la Femme Invisible est une "décideuse" (et n'est plus seulement une épouse et une mère), la Chose cesse de déprimer sur son état (et n'en devient que plus combatif).
Puis le scénariste nous embarque dans deux story-arcs plus longs mais sans décompresser plus que de raisons (trois chapitres pour le premier, deux pour le second) : il y a du suspense, de l'action, on vibre, on rit aussi parfois - et ce dosage a quelque chose de miraculeux car il est parfaitement équilibré. C'est rapide dans être expéditif, profond sans être abscons, divertissant sans être bêtifiant, humoristique sans être parodique, avec un soin apporté aux dialogues (chaque personnage a son style sans que cela ne ressemble à un exercice de style ou ne serve de prétexte à des mots d'auteur).
A la fin du volume, l'épisode 56, antérieur au run de Waid, revient sur les origines juives de Ben Grimm, élément fondamental du personnage (et de ses créateurs, Lee et Kirby étant eux de la confession) mais jamais vraiment formulé. Karl Kesel explore cette facette avec subtilité, dans un récit bref, sans oublier l'action et le détachement, aidé par les dessins superbes, comme toujours, de Stuart Immonen (dans le registre Adam Hughes, pré-Nextwave, de sa carrière).
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La valeur des épisodes de Waid tient aussi beaucoup, encore plus aujourd'hui qu'à l'époque sans doute, aux dessins de Mike Wieringo, avec lequel il a abondamment collaboré. Mort prématurèment en 2007, l'artiste a marqué de son empreinte unique son passage sur la série à laquelle il a donné des planches magnifiques, d'un trait rond, expressif, respirant la légéreté, avec un découpage simple mais dynamique, aux finitions soignées, aux effets travaillés (comme cette somptueuse double-page qui ouvre le premier chapitre de l'arc Sentient).
Mark Buckingham (hélas ! encré par Danny Miki) le suppléera pour les deux épisodes de l'arc Small Stuff... Big Stuff, dans une tonalité voisine, mais cependant on déplorera qu'il n'ait pas été épaulé à l'époque par ses collaborateurs de Fables (Steve Leialoha et Andrew Pepoy), qui auraient donné une "Kirby's touch" sympathique à sa contribution.
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Cet album est fabuleux - ou plutôt : fantastique !

dimanche 4 septembre 2011

LUMIERE SUR... MIKE WIERINGO


Mike Wieringo.

C'est avec son run sur Fantastic Four, écrit par Mark Waid,
que j'ai découvert "Ringo"...
Wieringo était un fan de la série télé Lost:
il en avait dessiné quelques personnages, comme Charlie...

... Jack...
... Kate...
... Locke...
... Sawyer.
Avec son ami Todd Dezago, il avait créé la série Tellos, une heroic-fantasy.

Etonnament, un de ses projets concernait le Punisher,
anti-héros a priori loin de son univers.
J'aurai rêvé qu'il dessine une série avec Black Canary.
Déjà avec Mark Waid, il anima brièvement la série Flash.

Et Waid, toujours, a raconté qu'ils voulaient
proposer à DC une série avec Aquaman.

Naissance en 1963. Décés en 2007.
Scénariste, dessinateur, cover-artist, designer.
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Le site de l'artiste : http://www.mikewieringo.com/

samedi 14 août 2010

Critique 160 : SPIDER-MAN/FANTASTIC FOUR - SILVER RAGE, de Jeff Parker et Mike Weringo



Spider-Man and the Fantastic Four: Silver Rage rassemble les quatre épisodes de la mini-série publiée en 2007 par Marvel Comics, écrite par Jeff Parker et dessinée par Mike Wieringo.
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La race extra-terrestre des H'moj a choisi la Terre et ses habitants comme leurs nouvelle résidence et nouveaux hôtes... Jusqu'à ce qu''ils en aient épuisé les ressources et aillent voir ailleurs ! Mais ce projet de colonisation est contrarié par quelques héros, dont Spider-Man prévenu par l'Homme Impossible et les 4 Fantastiques qui décident de s'allier au Tisseur pour l'occasion...
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Silver Rage est une version "light" d'un grand classique Marvel : l'opposition entre le dévoreur de mondes Galactus et les FF. Mais l'option prise par Jeff Parker est de tourner cela en dérision pour nous offrir un divertissement rafraîchissant et entraînant : cela nous est confirmé dès la première scène où on voit apparaître le Surfeur d'Argent... Avant de comprendre qu'il s'agit de l'Homme Impossible. Ce détournement est l'amorce parfaite pour un récit dynamique qui a le bon goût de ne jamais se prendre au sérieux tout en ne se moquant pas du lecteur, grâce à une réalisation soignée.
Jeff Parker nous donne tout ce que l'on peut attendre d'une histoire réunissant Spidey et les FF. Vous voulez voir Ben Grimm râler et cogner dans la foulée ? Pas de problème ! Spider-Man et Johnny Storm se châmailler ? Vous serez servis ! Reed Richards résoudre le problème dans son coin ? C'est ici que ça se passe ! Sue Storm-Richards s'employer à diriger tout ce beau monde avec sagesse mais autorité ? Ne cherchez plus !
On pourrait juste déplorer que cela soit convenu et prévisible, mais ne boudons pas notre plaisir : conçue et réalisée après le dramatique Civil War (dont le succès a quelque peu éclipsé cette production plus modeste et à la tonalité radicalement différente), cette histoire offre une alternative efficace. En outre, s'il séduit le fan, ce récit peut aussi être lu par les profanes sans les égarer car il n'est pas encombré de références à la continuité.
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Les illustrations sont l'oeuvre de Mike Weiringo dont ce fut le dernier travail : mort prématurèment à 44 ans d'une crise cardiaque, on ne peut imaginer meilleur artiste que lui pour cette série. "Ringo" possédait un style unique, mixant avec grâce réalisme des anatomies, des proportions, des expressions, et fantaisie dans le dynamisme du découpage et des poses. Son trait était d'une magnifique élégance, fluide et clair comme le maître de l'animation Wolfgang Reitherman (Le Livre de la Jungle de Disney). L'encrage de Wade Von Grawbadger (avec Andy Lanning sur l'épisode 2), qui collabore avec Stuart Immonen, est celui qui lui convenait à la perfection.
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S'il y a finalement peu à dire sur cette bande dessinée, c'est parce qu'elle se suffit à elle-même : elle n'a pas besoin d'être défendue car elle séduira n'importe qui par son tempo, sa bonne humeur, son charme irrésistible, sa modestie. C'est une lecture rapide et amusante vers laquelle on peut revenir quand on est un peu las des récits plus sombres que Marvel comme DC nous servent abondamment.