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samedi 30 avril 2022

THOR #24/750, de Donny Cates et Nic Klein, avec Walter Simonson, Dan Jurgens, J. Michael Straczynski et Olivier Coipel, Al Ewing et Lee Garbett, Jason Aaron et Das Pastoras


Je ne suis plus Thor depuis un bail, et le run de Donny Cates m'a vite découragé. Mais c'est un épisode spécial que celui-ci : ce numéro 24 est aussi le 750ème de Thor, si on prend en compte tous les volumes de ses séries. Donny Cates y fait équipe avec Nic Klein, mais partage l'affiche avec de prestigieux invités qui ont marqué l'histoire du dieu du tonnerre chez Marvel pour ses soixante ans de parution.
 

Thor prononce l'éloge funêbre de son père, Odin, récemment mort. L'ancien Père-de-tout et roi d'Asgard a droit à des funérailles de viking. Même si Thor partage sa peine avec son demi-frère, Loki...


- Prologue (Ecrit et dessiné par Walter Simonson.) - Comment Beta Ray Bill est devenu le guerrier légendaire qu'on connaît, après avoir été capturé et fait l'objet d'expériences...


- The Seduction (Ecrit et dessiné par Dan Jurgens.) - Muni d'armes qui corrompent son âme, Thor ne devra son salut qu'à l'intervention d'Odin et de son demi-frère, Balder le brave...


- Benedictions (Ecrit par J. Michael Straczynski et dessiné par Olivier Coipel.) - Thor convoque en Asgard un notaire humain pour qu'il rédige ses dernières volontés...
 

- What Comes Next (Ecrit par Al Ewing et dessiné par Lee Garbett.) - Loki surgit 14 milliards d'années dans le passé et prévient Taaia, la mère de Galactus, d'un grave danger imminent pour le Multivers...

- Who Wields Who ? (Ecrit par Jason Aaron et dessiné par Das Pastoras.) - Il y a un million d'années sur Midgard, Odin doit affronter des géants de glace sans l'aide de Mjolnir qui refuse de lui obéir...

Il est loin le temps où j'ai aimé lire Thor. Je doute, à l'allure où vont les choses, renouer un jour avec ce plaisir. Le long run de Jason Aaron ne m'a séduit que lorsque Jane Foster a été jugée digne de soulever Mjolnir, avec les dessins magnifiques du (depuis) trop rare Russell Dauterman. Lorsque Donny Cates a succédé à Aaron, j'espérai quelque chose qui ne s'est pas produit, assistant affligé à une reprise survendu, malgré là encore un artiste doué (Nic Klein). En vérité, il faut remonter au run, trop court, de J. Michael Straczynski et Olivier Coipel (en 2007 !) pour que je me rappelle d'une proposition intéressante pour le dieu du tonnerre...

Alors JMS avait accepté d'écrire la série initialement offerte à Neil Gaiman, en s'inspirant de thèmes et motifs chers à ce dernier (l'existence des dieux validée par la foi des humains). Avec Coipel, le scénariste fit de Thor un personnage revenu d'entre les morts et confronté aussi bien à sa mortalité qu'à la responsabilité de restaurer Asgard, de trouver une raison d'être au panthéon nordique, le tout dans le décor bien décalé d'une bourgade américaine.

Malheureusement, Marvel gâcha tout en précipitant Thor dans un event par ailleurs raté, Siege, écrit par Brian Michael Bendis et dessiné par... Coipel, qui venait de quitter la série. JMS, déçu qu'on interfère avec ses plans, claqua la porte de Marvel pour s'exiler chez DC. Matt Fraction tenta, encore avec Coipel, de relancer la machine, sans convaincre. Puis Jason Aaron s'installa sur le titre, avec Esad Ribic...

Aujourd'hui, Cates vient d'achever un arc dans lequel il a sacrifié, au terme d'une intrigue d'une rare bêtise, Odin. Marvel a fait ses calculs et compté que ce 24ème épisode coïncidait avec la 750ème aventure du dieu du tonnerre, tous volumes et titres solos confondus. Je n'ai pas vérifié l'exactitude de cette comptabilité, mais l'éditeur a mis les petits plats dans les grands en publiant une giant-size issue de plus de 60 pages.

L'épisode s'ouvre et se ferme avec les funérailles grandioses d'Odin. Enfin.. Supposément grandioses, car, mise à part une double-page au début effectivement impressionnante, le reste est plutôt cadré serré, intimiste, et n'impressionne guère. L'émotion fait cruellement défaut tant le discours prononcé par Thor manque de personnalité, parasité par une voix off envahissante et inutile. Cates est décidément incapable de produire autre chose que de l'épate-couillon, ce qui lui réussit dans ses creator-owned abîmant immanquablement ce qu'il produit pour Marvel. Quant au dessin de Nic Klein, je lui reconnais une technique certaine, mais par contre je n'aime pas du tout la manière dont il représente Thor, si loin de ce qu'un Kirby, un Buscema, un Romita Jr ou un Coipel en ont fait.

Plus là pour célébrer les soixante ans du dieu du tonnerre que pour accompagner le cortège désolant de Cates, les invités sont plus inspirés, c'est un comble. Que Walter Simonson, cette légende vivante qui a révolutionné le personnage, nous conte les origines de Beta Ray Bill et c'est une leçon humiliante pour Cates et Klein tant, en quelques pages, il donne un souffle plus épique que dans les 23 épisodes du run actuel.

Dan Jurgens se charge lui aussi du texte et des dessins de sa partie. On peut regretter que Marvel n'ait pas laissé John Romita Jr l'accompagner - ou pas si on se fie au dramatique niveau affiché par l'artiste sur le relaunch de The Amazing Spider-Man paru cette semaine. Ce segment, censé mettre en avant Balder le brave, loupe un peu le coche, et l'encrage de Klaus Janson est affreux.

Et puis, ô joie ! J. Michael Straczynski et Olivier Coipel entrent en scène et c'est le retour des enfants prodigues. C'est magnifique, subtil, et ça rappelle à quel point en une douzaine d'épisodes, ces deux-là ont redéfini Thor, mieux que tout ceux qui leur ont succédé. Ah si seulement Joe Quesada n'avait pas fourré son nez là-dedans il y 14 ans...

Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, voilà que Al Ewing et Lee Garbett se joignent à la fête. Le scénariste estimait, lui aussi, avoir été empêché d'écrire Loki, Agent of Asgard, comme bon lui semblait (son run ayant quand même été traversé par trois events !). Mais il a, de son propre aveu, accepté de rempiler, avec à la clé sa prochaine mini-série Defenders Beyond, où il renouera avec le Dieu de la Malice. Lee Garbett nous régale avec des planches à tomber.

Evidemment, Jason Aaron, le fossoyeur de Thor, se pointe pour une énième variation sur son obsession débile (Mjolnir et qui mérite de le brandir). C'est donc répétitif et assommant, mais les dessins de Das Pastoras ont un certain cachet.   

Je vous fais grâce du cliffhanger qui annonce le crossover Banner of War, avec le concours de qui a la plus grosse entre Thor et Hulk, concocté par Cates, et qui ne semble être là que pour confirmer pourquoi j'ai arrêté de croire que Marvel voulait que le dieu du tonnerre soit au coeur de bonnes histoires.

Un n° anniversaire peu digeste donc, mais avec quelques pépites qui raviront les fans d'une époque bien révolue.

lundi 23 août 2021

DES NOUVELLES NOUVELLES TOUTES FRAÎCHES (Avant un petit congé...)

Bonjour à tous et bienvenue dans cette nouvelle salve de nouvelles nouvelles toutes fraîches ! J'espère que vous allez tous bien, pour ma part je reçois ma seconde dose de Moderna ce Mercredi et dans une semaine j'aurai enfin le précieux Pass sanitaire. Faîtes-vous vacciner pour vous protéger et protéger ceux que vous aimez ! Allez, c'est parti pour les news qui ont retenu mon attention cette semaine.

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SUBSTACK :


Substack continue de faire ses courses en attirant dans ses filets les gros poissons de l'industrie des comics (même si ce sont principalement des auteurs de chez Marvel...). Et un des derniers qui manquait à leur tableau de chasse était Donny Cates (ci-dessus, avec sa femme, la dessinatrice Megan Hutchinson), l'actuel scénariste de Thor, qui a reprendre Hulk. Dans son cas, le deal est un peu différent.


En effet, avec le dessinateur Ryan Stegman (son partenaire sur Venom), Cates a développé un imprint, KCL, regroupant trois titres en creator-owned, financés participativement, qui n'avaient pas d'éditeur. Ce sera donc chez Substack qu'on pourra d'abord lire : Vanish, son nouveau projet avec Stegman...


Mais également Flood, avec Megan Hutchinson donc, au dessin...


... Et enfin The One You Feed, avec Dylan Burnett (qui a été supporté sur la plateforme Kickstarter), le projet qui m'intéresse le plus. Toutefois, comme je l'ai écrit plus haut, Cates ne lâche pas Marvel ni Image Comics (chez qui il y a de fortes chances que ces trois séries soient publiées en format physique) pour qui il écrit Crossover, un des gros succès de ces derniers mois.


Moins ronflant, le nom de Leah Williams est l'autre prise de Substack : actuellement à l'écriture de X-Men : The Trial of Magneto, la scénariste pourrait en revanche quitter complètement la "maison des idées" suite à l'expérience malheureuse qu'elle a récemment connue avec l'annulation de série X-Factor (dont le dixième et dernier numéro a été réécrit dans son dos). Pas encore de projet annoncé néanmoins, mais ça ne devrait pas tarder.

*
BRIAN MICHAEL BENDIS / DARK HORSE :


Il peut avoir le sourire, Brian Michael Bendis, car les affaires reprennent pour le prolifiqiue scénariste, regonflé à bloc. Il y a quelques semaines, il annonçait que son label JinxWorld, regroupant tous ses creator-owned, allait déménager suite à la fin de son contrat d'exclusivité avec DC Comics. J'avais parié sur Image Comics, mais c'est finalement chez Dark Horse Comics que ses séries trouvent un nouveau toit. Un joli coup pour l'éditeur, après avoir attiré Scott Snyder, et qui conserve la franchise Black Hammer de Jeff Lemire et Hellboy de Mike Mignola.


Et JinxWorld, qui a résidé chez Caliber Comics, Image Comics, Marvel, DC, se relance avec un titre inédit, écrit par Bendis et dessiné par Stephen Byrne (Wonder Twins) : Joy Operations est, selon la formule de l'auteur, la rencontre d'Akira et de Inception, avec une intrigue située 55 ans dans le futur et qui suit les traces d'une mercenaire dans un monde contrôlé par de grosses entreprises.
Bendis a aussi prévenu qu'il avait un projet inédit avec Jacob Edgar, sans compter celui qu'il tient secret depuis un moment avec David Marquez, et une future collaboration avec son complice Alex Maleev. Des suites de Pearl (avec Michael Gaydos), de Cover (avec David Mack) et de Murder, Inc.avec Mike Avon Oeming, plus des réimpressions de Powers (dont un nouveau chapitre sous la forme d'un graphic novel de 200 pages) sont aussi dans les tuyaux. 
Mais Bendis a précisé que cette fois, chaque titres sortirait de manière assez espacée pour que les lecteurs ne soient pas saturés et que chacun ait sa chance. 


Et ce n'est pas tout : Bendis, qui a tweeté qu'il reprenait l'écriture de Legion of Super-Heroes pour DC, se lance sur un nouveau marché, donc hors du cadre de son contrat avec Dark Horse. En compagnie du dessinateur André Lima Araujo (ci-dessus), il va lancer une collection de romans graphiques qui seront directement vendus en librairie. Le premier de ces graphics novels serait déjà terminé !

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DC COMICS :


Une seule annonce notable (pour moi) du côté de chez DC cette semaine, mais une bonne nouvelle : Le Pingouin, ennemi emblématique de Batman, va fêter à son tour ses 80 ans en Novembre, au sein d'une revue anthologique, Gotham City Villains.


Et pour l'occasion, Danny de Vito, qui l'avait incarné génialement dans Batman, le défi de Tim Burton (1992), aux côtés de Michelle Pfeiffer/Catwoman, écrira une histoire avec Oswald Cobblepot et Selina Kyle, qui sera dessinée par Dan Mora (doont voici les characters designs ci-dessus). J'ai hâte de lire ça !

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MARVEL COMICS : 


La "Maison des Idées" a été très active cette semaine sur le front des annonces. Le mois de Septembre approchant, ce sera aussi bientôt le vingtième anniversaire de l'attentat perpétré par Al-Qaïda contre le World Trade Center et le Pentagone. Et pour se souvenir de la tragédie mais aussi de ses héros, Joe Quesada écrira un épisode spécial de Spider-Man qui sera dessiné par John Romita Jr. (déjà au crayon sur The Amazing Spider-Man 477 paru à l'époque et alors écrit, sous le coup de l'émotion, par J. Michael Straczynski).


En a-t-on bientôt fini avec l'épouvantable run de Chip Zdarsky sur Daredevil ? En tout cas, au #36, en Novembre, Marvel cesse de publier la série, qui verra le mariage de Wilson Fisk, le Caïd, et Typhoid Mary (jusqu'au bout, les idées pourries...), et probablement Matt Murdock sortir de prison. Mais ce n'est peut-être qu'une fausse joie car Zdarsky a prévenu ne pas en avoir fini avec le personnage et notamment le fait qu'il y a désormais deux Daredevil (Murdock donc mais aussi Elektra qui a repris le nom pendant qu'il était en taule). J'espère pourtant que Marvel va changer d'équipe créative (Marco Checchetto part aussi) parce que j'ai envie de relire du DD, du bon DD !


Novembre sera aussi le mois où Disney+ débutera la diffusion de la série Hawkeye avec Jeremy Renner et Hailee Steinfeld, que j'attends avec gourmandise. Fort naturellement, Marvel en profite pour lancer une mini-série en 5 numéros intitulée Hawkeye Kate Bishop.


Le scénario sera assuré par Marieke Nijkamp et les dessins par Enid Balam, dont on peut ici voir les characters designs (totalement copiés sur ceux de la série Disney+). Bien sûr, c'est très opportuniste, mais pourquoi pas ? J'aime bien Kate Bishop et nul doute que la série Disney+ va lui faire gagner des fans supplémentaires.


Reste à savoir si ce sera aussi bien que le run de Kelly Thompson et Leonardo Romero, ce qui paraît difficile...


Autre mini-série qui débutera en Novembre, pour six épisodes : The Thing. Ce n'est pas la première fois que Ben Grimm a son propre titre (John Byrne ou Dan Slott l'ont animée précédemment). Cette fois, c'est le romancier de polars Walter Mosley qui s'y colle avec l'excellent Tom Reilly au dessin. "It's clobberin' time !"
 

En Novembre toujours, Jason Aaron sortira son 50ème numéro d'affilée d'Avengers. Marvel s'est arrangé avec les chiffres pour faire croire que ce serait aussi le 750ème épisode du titre depuis sa création. Et donc, pour fêter ça, on aura droit à un chapitre spécial king-size de 96 pages, dessiné par Javier Garron, Ed McGuinness, Carlos Pacheco, Aaron Kuder. Y seront introduits de nouveaux Maîtres du Mal du Multivers (qui, avec un peu de chance, auront aussi la peau de Aaron, comme ça, après, on aura peut-être un scénariste qui écrira des bonnes histoires avec les Avengers....).


Ce numéro anniversaire aura même un bonus avec une back-up story sur Thor, écrite par le romancier multi-primé Christopher Ruocchio et dessinée par Steve McNiven. Bon, je vous l'avoue, je relaie cette nouvelle en m'en fichant car actuellement ni Avengers ni Thor ne font partie de mes lectures et je ronge mon frein en attendant des jours meilleurs (en sachant que je vais certainement encore attendre longtemps).


Finissons ces news Marvel (et ces news tout court) avec une annonce que je redoutais mais qui n'est peut-être pas si triste que ça : avec son nouveau projet pharaonique chez Substack (3 Worlds/3 Moons), il paraissait acquis que Jonathan Hickman n'allait pas s'attarder sur la franchise X. Et c'est désormais officiel : l'event Inferno sera son chant du cygne.
Ce n'est pas une surprise totale donc, d'autant que Hickman a précisé lors d'une interview-table ronde (avec Gerry Duggan, Vita Ayala, Al Ewing, Tini Howard, Si Spurrier, Benjamin Percy et Pepe Larraz) au site ew.com que son plan pour raviver la franchise comportait trois actes (donc HoX/PoX, X of Swords et Inferno). 
Il est acquis, acté que les bases posées par Hickman seront conservées par les auteurs, donc pas de changement de statu quo à venir. Il y aura toujours Krakoa, Arakko, le SWORD, etc. Mais après ?
Hé bien, c'est là qu'il y a des raisons d'espérer encore de grandes choses comme Hickman sait les établir car le scénariste a expliqué que Marvel ne le payait pas seulement pour écrire X-Men et superviser la franchise. Il travaille déjà sur "the next Marvel big thing" (traduisez : un event) et une série mutante hebdomadaire qui commencera en 2022 ! Au temps pour ceux qui s'indignent en attaquant Hickman en affirmant qu'il plante tout le monde... Il est certain que les séries X seront certainement dirigées plus collégialement désormais, mais pas que Hickman abandonne ces personnages, cet univers (et quand bien même, même si ça aurait été triste, il fait ce qu'il veut !).

Voilà pour cette fois. Je vais certainement être plus discret ces prochains jours car je prends quelques vacances (les premières depuis... hola !... Longtemps). Mais on se retrouve quand même bientôt pour de nouvelles critiques. Soyez prudents et merci pour votre attention et votre fidélité.

vendredi 16 avril 2021

THOR #14, de Donny Cates et Nic Klein


Comme je n'en attendais plus rien, ce quatorzième épisode de Thor par Donny Cates ne m'a pas déçu : il n'a fait que confirmer qu'il était aussi médiocre que les précédents et que ce que fait ce scénariste avec ce personnage n'est pas pour moi. Nic Klein est en roue libre. Rideau.


Son esprit transféré dans l'armure du Destructeur, Thor fait enfin face à Donald Blake. Refusant de se rendre aux injonctions de Loki et Odin, l'alter ego du dieu du tonnerre reçoit une raclée par l'arme la plus puissante d'Asgard.


Mal en point mais pas vaincu, Blake invoque le marteau Mjolnir mais Odin rappelle ce dernier à lui. Pourtant c'est Beta Ray Bill qui s'en saisit le premier et reprend ainsi sa place de maître de guerre à laquelle l'avait promu Thor.


Ramassant la canne brisée de Blake, Loki la reconstitue et la jette au Destructeur, libérant ainsi Thor. Le Dr. Strange contient Blake avec sa magie et Odin pense alors en finir avec celui qu'il avait jadis créé. Mais Thor s'interspose et congédie son père, avec lequel il aura une explication plus tard.


Implorant qu'on l'achève, Blake, que Thor reconnaît alors comme son frère, le neutralise avec la foudre. Puis il s'en remet à Loki pour trouver un châtiment approprié...

On ne pourra pas me reprocher de ne pas avoir insisté mais ça n'aura pas pris : j'attendais beaucoup de la reprise de Thor par Donny Cates après le run interminable de Jason Aaron (dont la seule bonne idée aura été de donner le rôle, pendant un temps, à Jane Foster - idée finalement briévement tenue, hélas !). Mais passé un premier arc mi-figue, mi-raisin, et un intermède de deux épisodes inutile et affligeant, ce deuxième arc, Prey, aura eu raison de ma patience et de mon indulgence.

Le pire dans tout ça, c'est que la conclusion de cette histoire est totalement stupide et gâche encore un peu plus le personnage de Thor, dont on comprend qu'il est un régent idiot, ingrat et brutal. Entretemps, Donald Blake a lui aussi pris cher et n'aura même pas eu droit à une fin digne de ses méfaits : au lieu de ça, Donny Cates a préféré que Loki dispose de lui en l'enfermant dans une oubliette avec un serpent, ce qui veut dire que Blake refera inévitablement des siennes quand il aura trouvé un moyen de se libérer, plus ivre de vengeance que jamais. L'astuce est tellement grossière qu'elle est presque risible.

Je fais un peu mon "grumpy" critique en écrivant ces lignes, mais honnêtement, je me demande ce qu'on peut trouver de si extraodinaire à Donny Cates. Sur YouTube, je suis la chaîne de Max Faraday ("Max Faraday's comics & stuff"), un libraire qui cause comics, vf et vo, et qui, lui, est un fan du scénariste. Récemment, je lisais une de ses vidéos, pertinente, dans laquelle il exposait comment Cates avait patiemment bâti tout un univers à lui au sein du Marvel-verse, à travers les différentes séries dont il a eu la charge. Une démonstration probante que Cates n'est pas un manchot mais bien un type avec un plan cohérent, particulièrement dans la branche "cosmique" puisqu'il a écrit Thanos, Silver Surfer : Black, Guardians of the Galaxy, Venom, Thor

Mis bout à bout, ces titres, ces runs, forment une continuité assez épatante, qui rappelle d'ailleurs ce que fit Rick Remender avec Uncanny X-Force et Uncanny Avengers (où il développa une vaste intrigue avec Apocalypse, Kang, Wolverine, Thor, Crâne Rouge, etc.). Mais alors pourquoi ça ne prend pas avec moi ?

Je crois que mon souci avec Cates, c'est son style même. Il partage avec d'autres auteurs contemporains cette façon de démarrer très fort, puis de patiner, et enfin de conclure à la vas-comme-je-te-pousse. Le problème, c'est que, jusqu'à présent, tout ce que j'ai lu de lui, répéte ce modus operandi. Mais fondamentalement, cela vient, à mon avis, d'un manque de sentiment frappant pour les héros qu'il anime (même si je ne peux pas parler pour Venom que je ne lis pas).

J'ai déjà comparé Cates et son Thor au Daredevil de Chip Zdarsky, qui finalement semble tout faire pour éviter d'écrire Matt Murdock et son alias, au point de l'avoir envoyé en prison et de l'avoir remplacé par Elektra comme ange gardien de Hell's Kitchen. Cates a le même penchant avec Thor dont on a pu constater dans ses deux arcs qu'il était relégué au second plan, quand il n'était pas réduit à de la figuration. Dans l'arc The Black Winter, Thor devenait le héraut de Galactus, une façon de le déplacer du centre du récit, d'autant que la menace à affronter concernait Galactus et pas Asgard. Dans l'arc Prey, Thor a passé les 3/4 de l'histoire dans la dimension où avait été oublié Blake, et il était littéralement incapable de s'en extraire (un comble pour le nouveau Père-de-tout, dont la puissance devrait lui permettre de se sortir de ce genre de situation).

Pendant ce temps, on a eu droit à une sorte de défilé de seconds rôles et d'invités qui affrontait Blake (Beta Ray Bill, Lady Sif, l'armée d'Asgard, Throg, Dr. Strange, Valkyrie). Les scènes avec Thor se limitaient à le montrer coincé dans l'enfer de Blake en train de hurler et de déclencher des éclairs... Lorsque, à la fin de l'épisode du mois dernier, on a vu le Destructeur et Odin entrer en scène, ce n'était encore une fois qu'un leurre pour promettre quelque chose au fan... Dont Cates les prive dans ce numéro. Le Destructeur se contente de balancer quelques bourre-pifs à Blake, et Odin... Ne sert strictement à rien, sinon à être congédié comme un malpropre par son fils. Thor et son père ont toujours eu des rapports compliqués mais enfin reprocher à Odin le bazar des derniers épisodes, c'est quand même fort puisque c'est Thor qui a décidé de ramener Blake pour aller consulter les anciens dieux !

Peut-être assiste-t-on à une sorte de mode où mal écrire (quand il ne s'agit pas de refuser sciemment) d'écrire un héros est tendance. En tout cas, ce n'est ni ce que j'aime lire ni ce que j'estime digne. De ce point de vue, Cates ne fait pas mieux que Aaron et son questionnement obsessionnel sur la "dignité", le "mérite" de Thor (à brandir Mjolnir, à prétendre au trône d'Asgard, à être une dieu, à être un héros) : Thor continue d'être mis en scène comme un abruti, un imbécile, sans noblesse, dans des combats minables. Quel est l'objectif, le propos de tout ça ? Je l'ignore.

Nic Klein est aussi une déception. Si c'est un excellent dessinateur dont le style et la technique solide, le trait vif, brut, conviennent au personnage et son univers, il ne tient pas la distance. Jamais je n'ai eu le sentiment que Klein était en mesure d'élever son niveau de jeu, de produire des planches audacieuses, de camper un Thor marquant. Le contraste avec le Thor que représente Olivier Coipel sur les couvertures de la série est terriblement désavantageux pour Klein dans la mesure où Coipel, avec trois arcs en tout et pour tout sur ce personnage (deux avec JMS et un avec Fraction), a réussi à imprimer sa patte sur le personnage, à lui conférer un charisme, une présence, une majesté après laquelle tous ses successeurs ont couru (en vain).

Quand le script ne lui demande pas d'efforts dans le découpage, Klein assure pour produire des splash pages (ou quasi), qui ne manquent pas d'une certaine puissance, mais qui soulignent aussi, cruellement, ses limites de narrateur. Les torts sont cependant bien partagés parce qu'on ne peut pas attendre d'un artiste des miracles quand il dispose d'un script de toute manière insuffisant. Mais bon, c'est tout de même pauvre graphiquement.

Je suis sans doute excessif, méchant avec cette série et son équipe artistique. Mais je ne peux pas dissimuler ma déception et faire comme si, au fond, c'était juste passable. Peut-être que si Cates passait moins de temps à relier ses séries entre elles et plus de temps à concevoir des intrigues originales et suffisantes, ça fonctionnerait mieux. Mais ce n'est pas le cas, donc j'arrête les frais.

samedi 20 mars 2021

THOR #13, de Donny Cates et Nic Klein


Pénultième épisode de Thor pour moi, ce numéro n'est pas meilleur que les précédents de cet arc (ni du premier). C'est une bien étrange série qu'écrit Donny Cates, où le dieu du tonnerre n'apparaît que dans trois pages, absent de sa propre aventure. Nic Klein empile les pleines pages pour camoufler la pauvreté de sa narration. 


Depuis qu'il a abdiqué, Odin a voyagé avec sa femme, Freyja, mais l'ennui l'a gagné et il a négligé son couple au point que Freyja, sa femme, l'a quitté. Depuis, il s'enivre dans une taverne où Jane Foster/Valkyrie le retrouve et l'informe de la crise née du retour de Donald Blake.


Pendant ce temps, le Dr. Strange et Throg rejoignent les asgardiens dans la dimension du sang grâce à Lockjaw. Loki veut faire payer Blake qui, déchaîné, mutile avec la hâche Jarnbjorn l'arbre de vie Yggdrasil à Asgard.


Blake voit revenir dans leur royaume les asgardiens mais les défie. C'esr alors que Odin apparaît et le frappe. Blake, dément, n'a pas peur du retour de son créateur mais ce dernier l'informe de l'erreur de s'en être pris à Yggdrasil car sa sève coule désormais dans la dimension où Thor est prisonnier.


Ainsi le dieu du tonnerre peut rappeler ses corbeaux, Huginn et Muninn, mais ceux-ci ne peuvent le ramener à Asgard. Thor a une autre idée et pour cela, les corbeaux doivent transférer son âme dans l'arme ultime du royaume...

Le mois prochain avec la parution du #14 de Thor, je cesserai mes critiques de cette série. Je n'ai tout simplement pas été convaincu par la proposition de Donny Cates alors que j'étais confiant. Mais il faut bien admettre que ce que fait Marvel avec le dieu du tonnerre ne cesse de me décevoir.

Je ne prétendrai pas que Thor fait partie de mes personnages favoris chez Marvel, mais je ne suis pas sûr que Jack Kirby, qui vouait une affection particulière au dieu du tonnerre, s'y retrouverait non plus. Pour Kirby, Thor était un véhicule pour exprimer sa passion de la mythologie, ce fut en quelque sorte la matrice de beaucoup d'autres de ses créations postérieures (comme New Gods, Eternals). Sa vision différait sensiblement de celle de Stan Lee, qui était spontanément plus inspiré par les héros de la rue, car Thor incarnait cette démesure qui était la marque du "king of comics".

En même temps, Thor était un personnage qui synthétisait la magie du duo Lee-Kirby grâce Donald Blake, l'alter ego du dieu du tonnerre. Pour Lee, il s'agissait d'un subterfuge pour humaniser un personnage dont les lecteurs risquaient de se sentier trop éloignés. Par la suite, au gré des auteurs qui ont animé la série, cette dualité a résumé la manière dont chacun appréhendait Thor. Pour certains, le dieu était plus intéressant. Pour d'autres, Blake (ou ceux qui l'ont remplacé occasionnellement) était essentiel.

Ces dernières années, Jason Aaron avait quasiment préféré oublier Blake, considérant qu'il n'existait pas vraiment, en tout cas qu'il ne servait pas ses plans. Ce n'était tout à fait infondé dans la mesure où Blake était une pure création d'Odin pour enseigner l'humilité à Thor. Mais, moi, j'aimais bien Blake et ce qu'il disait de Thor, tel que l'écrivit brillamment J. Michael Straczynski. Thor était peut-être devenu humble, mais pas vraiment plus avisé. Voir dialoguer Blake et Thor, c'était comme un aiguillon pour le dieu du tonnerre, sa (mauvaise) conscience.

Quand Donny Cates a annoncé qu'il allait ramener Blake dans la partie, j'étais plein d'espoir. Mais celui-ci fut vite douché quand je compris à quel fin le scénariste comptait utiliser l'alter ego de Thor. Néanmoins, je ne voulais pas préjuger de l'intrigue car l'idée était accrocheuse : Blake ayant été, littéralement, oublié dans une dimension, quand il était ramené à Asgard par Thor, n'était plus le même homme. Il avait pris conscience de sa nature et réclamait réparation pour avoir été négligé.

Le souci, c'est qu'avec un départ pareil, soit on a droit à une histoire de rédemption, de pardon ; soit on a droit à une histoire de vengeance. C'est cette seconde option qu'a choisi Cates et, ainsi, l'arc Prey se dévoilait comme un moyen de se débarrasser définitivement de Blake en en faisant un fou furieux qui ne laisserait pas d'autre choix à Thor que de l'éliminer. Cette trame, archi-prévisible, se déroule depuis cinq épisodes, en enchaînant les chapitres de manière poussive.

Après s'en être pris à Asgard et ses dieux, à Throg, à Jane Foster/Valkyrie, au Dr. Strange, profitant que Thor soit coincé là où l'était précédemment, Blake doit désormais faire face à son créateur, Odin. Cates répond à la question de savoir où était passé le Père-de-tout depuis la fin du run de Aaron, lorsqu'il a abdiqué en faveur de Thor. Sans panache ni imagination, le scénariste explique que Odin est parti dans une espèce de croisière avec Freyja, s'est ennuyé, a été quitté, et a échoué dans une taverne pour se soûler. Valkyrie le retrouve pour qu'il règle son compte à Blake et le convainc, (trop) vite, de sauver Thor et Asgard.

Lockjaw emmène le Dr. Strange dans la dimension où Blake a exilé les asgardiens pour les rapatrier dans leur royaume en vue de la bataille finale. Et Thor joue son va-tout grâce à une erreur tactique de Blake et l'aide de ses corbeaux.

J'ai lu tout ça sans jamais vibrer, être captivé. C'est plan-plan, convenu. Surtout Thor est complètement absent d'une histoire dont il est pourtant le coeur. Il apparaît dans trois pages, gueulant dans sa prison (il n'a rien fait d'autre depuis le début de cet arc). Le cliffhanger ne fait qu'employer comme un gadget un énième protagoniste de Asgard. Tout ça manque cruellement d'âme, d'esprit, c'est juste mécanique, bourrin.

Ce sentiment est renforcé par la mise en images, très décevante, de Nic Klein. Le dessinateur est vraiment en roue libre, on se demande si le script dont il dispose n'est pas écrit suivant la vieille méthode Marvel, où le scénariste se contentait de vagues indications avant de revenir poser les dialogues.

Rendez-vous compte : on compte pas moins de cinq splash-pages dans cet épisode. Je n'ai rien contre les splash, mais c'est tout de même le niveau zéro de la narration visuelle. Quand on utilise ce genre d'image, il faut le faire avec parcimonie pour que l'effet soit efficace, percutant. Plus vous en usez, moins c'est frappant. C'est juste un plan tape-à-l'oeil. Ici, entre un gros plan sur le visage d'Odin en pleine beuverie, le retour à Asgard de ses dieux avec le Dr. Strange et Lockjaw en renfort, Odin en armure tisant Blake, Thor hurlant en déployant un énorme éclair, et l'apparition à la dernière page de l'arme ultime, ce n'est que ça : des pages sans plus-value narrative, juste dessinées pour en mettre plein la vue, pour l'épate.

Comme c'était déjà le cas dans le premier arc qu'il a allustré, Nic Klein oublie le plus souvent les décors, on sent qu'il est cuit et expédie ses planches pour finir, en attendant de pouvoir souffler une fois l'arc fini. Matt Wilson gâche son talent en colorisant tout ça.

Il n'y a strictement rien à sauver, c'est un naufrage. Plus qu'un épisode et basta. 

vendredi 19 février 2021

THOR #12, de Donny Cates et Nic Klein


Quatrième partie (sur six) de l'arc Prey... On s'ennuie un peu, là, non ? Je me suis engagé à aller au terme de cette histoire avant de raccrocher cette série, mais je nourris quelque regret. Bon, je tiens mes promesses, mais c'est quand même long. En vérité, Donny Cates est un auteur classique : avec une intrigue en six numéros, il renoue avec une tradition bien connue. Et laisse à Nic Klein le soin de dessiner ça de la façon la plus efficace possible. Très classique donc.


Depuis que Thor l'a laissé revenir à Asgard, Donald Blake traque et tue tous ceux qu'Odin a pourvu de pouvoirs en en récupérant un peu plus à chaque fois. Mais en défiant Throg, il trouve à qui parler et la grenouille défend bravement sa peau.


Pour gagner, Throg peut compter sur le renfort de Lockjaw, le chien Inhumain, qui réussit à le suivre partout où Blake l'entraîne en utilisant l'épée de Lady Sif et donc le Bifrost. Une fois Blake maîtrisé, qu'en faire ? Il faudrait demander son avis à Thor, toujours coincé dans le monde de Blake.


Mais Blake n'a pas dit son dernier mot. Il se reprend et retourne sur Terre pour s'en prendre au Dr. Strange, qui a autrefois volé une partie de la magie asgardienne. Jane Foster assiste au combat entre le sorcier suprême et Blake, qui, quand il voit Jane se changer en Valkyrie, s'éclipse.


Le Dr. Strange a compris où se rendait Blake : il va s'en prendre à Yggdrasil, l'arbre-monde d'Asgard, la source du pouvoir divin. Valkyrie compte bien l'en empêcher, mais pas seule. Et elle va chercher le seul à pouvoir stopper Blake...

Récemment, j'ai exprimé sur un forum mon avis sur les scénaristes en vue chez Marvel en pointant le point commun que je leur trouvais. Plus particulièrement, je désignai Chip Zdarsky et son run sur Daredevil et Donny Cates sur Thor. Mon reproche portait sur le fait qu'il n'écrivait pas sur le héros de leur série, il faisait même tout pour l'éviter et en décompressant leur narration.

Zdarsky, et ce qui a fini par me décourager avec son traitement de Daredevil, est vraiment un cas d'école : à la fin de son premier arc, il a mis Matt Murdock dans une situation telle qu'il abandonnait son rôle de justicier. Puis il a mis en scène son (lent) retour à cette activité clandestine (mais sans renouer avec son alias). Finalement quand Murdock a remis son masque de DD, juste après il s'est livré à la police, a plaidé coupable devant un tribunal et a atterri en prison pour y purger une peine de deux ans. Laissant Elektra, qui souhaitait avoir son aide pour régler une affaire, le remplacer comme protectrice de Hell's Kitchen (c'est toujours le cas). En tout et pour tout, Zdarsky n'a pas dû écrire plus de sept épisodes de Daredevil avec Matt Murdock dans ce rôle sur près de trente numéros.

Revenons à Thor. Si on excepte la mini-série King Thor (qui se déroulait dans le futur), le run de Jason Aaron s'est terminé avec l'event War of the Realms au terme duquel Odin reconnaissait Thor comme le nouveau roi d'Asgard et Père-de-tout. Cates a donc repris la série avec ce nouveau statu quo : Thor sur le trône, souverain des neuf royaumes. Mais Cates a surtout mis en scène un Thor réticent à endosser ce rôle, le protocole, et vite transformé en héraut de Galactus pour aller combattre l'Hiver Noir. Après quoi, histoire de saper encore plus ce statut récent de régent, Cates a remis le couvert, déjà exploité par Aaron, qu'entre Mjolnir et son détenteur, ça n'était plus ça : Thor n'en était pas indigne à nouveau, mais désormais tout le monde pouvait brandir le marteau enchanté.

Pour le dieu du tonnerre, on ne peut pas dire que le bilan était glorieux. C'est le choix de son scénariste et, ma foi, il n'y a pas à le discuter. On aime ou pas, on lit ou pas, c'est aussi simple que ça. Moi, j'ai choisi, malgré ma déception, de donner une seconde chance à Cates en entamant la lecture de ce nouvel arc qui marquait le retour de Donald Blake. Mais j'ai vite déchanté en comprenant qu'il ne s'agissait pas de réunir Thor et son alter ego mais de se débarrasser définitivement de Blake. Aaron avait fait comme si Blake n'existait plus. Cates a décidé de le supprimer.

Son histoire fait donc de Blake un monstre et les arguments justifiant cela sont plutôt bien imaginés, je ne reviens pas dessus, cela a fait l'objet de mes précédentes critiques. En programmant son intrigue sur six épisodes, il restait à rendre tout ça palpitant. Et là, problème.

Je ne sais pas si on peut identifier celui qui, le premier, a construit un story arc en six épisodes - le nom de Warren Ellis revient souvent pour affirmer que c'est lui qui a popularisé ce format. C'est devenu l'emblême de ce qu'on appelle la "narration décompressée" parce que cela a tendance à diluer l'intérêt de l'histoire, à en ralentir le rythme, en établissant une espèce de "ventre mou" à mi-chemin avant de boucler souvent précipitamment le récit. Mais certains ont su dompter ce format et produire des histoires accrocheuses malgré un rythme bancal. Le tout, c'est de savoir doser ses effets.

A ce petit jeu, Cates est comme beaucoup d'autres : il commence fort, pique un peu du nez et conclut en trombe. C'est ce qui va certainement se passer si j'en juge par le cliffhanger de cet épisode qui voit le retour d'un personnage laissé pour compte par Cates depuis le début de son run. Pendant ce temps, Donald Blake continue de vouloir faire la peau à tous les pseudo-Thor qui trainent. Son combat contre Throg (Frog Thor) est la séquence la plus réussie de cet épisode car cet avatar de Thor, avec l'aide de Lockjaw, fait mieux que résister à la furie de Blake.

Mais au fond, on s'en fout un peu. Après tout, au point où il en est, Blake peut bien s'en prendre à la Terre entière, le mec a complètement pété un cable, il est irrécupérable et je ne sais pas s'il finira pas se faire buter ou remettre en cage dans une dimension parallèle. En tout cas, à la fin, il aura fait son temps. Cette fois, il n'y aura même plus besoin de faire comme s'il n'existait plus. C'est dommage, j'aimai bien Donald Blake, mais je devais être un des derniers. Et je crois aussi qu'à la fin de cet arc, Thor ne sera plus roi d'Asgard ni Père-de-tout (parce qu'il ne voudra plus, parce qu'il aura fait la preuve de son incompétence, parce qu'il sera remplacé sur le trône). Je le crois parce que ça n'a pas l'air de convenir à Cates, et que Marvel n'aime pas quand ses héros profitent de leur gloire (regardez Spider-Man : à chaque fois qu'il monte trop haut, on le fait vite redescendre pour en refaire un loser célibataire car Marvel est convaincu que Spider-Man, comme Peter Pan, une fois adulte et arrivé, n'intéressera plus les fans).

C'est le comble atteint par ce 12ème épisode : il est plus intéressant parce qu'il laisse deviner que par ce qu'il raconte, sans grand intérêt sinon de montrer encore une fois Donald Blake en plein délire vengeur. Et de confirmer que Cates oublie Thor (une page dans cet épisode, parfaitement dispensable) : plus il est absent de son propre titre, plus le scénariste peut s'amuser à massacrer des seconds rôles et montrer Blake complètement déchaîné. Comme Zdarsky avec DD, c'est évident que Cates travaille à sa série en évitant son héros, en le démolissant. Encore une fois, c'est son choix. Mais c'est le mien de ne pas trouver ça intéressant.

Je suis un peu navré d'être grincheux. J'aimerai conserver de l'énergie pour parler de Nic Klein mais même ses dessins ne me font plus d'effet. C'est pourtant tonique, mais bon, Klein a trop de talent pour une telle histoire. Je préférerai le voir collaborer avec un scénariste qui lui donne plus, mieux. Je n'ai rien à dire de plus. Nic Klein est le dernier truc qui rend ça attractif, mais bon, ça ne sauve pas l'affaire pour autant.

Encore deux épisodes donc. Mais après, rideau.

lundi 11 janvier 2021

THOR #11, de Donny Cates et Nic Klein


L'arc Prey de Thor donne encore plus de place à Donald Blake et Donny Cates se régale visiblement à croquer le personnage comme un vrai psychopathe. De fait l'histoire est glaçante et efficace. D'où vient alors que je sui insatisfait par tout ça ? A cause de dessins inégaux de Nic Klein ? Ou du fait que jamais ça ne décolle vraiment ?


Donald Blake dîne avec Jane Foster et, à cette occasion, il mesure tout ce qu'il a manqué durant son absence - y compris le fait que son interlocutrice fut pendant une période Thor. Et quand elle lui demande où est le dieu du tonnerre, il lui cache évidemment  ce qu'il a fait.


Le fils d'Odin est toujours coincé dans la dimension où Blake a séjourné. Il a beau frappé son marteau au sol et appeler Lady Sif, ou son père : il est coincé là. Les autres asgardiens ne sont pas mieux lotis depuis que Blake les a expédiés dans la dimension du sang.


Vostagg, philosophe, espère que Thor va arriver pour les sortir de là. Lady Sif, elle, n'arrive toujours pas localiser le dieu du tonnerre et rejoint Beta Ray Bill qui se rétablit. Il pense que Lockjaw pourrait les téléporter ailleurs mais le chien Inhumain a dit à Thori qu'il s'absentait pour une urgence.


Donald Blake demande à Jane Foster si elle sait où est Odin, sans succès. Il prend congé. Elle rentre à la morgue où elle travaille et où son assistant, Rudy, vient d'autopsier Roger Norvell, qui fut un temps Thor. Jane devine que Blake l'a tué mais celui-ci est déjà loin...

C'est décidé : une fois cet arc terminé, j'arrête cette série. Non qu'elle soit mauvaise, mais je peine à m'y intéresser, à être captivé. C'est toujours compliqué de définir ce qui ne va pas quand une publication ne manque pas de qualité, sauf celle, essentielle, de vous passionner. Mais le Thor de Donny Cates n'est, je crois, tout simplement pas fait pour moi.

A moins que mon intérêt pour le personnage de Thor ne se soit émoussé, voire ait disparu. Ce ne serait guère étonnant : le run interminable de Jason Aaron m'a éloigné du dieu du tonnerre pendant très longtemps, et déjà, avant, j'avais eu du mal avec les successeurs de J. Michael Straczynski, dont l'approche me séduisait tant mais qui a été interrompu dans son élan pour des raisons éditoriales (JMS, rappelons-le, avait abrégé sa prestation car il déplorait qu'on utilise Thor dans le cadre de l'event Siege si tôt après le retour du personnage).

Il me semble que, depuis JMS, ce qui manque à Thor, c'est un véritable propos. JMS avait relancé la série en reprenant largement une idée de Neil Gaiman (qui avait été initialement été approché par Marvel) selon laquelle pour que des dieux existent, il fallait que les gens croient en eux. Pour que Thor revienne d'entre les morts, après le Ragnarok, il fallait à nouveau donc qu'il soit invoqué et cru. A l'époque, on sortait de Civil War et pour armer son camp de manière décisive, Iron Man avait cloné le dieu du tonnerre mais sa création lui avait échappé et causé la mort de Black Goliath. Il faut d'ailleurs souligner que depuis Thor et Iron Man ne se sont jamais vraiment expliqués à ce sujet - ils sont à nouveau Avengers et amis, contre toute logique (une vieille manie Marvel de ne jamais vraiment exploiter les conséquences de ses events).

Durant le run de Aaron, il y a eu une parenthèse vraiment originale lorsque Jane Foster est devenue Thor alors que, dans sa forme humaine, elle souffrait d'un cancer grave. Chaque fois qu'elle se transformait, elle réduisait ses chances de rémission. Mais Aaron, s'il a produit des épisodes épiques et poignants alors, a finalement retiré à Jane Foster son titre avant de la guérir d'une manière aussi miraculeuse que maladroite et d'en faire une Valkyrie.

Cates fait allusion à cette période dans une scène de cet épisode pour soiligner tout ce qu'a loupé Blake durant son séjour dans le monde artificiel où il attendait que Thor le rappelle. Mais le scénariste n'a visiblement pas le temps de s'apesantir : il nous fait croire que Blake est furieux par cette révélation et puis, en fait, non, il masque sa colère et prend congé. Jane Foster, elle, apprend peu après qu'un autre détenteur passé du pouvoir de Thor a été horriblement tué et, grâce à ses pouvoirs de Valkyrie, sait que l'assassin est Blake. Mais celui-ci est déjà loin, occupé à affronter un autre avatar du dieu du tonnerre pour débusquer Odin.

On va donc avoir droit à une suite d'affrontements prévisibles avec des avatars de Thor ou d'anciens possesseurs de son pouvoir (Valkyrie/Jane Foster en premier lieu), jusqu'à ce que Odinson (et son père) calment pour de bon Blake. Si me trompe, je mange mon chapeau, mais je suis sûr de ma prévision.  Et de toute façon, qu'importe : Donny Cates n'a rien à dire de spécial sur le Thor, aucun propos ne sous-tend ses intrigues. Pas de questionnement sur le fait d'être dieu, ou alors un programme convenu car "teasé" depuis la fin du premier arc avec la vision que l'Hiver Noir a partagé avec Thor.

Visuellement, Nic Klein est plutôt en forme mais, parfois, on a le sentiment que lui aussi dessine ça sans être très passionné par le script. Le dîner entre Blake et Foster qui occupe l'essentiel de l'épisode est mise en scène de manière très banale. La seule case astucieuse est celle où derrière un écran de fumée, les yeux de Blake ont la forme de celle d'un serpent, symbole évident pour dire qu'il a volé les pouvoirs de Jorgamund mais aussi pour signifier sa nature de félon. Pas de quoi applaudir.

Il livre une double page bien exécutée dans la dimension du sang, et conclut l'épisode avec une pleine page où on retrouve le plus curieux des avatars de Thor. Mais tout ça manque de souffle, de puissance, d'intensité. De la part d'un dessinateur avec la technique de Klein, on est en droit d'attendre mieux, plus en tout cas. Mais jamais il ne propose quelque chose de graphiquement audacieux. Lire ça après le dernier épisode de Guardians of the Galaxy où Juann Cabal explose tout, forcément, c'est maigre.

J'ai toujours été circonspect avec Cates, que je trouve surestimé alors que je n'ai jamais rien lu de lui qui me paraît mériter tant de louanges ni d'attente. J'avais plus d'espoir pour Klein. Mais ça ne fonctionne pas, ça ne prend pas.

jeudi 3 décembre 2020

THOR #10, de Donny Cates et Nic Klein


La même semaine où débute sa saga-événement (King of Black), qui le fait passer dans la cour des auteurs sur lesquels Marvel compte vraiment pour le futur, Donny Cates livre aussi, plus discrètement, son dixième épisode de Thor. Alors que le scénariste s'étonne que son éditeur l'ait laissé aller très loin dans son event, on notera qu'il se lâche déjà beaucoup dans le titre dédié au dieu du tonnerre. Et il est bien aidé par Nic Klein au dessin une nouvelle fois.


Donald Blake, après s'être débarrassé de Loki, se taille un chemin jusqu'à la salle d'armes du palais d'Asgard, sans faire de quartier. Il décroche la hâche Jarnbjorn du mur lorsque Lady Sif, Volstagg et Beta Ray Bill surgissent et le somment de se rendre.


Il refuse et Beta Ray Bill charge pour le raisonner. Mais Blake n'est plus la créature d'Odin. For de la magie qu'il a maîtrisé dans la dimension où il a croupi, il ne fait qu'une bouchée de son adversaire. Des guerriers arrivent renfort pour le maîtriser.


La bataille qui s'ensuit tourne au massacre. Blake est déchaîné et nul ne lui résiste. Volstagg, puis Fandral, Hogun et l'armada d'Asgard, tous tombent sous ses coups. Il désarme Lady Sif et exile toutes ses victimes dans une dimension démoniaque via le Bifrost.


Cependant, Thor trouve dans le monde où est resté Blake le serpent Jormungand, mortellemet blessé, au milieu d'un décor dévasté. Il apprend que Blake s'est taillé une armure dans la peau su serpent et lui a volé ses pouvoirs pour pouvoir s'en prendre à tous les proches du dieu du tonnerre...

Actuellement, il y a chez plusieurs scénaristes Marvel une volonté, bien légitime au demeurant, d s'affirmer à travers les séries dont il a la responsabilité. Afficher ses ambitions n'a rien de mal, il est normal d'en avoir pour convaincre le lecteur qu'on n'est pas un simple mercenaire qui utilise des héros dont l'éditeur a la propriété pour toucher son chèque pendant qu'on écrit des oeuvres plus personnelles dans le cadre du creator-owned.

Donny Cates est un des auteurs actuels sur lequel Marvel mise beaucoup  : l'éditeur lui a confié Venom et ce numéro 10 de Thor sort en même temps que le premier event dirigé par le scénariste et dont le symbiote est la vedette, King in Black. Pour bien communiquer sur la confiance qu'on lui accorde, Cates a déclaré qu'il avait été surpris de la liberté que lui avait accordé Marvel pour cette saga. 

Pourtant, alors que King in Black #1 risque d'éclipser Thor #10, on peut remarquer que Cates se lâche déjà beaucoup dans la série consacrée au dieu du tonnerre. Ce nouvel arc narratif, débuté le mois dernier, a marqué le retour de Donald Blake, l'alter ego de Thor, mais aussi une pure création d'Odin pour apprendre à son fils l'humilité dans ses jeunes années. Problème : après avoir séjourné pendant trop longtemps dans une dimension parallèle en attendant que Thor le rappelle, Blake est devenu fou et veut se venger pour avoir été oublié. Mais comment est-il devenu si puissant ? Et comment Thor va-t-il pouvoir revenir en Asgard puisque Blake a brisé sa canne qui permet au dieu du tonnerre et au chirurgien d'échanger leur place ?

J'avais exprimé dans mes critiques les réserves que m'inspirait le premier de la série écrit par Cates, six épisodes mal construits. Mais je reconnais au scénariste un vrai talent pour le grand spectacle et son association avec le dessinateur Nic Klein était très prometteuse. Puis il a enchaîné avec un diptyque illustré par Aaron Kuder, tout à fait désastreux. En vérité, tout cela était un résumé des forces et faiblesses de Cates. Et plus généralement de beaucoup de scénaristes Marvel actuels.

Quel est ce problème ? Sans doute l'écart qui existe entre les intentions et le résultat. Chip Zdarsky écrit Daredevil avec l'ambition d'une vaste saga, mais ses derniers épisodes m'ont complètement fait décrocher à cause d'options ahurissantes (DD se livre à la police parce qu'il est convaincu d'avoir tué quelqu'un, sans demander à ses amis d'enquêter, en plaidant coupable au tribunal, pour donner l'exemple à la communauté super-héroïque, mais en sollicitant Tony Stark pour carrément acquérir le quartier de Hell's Kitchen et le protéger durant sa détention). Kelly Thompson s'empare de Black Widow en nous entraînant sur une fausse piste épatante mais déçoit en tombant dans le travers de relier cette direction à son passé qui la rattrape. Dans ces deux cas (mais on pourrait en citer d'autres), un démarrage en trombe puis patatras !

Cates est malin et il a les dents qui rayent le parquet. A bien des égards, il me fait penser à Mark Millar. Il est d'ailleurs un bateleur comme lui qui vend ses séries et se vend avec beaucoup d'énergie et peu de modestie. Je le comparais, le mois dernier, à Thor lui-même dans ses jeunes années en me demandant s'il existait chez Marvel un Odin qui le canaliserait.

Ce qui frappe avec Prey (le titre de cette nouvelle histoire), c'est qu'on aurait aimé qu'il commence par elle car elle est plus directe, plus efficace, mieux définie que celle de The Black Winter. Cates relègue Thor lui-même au second plan, il n'apparaît que dans le dernier quart de l'épisode, pour apprendre avec nous d'où Blake tire son pouvoir et quel est son projet (même si sur ce point il est facile à deviner avant ces pages). Avant cela, le chirurgien occupe le devant de la scène et il est évident que le scénariste s'amuse plus franchement en mettant en scène la vengeance sanglante qu'il accomplit en décimant sans pitié une armada d'asgardiens (et pas des moindres). L'histoire avance au galop, Blake fiche vraiment les jetons tellement il a l'air possédé. Le "pire", c'est qu'on le comprendrait presque : qui n'aurait pas perdu la tête après avoir été oublié dans les conditions où il l'a été ?

Le souci, c'est que, bien sûr, après cette histoire, Donald Blake sera vraiment grillé, plus encore que lorsque Aaron avait décrété qu'il fallait mieux le laisser aux oubliettes. Cates orchestre un aller sans retour pour le personnage. C'est dommage donc, de mon point de vue, mais ma foi, l'idée est quand même valable. C'est un méchant inattendu, bien campé, efficacement exploité. Cates s'arrange avec quelques réalités propres à la série comme quand Sif se demande à voix haute où est Thor alors que, ayant hérité de l'omnivision de Heimdall, elle est en mesure de le localiseer où qu'il soit. Et donc, la cible de Blake est très convenue.

Cela est (au moins partiellement) compensé par le rythme très soutenu du récit et ses dessins. Nic Klein colle vraiment bien au projet de Cates avec lequel il partage une approche directe, parfois frustre. Son trait se fait même plus rugueux, gagnant en spontanéité ce qu'il perd en détail. Mais il aide beaucouop à croire à la dangerosité de Blake, mu par une rage glaçante, frappant avec une précision médicale. Et quand il représente Jormungand, le serpent gigantesque, c'est une vision saissisante.

Le découpage de Klein est simple, il use à bon escient de doubles pages, sans jamais céder à une grande image unique uniquement produite pour épater la galerie. Comme l'action est très violente, il sait aussi user du hors-champ avec savoir-faire pour ne pas sombrer dans une surenchère sanglante. Il laisse au lecteur de quoi imaginer ce qui se passe entre chaque plan. Très évocateur.

Tout ça est donc loin d'être mauvais, à défaut d'être subtil. On peut déplorer que Cates ne sorte pas de sa zone de confort et même douter qu'il en soit capable ou qu'il en ait envie. Tout ça est très premier degré, un peu bourrin. Cates n'a pas encore sombré dans le grand WTF d'un Zdarsky sur Daredevil. Mais il lui faudra franchir un cap s'il veut que son run, qu'il veut long, marque les esprits. Comem Thompson avec Black Widow. Comme Blake et Thor, il est donc à la croisée des chemins.